James Bond 007 in The Living Daylights : The Computer Game

Développeur : Sculptured Software, Inc.
Éditeur : Domark Limited
Titre alternatif : James Bond 007 dans Tuer n’est pas jouer : Jeux video (Amstrad CPC – France)
Testé sur : Commodore 64 – Amstrad CPC – Amstrad PCW – Atari 8 bits – BBC Micro – ZX Spectrum
Version non testée : MSX

La licence James Bond (jusquà 2000) :

  1. ‘Shaken But Not Stirred!’ : A 007 Adventure (1982)
  2. James Bond 007 (1984)
  3. A View to a Kill : The Computer Game (1985)
  4. James Bond 007 : A View to a Kill (1985)
  5. James Bond 007 : Goldfinger (1986)
  6. James Bond 007 in : The Living Daylights – The Computer Game (1987)
  7. Ian Fleming’s James Bond 007 in : Live and Let Die – The Computer Game (1988)
  8. 007 : Licence to Kill (1989)
  9. The Spy Who Loved Me (1990)
  10. James Bond Jr (SNES) (1993)
  11. James Bond Jr (NES) (1993)
  12. James Bond 007 : The Duel (1993)
  13. 007 : GoldenEye (1997)
  14. James Bond 007 (1998)
  15. 007 : Demain ne meurt jamais (1999)
  16. 007 : Le monde ne suffit pas (Nintendo 64) (2000)
  17. 007 : Le monde ne suffit pas (PlayStation) (2000)

Version Commodore 64

Date de sortie : Septembre 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 5,25″
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette testée sur Commodore 64 PAL
Configuration minimale : RAM : 64ko

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Comme dans ses films (et dans ses livres, bien sûr), James Bond aura parcouru le monde vidéoludique en mêlant action et aventure. La seule nuance, c’est que dans la formule à la carte qu’était le jeu vidéo, il aura passé ses premières années à opter pour l’un ou pour l’autre sans que les deux activités ne se mêlent harmonieusement, la transition entre l’aventure en tant que genre et l’aventure en tain que simple composante s’étant largement effectuée dans la deuxième moitié des années 90. Du coup, si les américains d’Angelsoft (je devrais dire « l’américain », le développement et l’écriture des deux récits interactifs ayant été assurés par le seul Raymond Benson) s’étaient vu sous-traiter la partie « aventure », en Europe, c’était plutôt la partie « action » qui semblait intéresser les équipes publiées par Domark.

Après une tentative d’adapter le gameplay au déroulement du film dans A View to a Kill : The Computer Game – avec une certaine ambition, mais pour un résultat très mitigé d’un strict point de vue ludique – quelqu’un était voué à réaliser l’évidence : James Bond est fondamentalement un personnage de jeu vidéo comme les autres, il doit remplir un objectif en déjouant des pièges et des obstacles et en vainquant des ennemis, ce qui signifie donc qu’on peut placer la licence dans virtuellement n’importe quel jeu d’action – même un mauvais clone de Moon Patrol – sans qu’elle dénote d’aucune manière. Au moment d’adapter Tuer n’est pas jouer, premier acte de la (courte) incarnation de Timothy Dalton, l’idée était donc aussi simple que logique : il n’y a qu’à faire un jeu d’action, mais avec James Bond dedans. James Bond 007 in The Living Daylights : The Computer Game était né.

Sur le papier, les mécanismes sont simples : vous contrôler donc l’agent britannique (who else ?) dans huit niveaux en vue de profil reprenant les scènes marquantes du long-métrage, plus quelques autres (pas souvenir d’une fête foraine dans le film !), avec un objectif relativement simple : arriver au bout,et au final aller vaincre le vil Whitaker.

Pas de mini-jeux, pas de séquences alternatives : toute l’action se déroule à pied et se limite, pour l’essentiel, à avancer vers la droite, à sauter par-dessus les obstacles les plus bénins qui soit (on ne mesure pas à quel point un agent secret passe sa vie à éviter de trébucher sur des pierres et des bouches d’égouts fermées. Oui oui, fermées.), et à faire feu sur les ennemis qui se présentent à lui. Seule minime originalité : l’écrasante majorité des ennemis en question attaquent notre héros depuis le fond de l’écran, et leur répliquer demande donc de promener un viseur évoquant furieusement Cabal, et la présence d’un défilement, d’obstacles sur son chemin et d’ennemis sur le même plan que 007 tend de son côté à rappeler immédiatement Dick Tracy. Deux références sacrément visionnaires lorsqu’on se souvient qu’aucun de ces deux titres n’était déjà paru au moment de la sortie du jeu, en juillet 1987 !

Ceci dit, le level design de chaque niveau se résumant à un pur couloir rectiligne où les obstacles se contentent de faire trébucher James Bond – et où les adversaires situés sur le même plan que lui se comptent littéralement sur les doigts d’une main – les développeurs de Sculptured Software auront jugé bon d’ajouter quelques petites nuances au gameplay, la principale étant la possibilité de sélectionner une arme alternative qui pourra présenter des avantages selon l’environnement.

Ainsi, les lunettes de vision nocturne permettront de mieux distinguer les ennemis lors du deuxième niveau, le casque de chantier arrêtera certains projectiles autour du pipeline, tandis que le bazooka ou le mortier vous aideront à venir à bout des hélicoptères devant le manoir. Un mécanisme qui introduit certaines idées intéressantes : par exemple, alors que le premier niveau (un entraînement à Gibraltar) demande de tirer sur les adversaires au pistolet à peinture, il vous faudra sortir votre Walther PPK pour espérer vaincre l’espion (un ennemi d’une autre couleur) et ainsi terminer le niveau. Malheureusement, il est globalement très mal intégré, puisque faute d’indications ou d’objectifs, vous n’avez absolument aucun moyen de deviner à l’avance quelle arme pourra s’avérer utile, et c’est donc à l’aveugle qu’il faudra faire vos choix lors des premières parties. On remarquera d’ailleurs que, passé la facétie de l’espion du premier niveau, la résolution ne demandera plus que d’avancer vers la droite en faisant le ménage sans trop se soucier de réfléchir, sauf à la rigueur pour éviter de tuer des civils innocents et ainsi de perdre des points.

Le vrai problème, c’est que la difficulté ne tarde pas à monter en flèche jusqu’à devenir proprement insurmontable. Les ennemis tendent à apparaître par grappes de quatre ou cinq, puis à revenir sans cesse dans les niveaux avancés. Or, vous allez être constamment confronté à un cercle vicieux : si vous vous arrêtez pour leur tirer dessus, ils reviendront inlassablement et vous finirez immanquablement par passer l’arme à gauche, mais si vous courez sans vous préoccuper d’eux, ils vous canarderont en permanence et vous finirez immanquablement par passer l’arme à gauche – aussi.

Le jeu repose donc sur un équilibre précaire entre avancer et tirer, et l’action ayant pour ainsi dire cessé de proposer la moindre forme de renouvellement au bout de dix secondes, autant dire que rares sont les masochistes qui seront parvenus à trouver la patience de vaincre ne fut-ce que la moitié d’un jeu qui, avec un équilibrage correct, demanderait à peine plus de dix minutes pour être vaincu. Ce qui ne veut pas dire qu’on passe forcément un mauvais moment, du moins au début, mais le manque absolu de profondeur de l’action risque d’amener l’expérience à tourner court au terme d’une poignée de minutes – allez, disons une dizaine, pour les plus acharnés.

Au moins peut-on à la fois vanter la (relative) originalité de l’action, qui offrait un potentiel certain que d’autres (voir les références évoquées plus haut) se seront chargés de mieux concrétiser quelques mois ou quelques années plus tard, et la qualité globale de la réalisation, avec notamment un défilement parallaxe d’une fluidité à toute épreuve.

Le jeu bouge très bien pour un titre sur Commodore 64, c’est indéniable, mais entre le manque total de variété des graphismes au sein d’un même niveau, la difficulté immonde et l’action répétitive, la vraie faiblesse de l’expérience est de ne se révéler vaguement intéressante que pendant un trop court moment. Comme souvent, c’est un peu frustrant tant on sent qu’il n’y avait pas des dizaines d’éléments à intégrer pour arriver à une expérience mieux équilibrée d’une heure qui se serait révélée autrement plus satisfaisante – et autrement plus marquante – mais en l’état on arrive à un petit jeu frustrant et bien trop court qui n’a pas réellement mis à profit les vraies bonnes trouvailles de son game design. Dommage, James, cet épisode n’est pas encore celui qui signera tes vrais débuts fracassants en tant que personnage de jeu vidéo.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 10,5/20

Face à l'éternelle question « comment adapter les aventures de James Bond ? », James Bond 007 in The Living Daylights : The Computer Game revient à la réponse la plus simple, celle déjà choisie par Parker Brothers trois ans plus tôt : pondre n'importe quel jeu d'action et mettre James Bond dedans. En l'occurrence, le titre évoque ici une sorte de proto-Dick Tracy avec quelques bonnes idées (le tir dans la profondeur, l'emploi du saut et de la roulade) et quelques mauvaises (le choix des armes, les objectifs opaques), mais si la réalisation soignée fait indéniablement le travail, la difficulté assommante risque de faire fuir bien des joueurs qui ne rateront objectivement pas grand chose tant l'action est répétitive et limitée. De quoi éventuellement mobiliser les amateurs de défi et les fans de tout ce qui est estampillé James Bond, mais le reste peut faire l'impasse sans regret.

CE QUI A MAL VIEILLI :

– Une difficulté immonde, arbitraire, injuste...
– ...encore renforcée par le fait de devoir sélectionner la bonne arme avant même de savoir ce qui nous attend
– Un cheminement parfois inutilement opaque (le premier niveau !)
– Aucun renouvellement

Bonus – Ce à quoi peut ressembler The Living Daylights sur un écran cathodique :

Version Amstrad CPC
James Bond 007 dans Tuer n’est pas jouer : Jeux video

Développeur : Sculptured Software, Inc.
Éditeur : Domark Limited (Royaume-Uni) – Ubi Soft Entertainment Software (France)
Date de sortie : Juillet 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 3″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette testée sur Amstrad 6128 Plus
Configuration minimale : RAM : 64ko

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Comme on l’a vu, la version Commodore 64 de The Living Daylights semblait compter principalement sur deux choses : sa licence, bien sûr, et sa réalisation. Sur Amstrad CPC, le jeu préserve l’essentiel de ces deux aspects : c’est toujours James Bond, c’est toujours relativement joli (quoiqu’un peu moins) et toujours relativement fluide. On tiendrait donc une alternative solide, si cette version n’avait pas l’idée stupide d’être encore dix fois plus difficile que la version originale, déjà redoutable : le simple fait de parvenir à passer le premier niveau est déjà un véritable exploit. Dès le premier écran, on est bombardé de tirs par quatre ou cinq adversaires à la fois, et la durée moyenne d’une partie dépasse péniblement les trente secondes. Autant dire que finir le jeu sans tricher est à peu près irréalisable, et que personne n’a dû voir plus d’un quart du contenu du jeu. Bref, une version à oublier, sauf pour les masochistes patentés. À noter qu’une version française aura été commercialisée par Ubi Soft, mais celle-ci étant désormais à peu près introuvable, je ne saurais dire si le jeu a été traduit ou si la localisation s’est arrêtée à la jaquette du jeu.

NOTE FINALE : 08/20

Il y a « difficile », et il y a « ridiculement, stupidement, impossiblement difficile ». Pour son malheur, The Living Daylights sur CPC verse intégralement dans la deuxième catégorie, et le seul fait de parvenir à survivre une minute est déjà un exploit. Sachant que l’action n’en vaut objectivement pas la peine, le mieux est d’aller jouer à autre chose.

Les avis de l’époque :

« Honnêtement, rares sont les privilégiés qui pourront parvenir jusqu’au deuxième niveau : l’entraînement est tellement dur que seule une personne sur dix peut vaincre l’espion. C’est regrettable car le joueur se désintéresse alors rapidement de ce programme dont il faut néanmoins reconnaître qu’il est de très bonne qualité pour un Amstrad. »

M.B., Tilt n° 47, novembre 1987, 12/20

Version Amstrad PCW

Développeur : Walking Circles
Éditeur : Domark Limited
Date de sortie : Juillet 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Disquette 3″
Contrôleurs : Clavier, joysticks Cascade, DKTronics et Spectravideo
Version testée : Version disquette testée sur Amstrad 8512
Configuration minimale : RAM : 256ko

L’Amstrad PCW était une machine conçue pour le travail et pas pour le jeu. Une fois cette précision placée, la réalisation de The Living Daylights est objectivement assez impressionnante comparé au reste de la maigre ludothèque de la machine : graphiquement, on n’est vraiment pas loin de ce que pouvait afficher un CPC monochrome, et l’animation reste fluide ; il y a même du son pour les possesseurs de l’extension de DKTronics. Malheureusement, ces prouesses techniques n’empêchent pas cette version de souffrir d’un équilibre à peu près aussi déficient que sur CPC : c’est trop dur, il y a trop d’ennemis, la vie baisse trop vite, et il y a tellement de milliers de meilleurs jeux d’action sur Terre qu’on ne voit pas trop à qui on pourrait bien recommander celui-ci.

NOTE FINALE : 07/20

The Living Daylights représente un bel accomplissement technique sur Amstrad PCW, c’est indéniable. Dommage que tout le reste soit objectivement à jeter.

Les avis de l’époque :

« Déclinée sur Amstrad PCW, cette version de Tuer n’est pas jouer se révèle fort réussie pour une machine au départ réservée à des applications professionnelles. Les graphismes très clairs et précis facilitent l’identification des personnages cachés par les broussailles. De façon identique, la qualité de l’animation et des scrollings est comparable à ce que l’on trouve sur les autres machines du genre C 64. »

M.B., Tilt n° 47, novembre 1987, 14/20

Version Atari 8 bits
James Bond 007 dans Tuer n’est pas jouer : Jeux video

Développeur : De Re Software
Éditeur : Domark Limited
Date de sortie : Juillet 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette, disquette 5,25″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette testée sur Atari 800 PAL
Configuration minimale : RAM : 256ko

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Mine de rien, la gamme d’ordinateurs 8 bits d’Atari avait déjà un certain âge, en 1987, et n’étant jamais tout-à-fait parvenu à rencontrer le même succès que ses principaux concurrents, on aurait pu penser avoir droit à un portage particulièrement fainéant de The Living Daylights. La bonne surprise est que l’équipe de De Re Software a soigné la présentation, avec notamment des décors plus variés que dans les autres versions. Ça bouge toujours bien, c’est toujours jouable… mais ironiquement, le problème est cette fois que le jeu est devenu TROP facile : Il y a toujours beaucoup de monde qui vous tire dessus, et vous ne ferez pas long feu en cherchant à répliquer ; en revanche, une fois qu’on a compris qu’il suffit littéralement de courir vers la droite sans interruption pour gagner l’essentiel des niveaux, l’aventure est vite bouclée. Dommage, il y avait du potentiel.

NOTE FINALE : 09/20

Décidément, l’équilibrage était encore une science très balbutiante en Europe en 1987 : après des versions trop difficiles, The Living Daylights sur Atari 8 bits s’égare en proposant un défi trop peu corsé, et terminer le jeu en se contentant de courir vers la droite ne constitue pas exactement une expérience marquante. Dommage, la réalisation laissait entrevoir du potentiel.

Les avis de l’époque :

« Tuer n’est pas jouer s’avère de bonne qualité pour ces machines. Certes, les graphismes sont trop stylisés mais le décor varié change des versions Amstrad, Commodore ou MSX. De même, les couleurs vives et châtoyantes (sic) illustrent magistralement les capacités graphiques des 8 bits d’Atari. […] Et seule la difficulté se révèle, encore une fois, rébarbative, à moins qu’elle ne vous stimule. (NdRA : cette simple phrase m’invite à penser que les rédacteurs de Tilt ne consacraient pas plus de deux minutes aux programmes qu’ils testaient dans la rubrique Tubes). »

M.B., Tilt n° 47, novembre 1987, 13/20

Version BBC Micro

Développeur : Exasoft
Éditeur : Domark Limited
Date de sortie : 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Disquette 5,25″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette
Configuration minimale : –

L’ordinateur surtout connu des écoliers britanniques n’aura pas été oublié, avec une version de The Living Daylights qui n’est pas restée dans les mémoires. Si la réalisation est honnête, on ne retrouve pas ici la fluidité ni le défilement parallaxe des meilleures itération, les bruitages sont présents mais pas la musique, et l’équilibrage se résume une nouvelle fois à courir vers la droite en priant pour que votre jauge de vie vous permette d’atteindre la fin du niveau. Bref, autant dire un jeu d’action extrêmement médiocre qui ne fera même pas illusion une poignée de minutes. Quitte à posséder un BBC Micro, retournez plutôt jouer à Elite.

NOTE FINALE : 08/20

Sur BBC Micro, The Living Daylights ne réussit pas grand chose : ce n’est pas très beau, ce n’est pas très jouable, et l’équilibrage est encore une fois si déficient qu’il en tue à peu près tout espoir de plaisir à long, moyen, ou même à court-terme. À moins que Courir vers la droite : le jeu ne constitue votre vision du titre d’action ultime, passez votre chemin.

Version ZX Spectrum

Développeur : Walking Circles
Éditeur : Domark Limited
Date de sortie : Juillet 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joysticks Cursor, Kempston et Sinclair
Version testée : Version cassette testée sur ZX Spectrum 128k
Configuration minimale : RAM : 48ko
Possibilité de redéfinir les touches

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Évidemment qu’on se doutait que le ZX Spectrum, véritable institution nationale au Royaume-Uni, était voué à recevoir sa version de The Living Daylights. Sans surprise, celle-ci se défend correctement, avec notamment du son et un défilement fluide, mais pèche du côté de la lisibilité, exactement comme sur CPC. L’équilibrage est, une fois de plus, une vaste blague : le premier niveau se limite à courir vers la droite et à consacrer le reste de sa jauge de vie à parvenir à toucher un espion qui apparait par incréments d’une demi-seconde. Bref, autant dire que James Bond se présente ici à court d’idées et qu’on a surtout envie d’aller jouer à autre chose.

NOTE FINALE : 08,5/20

Comme la plupart des autres versions parues, The Living Daylights sur ZX Spectrum a quelques arguments du côté de sa réalisation, mais à peu près aucun du côté de son gameplay. Difficile de s’amuser en y jouant – sauf à penser que c’est la vie elle-même qui est une farce.

A View to a Kill : The Computer Game

Développeur : Softstone Ltd.
Éditeur : Domark Limited
Titre alternatif : Dangereusement vôtre ! : Le jeu sur micro-ordinateur (version française sur Oric)
Testé sur : Commodore 64 – Amstrad CPC – MSX – Oric – ZX Spectrum

La licence James Bond (jusquà 2000) :

  1. ‘Shaken But Not Stirred!’ : A 007 Adventure (1982)
  2. James Bond 007 (1984)
  3. A View to a Kill : The Computer Game (1985)
  4. James Bond 007 : A View to a Kill (1985)
  5. James Bond 007 : Goldfinger (1986)
  6. James Bond 007 in The Living Daylights : The Computer Game (1987)
  7. Ian Fleming’s James Bond 007 in : Live and Let Die – The Computer Game (1988)
  8. 007 : Licence to Kill (1989)
  9. The Spy Who Loved Me (1990)
  10. James Bond Jr (SNES) (1993)
  11. James Bond Jr (NES) (1993)
  12. James Bond 007 : The Duel (1993)
  13. 007 : GoldenEye (1997)
  14. James Bond 007 (1998)
  15. 007 : Demain ne meurt jamais (1999)
  16. 007 : Le monde ne suffit pas (Nintendo 64) (2000)
  17. 007 : Le monde ne suffit pas (PlayStation) (2000)

Version Commodore 64

Date de sortie : Juin 1985 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 5,25″
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette testée sur Commodore 64 PAL
Configuration minimale : RAM : 64ko

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

De façon intéressante – et totalement involontaire –, les débuts vidéoludiques de James Bond auront formé une sorte de catalogue des différentes philosophies présidant à l’adaptation d’une licence (fut-elle littéraire, cinématographique ou, comme dans le cas de l’agent secret, les deux à la fois) en jeu vidéo. Ainsi, en 1982, ‘Shaken But Not Stirred!’ avait opté pour une approche gonflée, à savoir celle du « on n’a pas la licence mais tant qu’on ne met pas ‘James Bond’ sur la boîte, tout le monde n’y verra que du feu » – une méthode appelée à faire école ; qui a oublié par exemple les aventures de John Glames, dont l’inspiration était si évidente que le jeu sera devenu… une aventure officielle de James Bond aux États-Unis ?

Deux ans plus tard, Parker Brothers optait pour une méthode plus cynique et plus brutale : investir dans le nom de la licence pour pouvoir le coller sur n’importe quoi – en l’occurrence un mauvais clone de Moon Patrol n’entretenant aucun autre lien avec l’espion britannique que les noms des films collés au hasard entre les niveaux. Mais il aura fallu attendre 1985 et la sortie du film Dangereusement vôtre pour avoir droit à ce qu’on pourrait considérer comme l’approche la plus évidente : celle d’un titre s’efforçant autant que possible de suivre le scénario et le déroulement du long-métrage pour en tirer des séquences de gameplay. Commercialisé partout sous son titre original d’A View to a Kill – sauf sur Oric, où il aura eu le droit à une localisation française, voir plus bas – le titre aura également débarqué avec une certaine ambition dans sa volonté de coller au script : chose rarissime, surtout pour l’époque, le studio Tigress Marketing est ainsi crédité spécifiquement pour le game design, tandis que Softstone héritait de la programmation. Et à tout prendre, les deux équipes auraient sans doute dû commencer par s’entendre, parce qu’avoir des idées et les mettre en application sont deux choses très différentes.

Si vous ne connaissez pas l’histoire de Dangereusement vôtre, personne ne vous en voudra : le dernier film à mettre en scène un Roger Moore plus que vieillissant est généralement considéré comme l’un des plus oubliables de la tentaculaire série, et on ne peut pas dire qu’en connaître les tenants et les aboutissants soit franchement nécessaire pour profiter d’une aventure qui aura ici été condensée en trois séquences, sans s’embarrasser de noyer le joueur sous le contexte.

L’obscure traque de Max Zorin, milliardaire ordinaire projetant de détruire la Silicon Valley pour obtenir le monopole du marché des puces électroniques (apparemment, le marché asiatique n’existait pas, en 1985), s’ouvre donc ici sans explication par une séquence consistant à rattraper May Day, l’amante de Zorin, tandis qu’elle se laisse tomber en parachute depuis la Tour Eiffel. Cette phase est particulièrement originale, puisqu’elle consiste à conduire en temps réel dans les rues de Paris afin de rejoindre l’un des multiples points d’extraction de la jeune femme avant qu’elle ne l’atteigne. Problème : les points en questions sont répartis tout autour de la ville, la destination de May Day est aléatoire, et le seul moyen de savoir si vous êtes en train de vous diriger dans la bonne direction tient à un détecteur dont la fréquence des bips mesure votre proximité avec la jeune femme. l’idée va donc être de tourner en rond pendant près de dix minutes en essayant au passage de ne pas vous coincer dans un mur ou dans un véhicule en priant pour que May Day daigne se poser pas trop loin de l’endroit que vous aurez choisi – car naturellement, le plan labyrinthique de la ville vous interdit tout espoir de la traverser en vitesse si jamais vous constatiez que la tueuse a décidé de se poser ailleurs, ce qui a virtuellement 90% de chances de se produire. Bref, c’est comme un labyrinthe à sorties multiples dont on ne peut deviner si on a choisi la bonne que dans les trente dernières secondes. Emballant, hein ?

La deuxième séquence, pour la part, prend la forme d’une sort de jeu d’aventure, lui aussi en temps limité (les trois mini-jeux qui composent le programme sont tous chronométrés). L’idée est ici de s’enfuir de l’hôtel de ville de San Francisco avant que celui-ci n’ait été entièrement consumé par les flammes.

Comment ? En fouillant chaque pièce pour trouver clefs, passes mais aussi armes et munitions pour ouvrir d’autres portes ouvrant l’accès à d’autres objets, mais aussi à des symboles qui permettront d’ouvrir un coffre-fort (qu’il faudra naturellement commencer par dénicher au sein des cinq étages et des quelques soixante-quinze pièces du bâtiment !) afin qu’il vous délivre le code d’accès à la troisième séquence. Un cheminement qui en vaut un autre, mais qui aurait sans doute été plus agréable à parcourir avec une interface à la souris dont on avait peu de chances de bénéficier sur Commodore 64 en 1985. Le maniement au joystick risque de demander un sérieux temps d’adaptation car il demande de gérer à la fois l’inventaire, les actions et les déplacements avec un seul bouton, et la logique des « énigmes » (on parle d’ouvrir des portes) trahit déjà une opacité navrante : comment deviner, par exemple, que certaines portes ne peuvent être ouvertes qu’en faisant feu sur elles au moins DEUX FOIS DE SUITE, des fois qu’on aurait pu trouver par hasard en expérimentant ? Ils ont des serrures blindées sur toutes les portes, à San Francisco ?

Quant à la phase finale, elle prend ici la forme d’un jeu d’action/plateforme en vue de profil évoquant furieusement Spelunker… mais en nettement moins jouable.

Il va en effet falloir collecter ici les cinq chiffres qui composent le code qui vous permettra de désamorcer la bombe avec laquelle Zorin compte faire sauter la Silicon Valley, mais aussi quantité d’éléments dont il est souvent impossible de deviner la fonction sans avoir le manuel sur les genoux et qui viennent encore compliquer une jouabilité déjà flottante et imprécise en y ajoutant une gestion d’inventaire aussi mal pensée que dans la deuxième séquence et vous demandant de faire sauter des explosifs, d’actionner des ascenseurs mais aussi d’aller libérer May Day pour que celle-ci puisse vous descendre et vous remonter de l’endroit où est entreposée la bombe. La carte est dix fois trop grande, le moindre saut raté vous interdit toute forme de retour en arrière, la quasi-totalité des actions attendues de votre part sont totalement opaques et inutilement complexes (par exemple, vous ne pourrez pas utiliser les bâtons de dynamites sans passer deux minutes à lutter avec l’interface de l’inventaire pour commencer par les allumer à l’aide d’un briquet), et le tout est à la fois nébuleux, peu jouable et beaucoup trop difficile. Des adjectifs qui résument assez bien, hélas, l’expérience dans son ensemble.

On peut d’ailleurs se satisfaire que le programme vous laisse accéder aux trois séquences d’entrée (même s’il faudra les accomplir dans l’ordre et en remplissant tous les objectifs pour espérer accéder à la séquence de fin), car sans cela il y a fort à parier que 99% des joueurs n’auraient jamais vu autre chose que les rues de Paris. On ne va d’ailleurs pour une fois pas hurler au cynisme ni à l’opportunisme : on sent une authentique envie de tirer un véritable jeu du film de John Glen, l’ennui étant que la matérialisation d’idées qui semblaient bonne sur le papier n’est simplement pas à la hauteur une fois le joystick en mains.

Le programme a beau être ambitieux et original, il ne fait hélas jamais illusion sur le seul point qui compte, à savoir sur le plan ludique – le titre avait d’ailleurs été accueilli relativement fraichement à sa sortie, et on se doute que ce qui peinait à convaincre les joueurs en 1985 ne s’est pas exactement amélioré depuis. C’était typiquement le type de programme qu’on ne sortait à l’époque que pour profiter du rendu du thème iconique de la licence et pour impressionner les mais avec la voix digitalisée qui lâchait « My name is Bond, James Bond », mais au-delà de cette poudre-aux-yeux qui faisait son petit effet à l’époque, il faut hélas reconnaître que non seulement on ne s’amuse pas mais qu’en plus, la moitié du temps, on ne comprend rien à ce qu’on est censé faire. Une curiosité qui ne vaut clairement pas l’investissement temporel nécessaire à en tirer quelque chose, et une expérience qui aurait pu avoir ses mérites si seulement elle avait été mieux exécutée. Décidément, 007 défend nettement mieux le marché des puces électroniques sur la toile que dans les ordinateurs – et si jamais il voulait bien jeter un coup d’œil au prix de la RAM et revenir nous filer un coup de main, on apprécierait son aide. Parce qu’il semblerait bien que les nouveaux Max Zorin aient gagné, en fin de compte.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE : 08/20

Le retour du plus célèbre agent secret de Sa Majesté se sera accompagné d'une ambition certaine, c'est indéniable, comme en témoigne le soin particulier apporté à la réalisation sonore de cette version Commodore 64. Malheureusement, A View to a Kill : The Computer Game est aussi un de ces cas d'école de bonne idée mal exécutée, avec trois séquences de jeu qui auraient vraiment pu composer une expérience marquante si elles n'avaient pas été aussi maladroites, aussi peu jouables et surtout aussi dramatiquement opaques. Entre une séquence de poursuite qui se limite à attendre que May Day se pose, une séquence d'aventure parmi les plus cryptiques du genre et une séquence de plateforme qui donne furieusement envie de retourner jouer à Spelunker, le titre de Softstone essaie mais échoue systématiquement, saboté par un game design trop expérimental pour son propre bien. Reste une curiosité qui perdra 95% des joueurs au bout de deux minutes, mais si vous aimez les bizarreries qui nécessitent beaucoup d'investissement pour un résultat médiocre, vous pouvez lui laisser une chance.

CE QUI A MAL VIEILLI :

– Des séquences qui souffrent d'une jouabilité aussi nébuleuse que médiocre...
– ...d'où une difficulté qui empêchera 95% des joueurs de dépasser le premier niveau sans tricher

Bonus – Ce à quoi peut ressembler A View to a Kill sur un écran cathodique :

Version Amstrad CPC

Développeur : Eon Productions Ltd.
Éditeur : Domark Limited
Date de sortie : Septembre 1985
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version cassette testée sur Amstrad CPC 464
Configuration minimale : RAM : 64ko

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Plusieurs surprises au lancement de ce portage d’A View to a Kill sur Amstrad CPC. La meilleure : ce n’est pas un pur speccy port, ce qui laisse à penser que les développeurs britanniques avaient encore une dignité en 1985. La plus déstabilisante : l’ordre des niveaux a été changé, en contradiction totale avec le déroulement du film ; on commence désormais par les mines et on termine par la séquence de conduite. Rien de trop bouleversant puisqu’on peut toujours choisir de jouer chaque mini-jeu indépendamment, mais la troisième surprise est hélas la plus mauvaise : le level design de la séquence des mines a été revu, et il est hélas toujours aussi confus, toujours aussi peu jouable et encore sensiblement plus moche. La réalisation est d’ailleurs dans l’ensemble assez décevante, autant du côté des graphismes que de celui du son, qui était le seul point fort de la version Commodore 64 – n’espérez même plus entendre la moindre note de musique passé l’écran-titre de chaque séquence. Bref, quitte à altérer l’expérience originale, on peut regretter que l’équipe en charge du portage n’en ait pas profité pour l’améliorer ; en l’état, c’est toujours aussi opaque, aussi peu amusant et encore un peu plus médiocre. Décevant.

NOTE FINALE : 07,5/20

A View to a Kill ne sort pas grandi de son passage sur Amstrad CPC, où les quelques modifications observées n’améliorent hélas en rien une expérience de jeu qui laissera l’essentiel de la population mondiale sur le carreau. Et comme la réalisation n’est pas plus enthousiasmante, on réservera cette version aux vrais passionnés de la machine de la firme au crocodile, et à personne d’autre.

Version MSX

Développeur : Softstone Ltd.
Éditeur : Domark Limited (Europe) – Tomo Soft International (Japon)
Date de sortie : 1985
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleur : Clavier
Version testée : Version cassette testée sur MSX 1 PAL
Configuration minimale : Système : MSX 1

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Après une conversion pas très emballante sur CPC, c’est rarement le MSX qui vient relever le niveau. A View to a Kill vient une fois de plus confirmer cet adage que je viens d’inventer, avec un titre qui est non seulement toujours aussi moche et toujours aussi peu jouable que sur la machine d’Amstrad… mais qui perd en prime la bagatelle du tiers de son contenu, puisque la séquence de conduite n’est même plus présente sur la cassette ! Vous aurez donc exclusivement le choix entre une séance de Spelunker du pauvre, ou bien du jeu d’aventure le plus nébuleux jamais programmé. Confidence pour confidence, allez plutôt faire autre chose : quoi que ça soit, ça pourra difficilement être pire, même si c’est une coloscopie.

NOTE FINALE : 07/20

De portage en portage, A View to a Kill semble abandonner ses maigres prétentions initiales pour devenir précisément ce qu’il avait (partiellement) réussi à ne pas être jusque là : un titre opportuniste programmé avec les pieds. Moche, incompréhensible et limité à deux séquences, ce portage sur MSX ne mérite rien de mieux que l’oubli.

Version Oric
Dangereusement vôtre ! : Le jeu sur micro-ordinateur

Développeur : Severn Software
Éditeur : Domark Limited
Date de sortie : 1985
Nombre de joueurs : 1
Langue : Français
Support : Cassette
Contrôleur : Clavier
Version testée : Version cassette testée sur Oric Atmos
Configuration minimale : –

Curiosité : A View to a Kill aura bénéficié d’une version française à destination d’un ordinateur lui-même très populaire sur le marché français : l’Oric. Dangereusement vôtre !, comme on l’appellera désormais, déploie pour l’occasion une réalisation lisible et une jouabilité au clavier très correcte, avec la satisfaction de lire les instructions et les commandes en jeu dans la langue de Molière. Étrangement, si l’écran-titre est silencieux, il y a bel et bien de la musique en jeu, mais on sent également que le portage a été effectué à la hâte, la faute à un petit détail difficile à manquer : la disparition de la séquence de la mine. Même si les deux mini-jeux restant peuvent être effectués dans n’importe quel ordre (il suffit de choisir la face de la cassette), on va dire que le peu qui reste est quand même loin d’être inoubliable, mais on remerciera au moins Eureka Informatique d’avoir fait l’effort de fournir une version localisée.

NOTE FINALE : 07,5/20

Présenté dans une version localisée et agréablement colorée, Dangereusement vôtre ! sur Oric doit hélas composer à son tour avec la perte du tiers de son contenu. Les deux séquences restantes n’étant pas exactement des triomphes du game design, on obtient matière à tuer dix minutes avant de retourner jouer à L’Aigle d’Or.

Version ZX Spectrum

Développeur : Softstone Ltd.
Éditeur : Domark Limited (Royaume-Uni) – Serma Software (Espagne)
Date de sortie : 7 juin 1985
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joysticks Kempston et Sinclair
Version testée : Version cassette testée sur ZX Spectrum
Configuration minimale : RAM : 48ko

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Paru en même temps que la version Commodore 64, l’inévitable itération ZX Spectrum d’A View to a Kill a le mérite de proposer l’intégralité du contenu du jeu, ce qui n’était pas gagné d’avance à en croire les précédents portages. Pas de fantaisie cette fois : les séquences sont présentées exactement dans le même ordre que sur Commodore 64, mais cette fois il n’est pas possible de les faire dans le désordre – vu la difficulté de chaque phase, mes sincères félicitations aux joueurs qui auront eu la patience d’arriver jusqu’à la séquence de la mine. La réalisation, en particulier sonore, est moins convaincante que sur la machine de Commodore, mais la jouabilité est plutôt meilleure lors du premier mini-jeu – ce qui est plutôt une bonne chose, vu le temps que vous risquez de passer dessus. Au final, un portage correct, mais un jeu toujours aussi médiocre.

NOTE FINALE : 08/20

A View to a Kill débarque sur ZX Spectrum via un portage sérieux qui ne sacrifie pratiquement rien, en-dehors de quelques fioritures graphiques et sonores. Dommage que le jeu à proprement parler, lui, n’en vaille pas la chandelle.

Indiana Jones and the Temple of Doom

Développeur : Atari Games Corporation
Éditeur : Atari Games Corporation
Testé sur : Arcade – Amstrad CPC – Atari ST – Commodore 64 – MSX – ZX Spectrum – NES – Amiga – Apple II – PC (DOS)
Présent dans les compilations :

  • Arcade Force Four (1988 – Amstrad CPC, Atari ST, Commodore 64, ZX Spectrum)
  • Arcade Mega-Hits Volume 1 (1989 – PC (DOS))
  • Indiana Jones and the Last Crusade : The Action Game / Indiana Jones and the Temple of Doom (1989 – Amstrad CPC, Commodore 64, ZX Spectrum)
  • Winners! (1989 – Amiga, Amstrad CPC, Atari ST, Commodore 64, ZX Spectrum)

La saga Indiana Jones (jusqu’à 2000) :

  1. Raiders of the Lost Ark (1982)
  2. Indiana Jones in the Lost Kingdom (1984)
  3. Indiana Jones and the Temple of Doom (1985)
  4. Indiana Jones in Revenge of the Ancients (1987)
  5. Indiana Jones and the Last Crusade : The Action Game (1989)
  6. Indy : Indiana Jones and the Last Crusade – The Graphic Adventure (1989)
  7. Indiana Jones and the Last Crusade (1991)
  8. Indiana Jones and the Fate of Atlantis : The Action Game (1992)
  9. Indiana Jones and the Fate of Atlantis (1992)
  10. The Young Indiana Jones Chronicles (1992)
  11. Instruments of Chaos Starring Young Indiana Jones (1994)
  12. Indiana Jones’ Greatest Adventures (1994)
  13. Indiana Jones and his Desktop Adventures (1996)
  14. Indiana Jones et la Machine Infernale (1999)

Version Arcade

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Un long consensus existe autour de la deuxième aventure du plus célèbre archéologue de l’histoire du cinéma, Indiana Jones et le temple maudit – consensus que les plus récents longs-métrages de la saga, que tout le monde préfère visiblement oublier, ne seront pas venus fragiliser depuis lors : ce n’est pas le meilleur film de la série, mais ce n’est pas non plus le pire. Plus sombre que son prédécesseur, et pas exactement élevé par un personnage féminin réduit à une potiche doublée d’un ressort comique ainsi que par une vision de l’Inde ayant tous les deux assez mal vieilli, le film n’est d’ailleurs pas exactement célébré par Lucas et Spielberg eux-mêmes, qui vivaient tous les deux une période assez compliqué sur le plan personnel au moment du tournage.

Bref, on tend surtout aujourd’hui à en retenir une succession de scènes d’action de haute volée dont une séquence de poursuite en chariot de mine digne d’un parc d’attraction et quelques scènes devenues cultes (le numéro de music hall inaugural, le repas de l’horreur…) qui en font une transition agréable vers ce qui reste considéré comme le véritable magnum opus de la licence, à savoir le troisième. Or, justement, il se trouvait au moment de la sortie du film un autre médium qui commençait lui aussi à faire une entrée fracassante dans la pop culture : le jeu vidéo ; dès lors, à une époque où les adaptations vidéoludiques des grands succès du cinéma étaient encore loin d’être systématiques (on se souvient du désastreux précédent E.T…), les joueurs auront été heureux d’accueillir Indiana Jones and the Temple of Doom dans les salles d’arcade, sous la houlette de plusieurs grands noms d’Atari (dont Rob Rowe, futur pionnier de la motion capture et cadre de Walt Disney et de Pixar). Une borne qui aura cependant nettement moins marqué les esprits que l’immense film dont elle est issue.

Quitte à adapter le film, l’équipe d’Atari aura commencé par décider de coller assez littéralement à son titre : toute l’action se déroule strictement dans le temple maudit, à l’exception de la séquence finale sur le pont de corde. Oubliez donc l’idée d’une poursuite en voiture dans les rues de Shanghai, d’une séance de descente de montagne en canot pneumatique ou même d’une quelconque séquence dans les couloirs du temple de Pankot : l’action est totalement focalisée sur le dernier quart du film, et prend la forme – après avoir choisi sa difficulté, chose inhabituelle pour une borne d’arcade – de l’alternance entre trois séquences de gameplay.

La première vous demandera, stricto sensu, de trouver la sortie figurée par un wagonnet de mine tout en évitant (ou en fouettant) gardes du temple, chauve-souris, et même apparitions de Mola Ram bien décidé à vous lancer des boules de feu (!). Il est possible d’explorer les nombreuses passerelles et autres galeries pour aller libérer les enfants retenus prisonniers par le maléfique prêtre de Kali, mais ce n’est pas obligatoire – c’est simplement utile pour pourchasser le seul véritable objectif du jeu, à savoir le score. La deuxième séquence vous assoira logiquement dans le wagonnet de mine évoqué plus haut pour revivre la meilleure séquence du film en fouettant gardes et aiguillages, et la dernière demandera de faire preuve de timing pour s’emparer d’une pierre de Sankara avant de s’enfuir… et d’enchaîner par une nouvelle séquence de la même chose en plus difficile, puisqu’il faut dénicher les trois pierres successivement. On pourra donc redécouvrir les mêmes phases, mais avec des plans inédits enrichis en nouveautés et en embuches (des glissières ou des tapis roulants, par exemple, pour la première) avant de pouvoir affronter Mola Ram sur le pont et de terminer par une séance bonus qui nous enverra dépenser nos dernières vies à poursuivre une idole sacrée en suivant les indications du jeune maharadjah – en échange de points, une fois encore.

Le menu est certes un peu maigre – une partie complète dépassant difficilement les dix minutes – mais il est finalement assez cohérent avec la philosophie d’une borne de 1985 : on n’est pas là pour découvrir des décors à couper le souffle et de l’action à s’en faire péter les rétines, mais simplement pour inscrire son nom dans les high scores. À ce titre, le jeu a exactement les forces de ses faiblesses : la jouabilité est limpide (un seul bouton), les objectifs sont clairement donnés, et les séquences de jeu sont suffisamment courtes pour ne pas avoir le temps d’être trop redondantes.

On appréciera de pouvoir dénicher des raccourcis en se balançant à l’aide du fouet, et à dire vrai la première séquence est encore la plus intéressante des trois, cumulant exploration, action et objectifs secondaire. La poursuite en wagonnet, pour sa part, vire rapidement aux réflexes purs quand sa vitesse commence à augmenter – ce qui camoufle efficacement son manque de profondeur – quant à la récupération des pierres sacrées et à la séquence du pont (inaccessible, pour sa part, en mode facile), elles sont bien trop limitées pour représenter davantage que de la distribution de points – où l’occasion de perdre des vies. Bref, Indiana Jones and the temple of Doom est un titre qui assume d’un bout à l’autre d’être pensé pour des parties très courtes, et dès l’instant où on le prend comme tel il ne se débrouille objectivement pas mal.

On peut d’ailleurs apprécier les petites astuces, comme par exemple de grappiller des points en fouettant les squelettes dès l’écran de sélection de la difficulté, et dans l’ensemble une partie est suffisamment efficace et variée pour se montrer agréable d’un bout à l’autre… même si la question d’en tenter une deuxième ou une troisième risque de rapidement se poser, surtout avec plus de quarante ans de recul.

Aussi surprenant que cela puisse paraître à une époque où Indiana Jones est devenu un monument du cinéma populaire, l’adaptation de sa deuxième aventure, loin d’être une ambitieuse et spectaculaire succession de morceaux de bravoure, n’est donc au final qu’un petit jeu avec très peu de strass et de paillettes – ce qui signifie également qu’il a au moins le bon goût de préférer se concentrer sur son efficacité. Loin d’en faire des caisses comme aujourd’hui, où on en tirerait vraisemblablement une épopée de dix à quinze heures, la borne d’Atari se compare davantage au seau de popcorn qu’on pouvait avoir sur les genoux au moment de découvrir le film (à condition d’être vieux, mais inutile de retourner le couteau dans la plaie) : un petit moment appréciable dont on aura tout oublié sitôt rassasié. Le relief d’une époque plus simple, surtout quand on la vivait à hauteur d’enfant, mais à présent que le temps et le cholestérol nous ont rattrapés, le constat est implacable : voilà une petite friandise au goût de passé qui ne devrait pas occuper notre mémoire bien longtemps, et c’est très bien comme ça.

Vidéo – Une partie lambda :

NOTE FINALE : 12/20

À la question « comment retranscrire les exploits du plus grand aventurier de tous les temps ? », Indiana Jones and the Temple of Doom apporte la réponse simple d'une borne d'arcade de 1985 : avec une courte série de scènes d'action se disputant pour le score. Le titre a le mérite d'être accessible et immédiatement compréhensible, mais il ne cherche jamais réellement à introduire des notions comme la variété, la surprise ou le renouvellement dans un déroulement pensé pour des parties de deux minutes. Avec le recul, on se dit que le tout, pour plaisant qu'il soit, manque encore franchement d'ambition et de grand spectacle ; l'épopée d'Indy pour récupérer les pierres de Sankhara se parcoure cependant avec une certaine curiosité... mais vraisemblablement pas pour très longtemps. Enlevez le chapeau et le fouet, et vous obtenez un programme relativement efficace mais aussi générique qu'oubliable. Sans doute pas ce qui définisse le mieux Indiana Jones.


CE QUI A MAL VIEILLI :

– Une aventure qui se limite à trois courtes séances d'action répétées en boucle...
– ...d'où une cruelle absence de renouvellement

Bonus – Ce à quoi pouvait ressembler Indiana Jones and the Temple of Doom sur une borne d’arcade :

Version Amstrad CPC

Si la borne d’arcade d’Indiana Jones and the Temple of Doom avait, tout comme le film, été globalement bien accueillie à sa sortie, la version domestique du jeu, elle, n’aura suscité qu’un engouement très mesuré, pour ne pas dire autre chose. Cette version CPC nous livre d’ailleurs les premières pistes d’explication : déjà, c’est un speccy port, ce qui signifie qu’il ne faudra pas s’attendre à voir plus de quatre couleurs à l’écran – au moins est-il possible d’activer de la musique en jeu. Certes, ce n’est pas très beau, mais le vrai problème est le manque absolu de lisibilité provoqué, entre autres, par une fenêtre de jeu rabotée par une interface qui dévore à elle seule la moitié de l’écran. Cela laisse littéralement des fenêtres de réaction de l’ordre du dixième de seconde pour réagir lorsqu’un garde apparait à l’écran, d’autant que la vue n’est même pas constamment centrée sur Indy : 90% des vies perdues sont donc quasiment inéluctables… Comme si cela ne suffisait pas, l’équilibrage est rendu encore plus catastrophique par de nombreuses mauvaises idées, comme le fait que les gardes aillent plus vite que votre personnage sur une échelle, par exemple. Oh, et aucune option de choix de difficulté, naturellement, alors que la borne en proposait une… Bref, un jeu pas très beau, pas très bien pensé, pas très jouable et pas très bien équilibré : sans doute pas ce qu’on peut espérer trouver de mieux en la matière sur la machine d’Amstrad.

NOTE FINALE : 08,5/20

Prestation pas très emballante pour Indiana Jones and the Temple of Doom sur CPC : simple speccy port moche et peu lisible, ce portage s’assure en plus d’être rendu inutilement difficile par une fenêtre de jeu minuscule et un équilibrage raté. Après deux minutes de trépas à répétition sans jamais rien pouvoir faire, on passe à autre chose sans regret.

Version Atari ST

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

L’Atari ST aura été le premier ordinateur 16 bits à accueillir Indiana Jones and the Temple of Doom. Les performances de l’équipe de développement de Paragon Programming n’ayant pas exactement été éblouissantes avec les systèmes 8 bits, on était en droit de se demander si le résultat serait plus convaincant en lui confiant une machine plus puissante… et la réponse est : non. Dès l’écran-titre, le thème iconique de la saga est joué trop vite, et le nom de Lucasfilm n’est même pas orthographié correctement (deux fois !) ! Une fois en jeu, si l’on retrouve pour la première fois le choix de la difficulté, le reste fait hélas penser à la version ZX Spectrum en à peine mieux : non seulement c’est moche, non seulement la fenêtre de jeu a été rabotée avec de grandes bandes noires en plus de l’interface, mais en plus le défilement trouve le moyen d’être haché et de se trainer autour de huit images par seconde même avec ces sacrifices ! La caméra n’est jamais centrée sur le personnage, et les gardes, en plus d’être plus rapides que vous, ont tendance à vous foncer dessus en groupes serrés qui les rendent physiquement inévitables. Bref, l’équilibrage et la jouabilité sont une nouvelle fois bons à jeter dans une version qui ne manifeste aucun soin à aucun niveau (les murs de la séquence de wagonnet de mine ont été remplacés par des carrés de pelouse !) et qui ne tire aucunement parti des capacités du système. À oublier.

NOTE FINALE : 08,5/20

Parvenir à proposer sur Atari ST une version d’Indiana Jones and the Temple of Doom qui ne puisse même pas prétendre approcher ce qu’avait réaliser une version Commodore 64 pourtant tout juste honnête demandait une sérieuse dose d’incompétence, et ce portage lent, moche et peu jouable invite à se réjouir que Paragon Programming ait rapidement fermé ses portes après l’avoir réalisé.

Version Commodore 64

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Changement d’équipe pour cette version Commodore 64 d’Indiana Jones and the temple of Doom – on peut du moins le subodorer, celle-ci n’étant créditée nulle part. En tant que pur portage, celle-ci se défend en tous cas nette mieux que la version CPC : en-dehors du choix de la difficulté, toujours aux abonnés absents, pratiquement tous les éléments de la borne sont là (sauf les bidons explosifs et les glissières), avec même quelques autres comme des rails tordus à éviter dans les séquences de chariot de mine. La lisibilité est bonne, l’animation est fluide, le thème iconique de la saga accompagne l’action et la jouabilité fait le travail, à quelques ratés près (conseil : ne fouettez jamais un garde au-dessus d’une échelle). Ironiquement, cette version avait été très critiquée à l’époque (comme un peu toutes les autres)… pour sa trop grande facilité – ce qui revenait à méconnaître la nature même de la borne, qui était comme on l’a vu une borne de scoring. On ne lui reprochera donc pas trop d’hériter des mêmes défauts que son modèle : répétitivité, manque de renouvellement et contenu famélique. Une adaptation très correcte, mais on comprendra que des joueurs de 1987 qui venaient de dépenser beaucoup plus d’argent que le prix d’une partie sur la borne soient restés sérieusement sur leur faim.

NOTE FINALE : 11/20

Indiana Jones and the Temple of Doom sur Commodore 64 est un cas d’école de portage souffrant d’être resté trop fidèle à une borne absolument pas pensée pour les parties longues. La réalisation et la jouabilité ont beau être globalement à la hauteur, il faut difficilement plus d’un quart d’heure pour faire le tour de l’expérience, même pour les amateurs de scoring. Pas très consistant, pour un personnage aussi iconique…

Version MSX

Au moment de lancer Indiana Jones and the Temple of Doom sur MSX, deux mots honnis viennent instantanément imposer l’appréhension : speccy port… Eh bien, la bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas le cas ! Certes, on peut difficilement parler de déluge de couleurs (j’en ai compté six), et la réalisation aura du mal à recevoir des lauriers, mais l’interface envahissante a disparu au profit d’une action en plein écran, et ça, ça fait une grosse différence ! On notera que les niveaux sont devenus plus tentaculaires et un tantinet plus dirigistes, que les gardes sont à peine une menace tant ils sont stupides et passent leur temps à tomber tout seuls des plateformes, et que la séquence de chariot de mine est confuse, limitée et pas vraiment à la hauteur de ce qu’on avait pu voir sur Commodore 64… mais cela reste un jeu défendable, même s’il reste la question de savoir qui y consacrera plus de dix minutes. À tout prendre, ce n’est déjà pas si mal, alors on va s’en contenter.

NOTE FINALE : 10/20

D’accord, Indiana Jones and the Temple of Doom sur MSX est (très) limité, pas spécialement agréable à l’œil ou à l’oreille et toujours aussi court, mais il est à peu près jouable sans être inutilement positif, ce qui est déjà une petit victoire. L’action en plein écran est de loin la meilleure nouvelle de toutes, il est simplement dommage que l’équilibrage semble n’avoir fait l’objet d’aucun soin particulier… un peu comme le reste, pour être honnête, mais on a déjà connu bien pire.

Version ZX Spectrum

La version CPC ayant tué le suspense, on a déjà une bonne idée de ce à quoi s’attendre avec la version ZX Spectrum d’Indiana Jones and the Temple of Doom… et dans les faits, c’est pire. Ah, dans l’absolu, il y a plus de couleurs que sur la machine d’Amstrad, mais celles-ci étant réservées à l’interface, la fenêtre de jeu en elle-même est désormais strictement monochrome. Histoire de parfaire le tableau, il n’y a plus une seule note de musique, et la lisibilité comme la jouabilité et l’équilibrage sont toujours aussi catastrophiques. Bref, difficile de trouver matière à s’enthousiasmer pour quoi que ce soit, et on réservera ce portage peu inspiré aux joueurs cumulant la double-casquette de fans d’Indiana Jones ET du ZX Spectrum.

NOTE FINALE : 08/20

Graphismes monochromes, fenêtre de jeu minuscule, ambiance sonore inexistante, équilibrage catastrophique, jouabilité imprécise… difficile de trouver des qualités à la version ZX Spectrum d’Indiana Jones an the Temple of Doom, même en cherchant bien. À réserver aux vrais passionnés.

Version NES

Qu’un succès planétaire comme Indiana Jones et le temple maudit doive attendre trois ans pour avoir droit à une adaptation sur NES (qui n’en était certes qu’à ses balbutiements à l’international au moment de la sortie du film), et dans une version n’ayant jamais quitté le sol américain est rarement bon signe. On reconnaîtra au moins à Tengen le mérite de ne pas s’être limité à une simple transposition de la borne en s’efforçant d’apporter un peu plus d’idées, de variété et de contenu à cette itération. Le jeu est désormais clairement centré sur la libération des enfants, avec les séquences de wagonnet servant cette fois à relier plusieurs parties d’un même niveau.

Les enfants servent également de distributeurs de bonus (un peu à la manière des otages de Metal Slug), vous délivrant notamment des armes additionnelles (épées ou revolvers) qui sont alors sélectionnables en maintenant Select et en appuyant sur une des directions de la croix directionnelle. Bien que le titre ne comporte que douze niveaux (ou « vagues »), passer de l’un à l’autre va demander de mener une exploration méthodique –  et il sera également possible de dénicher des salles secrètes dont l’emplacement est parfois indiqué par les enfants, là encore, et qui ne pourront être révélées qu’en faisant sauter un mur à l’aide d’un bâton de dynamite. Les ultimes vagues vous demanderont d’avoir collecté minutieusement fragments de carte et pierres de Sankhara pour pouvoir progresser. Le tout n’est pas très beau mais a le mérite d’être relativement jouable et d’être mieux équilibré que les versions informatiques, même si la progression vers les derniers niveaux est vraiment ardue tant on peut facilement se perdre et ne plus savoir où mène telle ou telle porte. Sans être inoubliable, l’expérience a clairement ses arguments face à une version arcade qui n’offrait pas grand intérêt sur la durée et demeure, malgré son aspect redondant et sa navigation confuse, une des meilleures versions du jeu. À tout prendre, ce n’est déjà pas si mal.

NOTE FINALE : 11,5/20

Version repensée davantage que portage, Indiana Jones and the temple of Doom sur NES est loin de tout réaliser à la perfection mais n’en offre pas moins un titre plutôt plus intéressant que la borne sur la durée – à condition d’apprécier les jeux de labyrinthe, les allées-et-venues à répétition et la collecte systématique de dizaines de bonus destinés à aller s’empiler dans l’inventaire et servant rarement à quelque chose. Trop répétitif et fastidieux pour le recommander au commun des mortels, mais les amateurs du genre pourront y passer un peu de temps.

Version Amiga

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Pour l’Amiga, il aura cette fois carrément fallu attendre l’année de la sortie d’Indiana Jones et la dernière croisade – ainsi que de ses deux adaptations vidéoludiques – pour voir enfin arriver Indiana Jones and the Temple of Doom, quatre ans après la borne d’arcade. Une bien longue attente… et avec une nouvelle équipe aux commandes, on pouvait espérer un bon dépoussiérage, non ? Perdu ! Pour le coup, le studio Level Systems, probablement mobilisé pour capitaliser le plus vite possible sur l’engouement provoqué par le troisième film de la saga, aura tout simplement porté la version ST avec quelques adaptations minimales. Mais alors vraiment minimales : les bruitages sont meilleurs, il y a peut-être quelques couleurs en plus (je n’en suis même pas sûr !), mais pour le reste, c’est toujours exactement aussi moche, lent et équilibré avec le fondement. Bref, du bon gros travail de commande salopé en urgence pour pigeonner des victimes : allez jouer à autre chose, et vite.

NOTE FINALE : 08,5/20

Portage honteux directement transposé depuis une version Atari ST parue deux ans plus tôt – et qui passait déjà pour techniquement et ludiquement limitée à l’époque – Indiana Jones and the Temple of Doom livre sur Amiga une prestation tout aussi minable. Étant donné la concurrence dans le domaine du jeu d’action sur la machine de Commodore, le mieux à faire est de laisser cette version pourrir dans l’oubli où elle mérite de disparaître.

Version Apple II

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Comme on l’aura compris, 1989 était l’année où la sortie d’Indiana Jones et la dernière croisade constituait un très bon moment pour ressortir du placard les vieux jeux tournant autour de la licence – et de servir les machines qu’on avait oubliées lors de la première tournée. Sur Apple IIe, c’est Tengen qu’on retrouve à la barre – mais pas question cette fois de retrouver les mêmes adaptations de gameplay que pour la version NES. La dernière déclinaison de la machine ne se débrouille d’ailleurs pas mal du tout : certes, l’action est toujours très lente, le défilement saccadé (voire totalement supprimé lors de la séquence du wagonnet) et la vue jamais centré correctement – l’ambiance sonore se limite, pour sa part, à quelques bruitages passé le thème de l’écran-titre. Mais ce qui change tout, c’est que l’équilibrage est nettement meilleur que sur Amiga ou Atari ST, avec des ennemis qui profitent de la lenteur globale pour vous laisser enfin le temps de réagir ! Évidemment, faute de réelle opposition dans les séquences des mines (il n’y a plus de sélection de la difficulté, au passage), le programme compense en se montrant nettement plus punitif lors des séquences de wagonnet (retour au départ à chaque erreur), ce qui n’était vraiment pas indispensable, mais dans l’ensemble, l’action fait nettement plus illusion que sur les machines 16 bits et ce n’est déjà pas mal.

NOTE FINALE : 10/20

Sur Apple II, Indiana Jones and the Temple of Doom accomplit l’essentiel : proposer une expérience jouable et (relativement) équilibrée. Tout est loin d’être idéal tant la lenteur générale nous rappelle à quel point la machine nécessitait des jeux d’action pensés pour elle dès le départ, mais même si on n’y engloutit pas des heures, on ne regrette pas (trop) le (peu de) temps que l’on passe en compagnie du célèbre archéologue.

Version PC (DOS)

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Difficile de s’enthousiasmer en voyant Indiana Jones and the Temple of Doom débarquer sur PC, surtout quand on parle des PC de début 1989. Avec en plus Paragon Programming de retour aux commandes, on s’attend à une purge, et quand on hérite sans surprise de la simple transcription de la version Atari ST avec les seize couleurs de l’EGA et aucune carte son reconnue, on ne peut pas dire que l’optimisme remonte en flèche. Ceci dit, l’objectivité oblige également à reconnaître de vraies mérites à cette version PC : pour commencer, l’action et le défilement sont bien plus fluides avec le bon processeur (régler en « auto » sous DOSBox fera parfaitement l’affaire), et le jeu a fini de se traîner comme un char à bœufs dans une côte, ce qui a également l’avantage de rendre la jouabilité nettement plus réactive. Mais surtout, les errements de l’équilibrage ont enfin été corrigés : les gardes thugs ont cessé d’être plus rapides que vous (du moins dans le mode le plus facile), ils ne vous tombent plus dessus par groupes de trois, et les boules de jeu lancés par Mola ram peuvent être interceptées sans être un jedi. Cela ne suffit certes pas à transformer l’expérience en bombe vidéoludique, mais on peut enfin espérer voir le bout de l’aventure et passer un moment décent, ce qui est assurément une grande amélioration.

NOTE FINALE : 10,5/20

Alors qu’on pouvait s’attendre au pire en le voyant débarquer sur PC en 1989, Indiana Jones and the Temple of Doom parvient à corriger les plus gros défauts des autres versions 16/32 bits ; nommément, leur lenteur et leur (absence d’)équilibrage. Sans toucher à la quintessence du jeu d’action, on trouve néanmoins de quoi s’occuper quelques dizaines de minutes, et c’est déjà bien.

Galaga

Développeur : Namco Limited
Éditeur : Namco Limited (Japon) – Midway Mfg. Co. (Amérique du Nord)
Titres alternatifs : ARCADE ARCHIVES GALAGA (collection Arcade Archives), Arcade Game Series : Galaga (version dématérialisée), Galaga : Demons of Death (NES – Amérique du Nord), Galax (Sord M5), SEGA-Galaga (SG-1000)
Testé sur : Arcade – MSX – SG-1000 – FM-7 – Master System – NES – PC-98 – Sharp X1 – Atari 7800 – Famicom Disk System – Game Boy – PlayStation – CD-i
Versions non testées : Sord M5, Sharp MZ-80B/2000/2500, Sharp MZ-80K/700/800/1500
Disponible sur : 3DS, Antstream, Blackberry, BREW, J2ME, Palm OS, PlayStation 4, Roku, Switch, Wii, Wii U, Windows, Windows Mobile, Xbox 360, Xbox One – Figure au sein de la ludothèque pré-installée de la Nintendo Classic Mini : Nintendo Entertainment System
Présent au sein des compilations :

  • Arcade Classic 3 : Galaga / Galaxian (1995 – Game Boy)
  • Namco Classic Collection Vol.1 (1995 – Arcade)
  • Namco Museum Vol. 1 (1995 – PlayStation, PlayStation 3, PS Vita, PSP)
  • Arcade Classics (1996 – CD-i)
  • Namco Gallery Vol. 1 (1996 – Game Boy)
  • Namco Museum (2001 – Game Boy Advance)
  • Namco Museum : Virtual Arcade (2008 – Xbox 360)
  • Namco Museum Essentials (2009 – PlayStation 3)
  • Pac-Man & Galaga Dimensions (2011 – 3DS)
  • Namco Museum Archives Vol. 2 (2020 – PlayStation 4, Switch, Windows,Xbox One)
  • Atari 50 : The Anniversary Celebration – The Namco Legendary Pack (2025 – PlayStation 4, PlayStation 5, Switch, Windows, Xbox One, Xbox Series)

En vente sur : Nintendo eShop (Switch/Switch 2), PlayStation Store (PlayStation 4), Steam.com (Windows), Xbox.com (Xbox One, Xbox Series)

Également testé : Galaga Arrangement

La série Galaxian (jusqu’à 2000) :

  1. Galaxian (1979)
  2. Galaga (1981)
  3. Gaplus (1984)
  4. Galaga ’88 (1987)
  5. Galaxian 3 (1990)
  6. Galaga : Destination Earth (King of the Jungle) (2000)
  7. Galaga : Destination Earth (Pipedream Interactive) (2000)

Version Arcade

Date de sortie : Septembre 1981 (International)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Borne
Contrôleurs : Un joystick (deux directions) et un bouton
Version testée : Version internationale, révision B
Hardware : Processeurs : Zilog Z80 3,072MHz (x3) ; Fujitsu MB8843 1,536MHz ; Fujitsu MB8844 1,536MHz
Son : Haut-parleur : Namco 96kHz ; Discrete Sound ; 1 canal
Vidéo : 288 x 224 (V) 60,606061Hz

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

On pourrait probablement résumer grossièrement l’ère des débuts du shoot-them-up en quatre mots : « clones de Space Invaders ». Une affirmation qui n’est, comme souvent, qu’à demi-vraie – on pourrait évoquer Vanguard et son défilement horizontal dès 1981, ou encore Battlezone et sa vue à la première personne l’année précédente, qui exploraient déjà d’autres directions – mais le fait est surtout que la clef du genre encore naissant, à l’époque, était aussi celle qui allait tendre à complètement disparaître au cours de son âge d’or, une décennie plus tard : apporter une idée.

Face au simple concept de vagues extraterrestres débarquant depuis le haut de l’écran, on se souvient par exemple que Phoenix avait apporté le concept de boss tandis que Galaxian avait introduit une action plus dynamique reposant davantage sur les réflexes et moins sur la planification méthodique de la destruction des vagues adverses. Des mécanismes qui n’ont peut-être l’air de rien dits comme cela, mais qui représentaient tout de suite une énorme différence à une ère où le gameplay du genre tenait en une ligne et reposait sur un axe et un bouton – Galaxian avait d’ailleurs immédiatement rencontré un immense succès, qui ne faisait que rendre la perspective d’une suite plus évidente. Celle-ci aura mis deux ans à se matérialiser sous le nom de Galaga, et la question de son apport se résumait à une phrase qu’on a appris à ne plus beaucoup se poser en quarante-cinq ans : « Quoi de neuf ? ». Et la réponse est : a priori, rien d’outrageusement spectaculaire, mais quelque chose de suffisamment malin pour amener un joueur à repenser totalement sa façon de jouer.

Année de sortie oblige, on n’évoquera d’ailleurs même pas un éventuel scénario ou la bribe du plus infime contexte : il y a des cibles, vous devez tirer dessus, et le fait que l’action se déroule dans l’espace est grandement liée à la facilité de représenter l’espace en question avec un grand fond noir à peine égayé de quelques pixels lumineux – si les écrans d’alors avaient été bleus, tous les premiers shoot-them-up auraient vraisemblablement mis en scène des invasions aquatiques ou sur fond de ciel d’azur, mais passons.

Dans l’absolu, difficile de ne pas déceler immédiatement la filiation évidente entre Galaxian et Galaga – un joueur distrait pourrait d’ailleurs facilement confondre les deux jeux, la représentation comme le déroulement n’ayant pas connu de bouleversement spectaculaire. De fait, en-dehors d’une très timide refonte graphique que le joueur actuel remarquera à peine, les nouveautés de cet épisode peuvent littéralement se compter sur les doigts d’une main de lépreux, mais c’est parfois largement suffisant pour métamorphoser une expérience de jeu… à condition, néanmoins, d’être prêt à prendre quelques risques au nom du scoring.

La première nouveauté n’en est d’ailleurs pas vraiment une – c’est davantage un prolongement de ce qui avait fait la force du premier opus. Comprendre : les fameuses vagues ennemies sont plus dynamiques que jamais, avec des vaisseaux qui arrivent de tous les côtés avant de prendre position, quitte à suivre des trajectoires alambiquées en formation serrée – des trajectoires qu’il vaudra mieux apprendre à mémoriser pour faire un maximum de dégâts en un minimum de temps. De quoi casser efficacement la routine des vagues atrocement prévisibles de Space Invaders – et de quoi capitaliser sur ce qui avait déjà été le point fort de Galaxian, mais pas exactement de quoi réinventer la roue.

La deuxième nouveauté est d’ailleurs plus un ajout de confort, ce qui n’empêchera pas de l’apprécier : l’ajout d’un autofire qui éviter de massacrer inutilement votre index ou votre majeur (ainsi que le bouton de la borne) pour faire feu sur les extraterrestres à l’apparence insectoïde. Et tant qu’à faire, la troisième nouveauté est l’introduction régulière de vagues bonus, dites « Challenging Stages », qui demandent de parvenir à détruire en intégralité des formations ennemies inoffensives mais aux trajets particulièrement retors en échange de la seule chose qui compte, à savoir des points supplémentaires.

« Tout cela est bien beau », vous entends-je déjà rétorquer, « mais ne serait-ce pas un peu maigre ? ». Une objection déjà un peu sévère si l’on remet le jeu dans le contexte de sa date de sortie, où la plupart des clones susmentionnés ne s’embarrassaient pas de ce genre de questionnement, mais qui revient surtout à occulter la nouveauté la plus intéressante : le fait que certaines unités du jeu puissent venir, par le biais d’une sorte de rayon tracteur, vous chiper directement une vie pour aller l’ajouter aux rangs adverses !

Un mécanisme déjà bien vu en termes de tension dramatique, car récupérer la vie en question vous demandera de détruire son gardien (celui qui vous l’a chipée) en prenant bien garde de ne pas détruire la vie en elle-même, soit une très bonne raison de ne pas arroser l’écran de tirs dans un accès de panique. Mais le mieux est encore à venir, car parvenir à récupérer votre vaisseau fraîchement dérobé ne le fera pas regagner votre réserve de vies… mais le fera venir se placer à côté de celui que vous dirigez, créant ainsi une sorte de « super-vaisseau » à la hitbox certes deux fois plus large, mais aussi et surtout à la puissance de feu deux fois plus importante !

Dès lors, inutile de dire que les vrais amateurs de scoring auront tout intérêt à privilégier une technique ô combien inhabituelle consistant à se laisser chiper une vie pour mieux la faire revenir sous la forme d’un des premiers power-up du genre – et sans se rater, naturellement, sans quoi l’opération se terminera juste par une vie perdue. De quoi aborder très différemment une partie sans se contenter de jouer « aux réflexes » en évitant les tirs adverses, et de quoi se retrouver avec des parties nettement plus techniques que ce à quoi nous avait alors habitué le genre !

Évidemment, on pourra aussi objecter que ce mécanisme inédit ne suffit pas à compenser le manque évident de renouvellement du jeu qui repose toujours sur la reproduction ad nauseam des mêmes vagues adverses rendues de plus en plus agressives, mais qui n’empêche pas de constater que ce Galaga est bel et bien plus profond, plus complet et plus varié que son illustre prédécesseur. Sans doute pas de quoi l’amener à supplanter toute la production vidéoludique ayant suivi, mais il reste fascinant de constater à quel point il est difficile de lâcher une partie avant de l’avoir terminée, même si celle-ci atteindra rarement les cinq minutes. Le souvenir rafraîchissant d’une époque où une borne d’arcade ne reposait pratiquement que sur son gameplay pour espérer conquérir le cœur (et le portefeuille) des joueurs.

Vidéo – Une partie lambda :

NOTE FINALE : 12,5/20

Galaga représente exactement ce qu'on pouvait attendre d'une suite de Galaxian, en bien comme en mal : un concept très similaire, une toute petite poignée d'innovations – dont une très maligne – et on hérite une nouvelle fois d'un petit jeu efficace capable de se montrer suffisamment addictif pour n'avoir aucune envie de lâcher sa partie avant d'être arrivé au bout de son crédit. On appréciera l'apparition de quelques stratégies plus complexes et l'introduction d'un (timide) renouvellement, mais il faudra une nouvelle fois accepter d'avoir fait le tour de l'essentiel de l'expérience au bout de quelques parties. Dès l'instant où vous aurez cinq minutes à tuer, Galaga demeurera un candidat quasi-incontournable et un très bon moyen de s'abandonner à un concept aussi évident qu'hyper-accessible. Une révolution ? Sans doute pas, mais juste un shoot-them-up qui a su transcender le statut de « clone de Space Invaders » pour déployer ses propres arguments – et le mieux, c'est que ça marche toujours.


CE QUI A MAL VIEILLI :

– Très peu de renouvellement : deux types de vagues et puis basta

Bonus – Ce à quoi pouvait ressembler Galaga sur une borne d’arcade :

Version MSX

Développeur : Namco Limited
Éditeur : Namco Limited (Japon) – Bug-Byte Software Ltd. (Amérique du Nord)
Date de sortie : 1984
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Supports : Cartouche, cassette
Contrôleurs : Joypad, joystick
Version testée : Version américaine (NTSC)
Configuration minimale : Système : MSX 1

Le MSX figurait parmi les premiers candidats naturels pour le portage d’une borne d’arcade japonaise du début des années 80. Galaga y délivre d’ailleurs une performance plus que convaincante : à l’exception de sprites n’affichant désormais plus qu’une seule couleur à la fois et d’une vue bien évidemment adaptée au format horizontal de l’écran, c’est pour ainsi dire à la copie conforme de la borne que l’on a affaire. Les petits jingles de lancement sont toujours là, tout comme les Challenging Stages et la possibilité de se faire capturer une vie pour la changer en power-up ensuite. Bref, exactement ce qu’on l’on était en droit d’espérer, même si la vue laissant moins de champ verticalement signifie aussi que cette version est légèrement plus difficile que la borne.

NOTE FINALE : 12/20

Galaga délivre sur MSX le portage qu’on était en droit d’attendre, le prix à payer étant composé de minuscules et inévitables adaptations dont le seul tort est de venir gonfler subtilement une difficulté qui n’en avait pas besoin. Évidemment, de nos jours, autant jouer directement à la borne, mais on ne peut pas dire qu’on se sentira floué de découvrir le jeu via cette très solide version domestique.

Version SG-1000
SEGA-Galaga

Développeur : SEGA Personal Computer Div.
Éditeur : SEGA Enterprises, Ltd.
Date de sortie : Novembre 1984 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Carte
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version japonaise (NTSC)
Spécificités techniques : Cartouche de 128kb

En 1984, SEGA et Namco étaient déjà rivaux dans les salles d’arcade, mais cela n’aura pas empêché Galaga de faire un détour par la grande sœur de la Master System. Pour l’occasion, difficile de ne pas penser immédiatement à la version MSX tant les deux portages sont graphiquement proches, mais la version de SEGA ne fait néanmoins pas aussi bien : les ennemis sont nettement plus lents, ce qui rend le jeu plus facile, on a le droit à des effacements de sprites, et surtout les Challenging Stages ont totalement disparu de cette itération. Autant dire que perdre du contenu, de la variété et du défi n’était pas exactement ce qu’on attendait de cette version, qui demeure correcte mais qui ne devrait plus présenter grand intérêt pour quiconque de nos jours. À réserver aux historiens et aux purs mordus de SEGA.

NOTE FINALE : 10,5/20

Sur SG-1000, SEGA-Galaga laisse davantage de plumes que sur MSX, et l’expérience finit par en souffrir à tous les niveaux. Même si le cœur du jeu est toujours bien présents, les coupes, limitations techniques et autres maladresses réserveront cette version à un cercle bien précis de nostalgiques dont les membres ne doivent pas être très nombreux en Europe, où la SG-1000 n’a jamais été distribuée. Clairement pas le portage à découvrir en priorité.

Version FM-7

Développeur : Namco Limited
Éditeur : Dempa Shimbunsha (Japon)
Date de sortie : 1985
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, Dempa Joystick
Version testée : Version cassette japonaise
Configuration minimale : –

Dans la longue liste d’ordinateurs japonais des années 80, voici un autre grand classique : le FM-7 de Fujitsu. Pour l’occasion, Galaga vient tenter sa chance dans une version qui a le bon goût de ne rien couper : tout est toujours là, des Challenging Stages aux jingles. Le défi est plus progressif que sur MSX, et la réalisation est assez fine mais peu colorée. La jouabilité, pour sa part, devra se faire au clavier si vous n’avez pas de joystick Dempa, avec des touches un peu déstabilisantes (on tire avec Échap !) et la particularité un peu agaçante qu’une fois lancé dans une direction, le vaisseau ne s’arrête pas, mais l’expérience demeure solide et le contenu préservé, on ne devrait donc pas avoir trop de raisons de bouder cette version.

NOTE FINALE : 11,5/20

Portage très décent pour Galaga sur FM-7 : on aurait aimé que ça soit un peu plus coloré et que le jeu reconnaisse une plus large gamme de joysticks, mais dans l’absolu, cela reste une très bonne transcription de la borne, avec une difficulté moins raide que sur MSX. Plutôt une bonne pioche, donc.

Version Master System
SEGA-Galaga

Développeur : SEGA Personal Computer Div.
Éditeur : Samsung Electronics (Corée du Sud)
Date de sortie : 1985 (Corée du Sud)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Carte
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version coréenne (NTSC)
Spécificités techniques : Cartouche de 128kb

Les joueurs attendant une conversion de Galaga enfin à la hauteur de la borne d’arcade risquent d’en être pour leurs frais : derrière cette version Master System uniquement commercialisée en Corée du Sud se dissimule en fait… la version SG-1000 du jeu, qui tourne grâce au mode de compatibilité de la console. Oui, c’est toujours très exactement le même jeu, ce qui signifie qu’on y retrouve exactement les mêmes limitations, à commencer par la disparition des Challenging Stages. Certainement pas la meilleure façon de promouvoir la nouvelle console de SEGA, et on sera heureux a posteriori que ce portage recyclé n’ait pas quitté l’Asie, tant il offre peu d’intérêt aujourd’hui et n’en offrait déjà pas beaucoup il y a quarante ans.

NOTE FINALE : 10,5/20

Prenez SEGA-Galaga sur SG-1000, vendez-le comme un jeu sur Master System à destination du marché sud-coréen, et vous obtenez cette édition qui n’a jamais rien demandé d’autre que de changer l’emballage. Tant pis pour l’espoir de bénéficier d’une conversion totalement fidèle du hit de Namco sur la Master System, donc.

Version NES

Développeur : Namco Limited
Éditeur : Namco Limited (Japon) – Bandai America, Inc. (Amérique du Nord)
Date de sortie : Février 1985 (Japon) – Septembre 1988 (Amérique du Nord, Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne (PAL)
Spécificités techniques : Cartouche de 320kb

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Débarqué sur NES quelques mois à peine après son glorieux aîné Galaxian, Galaga y livre pour l’occasion une prestation tout aussi convaincante. Les couleurs ont beau être logiquement un peu plus fades – on connait les limites de la palette de la NES – sauf à inviter le joueur à faire pivoter sa télé pour respecter le format original, on voit difficilement comment cette version pourrait être plus proche de la borne. Tout le contenu est là, la jouabilité n’a pas bougé et même l’équilibrage respecte celui de la borne d’arcade. Un très bon portage qui nous rappelle une époque où « l’arcade à domicile », c’était la NES.

NOTE FINALE : 12,5/20

Prestation sans faute pour ce Galaga sur NES, qui reproduit très fidèlement et très efficacement l’expérience de jeu de la borne. Certes, le format est moins vertical qu’à l’origine, mais c’est vraiment l’unique (minime) reproche à faire à une version qui fait parfaitement son travail. Dommage que cette version cartouche ne mémorise pas les scores, car sans cela c’était déjà l’alternative idéale en 1985.

Version PC-98

Développeur : Dempa Shimbunsha
Éditeur : Dempa Shimbunsha (Japon)
Date de sortie : Avril 1985 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Disquette 5,25″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette japonaise
Configuration minimale : –

Galaga aura curieusement fait l’impasse sur le pourtant très populaire PC-88, ce qui ne l’aura pas empêché de débarquer sur son tout aussi populaire successeur, le PC-98. Pour l’occasion, c’est Dempa Shimbunsha qui assure le portage, et celui-ci réalise pratiquement le sans-faute… à part pour ce qui est de la réalisation sonore, qui met de côté les jingles (que la machine de NEC avait pourtant largement les capacités d’assumer) pour se limiter à un simple bip pendant vos tirs. Graphiquement, difficile de ne pas penser à la version FM-7 – mais en plus coloré – et la jouabilité est également un peu plus naturelle au clavier puisqu’on tire à présent avec la barre d’espace – et que le vaisseau veut bien s’arrêter, cette fois. Bref, une version solide, mais qui pouvait néanmoins prétendre à mieux.

NOTE FINALE : 12/20

Sorte de version FM-7 en plus colorée – mais également plus limitée sur le plan sonore – Galaga sur PC-98 accomplit l’essentiel en fournissant un portage complet et parfaitement jouable de la borne d’arcade. On s’en contentera.

Version Sharp X1

Développeur : Dempa Shimbunsha
Éditeur : Dempa Shimbunsha (Japon)
Date de sortie : Octobre 1985 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Disquette 5,25″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette japonaise
Configuration minimale : –

De toutes les versions testées sur les ordinateurs japonais, Galaga sur Sharp X1 est sans doute l’une des plus convaincantes : c’est aussi coloré que sur la borne, c’est fluide, tout le contenu a été préservé et pas un seul bruitage ni jingle ne manque à l’appel. Seul petit défaut : comme dans la version FM-7, le vaisseau ne semble pas comprendre le concept d’immobilité et ne daigne pas s’arrêter une fois que vous lui avez indiqué une direction, mais pour l’essentiel on retrouve exactement la borne, rendue juste un peu plus difficile par l’inutile facétie susmentionnée.

NOTE FINALE : 12/20

Galaga sur Sharp X1 passe à quelques millimètres du sans faute : complète et bien réalisée, cette version ne pèche que par une jouabilité imparfaite, comme sur FM-7.

Version Atari 7800

Développeur : General Computer Corporation
Éditeur : Atari Corporation
Date de sortie : Août 1986 (Amérique du Nord)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne (PAL)
Spécificités techniques : Cartouche de 320kb

Inutile de revenir ici sur le tragique destin de l’Atari 7800, console dont le sort était vraisemblablement scellé dès le lancement, mais tâchons de nous souvenir que la machine d’Atari espérait à l’époque se distinguer par la qualité de ses conversions de l’arcade. Bon, on ne va pas se mentir : même en 1986, ça n’était pas spécialement impressionnant, la faute notamment à la faible résolution des graphismes, mais force est de reconnaître que l’expérience est globalement très bien préservée : le contenu, la musique, la jouabilité, le travail est fait dans tous les domaines. Le jeu est certes particulièrement lent (et par extension particulièrement facile) sur les systèmes PAL, mais on bénéficie d’options de difficulté pour rattraper le coup. Clairement pas de quoi détrôner la NES, qui faisait déjà mieux un an plus tôt, mais pour ce qui est de tuer dix minutes sur votre console Atari, on peut trouver largement pire.

NOTE FINALE : 12/20

L’Atari 7800 aura peut-être échoué à marquer les esprits, mais on peut trouver nettement pire que ce portage objectivement réussi de Galaga, qui ne pèche vraiment que par des graphismes assez grossiers et une lenteur dommageable sur les systèmes européens.

Version Famicom Disk System

Développeur : Namco Limited
Éditeur : Namco Limited (Japon)
Date de sortie : 22 juin 1990 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Disquette
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version japonaise (NTSC)
Spécificités techniques : –

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Galaga aura en quelque sorte fait deux passages sur Famicom, puisque l’extension/lecteur de disquette de la machine aura également eu le droit à son itération du jeu – même si elle aura dû attendre cinq longues années pour voir le jour. Comme on pouvait s’y attendre, c’est virtuellement exactement le même jeu qu’au format cartouche – mais avec une nuance qui peut avoir son importance dans un jeu d’arcade comme celui-ci : la possibilité de sauvegarder ses scores.

NOTE FINALE : 12,5/20

Galaga ne fait que changer de support en passant sur Famicom Disk System, ce qui apportera au moins aux adeptes du scoring la satisfaction de pouvoir sauvegarder leurs scores. Tous les autres pourront se contenter de la version cartouche.

Version Game Boy
Arcade Classic 3 : Galaga / Galaxian
Namco Gallery Vol. 1

Développeur : Arcade Classics 3 : Namco Limited
Namco Gallery Vol.1 : Tose Co., Ltd.
Éditeur : Arcade Classics 3 : Namco Limited (Japon) – Nintendo of America Inc. (Amérique du Nord) – Nintendo of Europe GmbH (Europe)
Namco Gallery Vol.1 : Namco Limited (Japon
Date de sortie : Arcade Classics 3 : 1995
Namco Gallery Vol.1 : 21 juillet 1996 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Console
Version testée : Arcade Classics 3 : Version européenne
Namco Gallery Vol.1 : Version japonaise
Spécificités techniques : Arcade Classics 3 : Cartouche d’1Mb
Compatible avec le Super Game Boy
Namco Gallery Vol.1 : Cartouche de 4Mb
Compatible avec le Super Game Boy
Système de sauvegarde par mot de passe

Au milieu des années 90, Galaga ne représentait visiblement plus un programme suffisamment consistant pour justifier d’être vendu seul – mais il aura figuré dans pas moins de deux compilations sur Game Boy, dans des versions virtuellement identiques (au détail près que la version de Namco Gallery Vol.1 vous fait commencer avec trois vies au lieu de deux dans Arcade Classics 3, et qu’elle perd en contrepartie l’autofire). Comme on peut s’y attendre, les graphismes et la lisibilité ne sont pas exactement à leur pic sur la portable de Nintendo, mais tout le reste est exactement à sa place, du contenu à la réalisation sonore, et la jouabilité comme l’équilibrage sont restés excellents. Alors certes, je ne sais pas si les joueurs ont jamais été prêts à se bousculer pour jouer à une borne d’arcade de presque quinze ans d’âge sur l’écran monochrome de la Game Boy, mais si c’est votre projet alors ces deux versions remplissent parfaitement leur office.

NOTE FINALE : 12/20

Pas de surprise pour Galaga sur Game Boy : même s’il faut logiquement compter sans la couleur pour cette version, l’expérience n’en demeure pas moins fidèle à celle de la borne. Un peu de contenu additionnel ou de véritables options de configuration n’auraient pas fait de mal, vu la période de sortie de ces deux versions, mais je chipote.

Version PlayStation
Namco Museum Vol. 1

Développeur : Now Production Co., Ltd.
Éditeur : Namco Limited (Japon) – Sony Computer Entertainment Europe Ltd. (Europe) – Namco Hometek Inc. (Amérique du Nord)
Date de sortie : 22 novembre 1995 (Japon) – 20 juin 1996 (Europe) – 27 mai 1997 (Amérique du Nord)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : CD-ROM
Contrôleurs : Joypad, NeGcon
Version testée : Version européenne (PAL)
Spécificités techniques : Système de sauvegarde par carte mémoire (1 bloc)

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

À l’heure des grandes compilations de jeux d’arcade sur la génération 32 bits, on se doutait bien que Namco n’allait pas faire l’impasse. Galaga est ici présenté dans une version qui pousse la similitude avec la borne jusqu’à présenter les options du jeu sous la forme de réglage des DIP Switches ! En plus du choix du nombre de vies, on remarquera surtout la possibilité de choisir entre trois modes graphiques, dont un reproduisant exactement le format de la borne à condition de pivoter son écran de télé à la verticale – et le résultat est lisible dans tous les cas. Seule curiosité : la disparition de l’autofire, qui était pourtant intégré par défaut dans la borne.

NOTE FINALE : 13/20

Aucune mauvaise surprise pour Galaga sur PlayStation : c’est la borne d’arcade à domicile avec les options de configuration qu’on était en droit d’attendre. Bref, un très bon moyen de lancer le jeu chez soi sans investir dans la borne ou sans employer un émulateur.

Version CD-i
Arcade Classics

Développeur : Philips Interactive Media, Inc.
Éditeur : Namco Limited (Europe)
Date de sortie : 1996 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : CD-ROM
Contrôleur : Télécommande
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques : –

En 1996, on ne peut pas dire que posséder un CD-i ressemblait à une superbe idée – et y acquérir une compilation pour jouer à Galaga encore moins. Malgré ses (très nombreux) défauts, on pouvait penser la machine de Philips capable de reproduire sans trop de mal une borne d’arcade de 1981, mais c’était sans compter sur ce talent inné pour saboter même les idées les plus simples : tant qu’à cochonner l’expérience de jeu, autant perdre la fenêtre au milieu d’une interface énorme et parvenir en plus à rendre les sprites illisibles à cause de l’entrelacement ! Réussir à produire une image d’une qualité si basse en 1996 était quand même un bel exploit, et quand on se souvient qu’il faut également composer avec l’abominable télécommande du dispositif, on comprend aisément à quel point la version Game Boy pouvait se montrer séduisante, en fin de compte. Et puis tant qu’à faire, autant n’offrir strictement aucune option de configuration, c’est encore mieux. Bref, l’un des derniers vestiges d’un système mort et enterré et qui méritait de l’être.

NOTE FINALE : 11,5/20

Certes, Galaga sur CD-i offre toutes les possibilités de la borne de 1981 (et encore heureux, serait-on tenté d’ajouter), mais parvenir à le faire de façon aussi médiocre et avec une lisibilité aussi basse n’était pas le genre d’exploit qu’on attendait de Philips. Autant aller jouer à autre chose, et sur un autre système, tant qu’à faire.

Plateforme : Arcade
Développeur : Namco Limited
Éditeur : Namco Limited
Date de sortie : Novembre 1995 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Support : Borne
Contrôleur : Un joystick (huit directions) et deux boutons
Version testée : Version japonaise
Hardware : Processeurs : Motorola MC68000 12,288MHz ; Hitachi H8/3002 16,384MHz
Son : Haut-parleur (x2) ; Namco C352 24,576MHz ; 2 canaux
VIDEO:
288 x 224 (V) 58,557786Hz

Au milieu des années 90, Namco aura surfé sur la soudaine vague d’engouements pour les vieux succès de l’arcade au point de l’emmener… jusque dans les salles d’arcade elles-mêmes. Namco Classic Collection Vol.1 pourrait d’ailleurs n’être qu’une collection reproduisant à l’identique les bornes qu’elle contient, mais ce qui va nous intéresser aujourd’hui est la version « Arrangement » de cette édition de Galaga – Une version dépoussiérée qui, en plus de remettre la réalisation au goût du jour (avec notamment un décor différent à chaque vague, et de la musique pour accompagner en permanence l’action), introduit également de nouvelles vagues d’attaque, de nouveaux ennemis (vous allez adorer ceux qui explosent !) ainsi que le possibilité d’obtenir des power-up additionnels en récupérant un de ses vies volées ! Et histoire de rendre la chose encore un tantinet plus conviviale, cette édition du jeu introduit également la possibilité de jouer simultanément avec un ami histoire de mettre en place de savantes stratégies et de s’engueuler dans la bonne humeur pour savoir qui va être le prochain à accepter de se laisser capturer un vaisseau. Bref, un bon coup de plumeau qui rend l’expérience plus nerveuse, plus accessible et plus surprenante, et un très bon moyen de redécouvrir le jeu sans (trop) trahir sa philosophie. À essayer !

NOTE FINALE : 14/20

Namco aura plutôt bien fait les choses en dépoussiérant sa borne culte avec Galaga Arrangement, et on ne peut que regretter que cette très sympathique version revue et corrigée n’ait pas mieux proliféré depuis lors. Seul ou avec un ami, on s’amuse mieux et plus longtemps, alors pourquoi se priver ?

Aleste Gaiden

Développeur : Compile Corp.
Éditeur : Compile Corp.
Testé sur : MSX
Présent au sein de la compilation : Disc Station Special 4 : Autumn Edition (1989 – MSX)

La série Aleste (jusqu’à 2000) :

  1. Power Strike (1988)
  2. Aleste Gaiden (1989)
  3. Aleste 2 : Neo Bio Cyber Shooting (1989)
  4. M.U.S.H.A. : Metallic Uniframe Super Hybrid Armor (1990)
  5. GG Aleste (1991)
  6. Super Aleste (1992)
  7. Robo Aleste (1992)
  8. Power Strike II (Master System) (1993)
  9. Power Strike II (Game Gear) (1993)

Version MSX

Date de sortie : Septembre 1989 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Japonais
Support : Disquette 3,5″
Contrôleurs : Clavier, joypad
Version testée : Version japonaise (NTSC)
Spécificités techniques : Système : MSX 2

Vidéo – L’introduction et l’écran-titre du jeu :

Se pencher sur un jeu vidéo, c’est exactement comme une enquête policière : il y a toujours des indices à disposition de ceux qui ont la curiosité de les chercher.

D’un point de vue strictement chronologique, on pourrait par exemple considérer Aleste Gaiden comme le deuxième opus de la célèbre licence de Compile, mais plusieurs données nous invitent d’entrée à placer cet épisode un peu à part. Rationnellement, on pourra déjà arguer avec un certain bon sens que le titre ne porte pas le numéro deux, qui aura échu pour l’occasion à un autre logiciel développé en parallèle et paru à peine un mois plus tard. Une autre bonne indication, au passage, que cet épisode n’est pas tout à fait rattaché à la série « canonique » – comme l’est l’emploi du terme « Gaiden » dont font régulièrement usage les spin-offs nippons.

Et histoire d’en rajouter encore une couche sur ces informations déjà parlantes, Aleste Gaiden possède également la particularité… de n’avoir jamais été commercialisé par lui-même. Surprenant mais vrai : le titre, que l’on pouvait imaginer relativement attendu après le bon accueil réservé au premier épisode, n’aura été rendu disponible que par le biais d’une compilation trimestrielle publiée par son éditeur (et développeur), au côté de logiciels n’ayant rien à avoir avec les shoot-them-up comme Crimson II ou J.B. Harold 3. Autant d’indices tendant à indiquer que ce fameux Aleste Gaiden n’était vraisemblablement pas le jeu vidéo auquel son éditeur croyait le plus au sein de son catalogue, et on pourrait même aller jusqu’à le considérer comme un simple produit promotionnel – pour ne pas dire un bouche-trou – visant à attirer le projecteur sur la « véritable » suite que serait Aleste 2. Bref, une sorte d’amuse-gueule destiné à entretenir l’appétit des joueurs le temps de leur servir le véritable plat de résistance.

Mais bon, quitte à poursuivre l’analogie, on dira simplement que découvrir Aleste Gaiden avant Aleste 2, c’est un peu comme dévorer un Big Mag graisseux dix minutes avant un repas gastronomique dans un restaurant trois étoiles : le mieux est peut-être tout simplement de prendre son mal en patience et de s’abstenir.

L’épisode s’inscrit dans une timeline « alternative » se déroulant sur une terre post-apocalyptique où une sorte d’intelligence artificielle est parvenue à prendre le contrôle des cyborgs de Muromachi City, une cité du futur peuplée par une population « augmentée », pour reprendre un terme qui devrait parler aux amateurs de cyberpunk.

C’est alors qu’une sorte de ninja du futur avec une armure mécanisée fait son apparition, le temps de se nommer « Aleste » et d’aller régler la situation en tuant tout ce qui se trouve sur son chemin – ce qui a au moins le mérite de nous indiquer que cette aventure ne se déroulera pas dans un vaisseau spatial ou dans un avion, mais bien à pied (soit une raison supplémentaire pour placer cet épisode à part). Au file de cinq (maigres) niveaux présentés en défilement vertical, l’idée va donc être sensiblement la même que d’habitude : vaincre l’opposition et les boss jusqu’à la cinématique de fin. Un menu seulement enrichi par la possibilité – et la nécessité – d’éviter obstacles et gouffres béants en plus des adversaires, puisque je rappelle que votre armure du futur n’est pas fournie avec des ailes. Et en-dehors de cela ? Eh bien on retrouve ce qui faisait déjà la force et la réputation de la série naissante… ou presque.

Rapidement, difficile en effet de congédier la sensation persistante d’être en train de jouer à une sorte de « super démo ». Déjà, comme on l’a vu, cinq niveaux, ce n’est pas exactement énorme, surtout quand ceux-ci durent tous moins de cinq minutes – voire moins de trois, comme devrait vous l’indiquer la vidéo de gameplay du premier niveau un peu plus bas. Il n’y a pas d’écran des options, aucun réglage d’aucune nature – il n’est même pas possible de mettre le jeu en pause !

Les power-ups se limitent ici à une ou deux silhouettes reproduisant toutes vos actions à la façon de Gradius et à trois types de tir ayant tous en commun de n’aller que droit devant votre personnage (aucun tir couvrant) et de n’être défini que par leur couleur, leur puissance et leur vitesse – mais même le tir le plus rapide tend à souffrir d’un rythme assez lent qui parvient à vous pénaliser face à une opposition qui ne doit pratiquement jamais dépasser trois ou quatre ennemis à la fois à l’écran. Il le fait d’ailleurs si bien qu’en dépit de cette adversité pour le moins éparse, le jeu se montre particulièrement difficile, la faute en revenant principalement au peu de temps dont on dispose pour anticiper une menace tout en devant consacrer une partie de sa concentration à éviter les obstacles au sol. On peut mourir très vite et très facilement, dans Aleste Gaiden, et c’est bien trop souvent parce que le tir malingre met un peu trop de temps à se déclencher ou parce que le masque de collision très punitif de notre ninja lui vaut de trépasser pour avoir été frôlé par un tir ou un adversaire. Le bon côté est que cela oblige à rester concentré face à une action autrement pas trépidante et à une expérience qui aurait vraisemblablement été bouclée dès la première partie si notre héros avait eu la bonne idée de profiter du même arsenal que dans les autres épisodes de la série.

L’ennui étant d’ailleurs le criant manque d’ambition de cet épisode, qui dénote cruellement au sein d’une licence qui n’en a autrement jamais manqué. Les décors sont vides et répétitifs, les adversaires sont toujours les mêmes d’un niveau à l’autre, les boss ne font preuve d’aucune imagination et n’emploient littéralement qu’un seul pattern à chaque fois ; même les environnements sentent le recyclage et les éléments repris directement des deux premiers opus.

Bref, on est moins face à un nouvel Aleste que face à une sorte de sous-Undeadline qui sent à plein nez le petit bonus glissé dans une compilation afin d’aider à la vendre, et qui dispose de la même valeur ludique que ces figurines de chez Funko qui semblent représenter le pic absolu de l’esthétique et du bon goût chez les gens qui n’en ont aucun. Autant dire un programme pas vraiment fait pour marquer les esprits et sur lequel même les fans de la licence pourront faire l’impasse tant il n’engage aucun des ingrédients qui font mouche dans les autres épisodes de la série – les épisodes « canoniques », s’entend. Dans le meilleur des cas, une curiosité qui ne devrait vous retenir une heure – soit juste le temps de trouver la patience pour vaincre le peu qu’elle a à offrir. Comme quoi, le secret des amuse-gueules, c’est qu’ils n’ont souvent un intérêt que lorsqu’on a vraiment faim.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 11/20

Chaque licence doit toujours compter son mouton noir, et on a presque le sentiment qu'Aleste Gaiden était conçu d'entrée pour être ce jeu-là dans la saga autrement quasi-irréprochable de Compile. Uniquement vendu au sein d'une compilation bien évidemment jamais sortie du Japon, ce spin-off peu inspiré compense comme il le peut son manque surprenant de variété, de profondeur et de contenu par une difficulté immonde plus largement due à la lenteur des tirs du personnages et à son arsenal malingre qu'aux quelques malheureux ennemis qui daignent s'aventurer à l'écran. Entre les niveaux creux, l'action répétitive et l'absente consternante de fun de l'expérience, on réservera cet épisode méconnu aux affamés en manque de logiciels insurmontables – tous les autres seraient bien mieux inspirés d'aller lancer virtuellement n'importe quel autre épisode de la série.

CE QUI A MAL VIEILLI :

– Contenu décevant : cinq niveaux, trois tirs et une poignée d'adversaires
– Difficulté très élevée, et rarement pour de bonnes raisons

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Aleste Gaiden sur un écran cathodique :

Aliens : The Computer Game

Développeur : Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Testé sur : ZX Spectrum – Amstrad CPC – Commodore 16, Plus/4 – Commodore 64 – MSX

La licence Alien (jusqu’à 2000) :

  1. Alien (Fox Video Games) (1982)
  2. Alien (Mind Games) (1984)
  3. Aliens : The Computer Game – US Version : 6 Game Compendium (1986)
  4. Aliens : The Computer Game (1987)
  5. Aliens : Alien 2 (1987)
  6. Aliens (1990)
  7. Alien³ (Probe Software) (1992)
  8. Alien³ (B.I.T.S.) (1993)
  9. Alien³ : The Gun (1993)
  10. Aliens : A Comic Book Adventure (1995)
  11. Alien Trilogy (1996)
  12. Alien : Resurrection (2000)

Version ZX Spectrum

Date de sortie : Janvier 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joysticks Cursor, Kempston ou Sinclair
Version testée : Version cassette testée sur ZX Spectrum 128k
Configuration minimale : RAM : 48ko

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Le marché européen du jeu vidéo a souvent été assez… frustrant, pour les possesseurs de consoles, autant l’avouer. Représenter le troisième marché derrière le Japon et les États-Unis était l’équivalent notoire de « cinquième roue du carrosse », et devoir attendre souvent plus de deux ans (délai parfaitement banal pour les possesseurs de NES, par exemple) pour voir débarquer des jeux, même parmi les représentants des grosses licences, pendant que les petits japonais et américains étaient déjà en train de s’éclater sur leurs suites n’était pas toujours très gratifiant – même si cela n’impactait finalement que les joueurs ayant la chance d’être informés sur ce qui était publié hors de l’Europe, et ils n’étaient pas très nombreux dans les années 80.

Du côté des ordinateurs, en revanche, les joueurs européens n’avaient pas vraiment de raison de se plaindre. Non seulement les jeux débarquaient des États-Unis nettement plus vite, n’étant pas ennuyés par des questions de zonage et autres billevesées, mais en plus les éditeurs n’étaient pas du genre à se poser des milliers de question au moment de commercialiser un logiciel. Activision avait développé un jeu vidéo tiré du récent Aliens de James Cameron ? On publie ! Et puis tant qu’à avoir payé pour obtenir les droits, autant mobiliser une autre équipe – européenne, celle-là – pour en tirer sa propre version, et commercialiser les deux jeux en même temps ! Ainsi les joueurs virent-ils débarquer Aliens : The Computer Game moins d’un moins après la version américaine – mais hé, Electric Dreams étant une filiale d’Activision, tout cela n’était finalement qu’une histoire de famille.

Bref, assez parlé marchés, venons-en à ce qui nous intéresse : le jeu. À ce stade, j’ose espérer qu’il ne sera plus nécessaire de revenir sur le cadre ou le scénario du film de James Cameron, que les développeurs n’avaient de toute façon pas vu, se basant à la fois sur le script du long-métrage et sur le premier Alien. Tout le programme est d’ailleurs basé sur la partie centrale du film : les marines survivants, accompagnés de Ripley et de Bishop (et même du traitre Burke !) doivent explorer la (vaste) colonie de LV-426 pour aller dénicher la reine des xénomorphes et lui régler son compte.

De quoi donner la trame idéale pour virtuellement n’importe quel type de jeu d’action, mais pour le coup, l’équipe de Software Studios (c’est à dire l’équipe de développement interne d’Electric Dreams) aura choisi une représentation particulièrement originale pour un titre de début 1987 : une vue subjective évoquant fatalement les FPS qui commenceront à fleurir sur les générations de machines suivantes quelques années plus tard. Évidemment, pas question de 3D temps réel sur un ZX Spectrum (« y’en a qu’ont essayé, ils ont eu des problèmes »), l’exploration prendra la forme d’un vaste labyrinthe de quelques 255 (!) pièces que l’équipe pourra visiter une par une… et même six par six, puisqu’il est possible, et pour ainsi dire indispensable, de séparer vos troupes pour espérer finir le jeu, puisqu’il faudra savoir protéger plusieurs salles-clés comme le générateur ou la salle de contrôle pour éviter quelques désagréments comme la perte du courant (et, par extension, de l’éclairage).

Sur le papier, les possibilités sont particulièrement réjouissantes pour un titre de 1987 : on peut non seulement passer d’un personnage à l’autre à la volée pour les guider un par un et faire feu sur les inévitables xénomorphes qui ne manqueront pas de se présenter à eux, mais il est même possible de leur donner des instructions pour qu’ils avancent automatiquement d’un certain nombre de salles dans une direction donnée pendant que vous diriger un autre membre de l’équipe.

Un petit côté Space Hulk avant l’heure rendu nécessaire, en plus du taux de mortalité élevé de vos troupes si vous vous y prenez mal, par le fait que chaque soldat bénéficie d’une jauge d’endurance qui se vide à chaque mouvement et qui va donc vous encourager à passer le relai le tant qu’un personnage récupère… quitte à retourner en prendre le contrôle en catastrophe si jamais une alarme vous prévient qu’il est en train de se faire attaquer. On pourra d’ailleurs apprécier les possibilités gérés par le programme : par exemple, un soldat peut tout à fait se faire capturer par un xénomorphe, ce qui obligera alors un autre soldat à aller dans la même salle pour tuer son « gardien » afin de pouvoir en reprendre le contrôle. Il est également possible de tirer sur la matière organique laissée par les aliens sur les murs afin de révéler des passages, de bloquer des portes en tirant sur le bloc de commande qui les jouxte… et de les rouvrir en faisant sauter directement la porte. Tuer un xénomorphe devant une porte peut même laisser une flaque d’acide qui bloque le passage indéfiniment ! Newt est présente, elle aussi, mais elle ne représente hélas rien de plus qu’un bonus de points avant de disparaître.

Beaucoup de bonnes idées qui ne se concrétisent hélas pas vraiment en jeu, la faute en revenant en grande partie aux limitations techniques des machines 8 bits. L’exploration, élément central du jeu, est ainsi particulièrement problématique dans un jeu où toutes les salles se ressemblent atrocement, n’étant constituées que d’un assemblage des mêmes quatre ou cinq blocs graphiques. Faute de carte en jeu (et surtout de l’absence impardonnable d’une boussole !), il est extrêmement facile de perdre toute notion de l’endroit où on se trouve, même avec une carte du complexe sous les yeux – et c’est bien évidemment encore pire quand il s’agit de mémoriser la position de six personnages différents.

En fait, on en vient à démolir des portes juste pour avoir des points de repère ! Les combats en eux-mêmes sont extrêmement limités, et surtout très punitifs : ratez l’Alien une seule fois et votre personnage est mort. Les munitions étant limitées et tuer les xénomorphes ne servant finalement pas à grand chose – sauf en jouant pour le score – on réalise rapidement qu’on a aussi vite fait de passer son temps à naviguer d’une pièce à l’autre sans se préoccuper des aliens, ce qui est quand même un peu dommage ! Quant au possibilité de se soigner ou de refaire le plein de munitions, sachant qu’il n’y a qu’une seule armurerie et une seule aile médicale dans tout le complexe, qui s’amuserait à retourner 75 salles en arrière pour aller rechercher des munitions, surtout avec les ennemis qui réapparaissent à l’infini ? Il aurait été beaucoup plus intelligent de répartir ces salles comme autant d’oasis de sécurité afin d’encourager le joueur à concevoir le trajet idéal à force de reconnaissances.

Il en résulte un jeu ou on passe au final 95% de son temps à se déplacer en aveugle dans des salles bleues, rouges, jaunes ou vertes et en priant pour ne pas s’être perdu en chemin tout en évitant au maximum des combats sans intérêt où on a tout à perdre et rien à gagner. Avoir plusieurs personnages dans une même pièce n’apporte rien, ce qui est un peu stupide dans un jeu où on aurait normalement tout intérêt à rester groupé au maximum, et les soldats étant virtuellement incapables de faire quoi que ce soit sans vous, impossible de mettre en place une quelconque stratégie pour essayer de protéger une zone : les membres de l’équipe sont rarement davantage que des vies supplémentaires. Bref, tout ce qui aurait pu apporter un soupçon de profondeur au gameplay s’avère être de la pure poudre-aux-yeux, et on se retrouve dans ce qui ressemble à un jeu de labyrinthe rendu bêtement opaque par un manque d’informations pertinentes. On est très loin des prémices de Space Hulk ou de Doom, ou même d’un dungeon crawler dans l’univers d’Aliens qui aurait d’ailleurs été beaucoup plus intéressant que ce concept mal creusé, mal mené et franchement ennuyeux à jouer. Une bonne idée, c’est bien, mais l’exécuter correctement, c’est mieux, et cet épisode n’aura marqué ni l’histoire vidéoludique, ni les joueurs. Dommage, tant on sent qu’on n’était pas loin de quelque chose de nettement plus prenant – mais sans doute aurait-il de toute façon mieux valu développer cet Aliens : The Computer Game sur les ordinateurs 16/32 bits émergents pour lui donner une chance d’être autre chose qu’un simple jeu vidéo à licence de plus.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :


NOTE FINALE : 09/20

Une bonne idée est sans doute ce qui vieillit le plus mal tant qu'on n'a pas les moyens techniques de la matérialiser. C'est la cruelle leçon délivrée par la version européenne d'Aliens : The Computer Game, un titre qui a toutes les idées pour constituer un proto Space Hulk, mais qui dans les faits peine à être autre chose qu'un jeu de navigation dans un labyrinthe à la navigation très confuse, à l'action hyper-limitée et aux possibilités tactiques inexistantes. C'est d'autant plus dommage qu'on sent que les bases pour créer un titre plus varié, plus oppressant, plus prenant et plus profond sont toutes là, mais au bout de dix minutes à errer dans des couloirs tous pareils en essayant douloureusement de se souvenir où on a bien pu laisser tous les membres de sa fine équipe, on constate qu'on s'ennuie et qu'on s'agace plus qu'on ne s'amuse. Un concept de jeu vidéo plus qu'un jeu vidéo – intrigant, mais pas assez longtemps pour valoir le détour.

CE QUI A MAL VIEILLI :

– Une navigation extrêmement confuse, avec très peu de points de repères
– Une gestion d'équipe qui n'apporte rien d'autre que de la microgestion sans intérêt
– Une action si limitée qu'on passe l'essentiel de son temps à fuir parce que c'est moins dangereux et que ça va plus vite
– Aucun renouvellement dans l'action à un quelconque niveau

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Aliens : The Computer Game sur un écran cathodique :

Version Amstrad CPC

Développeur : Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : Février 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version cassette testée sur Amstrad 464
Configuration minimale : Système : 464 –  RAM : 64ko

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Aliens : The Computer Game aura été porté uniquement sur les systèmes 8 bits, et autant annoncer tout de suite la couleur : inutile de s’attendre à de grandes différences d’un ordinateur à l’autre. Démonstration avec cette version Amstrad CPC qu’on pourrait qualifier – comme tous les autres portages du jeu – de « speccy port » : il n’y a pour ainsi dire pas une couleur ni un détail de plus dans cette itération comparé à celle parue sur ZX Spectrum. Cela n’impacte de toute façon pas franchement l’expérience de jeu, mais on n’aurait sans doute pas dit non à quelques décors en plus, quitte à profiter des 16ko de mémoire supplémentaires. En l’état, le constat est exactement le même que sur la machine de Sinclair : concept intéressant mais matérialisation pas assez aboutie pour valoir le détour.

NOTE FINALE : 09/20

Comme sur ZX Spectrum, Aliens : The Computer Game sur CPC est un titre qui fonctionne nettement mieux sur le papier qu’une fois le joystick (et le clavier) en mains. Pas assez profond, trop confus et trop répétitif, le titre s’essouffle faute de dévoiler un réel potentiel, et la réalisation ne tire pas réellement parti des capacités de la machine. Dommage.

Version Commodore 16, Plus/4

Développeur : Mr. Micro Ltd.
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version cassette testée sur C16 PAL
Configuration minimale : RAM : 16ko

De tous les systèmes sur lesquels Aliens : The Computer Game a été porté, le Commodore 16 était le seul pour lequel on pouvait craindre une réelle déperdition, à cause de ses maigres 16ko de RAM. Bonne nouvelle : les pertes sont au final minimes. Certes, les décors sont encore moins variés que dans les autres versions, et les portraits sont plus petits, mais très sincèrement cela n’a absolument aucun impact sur le gameplay en lui-même. Évidemment, quitte à découvrir le jeu, autant lancer directement la version Commodore 64 qui est un poil plus détaillée, mais à l’échelle d’un joueur du XXIe siècle, je ne me sens même pas le cœur d’enlever un demi-point à ce portage pour quelques pixels de moins qu’on remarque à peine. Bien évidemment, le jeu en lui-même est toujours aussi limité, mais à l’échelle de la ludothèque de la machine, il a au moins le mérite de sortir davantage du lot.

NOTE FINALE : 09/20

Quelques détails en moins ne font finalement pratiquement aucune différence : Aliens : The Computer Game délivre sur Commodore 16 une expérience qui n’a vraiment rien à envier aux ordinateurs dotés de 48ko ou de 64ko de RAM. Cela ne rend bien évidemment pas le jeu plus intéressant que sur les autres machines, mais ça ne le pénalise pas non plus, ce qui n’est déjà pas mal.

Version Commodore 64

Développeur : Soft Machine
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : Avril 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 5,25″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version cassette testée sur Commodore 64 PAL
Configuration minimale : RAM : 64ko

On pouvait espérer quelques minimes adaptations pour la version Commodore 64 d’Aliens : The Computer Game, surtout en considérant que ce portage est sorti trois mois après la version ZX Spectrum. Pour le coup, le seul changement notable à observer est qu’il n’y a plus d’écran-titre ni de thème musical au lancement ! Pour sa défense, cette version m’est apparue sensiblement plus réactive que celle de la machine de Sinclair, et on peut également observer que le mécanisme consistant à tirer sur les murs couverts de substance extraterrestre pour dévoiler des portes est employé plus régulièrement ici. Encore une fois, c’est très anecdotique et cela ne dote toujours pas le jeu du surcroit de profondeur dont il aurait grandement besoin pour se rendre réellement prenant.

NOTE FINALE : 09/20

Aucune révolution pour Aliens : The Computer Games sur Commodore 64 – le titre trouve même le moyen de perdre sa musique et son écran-titre sans aucune raison valable. Au moins sa jouabilité parait-elle un chouïa plus réactive que dans les autres versions, mais cela reste un jeu de labyrinthe pas assez bien pensé pour être ludique.

Version MSX

Développeur : Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version cassette testée sur MSX 1 PAL
Configuration minimale : Système : MSX 1

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

MSX. Europe. Pour tous les connaisseurs, ces deux mots ne peuvent se traduire que d’une seule façon : speccy port. Gagné : Aliens : The Computer Game sur MSX n’est rien d’autre que la retranscription pixel perfect de la version ZX Spectrum… dépouillé de toute forme de réalisation sonore, ce qui est quand même un comble quand on se dit que même la version Commodore 16 disposait de bruitages ! Encore une fois, cela n’a que peu d’impact sur le gameplay en lui-même, mais c’est quand même un peu gênant de devoir se baser sur une indication visuelle (en l’occurrence, la couleur du nom des personnages) pour savoir si on se trouve dans la même pièce qu’un xénomorphe ! Bref, une nouvelle déception pour les possesseurs de MSX. « Comme d’habitude », pourrait-on dire.

NOTE FINALE : 08,5/20

En-dehors de la simple paresse, difficile de déterminer ce qui pouvait bien justifier que cette version MSX d’Aliens : The Computer Game n’hérite pas du plus infime bruitage. Toujours est-il que ce silence de mort vient handicaper encore un peu plus un gameplay qui n’avait déjà pas grand chose pour se mettre en valeur. Autant retourner sur la version ZX Spectrum – ou sur n’importe quel autre portage.

Back to the Future (Pony)

Développeur : Pony, Inc.
Éditeur : Pony, Inc.
Testé sur : MSX

La licence Back to the Future (jusqu’à 2000) :

  1. Back to the Future (Electric Dreams Software) (1986)
  2. Back to the Future (Pony) (1986)
  3. Back to the Future Adventure (1986)
  4. Back to the Future (Beam Software) (1989)
  5. Back to the Future Part II (1990)
  6. Back to the Future Part II & III (1990)
  7. Back to the Future Part III (1991)
  8. Super Back to the Future Part II (1993)

Version MSX

Date de sortie : 1986 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleurs : Clavier, joypad
Version testée : Version cartouche testée sur MSX (NSTC)
Configuration minimale : Système : MSX 1

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Dans notre réalité fatalement occidentalo-centrée, on a souvent l’occasion de s’étonner et/ou de s’esbaudir des diverses curiosités et autres névroses de la culture japonaise (vous savez, leur passion pour les toilettes et l’humour pipi-caca, leur obsession pour tout ce qui tourne autour du lycée et des uniformes scolaires, leur amour immodéré pour les robots et les monstres géants, etc.), mais on a plus rarement la curiosité de s’intéresser au rapport inverse, à savoir la culture occidentale vue sous le prisme nippon.

Au-delà de l’aura internationale de Paris, de la baguette et du béret en ce qui concerne la France, on en viendrait parfois surtout à oublier l’extraordinaire puissance du rouleau compresseur culturel américain depuis les débuts de l’après-guerre, au point de voir des blockbusters totalement calibrés pour le marché étasunien étendre leur public bien au-delà du vieux continent pour s’infiltrer jusque dans les interstices de la pop culture japonaise. Si les adaptations de manga auront eu quelques timides occasions de s’exporter – souvent par le biais de la France – dès le début des années 90, le fait est qu »il aura fallu attendre un bon bout de temps pour voir arriver en occident des jeux vidéo tirés du cinéma japonais (principalement des films à grands spectacles à la Godzilla, on attend toujours les adaptations d’Ozu ou de Kurosawa…). Pourtant, dans le sens inverse, on pouvait trouver dès les années 80 des adaptations japonaises exclusives des Goonies, de Rambo, ou comme c’est le cas ici de Retour vers le Futur. L’occasion de se pencher sur une question intéressante : en la matière, les développeurs orientaux faisaient-ils mieux que leurs collègues américains et européens, rarement inspirés en la matière ? Premiers éléments de réponse avec ce Back to the Future à la sauce MSX1.

Premier problème évident posé à toutes les adaptation du film : quel objectif et quel type de jeu tirer des tribulations spatio-temporelles de Marty McFly à Hill Valley ? De façon intéressante, la version de Pony choisit d’opter pour… la même réponse que la version d’Electric Dreams Software en demandant au jeune homme de réunir ses (futurs) parents, George et Lorraine.

La bonne nouvelle, c’est plutôt que d’en tirer un non-jeu expérimental qui ne sait jamais très bien ce qu’il cherche à accomplir ni comment, l’équipe japonaise aura opté pour un gameplay nettement plus classique (et plus efficace) : celui d’un jeu d’action/plateforme très axé arcade. Le principe est simple : chacun des dix niveaux du jeu lâche Marty dans un Hill Valley « rond » (on peut aller vers la gauche ou vers la droite et aboutir au même point dans les deux cas) pour y trouver son père et sa mère, lesquels sont… dissimulés derrière des fenêtres que l’on peut ouvrir simplement en sautant devant, annonçant la façon dont Michael Jackson irait débusquer les enfant enlevés par Mr. Big dans les versions domestiques de Moonwalker (autre adaptation japonaise d’un film américain, by the way). Si George acceptera automatiquement de suivre Marty, Lorraine pour sa part ne bougera qu’une fois rejointe par George (ce qui est un peu contradictoire avec le film, où elle était toujours très disposée à suivre Marty), et le couple une fois réuni devra être accompagné jusqu’à la fameuse salle de danse hébergeant le bal du lycée, ce qui signera la fin du niveau avant de recommencer exactement la même chose au suivant. Simple, efficace.

La jouabilité est elle aussi limpide : on se déplace avec la croix directionnelle (ou les touches du clavier), on saute pour éviter les ennemis ou leur retomber sur la tête (ce qui les tue), et certains d’entre eux lâcheront parfois des bonus comme une rallonge de temps (car oui, les niveaux sont chronométrés) ou des chaussures qui permettront de sauter plus haut en utilisant la flèche du haut – et qui deviendront rapidement indispensables dans les niveaux avancés afin de pouvoir atteindre des fenêtres placées en hauteur dans des maisons dotées d’un étage.

Car pour le coup, comme on l’a vu, le cadre de l’action restera toujours une Hill Valley présentée dans une version très champêtre se limitant à quelques maisons et à une poignée d’arbres, et même si le plan change à chaque niveau, les décors resteront les mêmes d’un bout à l’autre de l’aventure, le programme se contentant d’introduire un nouveau type d’adversaire à chaque niveau histoire de compliquer un peu les choses. Car si l’opposition se limite initialement (et bizarrement) à… des policiers avec qui notre bon Marty n’a pourtant jamais eu maille à partir dans le film, et à des oiseaux qui ne lui en voulaient pas davantage (par contre, Biff Tannen – pourtant l’antagoniste principal du film – est lui aux abonnés absents), les choses ne vont pas tarder à virer à la guerre urbaine avec des voitures, des délinquants armés ou même la foudre qui viendront tous s’acharner sur notre pauvre adolescent qui cherche juste à gagner le droit d’exister avant de retourner chez lui. Et croyez-moi, gagner le droit de naître n’avait jamais été aussi exigeant.

Par essence, l’action du jeu repose en effet sur le timing : les ennemis ont tous une vitesse et un comportement donné, et il convient donc de sauter au bon moment pour éviter les problèmes – et de ne pas se rater, car il est strictement impossible d’influer sur la trajectoire de Marty une fois que ses pieds ont quitté le sol. Cela peut demander un petit temps d’adaptation car l’action est très rapide et laisse une fenêtre de réaction très restreinte pour avoir le temps d’identifier une menace et la parade appropriée.

Or, si cela n’est pas trop compliqué face à un type d’ennemi à la fois, le programme ne met que quelques dizaines de secondes à commencer à nous envoyer diverses cochonneries en flux continu, et parvenir à réagir à quatre ou cinq types d’adversaires différents exigeant chacun un timing spécifique quand il en surgit un par seconde et que leur ordre d’apparition est aléatoire (et que, pour compliquer les choses, il en arrive bien évidemment des deux côtés !) risquent de demander des capacités si affutées et des réflexes si surnaturels que même les jedi surentraînés auront bien du mal à atteindre la deuxième moitié du jeu avec les cinq malheureuses vies mises à la disposition du jouer. Paradoxe ludique : c’est peut-être simple à jouer, mais bon sang ce que c’est dur !

Les mécanismes et les situations ne se renouvelant pas davantage que le décor, on est donc face à un jeu d’arcade typique du début des années 80 où l’idée est de reproduire toujours la même chose en augmentant la difficulté à chaque niveau. Un principe qui pourrait être efficace à défaut d’être varié si la difficulté ne grimpait pas aussi dramatiquement vite – et bien évidemment, inutile d’espérer trouver la moindre option de configuration.

La raideur de la jouabilité, qui demande un placement au pixel près pour ouvrir une fenêtre avec un personnage qui bouge à 200 à l’heure dans un jeu où chaque seconde signe l’apparition d’une nouvelle menace, ne joue pas exactement en sa faveur, elle non plus – et tant qu’à faire, faut-il réellement souligner le fait que le principe du jeu, comme son cadre ou son esthétique, n’entretiennent virtuellement aucun lien avec le film dont ils sont tirés ? On est donc face à un petit jeu pensé pour des parties de deux minutes et qui aurait pu porter n’importe quel autre nom que Back to the Future sans qu’on voit la différence, mais qui risque de ne parvenir à se montrer divertissant plus de quelques parties qu’auprès des hardcore gamers acharnés prêts à consacrer du temps à virtuellement n’importe quel programme tant qu’il est difficile. Les autres, sans avoir passé un (trop) mauvais moment, auront probablement tout oublié du jeu cinq minutes après avoir reposé la manette, et on ne voit pas trop comment on pourrait leur en vouloir. Parfois, à explorer le passé, il arrive aussi qu’on n’ait rien trouvé de spécialement passionnant avant de se décider à retourner vers le présent.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :


NOTE FINALE : 09/20

Petite surprise que ce Back to the Future jamais sorti du Japon sur MSX, qui a le front de reprendre le concept de la version occidentale (réunir les parents de Marty), mais en ayant l'idée d'en faire, eh bien, quelque chose qui ressemble à un jeu. Un jeu d'arcade limité, répétitif et atrocement difficile, certes, mais un jeu quand même. Si le mélange exploration/plateforme évoque un peu le concept d'un Moonwalker avec quelques années d'avance, le programme a hélas ventilé l'essentiel de ses possibilités au bout de trente secondes, et si les amateurs de défi relevé avec un timing hyper-exigeant auront indéniablement de quoi s'occuper avant de venir à bout du jeu, le commun des mortels n'en verra probablement jamais plus de trois ou quatre niveaux – et n'aura certainement pas envie d'en voir davantage. Relativement efficace à (très) faibles doses, c'est néanmoins toujours très loin d'être l'adaptation qu'on attendait.

CE QUI A MAL VIEILLI :

– Un principe par essence hyper-répétitif...
– ...dans des niveaux qui ne se renouvellent presque pas
– Une difficulté proprement atroce

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Back to the Future sur un écran cathodique :

  1. NDRA : Bien qu’une version PC-88 du jeu soit régulièrement évoquée, le fait que je ne sois jamais parvenu à en trouver la moindre trace en ligne (ni capture d’écran, ni vidéo, ni boîte) et que tous les programmes portant ce nom sur la machine de NEC semblent systématiquement correspondre à Back to the Future Adventure m’invite, pour l’heure et jusqu’à preuve du contraire, à remettre en cause sa simple existence. ↩︎

Aleste 2 : Neo Bio Cyber Shooting

Développeur : Compile
Éditeur : Compile
Titre alternatif : Aleste 2 (écran-titre)
Testé sur : MSX
Disponible sur : Windows

La série Aleste (jusqu’à 2000) :

  1. Power Strike (1988)
  2. Aleste Gaiden (1989)
  3. Aleste 2 : Neo Bio Cyber Shooting (1989)
  4. M.U.S.H.A. : Metallic Uniframe Super Hybrid Armor (1990)
  5. GG Aleste (1991)
  6. Super Aleste (1992)
  7. Robo Aleste (1992)
  8. Power Strike II (Master System) (1993)
  9. Power Strike II (Game Gear) (1993)

Version MSX

Date de sortie : Novembre 1989 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Langues : Japonais, traduction anglaise (auteur inconnu)
Support : Disquette 3,5″ (x3)
Contrôleurs : Clavier, joypad
Version testée : Version japonaise traduite en anglais (NTSC)
Spécificités techniques : Système : MSX 2

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Plus un jeu vidéo est réussi, plus les joueurs (et avec eux, le responsable des ventes – quoi qu’ils en pensent, les joueurs sont souvent d’accord avec le responsable des ventes) ont envie qu’il connaisse une suite. C’est logique, cohérent, et surtout très humain : on veut toujours davantage de ce qu’on apprécie. En suivant ce corollaire, certes basique mais néanmoins implacable, il était à peu près établi que Power Strike (ou Aleste, de son petit nom original) n’allait certainement pas rester un one shot sans lendemain – et quand on connaît l’historique de la série, qui aura connu quelques neuf épisodes en six ans, on va dire que les faits ne seront pas venus démentir ce sentiment.

Mais bon, quitte à avoir leurs attentes bien placées à proximité de leur porte-monnaie, les joueurs ont également quelques exigences par rapport à une éventuelle suite. Ils en veulent toujours plus : « la même chose, mais en mieux », idéalement. Or, justement, corollaire inverse : plus un jeu vidéo est réussi et plus il est difficile de faire mieux par la suite. Power Strike avait tiré le meilleur des capacités techniques la Master System, puis du MSX 2 ; on pouvait donc s’attendre à ce qu’une suite prenne le parti de peaufiner avant toute chose le système de jeu. Mais chez Compile, on avait aussi compris qu’au-delà de la débauche graphique et sonore, la principale force du premier opus était peut-être précisément la redoutable efficacité de son système de jeu. Dès lors, la direction choisie pour un Aleste 2, cette fois exclusivement destiné au MSX2, fut à la fois plus inattendue et plus directe : on ne touche à rien niveau gameplay, mais on monte encore les curseurs d’un cran pour le reste. Et vous savez quoi ? Le mieux, c’est qu’ils avaient parfaitement raison. Parfois, c’est en ne changeant pratiquement rien que ça fonctionne le mieux.

Aleste 2 s’ouvre donc sur une introduction qui donne le « la » (et accessible dans une traduction en anglais réalisée pour le service WOOMB au début du millénaire). Comprendre par là que le récit en lui-même est toujours aussi caricatural : vingt ans après les événements de Power Strike, l’humanité teste un nouveau vaisseau et tombe nez-à-nez avec une race extraterrestre de snobs criminels de l’espace qui décide de l’exterminer, comme ça, pour le fun. À bord du premier vaisseau humain détruit se trouvait Ray Waizen, le héros du premier jeu, qui est donc tragiquement mort sa combattre ; c’est alors sa fille de dix-neuf ans, Ellinor (que l’on sera appelé à recroiser régulièrement dans la série) qui s’en va, une fois de plus, sauver l’humanité à elle toute seule.

Pas vraiment matière à remporter le Prix Nobel de littérature, donc, mais en revanche on dénote immédiatement un indéniable souci de mise en scène qui vaut d’ailleurs à toutes les scènes cinématiques du jeu d’occuper une disquette entière qui leur sera intégralement consacrées – une occasion de profiter une fois de plus des talents d’illustrateurs des artistes de chez Compile qui se débrouillaient assurément déjà très bien en 1989. Une fois cette mise en bouche terminée (il est d’ailleurs possible de la passer en lançant directement le jeu avec la deuxième disquette), le titre s’ouvre sur sa seule réelle nouveauté comparé au premier épisode : le fait de pouvoir choisir son arme secondaire en prélude du lancement du premier niveau, histoire de pouvoir démarrer directement avec son arme préféré. Tout le reste est repris exactement de Power Strike, tel quel, et je ne peux donc que vous inviter à (re)lire le test du premier opus au cas où vous ne saurez pas de quoi il est question ; cela signifie également que certaines modifications appelées à apparaître plus tard dans la série (comme la disparition de la limite de « munitions » des power-up) ne sont par conséquent pas encore à l’ordre du jour ici. Il va à nouveau falloir apprendre à lâcher la gâchette lors des (rares) moments de calme histoire de ne pas risquer de se trouver démuni au pire moment (c’est à dire, le plus souvent, face à un boss ou un mini-boss).

On serait donc face à huit niveaux de la même chose qu’avant ? Dans l’absolu, oui. Alors pourquoi une meilleure note ? Très simple : c’est plus beau, c’est plus varié, et ça fonctionne encore un peu mieux. Compile nous avait déjà donné un bon indice de ce que le MSX 2 pouvait avoir dans le ventre avec Aleste, mais ce nouvel épisode vient nous confirmer que l’ordinateur de Microsoft n’avait vraiment pas à rougir de la comparaison avec les consoles de salon lorsqu’il était bien employé.

Certes, il y a une bonne dose de clignotements de sprites, mais pour le reste il est réjouissant de voir tout ce qu’il se passe à l’écran et à quelle vitesse : on n’a pratiquement jamais le temps de souffler, encore moins de s’ennuyer. On pourra d’ailleurs saluer le véritable souci qu’a le programme de chercher à varier au maximum ses détails au sol lors d’un même niveau – même si certains mondes, comme le cinquième, sont un peu décevants dans cette optique, dans l’ensemble on n’a presque jamais l’impression de survoler en boucle les mêmes éléments. Les ennemis ayant également le bon goût d’être relativement variés et d’être fournis chacun avec leur propre pattern, Aleste 2 réussit là où tant de shoot-them-up verticaux de l’ère 8 bits (et au-delà) s’étaient ratés : en ne donnant jamais le sentiment de ronronner à suivre un rythme linéaire jusqu’à assommer le joueur. On ne trouve jamais le temps long, on n’est jamais barbé, et pour tout dire la redoutable difficulté y est pour quelque chose, car le moindre écart de concentration se paie ici au prix fort !

Ce n’est pas tant que le jeu soit particulièrement sadique par nature : il sait même se montrer assez généreux quant aux nombre de vies gagnées par le biais du score, et avec une puissance de feu suffisante, votre astronef est une véritable forteresse mobile qu’il est difficile d’approcher – ce qui tombe bien, car les derniers niveaux ne font vraiment absolument aucun cadeau en la matière. Le vrai problème, c’est surtout que si vous perdez une vie, vous repartez certes précisément là où vous étiez tombé, mais en perdant la totalité de vos bonus : plus de tir secondaire, et un tir de base revenu à sa puissance initiale !

Autant dire un sort peu enviable vers la fin du jeu, et qui pousse clairement le programme dans le camp de ces jeux qu’il vaut mieux finir en une vie, sauf à être capable de survivre plusieurs minutes au beau milieu de l’enfer le temps de se refaire la cerise. Les amateurs de défi mesuré risquent donc de grincer des dents, mais ils seront quand même encouragés à s’accrocher un peu tant l’action demeure efficace. Et ça, c’est quand même bon signe. Pour la petite histoire, Aleste 2 aurait dû être porté sur Mega Drive, mais le prototype développé sera finalement devenu la base du futur M.U.S.H.A. – un assez bon résumé, finalement, d’une série qui avançait tout droit dans la bonne direction en se bonifiant à chaque étape. Aleste 2 n’est peut-être pas son épisode le plus mature ni le plus abouti, la faute à son équilibrage « extrême » et à un certain manque de renouvellement sur la durée en dépit de ses efforts (les thèmes musicaux, par exemple, deviennent rapidement répétitifs), mais c’est déjà un des meilleurs représentants du genre sur MSX 2, et clairement un titre auquel les amateurs de la licence – ou des shoot-them-up à défilement vertical en général – seraient bien inspirés de s’essayer. Du savoir-faire comme on l’aime.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 15/20

Aleste 2 : Neo Bio Cyber Shooting est un deuxième opus dans la droite continuation du premier, dans le sens où il n'introduit pour ainsi dire rien de véritablement neuf à ce que proposait déjà Power Strike. Néanmoins, ce qu'il le fait, il le fait de façon très impressionnante, au point de pousser le MSX 2 dans des retranchements auxquels la machine ne nous avait pas habitués : c'est nerveux comme jamais, c'est fluide, ça ne laisse pas souffler le joueur un seul instant et cela constitue indéniablement un des shoot-them-up les plus impressionnants et les plus efficaces de la ludothèque du système. Demeurent cependant quelques problèmes de rythme avec des niveaux pas assez variés, et surtout d'équilibrage avec une difficulté redoutable qui tend vers l'immonde dès l'instant où vous aurez le tort de perdre une vie en même temps que la totalité de votre puissance de feu. Le tout n'est pas encore parfait et risque de se réserver aux hardcore gamers les plus patients, mais on trouve indéniablement ici les prémices de ce qui deviendra l'excellent M.U.S.H.A. À découvrir.

CE QUI A MAL VIEILLI :

– Des niveaux qui manquent parfois de variété, surtout vers le milieu du jeu
– Une difficulté redoutable...
– ...grandement due à une mort hyper-punitive

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Aleste 2 sur un écran cathodique :

Commando

Développeur : Capcom Co., Ltd.
Éditeur : Capcom Co., Ltd. (Japon, Europe) – Data East USA, Inc. (Amérique du Nord)
Titre original : 戦場の狼 (Senjō no Ōkami – Japon)
Titres alternatifs : Space Invasion (Allemagne), Wolf of the Battlefield : Commando (console virtuelle Wii), Capcom Arcade Cabinet : Commando (PSN)
Testé sur : Arcade – BBC Micro – Commodore 64 – ZX Spectrum – Amstrad CPC – Commodore 16, Plus/4 – Electron – NES – Intellivision – MSX – PC (Booter) – PC-88 – Apple II – Atari 2600 – Amiga – Atari 7800 – Atari ST – PlayStation – Saturn
Version non testée : FM-7
Disponible sur : Android, DoJa, iPad, iPhone, PlayStation 3, Wii, Xbox 360
Présent au sein des compilations :

  • 4 in 1 : Airwolf / Bomb Jack / Commando / Frank Bruno’s Boxing (1986 – Amstrad CPC, Commodore 16, Plus/4, Commodore 64, ZX Spectrum)
  • Best of Elite : Vol. 1 (1987 – Amstrad CPC, Commodore 64, ZX Spectrum)
  • Hit Pak 5 (1987 – Commodore 64)
  • Play it Again Sam 3 (1988 – BBC Micro, Electron)
  • Capcom Generation : Dai 4 Shū – Kokō no Eiyū (1998 – PlayStation, Saturn)
  • Capcom Generations (1999 – PlayStation)
  • Activision Anthology (2002 – PlayStation2)
  • Capcom Arcade Hits 3 (2003 – Windows)
  • Capcom Coin-Op Collection Volume 1 (2004 – Windows)
  • Capcom Classics Collection Volume 1 (2005 – PlayStation 2, Xbox)
  • Capcom Classics Collection Reloaded (2006 – PSP)
  • Capcom Arcade Cabinet (2013 – PlayStation 3, Xbox 360)
  • Capcom Arcade Stadium : Commando (2021 – Windows)
  • Retro Classics (2025 – Windows Apps)

En vente sur : Steam.com (nécessite Capcom Arcade Stadium – Windows)

La licence Commando (jusqu’à 2000) :

  1. Commando (1985)
  2. MERCS (1990)

Version Arcade

Date de sortie : Mai 1985 (Japon) – Juillet 1985 (Amérique du Nord, Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langues : Anglais, japonais
Support : Borne
Contrôleurs : Un joystick (huit directions) et deux boutons
Version testée : Version export
Hardware : Processeurs : Zilog Z80 3MHz (x2)
Son : Haut-parleur ; YM2203 OPN 1,5MHz (x2) ; 1 canal
Vidéo : 256 x 224 (V) 59,637405Hz

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Nintendo est un nom souvent cité quand il s’agit de s’esbaudir de la constance dans le succès – et la qualité – de la production d’une compagnie vidéoludique, et à raison : peu de concurrents peuvent lui contester sa proéminence et sa régularité en la matière, en dépit de quelques minuscules anicroches (« Comment appelez-vous cet objet ? Un ‘Virtual Boy’ ? ») que l’histoire a à peine retenues. Mais s’il est une entreprise disposant d’arguments très pertinents pour lui disputer le titre, ce serait bien Capcom ; le studio japonais établi en 1983 ne s’est peut-être jamais lancé dans la construction de ses propres consoles de jeu, mais en termes de longévité et de constance dans la qualité de sa production, il y aurait ici quelques pages de titres marquants à citer, et ce pratiquement dès les débuts de la firme !

Dans les salles d’arcade qui ont connu ses débuts, la compagnie japonaise n’aura même pas eu le temps de souffler sa première bougie pour connaître un grand succès avec 1942, et son deuxième anniversaire l’avait déjà vu produire, au milieu d’une pléthore de titres, rien de moins que des bornes telles que Ghosts’n Goblins, Gun.Smoke… et avant cela, un jeu qui aura lancé tout un sous-genre très populaire au sein des années 80 pratiquement à lui tout seul : Commando. Comme souvent avec Capcom, la borne en elle-même n’a pour ainsi dire rien inventé : on trouvait déjà des mécanismes extrêmement équivalents dans le Front Line de Taito trois ans auparavant, par exemple, ou même dans le Mister Viking de SEGA paru un an plus tôt. Mais ce qui aura fait la différence tient en un mélange entre une réalisation accomplie pour l’époque et une action extrêmement soutenue, ce qu’on pourrait résumer en un mot qui définit assez bien la production de Capcom sur la durée : efficacité.

Commando, c’est donc l’histoire de Super Joe – un personnage qu’on sera appelé à recroiser par la suite dans Bionic Commandos, mais pour être honnête, personne n’y a fait attention, et ce pour une raison simple : non seulement Super Joe n’est jamais présenté ou même introduit dans une borne qui ne s’embarrasse pas vraiment à placer un scénario ou même un contexte, mais surtout, tout le monde aura tendu à lui prêter un allias évident, celui du héros d’une saga dont le deuxième épisode arrivait justement dans les salles au même moment : Rambo.

Et c’est peut-être d’ailleurs le plus grand coup de génie de la borne : permettre sans le dire de jouer à Rambo 2 avant même que le monde ne sache qu’il avait envie de jouer à Rambo 2. En conséquence, si Super Joe n’a pas encore l’idée de porter l’iconique bandeau rouge de son alter ego involontaire (contrairement aux héros d’Ikari Warriors et de la plupart des clones à venir qui, eux, assumeront bien souvent la référence jusqu’au bout), il est en revanche équipé d’une mitrailleuse automatique aux munitions illimitées ainsi que d’un stock de grenades, et c’est avec cet équipement qu’il devra vaincre à lui tout seul toute l’armée adverse au fil de deux missions chacune divisées en quatre étapes. C’est simple, c’est basique, c’est direct – et en 1985, on n’avait aucune raison d’en exiger davantage.

Le joueur moderne tendra d’ailleurs probablement à ne retenir de la borne que son aspect… disons, dépouillé. Pas tant du côté de la réalisation, qui n’a certes plus rien d’impressionnant avec quarante ans de recul mais qui correspondait assurément plutôt au haut du panier à sa date de sortie, mais précisément de celui du game design : l’opposition se limite à deux modèles de soldats, plus quelques véhicules indestructibles qu’il faudra obligatoirement éviter, l’unique bonus du jeu est représenté par une réserve de grenades venant gonfler la vôtre, et si le héros à pied a la capacité de tirer dans la direction à laquelle il fait face, c’est fondamentalement la seule chose qui le sépare de l’avion de 1942 – cela et le fait d’avoir à contourner une partie du décor, ou à s’en servir comme couverture selon la situation.

Le déroulement est très linéaire (impossible de revenir sur ses pas, naturellement), les ennemis reviennent en continu, et même les boss se limitent à des vagues d’adversaire sans introduire un ennemi plus massif nécessitant de repenser son approche. Bref, pas d’erreur : on est bel et bien aux racines absolues du genre n’introduisant à peu près rien par rapport aux quelques précurseurs mentionnés plus haut, et comme beaucoup d’inspirateurs vidéoludiques, Commando va fatalement souffrir de la comparaison avec les très nombreux clones qu’il aura initiés et qui auront généralement eu le mérite, eux, d’introduire de temps à autre une ou deux idée neuves (même si, comme on le verra par la suite, leur problème récurrent sera précisément de n’en avoir eu que très peu en réserve, ce qui explique peut-être que le sous-genre ait assez rapidement fini par péricliter) .

Ceci dit, on sait que Capcom est également capable de faire beaucoup à partir de peu (Ghosts’n Goblins n’inventait pas grand chose, lui non plus, pour reprendre un autre grand succès de la firme), et comme souvent la vraie efficacité de la borne est à aller chercher dans son exigence et sa difficulté. L’action n’est peut-être pas très variée, dans Commando, mais a-t-elle besoin de l’être dans une borne où survivre une minute risque déjà de demander un peu d’entrainement ?

Super Joe est très rapide, mais ses ennemis le sont aussi, et leurs tirs allant plus vite encore, l’action devient si nerveuse dès les premières secondes qu’on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer – même avec un ami en renfort. Première règle : ne jamais rester immobile. Deuxième règle : ne jamais rester immobile. Troisième règle… ah, trop tard, vous êtes déjà mort. Et en l’état, toute la force du gameplay est là, de A à Z : jouer aux réflexes et au sang froid sans prendre le temps de réfléchir mais en restant suffisamment concentré pour parvenir à dessiner, en une fraction de seconde, un trajet idéal entre toutes les cochonneries qui se promènent à l’écran. Car en cas de décès, évidemment, on ne repart pas là où on est mort, ce serait trop simple : ce sera un retour au dernier point de passage selon le mécanisme en vigueur à l’époque.

Il en résulte une pression et une exigence de tous les instants qui sont à la fois le principal intérêt du jeu et ce qui risque de le transformer en un pic de frustration au bout de quelques minutes. Contrairement à Ghosts’n Goblins, la mémoire n’a finalement que peu d’usage ici, l’expérience se limitant à essayer d’avancer le plus vite possible sous peine d’être enseveli sous les vagues ennemies, et si l’action se suffisait parfaitement à elle-même en 1985, on va dire que le concept aura largement eu le temps d’être repris et peaufiné depuis lors, ce qui donne assurément à cette borne « pionnière » un bon coup de vieux.

Crapahuter dans la jungle aux commandes d’un simili-rambo est une formule qui aura été légèrement surexploitée par la suite, et il faut reconnaître que dépouillée de la moindre forme d’originalité ou d’idée marquante, le jeu a ce parfum du déjà vu, déjà joué même quand on ne l’a jamais approché de sa vie. Ce qu’on appelle le prix de l’innovation… Reste une expérience très basique, certes, mais parfaitement efficace à sa façon – le truc étant que le tour de la question risque d’être accompli au bout de dix grosses minutes. Les néophytes ne verront sans doute qu’un intérêt purement historique à la borne, et on les comprend – quitte à vouloir s’amuser, autant directement commencer par MERCS –, quant aux vétérans… eh bien, ils n’auront certainement pas attendu un article de 2025 pour retourner confronter les souvenirs émus de leur enfance, pas vrai ?

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 11,5/20

Parmi les premiers succès planétaires de Capcom – mais certainement pas parmi les derniers –, Commando aura initié à lui seul le sous-genre, très populaire dans les années 80, consistant à diriger un Rambo qui ne dit pas son nom dans une jungle présentée via un défilement vertical. L'action est hyper-nerveuse, la difficulté immonde et la profondeur absente : un assez bon résumé d'une formule qui allait être (souvent) reprise et (parfois) peaufinée, d'Ikari Warriors à Guerrilla War pour ne citer qu'une minuscule portion de ses héritiers. C'est d'ailleurs là la plus grande faiblesse d'un titre qui apparait aujourd'hui comme de simples fondations avec pas grand chose de construit par-dessus, un gameplay qui n'a que son immédiateté et son exigence à offrir au milieu d'une réalisation et d'un contenu qui font leur âge. Les fans de run-and-gun à la recherche de quelque chose de plus consistant préfèreront sans doute se lancer dans des titres plus récents, à commencer par son successeurs MERCS ou des bornes plus spectaculaires et plus débridées à la Shock Troopers. Les autres parcourront un morceau d'histoire en se disant que, décidément, il fallait être vraiment bon pour joueur plusieurs minutes avec une pièce de 10 francs, en 1985.

CE QUI A MAL VIEILLI :

– Difficulté « arcade »
– Aucune possibilité de bloquer la direction du tir
– Aucun power-up
– Très court
– Une réalisation qui n'a plus grand chose à montrer

Bonus – Ce à quoi pouvait ressembler Commando sur une borne d’arcade :

Version BBC Micro

Développeur : Catalyst Coders
Éditeur : Elite Systems Ltd.
Date de sortie : Décembre 1985
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version cassette
Configuration minimale : –

Signe de son succès quasi-instantané, Commando n’aura même pas eu à attendre l’année 1986 pour commencer à apparaître sur les systèmes domestiques. Réalisé par John Nixon aux graphismes et Trevor Harwood au code (deux anonymes comme la période en aura compté des centaines), ce portage sur BBC Micro démontre que l’essentiel de l’expérience originale peut facilement être conservé sans avoir à déployer des prouesses techniques insensées. Visuellement, il n’y a que quatre couleurs à l’écran et le format passé à l’horizontale signifie qu’il est difficile d’anticiper l’avancée, mais l’action étant devenue beaucoup plus lente, le jeu repose désormais nettement moins sur les réflexes et plus sur l’observation froide et méthodique (même si foncer tout droit sans se préoccuper des ennemis donne également de très bons résultats). Le défilement a laissé place à des changements d’écran, les sprites clignotent dès qu’il y a un peu trop de monde et il n’est pas toujours facile de distinguer les tirs adverses ou de lire la trajectoire des grenades ennemies, mais dans l’ensemble le titre est jouable et assure l’essentiel dans une version nettement plus accessible que la borne. Niveau sonore, il n’y a plus de musique et juste quelques « bips » en guise de bruitages, mais ça ne change pas grand chose. Certes, on touche vraiment aux fondamentaux absolus du genre, mais au fond, ça ne fonctionne pas si mal.

NOTE FINALE : 10/20

Si l’on cherchait à établir la substantifique moelle de ce qu’est un run-and-gun, cette version BBC Micro de Commando constituerait un très bon exemple : les mécanismes sont simplissimes, il n’y a pas grand chose à voir et pratiquement rien à entendre, mais en termes d’action, ça fonctionne – même si le défi n’a plus grand chose à voir, lui non plus, avec celui de la borne. Seul ou à deux, de quoi tuer dix minutes d’une façon plus agréable qu’on aurait pu le craindre.

Version Commodore 64

Développeur : Elite Systems Ltd.
Éditeur : Elite Systems Ltd.
Date de sortie : Décembre 1985
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 5,25″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette
Configuration minimale : RAM : 64ko

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Le Commodore 64 figurait sans conteste parmi les ordinateurs 8 bits les mieux équipés pour rendre justice à Commando – et objectivement, ce portage réalisé directement par une équipe interne s’en sort très bien. Contrairement aux adaptations observées sur BBC Micro, le défilement est fluide, l’action est tout aussi nerveuse que sur la borne (et donc presque aussi difficile) tout en restant lisible, et on peut profiter de la musique de l’immense Rob Hubbard pendant la partie. On a beau perdre quelques détails comparés à le borne, les acheteurs de l’époque n’avaient pas de quoi se sentir roulés et ceux qui découvriront le logiciel via ce portage aujourd’hui pas davantage. Un titre limité, mais efficace – dommage que le mode deux joueurs soit passé à la trappe.

NOTE FINALE : 11/20

Commando sur Commodore 64 n’a fondamentalement pas grand chose à envier à la borne dont il est tiré, ce qui veut déjà dire beaucoup. Toujours aussi jouable, toujours aussi nerveux et toujours aussi exigeant, le titre n’abandonne que quelques fioritures d’une réalisation qui n’était de toute façon déjà pas très impressionnante à la base – ainsi que le mode deux joueurs, certes, mais l’équilibrage compense. Pour s’éclater à deux pendant quelques minutes, ça fait toujours parfaitement l’affaire.

Version ZX Spectrum

Développeur : Elite Systems Ltd.
Éditeur : Elite Systems Ltd.
Date de sortie : Décembre 1985
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joysticks Cursor, Fuller, Kempston et Sinclair
Version testée : Version cassette testée sur ZX Spectrum 128k
Configuration minimale : RAM : 48ko

En 1985, il aurait été commercialement totalement suicidaire sur le marché européen (et surtout sur le marché britannique, alors déjà en pleine forme) de ne pas proposer une adaptation de Commando. Signe d’une époque où la machine de Sinclair était encore une star, ce portage s’en sort lui aussi très bien : il y a assez de détails pour avoir quelque chose à voir mais pas suffisamment pour que cela gêne la lisibilité, l’action est toujours aussi nerveuse et c’est parfaitement jouable au joystick comme au clavier. Au rang des déceptions, la réalisation sonore est à peine plus emballante que sur BBC Micro (pas de musique, des bruitages extrêmement limités) et il n’y a toujours pas de mode deux joueurs. Reste une version sympathique à pratiquer en solo, mais sans doute pas pendant très longtemps.

NOTE FINALE : 10,5/20

Portage très sérieux pour Commando sur ZX Spectrum, avec pour seul véritable regret la disparition d’un mode deux joueurs qui était un élément central de l’expérience. L’essentiel est néanmoins bien préservé, et le résultat est clairement à la hauteur de ce qu’on était en droit d’attendre en 1985.

Version Amstrad CPC

Développeur : Elite Systems Ltd.
Éditeur : Elite Systems Ltd.
Date de sortie : Mai 1986
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 3″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette testée sur Amstrad 6128 Plus
Configuration minimale : Système : 464 – RAM : 64ko

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

S’il y avait une certitude qui était déjà bien ancrée dans l’esprit des éditeurs britanniques au milieu des années 80, c’était qu’un CPC n’était fondamentalement qu’une machine qui possédait le même processeur qu’un ZX Spectrum et qui se vendait moins sur le territoire de la perfide Albion. Dès lors, Commando était-il voué à n’être qu’un obscur « speccy port » comme on en voyait déjà trop ? Dans l’absolu, oui – on voit bien que le jeu reprend la résolution, l’interface et une large partie des graphismes du portage commercialisé sur la machine de Sinclair, mais il fait au moins l’effort d’y apporter un petit coup de peinture pour profiter timidement des capacités graphiques de la machine, et d’y ajouter un petit thème musical pour égayer l’écran-titre. La bonne nouvelle, c’est que la jouabilité est la vitesse sont toujours satisfaisantes (même si les masques de collision auraient pu être plus précis) ; la mauvaise, c’est qu’il n’y a toujours pas de mode deux joueurs. Une nouvelle fois, l’essentiel est là, mais bénéficier d’une version un peu plus ambitieuse n’aurait malgré tout pas été un mal.

NOTE FINALE : 10,5/20

Sur Amstrad CPC, Commando fait le travail – mais il le fait comme trop souvent sous la forme d’une version ZX Spectrum rapidement maquillée. Le résultat demeure décent, mais la perte du mode deux joueurs ne se justifiait pas.

Version Commodore 16, Plus/4

Développeur : Elite Systems Ltd.
Éditeur : Elite Systems Ltd.
Date de sortie : Février 1986
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version cassette
Configuration minimale : –

Cas un peu particulier pour Commando sur Commodore 16 : on est moins ici en présence d’un portage que d’une refonte totale du jeu, sans doute pour cause de contraintes techniques. Lesquelles sont assez vite visibles : il n’y a plus de défilement, et pour cause, le programme est désormais constitué de cinq écrans en tout et pour tout, dont l’unique objectif est de parvenir à détruire tous les ennemis présents. Tâche rendue d’autant plus complexe que votre personnage ne peut plus se déplacer en diagonale ni utiliser de grenade, qu’il commence en plein milieu de l’action (durée de vie attendue lors de votre première tentative au premier niveau : une demi-seconde) et qu’il ne peut bien évidemment pas compter sur la présence d’un deuxième joueur. Sachant qu’il n’y que deux types d’adversaires et que la réalisation est loin d’être inoubliable, autant dire qu’on est plus en présence d’une version démo à la difficulté réglée au maximum que face à un jeu complet ou à l’adaptation d’une borne d’arcade. Bilan : pas terrible, et on comprendra aisément que cette conversion n’ait pas marqué les esprits.

NOTE FINALE : 07/20

Étrange conversion faisant davantage penser à un ersatz de Gain Ground qu’au portage de la borne d’arcade, Commando sur Commodore 16 s’efforce de faire ce qu’il peut, mais ce n’est pas assez. Avec une action hyper-limitée et ultra-punitive tenant tout entier sur cinq écrans, seuls les joueurs les plus motivés tiendront jusqu’au terme des dix minutes de durée de vie – le temps de se convaincre d’aller acheter un Commodore 64, sans doute.

Version Electron

Développeur : Catalyst Coders
Éditeur : Elite Systems Ltd.
Date de sortie : 1986
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleur : Clavier
Version testée : Version cassette
Configuration minimale : –

À l’instar du Commodore 16 vis-à-vis du Commodore 64, l’Electron était une version d’entrée de gamme (vendue 200£ tout de même) du BBC Micro, proposant donc un hardware sensiblement moins puissant. On ne sera donc pas très surpris de se retrouver face à une version de Commando qui corresponde virtuellement à un calque du portage développé par la même équipe sur l’autre ordinateur d’Acorn… mais en deux fois plus lent, et sans aucune possibilité de brancher un joystick – deux tares récurrentes pour la machine. Sachant que la version BBC Micro n’était déjà pas exactement un modèle de vélocité, on a un peu l’impression de revivre le bullet time de Matrix, mais en 4 couleurs, et l’expérience de jeu n’est pas exactement transcendante. Reste un petit titre d’action très oubliable, mais on ne va pas se mentir : hors nostalgie, difficile de trouver une raison de s’y adonner aujourd’hui.

NOTE FINALE : 08/20

Prenez un jeu lent, rendez-le encore deux fois plus lent, et vous obtiendrez Commando sur Electron – un titre qui vous laisse le temps de prendre le café en jouant. Si l’expérience a le mérite de rester jouable, elle n’est ni particulièrement difficile, ni particulièrement intéressante, et on la réservera aux curieux, aux nostalgiques et aux joueur qui aiment bien avoir beaucoup de temps pour réfléchir au milieu de leurs jeux d’action.

Version NES

Développeur : Capcom Co., Ltd.
Éditeur : Capcom Co., Ltd.
Date de sortie : 27 septembre 1986 (Japon) – Novembre 1986 (Amérique du Nord)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version américaine (NTSC)
Spécificités techniques : Cartouche d’1Mb

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Avec l’arrivée de Commando sur les machines japonaises – NES en tête –, fini de rire : c’est directement Capcom qui se charge des adaptations. On pouvait s’attendre à une retranscription fidèle de la borne, et au premier abord c’est ce qu’on obtient : l’action est toujours aussi nerveuse, toujours aussi fluide, et (presque) toujours aussi exigeante – d’autant qu’il n’y a pas l’ombre d’un menu des options à se mettre sous la dent.

Rapidement, on remarque néanmoins que l’équipe de développement en a profité pour ajouter quelques idées : les niveaux sont un peu plus longs, on peut désormais sauver des otages en échange de points, et certains d’entre eux sont même à dénicher dans des bunkers souterrains qui ne se dévoilent qu’en tuant des soldats dans des positions retranchées ! Si le jeu emploie toujours le système de points de passage, il se révèle plus permissif puisqu’une simple option sur l’écran-titre permet de repartir du dernier niveau visité (l’équivalent d’un continue illimité, quoi) – ce qui fait qu’il ne devrait pas falloir des semaines de lutte pour en venir à bout. Dans l’ensemble, la réalisation est relativement solide et l’expérience de jeu fait aussi bien, sinon mieux que la borne, à un petit détail près : l’impossibilité de jouer à deux simultanément. Cela n’empêche pas cette version domestique d’être globalement mieux équilibrée et moins frustrante que la borne, mais vu la concurrence sur la machine de Nintendo, le bilan reste un peu maigre.

NOTE FINALE : 12/20

En portant Commando sur NES, Capcom en aura profité pour revoir très légèrement sa copie et pour rééquilibrer son expérience de jeu. L’action est plaisante, mais la faible durée de vie cumulée à l’impossibilité de jouer à deux simultanément risquent d’obliger cette cartouche à figurer dans le bas de la pile, en-dessous des Guerrilla War ou des Heavy Barrel sur la même machine, plus ambitieux.

Version Intellivision

Développeur : Realtime Associates, Inc.
Éditeur : INTV Corp.
Date de sortie : Décembre 1987 (Amérique du Nord)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version américaine (NTSC)
Spécificités techniques : Cartouche de 256kb

Voir un titre paraître sur Intellivision en 1987 – soit trois ans après la fin de la production de la console – pourra paraître étrange, mais l’histoire est en fait que d’anciens employés de Mattel avaient entretemps fondé INTV Corp. pour racheter les droits de la console, en écouler les stocks, et même développer quelques nouveaux titres – dont deux portages de l’arcade : Pole Position et… Commando. Pour l’occasion, on s’en doute, pas question ici de retrouver les adaptations observées sur la version NES : on affaire à un portage simplifié en fonction des limitations de la console (il n’y a plus de véhicules adverses, par exemple), et le résultat est… eh bien, finalement assez honnête, plutôt supérieur par exemple à ce qui avait été observé sur BBC Micro. Les sprites sont certes minuscules, mais ils sont animés avec beaucoup de précision et l’action, si elle est moins rapide que sur la borne, n’en est pas moins exigeante. Ce n’est certes pas le type de portage sur lequel on aurait envie de se précipiter aujourd’hui – il avait déjà quelque chose d’un peu anachronique en 1987 –, mais à tout prendre, il fait les choses plutôt bien et l’équilibrage est loin d’être délirant. Pas si ridicule, pour une console morte depuis trois ans et qui allait encore vendre 500.000 exemplaires avant qu’INTV Corp. ne ferme définitivement ses portes en 1991.

NOTE FINALE : 10/20

On n’attendait plus trop l’Intellivision en 1987, mais force est de constater que ce portage de Commando prouve que la console de Mattel était encore loin d’être ridicule face à l’essentiel de la production 8 bits. La réalisation est dépouillée mais travaillée et lisible, et la difficulté est conséquente sans être exactement aussi injuste que sur la borne. Une curiosité plus divertissante qu’elle n’en a l’air.

Version MSX
Senjō no Ōkami

Développeur : Capcom Co., Ltd.
Éditeur : ASCII Corporation
Date de sortie : 1987 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleurs : Clavier, joypad
Version testée : Version cartouche testée sur MSX 1 (NTSC)
Configuration minimale : Système : MSX 1

Le MSX aura dû attendre 1987 pour bénéficier de son portage de Senjō no Ōkami – ce qui est plutôt surprenant, considéré le succès rencontré par la machine au Japon. Toujours est-il que le système hérite pour l’occasion d’un portage ressemblant plus à celui paru sur FM-7 (à en juger, en tous cas, par les vidéos que j’ai vues du portage sur la machine de Fujitsu, dont je ne suis pas parvenu à trouver une version jouable) qu’à celui publié sur NES. Le résultat n’est pas ce qu’on a vu de plus emballant sur la machine : le défilement, comme toujours, est très haché, ce n’est pas particulièrement beau, ça clignote beaucoup et la musique tape vite sur les nerfs. Une nouvelle fois, l’essentiel est préservé, mais quitte à jouer sur un ordinateur 8 bits, autant lancer directement la version Commodore 64.

NOTE FINALE : 10,5/20

Senjō no Ōkami doit faire face, sur MSX, aux limitations techniques d’une machine dont la première version n’avait pas exactement été pensée pour faire tourner des run-and-gun. Le résultat est correct et décemment jouable, mais présente néanmoins trop de défauts pour qu’on ne préfère pas découvrir le jeu sur un autre système.

Version PC (Booter)

Développeur : Quicksilver Software, Inc.
Éditeur : Data East USA, Inc.
Date de sortie : Février 1987
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Disquette 5,25″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette émulée sous DOSBox
Configuration minimale : Processeur : Intel 8088/8086 – OS : Aucun – RAM : 256ko
Mode graphique supporté : CGA
Carte son supportée : Aucune (haut-parleur interne)

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

En 1987, un PC était une machine qui avait beaucoup d’arguments du côté du bureau, mais qui d’un point de vue strictement ludique n’avait rien à opposer à des ordinateurs 8 bits qui coutaient souvent cinq ou six fois moins cher – sauf à investir dans un Tandy 1000, ce qui n’a visiblement pas été l’hypothèse considérée ici. Ce portage de Commando correspond donc à ce qu’on pouvait attendre sur la machine à l’époque, c’est à dire à rien de renversant. Du côté des bonnes nouvelles, la fenêtre de jeu est d’une taille décente, l’action est relativement nerveuse et il n’y a pas besoin de ralentir le jeu pour qu’il tourne à la bonne vitesse. En revanche, la musique crachée par le haut-parleur interne tourne très rapidement en boucle (prévoyez une migraine ou coupez-la), le mode deux joueurs a une fois de plus été sacrifié, et le jeu est d’autant plus moche qu’il ne prévoit même pas une gestion du mode composite. Ce n’est certes pas pire que ce qu’on avait pu observer sur BBC Micro mais on dira que ce n’est pas exactement la meilleure façon aujourd’hui de découvrir le jeu de Capcom.

NOTE FINALE : 09,5/20

Version déjà techniquement en retard pour 1987, Commando sur PC s’en tire malgré tout honnêtement du côté de la jouabilité et de l’expérience de jeu. L’aspect frustre de la réalisation, la difficulté corsée et l’impossibilité de jouer à deux risquent néanmoins de limiter la durée de vie du titre à une poignée de parties.

Version PC-88
Senjō no Ōkami

Développeur : Capcom Co., Ltd.
Éditeur : ASCII Corporation
Date de sortie : Mars 1987 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Disquette 5,25″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette
Configuration minimale : –

Les portages japonais, comme on le sait, ne tendaient pas à briller par leur diversité – c’étaient à peu de choses près les mêmes versions au bit près autant que leurs systèmes d’accueil le permettaient. Senjō no Ōkami ne fait pas exception à la règle : c’est a priori exactement le même jeu que sur FM-7. De loin, on dirait la version ZX Spectrum en plus fin – ce n’est pas très beau sauf à aimer les grands aplats jaunes, bleu ciel et verts – mais ça a au moins le mérite d’être relativement lisible et il y a de la musique. Sans hurler au génie, on peut donc au moins compter sur un portage qui offre l’essentiel de ce que proposait la borne, mais on aurait apprécié une action plus fluide et des teintes un peu moins agressives.

NOTE FINALE : 11/20

Portage sérieux mais pas spécialement enthousiasmant pour Senjō no Ōkami sur PC-88 : c’est lisible sans être très beau, c’est jouable sans être très fluide, ça offre l’essentiel sans chercher en rien à le perfectionner. Au moins est-ce jouable à deux.

Version Apple II

Développeur : Quicksilver Software, Inc.
Éditeur : Data East USA, Inc.
Date de sortie : Juin 1988
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Disquette 5,25″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette testée sur Apple IIe
Configuration minimale : Système : Apple IIc – RAM : 128ko

Là encore, le timing pourra surprendre : attendre 1988 pour porter Commando sur Apple II, une machine en fin de vie qui célébrait alors déjà ses onze ans ? Comme on va le voir, non seulement ce ne sera pas la dernière anomalie à ce sujet, mais on rappellera également à titre de comparaison que l’excellent Prince of Persia, pour sa part, ne verrait le jour sur le même ordinateur qu’un an plus tard – un excellent rappel de l’extraordinaire longévité de la machine d’Apple. Ceci dit, porter un jeu de tir à défilement sur ladite machine représentait une sacrée colle, et pour le coup Quicksilver Software (qui avait déjà réalisé la version PC) s’en sera très bien sorti : l’action est étonnamment fluide et les commandes répondent très bien. Alors certes, la fenêtre de jeu est tellement rabotée qu’on se croirait sur Game Boy, la difficulté est d’autant plus immonde qu’on a très peu de temps pour voir arriver les tirs adverses, et il n’est plus question de jouer à deux ; néanmoins le résultat demeure relativement impressionnant pour un ordinateur qui ne s’imaginait sans doute pas faire tourner des programmes de ce type un jour. On commence à approcher du défi de codeur davantage que du pic du gameplay, mais on appréciera l’effort.

NOTE FINALE : 09/20

D’un point de vue purement technique, Commando sur Apple II est clairement un bel accomplissement, mais cette prouesse a fatalement un prix, et entre la fenêtre de jeu minuscule, la réalisation purement fonctionnelle, la disparition du mode deux joueurs et la difficulté frustrante, on commence à faire face à beaucoup d’obstacles pour réellement s’amuser dans des conditions optimales. Bien essayé, mais l’ordinateur d’Apple n’était peut-être tout simplement pas fait pour ce type de jeu.

Version Atari 2600

Développeur : Imagineering Inc.
Éditeur : Activision, Inc.
Date de sortie : Juin 1988 (Amérique du Nord)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version PAL
Spécificités techniques : Cartouche de 128kb

Quand je vous disais qu’on en avait pas fini avec les « anomalies » : une cartouche sur Atari 2600 en 1988 ? Et éditée par les grands rivaux d’Activision, tant qu’à faire ? Décidément, les années 80 n’étaient pas décidées à laisser mourir leurs glorieux ancêtres, et cette édition de Commando a quelques surprises à offrir. Une fois de plus, c’est techniquement que le titre est impressionnant : les sprites sont gros, le défilement est fluide, l’action est lisible, et il y a plutôt davantage de détails dans les décors que sur PC-88 ou sur MSX. La jouabilité parvient à placer toute l’action sur un bouton (il faut le garder appuyé pour lancer une grenade) et il y a même des options de difficulté, pas à dire, c’est du beau boulot. En revanche, le contenu a été un peu essoré pour tenir sur la minuscule cartouche, il n’y a plus de véhicules, jamais plus de trois ennemis à l’écran, et la taille des sprites dait qu’il est souvent difficile d’éviter les tirs adverses. Quant au mode deux joueurs, comme sur NES, il est au tour-par-tour. Reste une version surprenante qui en fait plus que ce qu’on pensait uen Atari 2600 capable de produire, mais d’un point de vue strictement ludique, ça demeure quand même assez limité.

NOTE FINALE : 09,5/20

De nouveau une belle performance technique pour Commando sur Atari 2600, qui est en plus plus que le vague ersatz qu’on était en droit de craindre. En dépit d’une réalisation accomplie et d’une jouabilité bien pensée, le titre rencontre à peu près les mêmes limitations que sur Apple II et est souvent difficile pour de mauvaises raisons. Une curiosité à découvrir pour les fans de la console d’Atari, malgré tout.

Version Amiga

Développeur : Elite Systems Ltd.
Éditeur : Elite Systems Ltd.
Date de sortie : Décembre 1989
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette testée sur Amiga 500
Configuration minimale : Système : Amiga 1000 – RAM : 512ko
Mode graphique supporté : OCS/ECS

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

À la fin des années 80, Elite Systems aura apparemment réalisé qu’ils disposaient toujours des droits d’adaptation de la licence de Capcom dans un carton, et qu’il serait sans doute intelligent de porter Commando sur Amiga et Atari ST avant que ces droits n’expirent. La philosophie n’a d’ailleurs pas changé depuis les premières conversions : on se retrouve face à un portage qui essaie de coller un maximum à la borne, ce qu’il fait plutôt bien, mais sans bénéficier du plus subtil rééquilibrage ni de la plus infime option de configuration : c’est toujours dur parce que ça va vite et qu’on a très peu de temps pour anticiper. La jouabilité reprend celle de la version Commodore 64, la fenêtre de jeu a été rétrécie pour correspondre au format vertical original – ce qui n’était peut-être pas absolument nécessaire – et si l’expérience globale est assez proche de celle de la borne, on ne peut que regretter qu’elle montre rapidement les mêmes limites en termes de plaisir de jeu, de durée de vie ou de frustration. Et pour finir de gâcher le tableau, le titre ne se joue à deux qu’en alternance. Autant dire que dans le domaine, du chemin a été parcouru depuis lors, et les possesseurs d’Amiga passeront indéniablement un meilleur moment sur The Chaos Engine ou même sur New York Warriors.

NOTE FINALE : 11/20

Portage réalisé avec sérieux, mais sans génie, Commando sur Amiga est assez fidèle à la borne dont il est tiré pour en conserver toutes les faiblesses sans offrir l’ombre d’une idée neuve ou d’une option de configuration – tout en tirant un trait, hélas, sur le mode deux joueurs. On n’hurlera certes pas à la trahison, mais dans le domaine, il y a tout simplement plus amusant et mieux réalisé sur Amiga.

Version Atari 7800

Développeur : Sculptured Software, Inc.
Éditeur : Atari Corporation
Date de sortie : Novembre 1989 (Amérique du Nord) – 1991 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques : Cartouche d’1Mb

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Quitte à investir les machines d’Atari, Commando aura également fait un détour par l’Atari 7800 – très tardivement, là encore, à se demander si cette version n’a pas vu le jour uniquement pour répondre à la version d’Activision parue l’année précédente. Ceci dit, la réplique fait mouche : en fait, on est peut-être même face à l’un des meilleurs portages du jeu ! Les graphismes manquent un peu de finesse, mais ils sont relativement détaillés et l’action est lisible. Le défilement est fluide, la vitesse est bonne, et l’équilibrage est meilleur que sur la borne puisqu’on bénéficie ici de plusieurs niveaux de difficulté. On assiste même à l’apparition de nouveaux bonus, comme la présence d’un tir automatique obtenu en ramassant une mitrailleuse ! Seul reproche : l’absence d’un mode deux joueurs en simultané, qui empêche à cette version de se hisser à la hauteur de celle parue sur NES, mais pour le reste, c’est sans doute un des jeux à posséder sur la console et sa maigre ludothèque.

NOTE FINALE : 11,5/20

Trois ans avant d’aller développer des Super STAR WARS sur Super Nintendo, Sculptured Software faisait déjà du bon travail sur Atari 7800, avec une conversion très satisfaisante de Commando. Jouable, bien équilibrée et bien réalisée, cette version ne souffre que de l’absence d’un mode deux joueurs coopératif.

Version Atari ST

Développeur : Elite Systems Ltd.
Éditeur : Elite Systems Ltd.
Date de sortie : Décembre 1989
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″ simple face
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette testée sur Amiga 500
Configuration minimale : Système : Amiga 1000 – RAM : 512ko
Mode graphique supporté : OCS/ECS

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Comme souvent avec les portages développés en parallèle sur Amiga et Atari ST, les choses vont aller relativement vite : sans surprise, Commando s’efforce d’accomplir sur la machine d’Atari la copie parfaite de la version Amiga, ce à quoi cette conversion ne parvient pas totalement, la faute à une résolution un peu moins flexible que celle de la machine de Commodore (traduit en clair : la fenêtre de jeu est ici en 256×200, contre 256×256 sur Amiga). Cela n’a pas autant d’incidence qu’on pourrait le craindre, mais ne plaide pas non plus en la faveur d’une version qui présente autrement exactement les mêmes limites que le jeu de base, avec en prime l’impossibilité – comme pour tous les autres portages – de jouer à deux en même temps.

NOTE FINALE : 11/20

Portage exactement dans les clous de la production de l’époque pour Commando sur Atari ST : c’est littéralement la version Amiga avec la résolution verticale rabotée. Pas de quoi dégrader notablement l’expérience de jeu, mais on reste face à un jeu trop basique pour réellement rivaliser avec ses héritiers.

Version PlayStation
Capcom Generations

Développeur : Capcom Co., Ltd.
Éditeur : Capcom Co., Ltd.
Date de sortie : 12 novembre 1998 (Japon) – 3 septembre 1999 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Support : CD-ROM
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne (PAL)
Spécificités techniques : Système de sauvegarde par carte mémoire (1 à 4 blocs)

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

La fin des années 90 aura également représenté une première vague de nostalgie pour les vieux succès de l’arcade, et Capcom n’aura pas manqué de surfer sur la vague pour continuer de traire à peu de frais ses bornes à succès auxquelles la firme japonaise devait déjà tant. Pour l’occasion, on hérite exactement de ce qu’on était venu chercher : la copie conforme et quasi pixel perfect de la borne originale de Commando (avec un effet de dithering qui se remarquera aujourd’hui sur les écrans haute résolution, mais rien qui dégrade franchement les graphismes), avec en sus des options de configuration incluant le choix entre deux modes de difficulté, la réattribution des boutons de la manette, la possibilité d’activer les vibrations (au cas où vous aimeriez bien sentir la puissance des pales de l’hélicoptère qui vous dépose en début de partie) ou un tir automatique dont on peut même sélectionner la vitesse, des thèmes musicaux remixés, et aussi et surtout les trois modes graphiques également présents dans les autres titres à défilement vertical de la compilation (à savoir MERCS et Gun.Smoke). Le mode 1 tente de profiter au maximum de la largeur de l’écran, le mode 2 affiche le ratio original avec l’interface à droite, et le mode 3 permet directement de reproduire le format de la borne en pivotant l’écran. Bref, l’arcade à domicile, la vraie – et treize ans plus tard, on peut ENFIN jouer à deux.

NOTE FINALE : 12/20

On voulait la borne, on l’obtient ; on voulait des options de configuration, on les obtient également, et tant qu’à faire on peut enfin inviter un ami à se joindre à la fête sans avoir à attendre qu’on lui passe la manette. Commando sur PlayStation demeure, aujourd’hui encore, un très bon moyen de découvrir l’expérience originale dans des conditions optimales.

Version Saturn
Capcom Generation : Dai 4 Shū – Kokō no Eiyū

Développeur : Capcom Co., Ltd.
Éditeur : Capcom Co., Ltd.
Date de sortie : 12 novembre 1998 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Japonais
Support : CD-ROM
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version japonaise (NTSC)
Spécificités techniques : –

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Mêmes jeux, même équipe, même date de sortie : comme on peut l’imaginer, ce n’est pas exactement sur une compilation de bornes largement issues de la décennie précédente que la Saturn et la Playstation vont hurler leurs différences techniques – même si on remarque que l’effet de dithering présent sur la machine de Sony n’est plus à l’ordre du jour ici. Pour le reste, le contenu et les options sont exactement les mêmes, à une toute petite nuance près : la compilation n’étant jamais sortie du Japon, la borne sera à pratiquer dans sa version originale plutôt que dans la version export, ce qui ne change pour ainsi dire rien au-delà de l’écran-titre.

NOTE FINALE : 12/20

Comme sur PlayStation, Senjō no Ōkami peut être redécouvert dans des conditions optimales sur Saturn, la borne parfaitement reproduite bénéficiant de nombreuses options de confort ainsi que de thèmes musicaux remasterisés. De quoi dépoussiérer sans la trahir l’expérience originale.

Ishidō : The Way of Stones

Développeur : Software Resources International
Éditeur : Accolade, Inc.
Titres alternatifs : 石道 (graphie japonaise), Ishidō (écran-titre – Famicom Disk System), Ishido (réédition MacPlay – Macintosh)
Testé sur : Macintosh – Amiga – Famicom Disk System – FM Towns – Game Boy – Genesis – MSX – PC (DOS) – PC-88 – PC-98 – Lynx – Sharp X68000
Présent au sein de la compilation : Atari Lynx Collection 1 (2020 – Evercade)

Version Macintosh

Date de sortie : Septembre 1989 (édition originale limitée)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Supports : CD-ROM, disquette 3,5″
Contrôleur : Souris
Version testée : Version 1.5.1 testée sur Macintosh II Plus
Configuration minimale : Processeur : Motorola 68000 – RAM : 650ko (version noir et blanc) ; 2Mo (version couleur)
Configuration graphique : Résolution : 640×480 (noir & blanc et couleur)

Vidéo – L’écran-titre du jeu (v1.5.1) :

À chaque fois qu’il s’agit d’évoquer un logiciel au principe simple mais addictif tournant autour de la réflexion sans demander un travail intellectuel plus important que d’associer des formes ou des couleurs, on a trop facilement tendance à résumer le sujet au succès planétaire de Tetris et de ses héritiers plus ou moins légitimes, les puzzle games.

Mais cela revient aussi à occulter tout un pan du genre constitué de jeux dits « de solitaire » dont l’un des représentants les plus connus, Shanghai, carburait déjà sur la plupart des systèmes du globe bien avant que le logiciel d’Aleksei Pajitnov ne s’élance hors du bloc de l’Est. Dans le domaine, la société Software Resources International avait visiblement déjà décelé un potentiel, si l’on en juge par la commercialisation de Solitaire Royale en 1987 – une combinaison de jeux de cartes à pratiquer en solo, dont l’inénarrable Solitaire qui ferait les beaux jours de Windows 3.0 trois ans plus tard. Mais ce qui devait être son gros coup, son Shanghai à elle, un jeu auquel elle croyait énormément, se sera nommé Ishidō : The Way of Stones ; un autre jeu de tuiles qui fait d’ailleurs immédiatement penser à son modèle assumé. Bien décidé à marcher sur les traces du jeu imaginé par Brodie Lockard, le titre va d’ailleurs jusqu’à s’inventer des origines millénaires recoupant toutes les anciennes civilisations… et qui sont, on s’en doute, totalement imaginaires : le concept a été imaginé par Michael Feinberg à la fin des années 80, mais c’est tout de suite moins sexy présenté comme ça.

Ce concept, justement, quel est-il ? Très simple : figurez vous un plateau de jeu divisés en cases formant une grille de 8×12 – soit un total de 96 cases. Le but du jeu va être de placer sur ce plateau un ensemble de 72 tuiles recoupant six modèles de six couleurs différentes, chaque tuile étant présente en double : 6×6=36, 36×2=72, le compte est bon. Bien évidemment, ce ne serait pas exactement une performance en soi s’il ne fallait pas respecter un ensemble de règle précis : chaque tuile ne peut être positionnée qu’au contact d’une autre (six tuiles sont déjà présentes au début de la partie : une à chaque coin, et deux au centre), ce qui n’est possible que si elle partage la couleur ou le symbole de la tuile à côté de laquelle on la place.

Évidemment, les choses se compliquent lorsqu’il s’agit de placer une tuile dans une position où elle est au contact avec plusieurs autres : dans le cas où elle serait placée entre deux tuiles, par exemple, elle devra afficher le symbole de l’une et la couleur de l’autre. La combinaison la plus complexe à réaliser – placer une tuile entre quatre autres – demandera une dose de planification, car la tuile à positionner devra avoir le même symbole que deux de ses voisines et la même couleur que les deux dernières, mais il faut comprendre que les combinaisons les plus délicates sont également celles qui rapportent le plus de points, l’objectif final restant le score. La partie la plus stratégique du plateau – à savoir les bords – ne rapporte d’ailleurs aucun point au moment de placer une tuile dessus, au contraire de la partie centrale. Une fois la partie terminée, soit parce que toutes les tuiles ont été placées, soit parce que le joueur est arrivé à une impasse où il n’est plus possible d’en jouer d’autres, le score est établi en fonction des tuiles placées, des combinaisons effectuées et des tuiles non-jouées.

Comme pour beaucoup de concepts efficaces, celui d’Ishidō est plus difficile à expliquer qu’à comprendre une fois en jeu – et il sait s’avérer aussi merveilleusement addictif qu’il est simple. En plus du mode « solitaire » de base, le titre propose également un mode « Tournament » chronométré, ainsi que deux modes deux joueurs : un en compétitif où les joueurs jouent en alternance pour le score, et un autre en coopératif où ils travaillent cette fois pour un score commun – sans oublier les habituelles options d’aide pour dévoiler les mouvements disponibles ou les tuiles restantes, au prix de l’interdiction de s’inscrire dans le tableau des scores.

C’est assez basique, et on pourra regretter que le programme n’ait pas de variantes à offrir, ni rien qui corresponde à l’équivalent de problèmes d’échecs avec des situations données à résoudre, par exemple. On remarquera également que là où les différentes versions de Shanghai se seront rapidement empressées de proposer variété de situations de départ, Ishidō ne propose qu’un unique plateau avec une disposition définie, et c’est à prendre ou à laisser. Il s’efforce de compenser ce manque par de très nombreuses options de configuration… graphiques, qui permettent de choisir l’esthétique des pièces, du plateau et même du décor de fond – un éditeur est même disponible pour dessiner les siens – et histoire de capitaliser sur ses soi-disant origines orientales, il va jusqu’à proposer un mode « Oracle » proposant au joueur de poser une question et de méditer dessus en jouant pour bénéficier d’une réponse tirée du Yi-King !

La relative accessibilité d’Ishidō constitue d’ailleurs ironiquement une de ses limites, et sans doute une des raisons pour laquelle le titre n’aura jamais atteint la renommée ni la longévité de la série des Shanghai : avec une situation de départ imposée et des règles qui ne bénéficient d’aucune souplesse, les stratégies développées pour composer avec la part de chance ne se renouvèle jamais, et une fois qu’on a établi comment jouer de façon « optimale », le gameplay ne se renouvèle pour ainsi dire plus.

Ce qui ne veut pas dire que le programme est bon à jeter à la poubelle au bout d’une heure, loin de là, et les plus mordus de ce type de logiciel pourront sans difficulté y revenir pendant des mois, sinon des années, mais on ne peut s’empêcher de sentir un potentiel sous-exploité qui fait qu’Ishidō n’a plus grand chose à dévoiler au bout de quelques parties et qu’une fois qu’on a estimé avoir fait le tour de la question, il n’a pas beaucoup d’arguments pour nous pousser à changer d’avis. Cela reste un représentant très efficace dans son domaine – surement lui manque-t-il encore un petit quelque chose en plus. À noter également que la version Macintosh originale de 1989 – d’abord parue dans une édition limitée à près de 500$ (!) avant d’être distribuée par Accolade – a été suivie par une réédition dite « version 1.5.1 » parue, pour sa part, en 1994 au sein de la collection MacPlay, et bénéficiant de thèmes graphiques additionnels. Étant désormais la plus largement disponible, c’est cette réédition qui a servie de base pour l’essentiel des captures d’écran.

Vidéo – Une partie lambda :

NOTE FINALE : 15,5/20

Au rang des jeux de solitaire prétendument tirés de jeux de plateaux chinois millénaires, difficile de ne pas faire immédiatement le parallèle entre Ishidō : The Way of Stones et l'insubmersible Shanghai. Des tuiles à placer selon des règles simples, un principe addictif, des parties qui dépassent difficilement les dix minutes : a priori, tous les ingrédients sont réunis pour engloutir des heures, voire des semaines ou des mois, dans un titre original et efficace. Cependant, et en dépit de qualités évidentes, le fait que le logiciel ait échoué à laisser une trace marquante trahit assez bien quelques faiblesses gênantes, à commencer par un principe de jeu qui ne se renouvèle jamais dans son approche et qui n'a plus grand chose à offrir une fois qu'on commence à maîtriser les quelques (rares) stratégies efficaces. Au bout d'une heure ou deux, on se dit qu'il manque sans doute une ou deux variantes ou des modes de jeu un peu plus créatifs pour vraiment avoir envie d'y passer des jours entiers ; un programme sympathique – qui trouvera ses aficionados – mais qui manque encore un peu de mordant.


CE QUI A MAL VIEILLI :

– Des stratégies dont on fait vite le tour...
– ...la faute à un manque de variété dans les modes de jeu solo
– Un oracle Yi-King, sérieusement ?

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Ishidō sur un écran cathodique :

Version Amiga

Développeur : Software Resources International
Éditeur : Accolade, Inc.
Date de sortie : Décembre 1990
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″
Contrôleur : souris
Version testée : Version disquette testée sur Amiga 600
Configuration minimale : Système : Amiga 1000 – RAM : 512ko*
Mode graphique : OCS/ECS
Installation sur disque dur supportée
1Mo requis pour l’installation sur disque dur

Dès l’année 1990, Ishidō aura eu droit à de très nombreux portages sur les systèmes domestiques, qu’ils soient orientaux ou occidentaux. On commence avec la version Amiga, qui bénéficie pour l’occasion de la participation d’un certain Brodie Lockard (le designer de Shanghai, comme le monde est petit !) aux graphismes. Ce portage n’est pas affiché en haute résolution – ce qui ne pénalise heureusement en rien la lisibilité – et il y a moins de types de pierres et de décors que sur la version Macintosh 1.5.1, mais le choix à disposition est déjà conséquent et il est toujours possible d’éditer les graphismes via un programme directement inclus au jeu. Tous les modes de jeu sont toujours présents, et l’expérience en elle-même est strictement équivalente ; les amateurs de solitaire ne devraient donc pas avoir de raison de bouder cette version.

NOTE FINALE : 15/20

À quelques minuscule fioritures près sur le plan de la réalisation, la version Amiga d’Ishidō propose exactement la même expérience que sur Macintosh. C’est un peu moins fin et un peu moins coloré que sur la machine d’Apple, mais cela ne devrait pas bouleverser votre approche du jeu outre mesure.

Les avis de l’époque :

« Un jeu prenant et original, qui passionnera ceux qui aiment réfléchir un peu. »

Jacques Harbonn, Tilt n°84, décembre 1990, 16/20

Version Famicom Disk System

Développeur : Software Resources International
Éditeur : Hiro Co., Ltd.
Date de sortie : 7 Décembre 1990 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langues : Japonais, traduction anglaise par Django
Support : Disquette
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version japonaise
Spécificités techniques : –

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Ishidō : The Way of Stones fait partie des titres à être parus sur Famicom Disk System sans être accompagné par une sortie au format cartouche – on peut imaginer que la possibilité de sauvegarder son score sur la disquette était une donnée importante pour un jeu où le scoring est l’unique récompense. Quoi qu’il en soit, le support étant limité à 128ko (soit l’équivalent d’une cartouche d’1Mb), on ne sera pas trop surpris de voir le contenu perdre encore quelques plumes : il n’y a plus que quatre associations tuiles/plateaux différentes, même si la possibilité d’éditer les graphismes est toujours présente (un autre avantage de l’emploi d’une disquette). Autre curiosité : le plateau est désormais présenté à la verticale, sans doute pour laisser de la place à l’interface, mais cela ne change rien à la taille de sa grille qui est toujours en 8×12. La réalisation manque de couleurs, celles-ci sont parfois trop proches les unes des autres, et les trois thèmes musicaux qui accompagnent la partie (au moins ont-ils le mérite d’exister) tournent en boucle beaucoup trop vite, ce qui fait qu’il ne faudra que quelques minutes pour couper le son. Bref, l’écrin est un peu fade, et on a également perdu la moitié des modes de jeu (le tournoi et le mode coopératif, pour ne pas les nommer), autant dire que sans être une catastrophe ce portage n’est peut-être pas la meilleure façon de découvrir le jeu.

NOTE FINALE : 14/20

En dépit de ses efforts pour préserver l’expérience originale, la version Famicom Disk System d’Ishidō : The Way of Stones commence à opérer des sacrifices du côté du contenu autant que de celui de la réalisation. Si le cœur de l’expérience est préservé, des problèmes de lisibilité et une présentation peu emballante réserveront cette version à une poignée de mordus de l’extension disquette de la Famicom.

Version FM Towns

Développeur : Publishing International
Éditeur : Fujitsu Limited
Date de sortie : Juin 1990 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langues : Anglais, japonais
Support : CD-ROM
Contrôleur : souris
Version testée : Version CD-ROM japonaise
Configuration minimale : –

En dépit de ses origines chinoises totalement imaginaires, Ishidō : The Way of Stones aura néanmoins fait une plutôt belle carrière sur les systèmes japonais. Cette version FM Towns présentée sur un CD-ROM qui sonne plus que creux (même pas 1Mo de données !) est en tous cas à peu près équivalent à celui la version Macintosh originale : il y a peut-être un peu moins de tuiles et de plateaux (et on ne choisit pas le décor), et un tout petit peu moins de couleurs que sur la version 1.5.1 (le compte étant ici bloqué à 256 là où la version Macintosh pouvait en afficher des milliers), mais c’est parfaitement lisible et tous les modes de jeu sont bel et bien là, cette fois. De quoi jouer dans les meilleures conditions sans réel sacrifice.

NOTE FINALE : 15,5/20

Malgré quelques minimes pertes tout-à-fait oubliables au niveau de l’enrobage, la version FM Towns d’Ishidō : The Way of Stones offre exactement le contenu et les possibilités qu’on était en droit d’attendre de la machine. Le programme étant disponible aussi bien en anglais qu’en japonais sur le CD-ROM, rien n’empêche de découvrir le titre dans des conditions quasi-idéales.

Version Game Boy

Développeur : Publishing International
Éditeur : ASCII Corporation (Japon) – NEXOFT Corporation (Amérique du Nord)
Date de sortie : 2 août 1990 (Japon) – Novembre 1990 (Amérique du Nord)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle ou avec deux consoles reliées par un câble Game Link)
Langues : Anglais, japonais
Support : Cartouche
Contrôleur : Console
Version testée : Version américaine
Spécificités techniques : Cartouche de 256kb (Japon) ou 512kb (Amérique du Nord)

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

L’adaptation d’Ishidō : The Way of Stones sur Game Boy représentait une colle à deux niveaux : la petitesse de l’écran, et l’absence de couleur. Dans les deux cas, cette version s’en tire cependant relativement bien : le plateau est toujours lisible, et si les couleurs ont laissé place à des symboles (de type « ligne verticale » ou « ligne horizontale ») au sein des pièces, il ne faut qu’une poignée de minutes pour retrouver ses marques. On constate surtout qu’à peu près tout le contenu de la version NES est toujours présent, y compris un mode deux joueurs en hot seat ou par câble Game Link – et les thèmes musicaux sont différents, même s’ils montrent là encore assez vite leurs limites. Le mode « Tournament » est également de la partie, cette fois, et seul le mode deux joueurs coopératif manque à l’appel. Bref, un bon portage qui évite plutôt bien les écueils que l’on pouvait craindre pour fournir une expérience nomade tout à fait correcte.

NOTE FINALE : 14,5/20

Face aux limitations techniques de la Game Boy, Ishidō : The Way of Stones parvient à trouver des réponses suffisamment malignes pour offrir une version au final plutôt plus lisible et plus riche en contenu que son équivalent sur Famicom Disk System. De quoi tuer le temps avec plaisir entre deux parties de Tetris.

Version Genesis

Développeur : Publishing International
Éditeur : Accolade, Inc.
Date de sortie : Décembre 1990 (Amérique du Nord)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version américaine
Spécificités techniques : Cartouche d’1Mb

Ishidō : The Way of Stones fait partie de ces titres qui s’inscrivent dans l’histoire de la Mega Drive davantage sur un plan légal que sur un plan ludique. En effet, c’est ce logiciel qui aura directement provoqué un bras de fer judiciaire entre Accolade et SEGA pour avoir mis en place un système permettant de contourner le système de sécurité de la console – et donc, de se passer de la licence du constructeur et du paiement qui l’accompagnait – pour faire fonctionner ses cartouches. Un procès que SEGA aurait initialement gagné, avant de voir la décision retournée en appel, et qui se sera finalement résolu par un accord entre les deux entreprises – Accolade pouvant manufacturer ses propres cartouches, mais sous licence officielle. Une chose est sûre, en tous cas : si c’étaient pour proposer de tels portages, Accolade aurait aussi bien pu s’abstenir. C’est à peine une version bêta : non seulement il n’y a plus qu’un seul plateau et un seul choix de tuiles, non seulement on n’a plus aucune prise sur la réalisation ni aucun moyen d’éditer le contenu, mais en plus il n’y a plus qu’un seul mode de jeu – le solitaire – et il n’est même plus possible de jouer à deux ! Alors certes, c’est le mode principal qui est toujours présent, et la réalisation accomplit l’essentiel, mais quel intérêt de s’adonner à cette version expurgée quand littéralement toutes les autres – même la version Game Boy ! – offrent davantage de possibilités ? Oh, et en guise de cerise sur le gâteau, la cartouche ne fonctionne que sur la toute première génération de consoles Genesis, s’avérant incapable de passer le test de sécurité sur tous les modèles suivants.

NOTE FINALE : 12,5/20

Délit de grosse blague pour cette version Genesis d’Ishidō : The Way of Stones qui se voit dépouillée d’à peu près toute forme de contenu ou d’options de configuration. De quoi constater que le mode principal s’essouffle décidément assez vite sous cette forme, et que le titre gagne à être découvert sur n’importe quelle autre plateforme. Quel gâchis !

Version MSX

Développeur : Software Resource International
Éditeur : ASCII Corporation
Date de sortie : 1990 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Japonais
Support : Disquette 3,5″
Contrôleurs : Clavier, souris
Version testée : Version disquette japonaise testée sur MSX 2+
Configuration minimale : Système : MSX 2

Sur MSX 2, c’est dans un portage évoquant un peu la version Famicom Disk System que débarque Ishidō. La bonne nouvelle, c’est que le titre ne se contente pas de s’afficher ici dans une version plus colorée : les choix de tuiles et de plateaux y sont plus nombreux, et le mode « Tournament » signe également son grand retour – mais pas le mode deux joueurs coopératifs, hélas. Dans l’ensemble, on obtient néanmoins une version lisible et agréable à jouer, ce qui est bien la moindre des choses.

NOTE FINALE : 15/20

Version PC (DOS)

Développeur : Publishing International
Éditeur : Accolade, Inc.
Date de sortie : Décembre 1990
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Supports : Disquettes 5,25″ et 3,5″
Contrôleurs : Clavier, souris
Version testée : Version disquette émulée sous DOSBox
Configuration minimale : Processeur : Intel 8088/8086 – OS : PC/MS-DOS – RAM : 512ko*
Modes graphiques supportés : CGA, EGA, Hercules, MCGA, Tandy/PCjr, VGA
Carte son supportée : Aucune (haut-parleur interne)
*640ko requis pour les modes Tandy/PCjr et VGA

En dépit de ses indéniables faiblesses pour le jeu (une affirmation qui commençait malgré tout à être de moins en moins vraie), le PC de 1990 était a priori la configuration idéale pour faire tourner un titre comme Ishidō : The Way of Stones. La chose se confirme d’ailleurs au lancement : si on perd la quasi-totalité de la réalisation sonore (ce qui, vu sa discrétion originale, n’est objectivement pas un lourd tribut), la réalisation en VGA haute résolution permet de bénéficier d’un plateau lisible et de plusieurs options de configuration. Certes, celles-ci sont moins nombreuses que sur Macintosh, et il y a moins de couleurs, mais on profite en revanche de tous les modes de jeu et de toutes les possibilités de gameplay, ce qui est l’essentiel.

NOTE FINALE : 15,5/20

Comme sur FM Towns, Ishidō : The Way of Stones version PC offre un portage qui contient tous les modes de jeu de la version Macintosh, au pris de quelques pertes négligeables au niveau des tuiles et des plateaux disponibles, ainsi que du son. Rien de suffisamment notable pour altérer l’expérience de jeu.

Version PC-88

Développeur : Software Resources International
Éditeur : ASCII Corporation
Date de sortie : Avril 1990 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Japonais
Support : Disquettes 5,25″
Contrôleurs : Clavier, souris
Version testée : Version disquette japonaise
Configuration minimale : –

Difficile d’être adapté sur les systèmes japonais sans faire un crochet par l’insubmersible gamme d’ordinateurs PC-88 de NEC. Ishidō : The Way of Stones vient donc y prendre ses quartiers, pour un résultat correspondant globalement à ce qu’on était en droit d’attendre de la machine : la résolution native en 640×400 fait ici parfaitement l’affaire, la palette de seize couleurs un peu moins – mais rien qui gêne vraiment la lisibilité. Les modes de jeu et les graphismes disponibles correspondent peu ou prou au contenu de la version MSX – comprendre que seul le mode deux joueurs coopératif est absent. Pour le reste, on profite également de la possibilité d’un accompagnement musical en jeu – vite répétitif, comme toujours – et ce portage fait globalement le café. Aucune mauvaise surprise, donc.

NOTE FINALE : 15/20

Avec des graphismes un peu fouillis malgré la haute résolution et un mode deux joueurs coopératif absent, cette version PC-88 d’Ishidō : The Way of Stones n’est pas totalement irréprochable mais elle offre néanmoins l’essentiel de ce qu’on était venu y chercher. Inutile d’aller dénicher un modèle de la gamme juste pour découvrir le jeu, mais le portage est satisfaisant.

Version PC-98

Développeur : Software Resources International
Éditeur : ASCII Corporation
Date de sortie : 13 Avril 1990 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Japonais
Support : Disquettes 5,25″ (x3)
Contrôleurs : Clavier, souris
Version testée : Version disquette japonaise
Configuration minimale : –

Si l’itération PC-88 d’Ishidō : The Way of Stones n’avait offert que peu de surprises, la version PC-98 en propose encore moins : c’est virtuellement exactement le même programme que sur PC-88 avec les mêmes modes de jeu et les mêmes options, mais avec une réalisation graphique bénéficiant d’une palette plus étendue, d’où un plateau plus lisible. Autant résumer : la même chose en (très) légèrement mieux ; si jamais vous hésitiez entre les deux portages, vous savez à présent de quel côté penche la balance.

NOTE FINALE : 15/20

Sorte de version PC-88 avec plus de couleurs, Ishidō : The Way of Stones sur PC-98 ne devrait pas exactement bouleverser votre expérience de jeu mais, à tout prendre, reste peut-être un poil plus lisible dans ce portage. Dommage que tous les modes de jeu ne soient toujours pas présents.

Version Lynx

Développeur : Software Resources International
Éditeur : Publishing International
Date de sortie : Décembre 1991 (Amérique du Nord, Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Console
Version testée : Version américaine
Spécificités techniques : Cartouche d’1Mb

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Tout comme les autres consoles portables – la Game Boy en tête –, la Lynx aura été perçue tout au long de sa courte existence comme la candidate parfaite pour héberger les jeux de réflexion à la Ishidō. Une théorie rapidement validée par le fait que non seulement la gestion de la couleur permet à ce portage de ne pas avoir à composer avec les mêmes tours de passe-passe que la version Game Boy pour demeurer lisible, mais qu’en plus tous les modes de jeux originaux – y compris le mode deux joueurs coopératif, avec la possibilité pour l’ordinateur de faire le nombre – sont également présent. Alors évidemment, les options de configuration graphiques sont minimales (trois jeux de tuiles, un seul plateau) et il n’est plus question ici de dessiner les siennes, mais bon, le très dispensable oracle est resté présent et l’expérience demeure lisible en toutes circonstances. Une bonne raison de laisser une chance à cette cartouche dans la maigre ludothèque de la console.

NOTE FINALE : 15/20

Ishidō : The Way of Stones a beau sacrifier quelques options de configuration graphique – comme on pouvait s’y attendre – sur Lynx, tout le contenu solo comme multijoueur a le bon goût d’être présent dans une version qui a le mérite d’être restée lisible en dépit de la petite taille de l’écran. L’expérience nomade ultime du jeu est donc celle-ci, et il serait dommage de la bouder sur la console.

Version Sharp X68000

Développeur : Software Resources International
Éditeur : ASCII Corporation
Date de sortie : 20 mars 1991 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Japonais
Support : Disquettes 5,25″ (x2)
Contrôleurs : Clavier, souris
Version testée : Version disquette japonaise testée sur Sharp X68000
Configuration minimale : –

Parmi les derniers grands habitués des systèmes japonais, il eut été dommage de ne pas prévoir un détour par le Sharp X68000 et ses généreuses capacités graphiques et sonores. Résolution inhabituelle exceptée, la machine de Sharp offre pour l’occasion une version rappelant beaucoup le portage sur FM Towns, mais en plus coloré ; tout le contenu est là, et même si les options de configuration ne sont pas aussi nombreuses que sur Macintosh, le résultat est largement à la hauteur – on regrettera malgré tout que le format « écrasé » de l’image empêche les tuiles d’être aussi lisible que sur Macintosh, FM Towns ou même PC. N’en reste pas moins une version très solide qui ne devrait pas décevoir grand monde.

NOTE FINALE : 15,5/20

Le Sharp X68000 déçoit rarement, et même si cette version d’Ishidō : The Way of Stones ne supplante pas encore la version 1.5.1 sur Macintosh Couleur, elle n’en reste pas moins un portage très solide avec tous les modes de jeu souhaités. Une alternative solide, donc.