Psychic Storm

Cette image provient du site https://www.mobygames.com

Développeur : AlfaSystem Co., Ltd.
Éditeur : Shin-Nihon Laser Soft Co., Ltd.
Titre alternatif : サイキックストーム (graphie japonaise)
Testé sur : PC Engine Duo

Version PC Engine Duo

Date de sortie : 19 mars 1992 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Disponible en Français : Non
Disponible en Anglais : Non
Version testée : Version japonaise
Spécificités techniques :

Vidéo – L’introduction du jeu :

La grande force de la PC Engine et de son extension CD-ROM, c’est leur ludothèque de shoot-them-up. La petite faiblesse de la PC Engine et de son extension CD-ROM, c’est leur ludothèque de shoot-them-up. Pour les shoot-them-up.

Je m’explique, parce que je sens que la démonstration n’est pas nécessairement limpide. Du côté des joueurs, la PC Engine représente beaucoup de choses, à commencer par une curiosité avec un caractère mystérieusement exotique tant la machine aura connu une distribution navigant entre le médiocre et le néant total hors du Japon.

Il sont si charismatiques qu’il n’y avait pas assez de place sur un seul écran pour mettre les quatre

L’un des grands éléments participant à la réputation de la console, c’est donc son catalogue de shoot-them-up, où les titres d’exception se bousculent avec un tel empressement qu’en entreprendre une liste exhaustive en deviendrait rébarbatif ; pour le bien de la démonstration, citons déjà Gate of Thunder, Lords of Thunder, Seirei Senshi Spriggan, Rayxanber III, R-Type Complete… Le revers de la médaille, comme on aura déjà souvent eu l’occasion de le constater avec des titres à la Air Zonk – qui auraient sans doute davantage marqué les mémoires sur une autre plateforme -, c’est qu’il est extrêmement difficile pour un jeu simplement « bon » de parvenir à se faire remarquer au milieu de toutes ces têtes d’affiche, surtout quand le jeu en question n’aura jamais eu l’occasion de quitter l’Archipel nippon. Une constatation qui aura transformé, avec trente ans de recul, la ludothèque de la console en un superbe espace à prospecter pour les amateurs de shoot-them-up à la recherche d’un logiciel valable qui aurait pu leur échapper. La question du jour sera donc la suivante : Psychic Storm appartient-il à cette catégorie ?

Un shoot-them-up sur PC Engine Duo ? Ah, tiens, qui l’eut cru…

Le scénario du jeu vous est dévoilé via l’introduction, et via un long pavé de texte qui défile beaucoup trop vite pour être lu, rédigé dans un anglais absolument abominable niveau « All your base are belong to us » à toutes les phrases – ce qui tend à démontrer que le titre a bel et bien nourri l’ambition, à un moment ou à un autre, d’aller tenter sa chance à l’international.

On sent que l’équipe de développement n’était pas exactement bilingue

Si vous prenez le temps de regarder la vidéo au ralenti, vous découvrirez donc que l’humanité est menacée par une force extraterrestre poétiquement surnommée « la chose » qui dévore – littéralement – les corps célestes sur son chemin. Le système solaire étant sur sa route, on envoie non pas un mais quatre pilotes d’exception dans les éternels prototypes futuriste de la dernière chance pour aller expliquer à la chose qu’en termes de destruction, la Terre n’a de leçons à prendre de personne. Vous débuterez donc votre périple au-dessus de la ville de Neo Hong-Kong avant de mener la lutte planète par planète jusqu’à avoir éradiqué la méchante forme de vie intelligente qui cherchait peut-être juste à communiquer avec vous. Classique.

On retrouve à peu près tous les environnements classiques du genre

La première bonne nouvelle, c’est que le fait d’envoyer quatre pilotes plutôt qu’un vous permettra de choisir lequel vous pourrez incarner, ce qui ne présenterait qu’un intérêt assez limité si chaque personnage n’était pas fourni avec son propre vaisseau et son propre type de tir.

Vous pourrez parfois choisir votre route

Dans l’ensemble, pas trop de surprise à attendre de ce côté-là : les quatre modèles se divisent principalement entre les tirs couvrant et les tirs concentrés, et opter pour un pilote plutôt que pour un autre ne devrait finalement avoir qu’un impact assez limité sur votre façon de jouer. On notera cependant que Charr, le scientifique du groupe, emploie un rayon très puissant mais à la portée limitée qui l’obligera plus que les autres à aller se porter au contact de l’ennemi. La deuxième bonne nouvelle, cependant, c’est que ce roster généreux vous permettra aussi et surtout de jouer à deux simultanément en coopératif, ce qui est toujours un bonus extrêmement bienvenu dans un shoot-them-up. Si les deux joueurs ne pourront pas sélectionner le même pilote, le profil relativement proche des différents protagonistes devrait éviter les engueulades à n’en plus finir pour savoir qui aura le droit d’incarner qui.

Occlusion intestinale : the video game

Tout cela est déjà sympathique, mais on ne peut pas dire qu’on ait vu quoi que ce soit de follement original jusqu’ici. Les développeurs s’en sont probablement douté, c’est pourquoi ils auront décidé d’introduire un mécanisme un peu plus inhabituel dans le système de jeu. Un bref coup d’œil à votre interface en bas de l’écran vous dévoilera qu’en plus d’une barre de vie, votre vaisseau affiche une deuxième jauge qui se remplit avec le temps.

Tout fonctionne, mais il manque encore un petit quelque chose

Une fois pleine, celle-ci aura en fait deux usages : en appuyant sur les deux boutons à la fois, vous pourrez employer une classique smart bomb qui vous aidera à faire le ménage lorsque cela sera nécessaire, mais qui sera souvent assez inefficace contre les boss. En revanche, si vous appuyez uniquement sur le bouton I, votre astronef prendra alors une forme insectoïde ou animale pendant une dure limitée, ce qui le dotera non seulement d’une puissance de feu assez généreuse, mais aura aussi le mérite de le rendre invincible durant ce laps de temps. L’unique jauge affichée en bas de l’écran correspondra alors au temps restant à votre transformation, laquelle pourra être remplie en collectant les power-up lâché par les ennemis, et se videra encore plus vite si vous êtes touché par le feu adverse. Dès lors, on s’en doute, la gestion de cette fameuse métamorphose sera un élément d’autant plus central que vous n’y aurez de toute façon accès que trois fois, et pas une de plus, par niveau.

La réalisation ne déçoit pas

Pour originale qu’elle soit, cette idée (qui évoque un peu le système d’armure d’Alpha Mission II) ne révolutionne pas franchement une jouabilité autrement très classique, où la seule contrainte sera la montée en puissance relativement lente de votre arme principale (les personnages partageant les mêmes bonus, vous pourrez heureusement tout à fait changer de pilote entre les niveaux sans avoir à tirer un trait sur tout ce que vous avez accumulé jusque là) via des upgrades qu’il faudra accumuler en nombre avant d’avoir le droit de profiter du moindre gain.

Même les niveaux organiques sont de la partie

On remarquera que le jeu n’est de toute façon pas extrêmement difficile avec un minimum d’entraînement, particulièrement lorsque l’on joue à deux, où le fait de bénéficier de six transformations cumulées devrait vous aider à surmonter sans trop de difficulté les passages les plus ardus. On remarquera d’ailleurs que l’équilibrage en solo est loin d’être idéal, le deuxième boss du jeu étant un des plus difficiles. Néanmoins, un choix de la difficulté aurait réellement été le bienvenu (particulièrement pour pouvoir l’augmenter un peu), et on regrettera d’être contraint de s’en passer.

Réservez vos métamorphoses pour les boss, et le jeu ne devrait pas vous résister longtemps

Support oblige, Psychic Storm s’en tire de toute façon très bien sur le plan de la réalisation, avec des environnements variés, deux types de décor par niveau, une musique CD efficace et une action qui n’affiche jamais le plus infime ralentissement. Le déroulement réserve également quelques surprises, et on remarquera qu’il est possible, à compter du niveau trois, de choisir la prochaine planète à visiter (et qu’il est impossible de toutes les voir en une seule partie ; bon point pour la rejouabilité, donc).

La fin approche !

On n’est jamais soufflé, on n’est jamais en transe, mais on n’est jamais déçu non plus : c’est fluide, c’est nerveux, et c’est surtout amusant. En revanche, on sent bien qu’il manque encore un petit quelque chose pour aller tutoyer les sommets : pour agréable qu’il soit, le déroulement reste extrêmement convenu, et le mécanisme de la transformation échoue à transcender un gameplay résolument classique. Ce n’est pas une tare rédhibitoire, loin de là, mais cela explique sans doute a posteriori pourquoi le titre aura échoué à se faire une véritable réputation au sein de la ludothèque de la PC Engine Duo. Néanmoins, les shoot-them-up jouables à deux restant une exception plutôt que la norme sur la machine de NEC, et l’expérience étant très sympathique quoique probablement un poil trop simple, ceux qui rechercheraient l’occasion de passer un peu de temps avec un ami sur un titre au principe et à la jouabilité limpides devraient indéniablement jeter un œil sur ce Psychic Storm. Et si vous n’avez pas d’ami ? Eh bien, jetez un œil quand même.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 16,5/20 Parmi les très nombreux shoot-them-up venus enrichir la ludothèque de la PC Engine Duo, le méconnu Psychic Storm n'est que trop rarement cité. C'est une petite injustice, car sans jamais faire trembler les fondations du genre, le titre d'AlfaSystem a le bon goût de proposer une réalisation à la hauteur, une action nerveuse et surtout un mode deux joueurs qu'on ne rencontre pas assez souvent sur la machine. Le système de transformation de votre vaisseau, original mais finalement plutôt gadget, introduit néanmoins un minime aspect tactique sans départir le programme de son aspect défouloir où les réflexes priment sur le reste. Il manque encore sans doute un chouia de prise de risque, une idée le séparant vraiment du lot pour espérer le faire entrer dans la catégorie des titres références, mais ça ne l'empêche pas pour autant de figurer au rang des bons shoot-them-up que l'on peut relancer régulièrement avec plaisir.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Un équilibrage perfectible, particulièrement en solo – Un mécanisme de transformation finalement sous-exploité – Une histoire rédigée dans un anglais abominable

Gain Ground

Cette image provient du site https://flyers.arcade-museum.com/

Développeur : SEGA Enterprises Ltd.
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Titres alternatifs : ゲイングランド (graphie japonaise), Gain Ground SX (PC Engine Duo), SEGA AGES ゲイングランド (Switch, Japon), SEGA AGES : Gain Ground (Switch)
Testé sur : ArcadeMaster SystemMegadrivePC Engine Duo
Disponible sur : Linux, Macintosh, Wii, Windows (version Megadrive) – Switch (version arcade)
En vente sur : Nintendo eShop (Switch), Steam.com (Windows)

Version Arcade

Date de sortie : Novembre 1988
Nombre de joueurs : 1 à 3
Disponible en Français : Non
Disponible en Anglais : Oui
Version testée : Version internationale
Spécificités techniques : Hardware : System 24

On aura souvent eu l’occasion de le rappeler ici, mais pour les joueurs à la recherche de concepts vidéoludiques sortant un peu des clous, les années 80 s’avèrent souvent un vivier beaucoup plus riche que la décennie qui les aura suivies.

À l’assaut d’un pont, sous les tirs des archers

Les raisons en sont d’ailleurs, pour la plupart, purement logiques : à une époque où les différents genres étaient encore en pleine définition – voire en pleine conception – une prise de risque était d’autant mieux vue que l’offre était déjà pléthorique et que les joueurs étaient alors un peu plus réceptifs à la nouveauté qu’à une époque où on aura, au contraire, commencé à acquérir de manière de plus en plus systématique des jeux en sachant précisément ce qu’on allait trouver dedans. Dans le domaine, SEGA était particulièrement productif, notamment dans les salles d’arcade où la firme japonaise préférait développer des licences originales à foison plutôt que d’empiler les suites de ses grands succès (souvent réservées à ses consoles de salon). Parmi les jeux réussissant l’exploit d’être à la fois très convenus et profondément originaux, il serait criminel de ne pas citer Gain Ground : un jeu d’action… qui est un peu plus qu’un jeu d’action.

Ce sera votre guerre, cette fois

Le prétexte – pardon, le scénario – est, comme souvent, délivré dans le flyer publicitaire et nulle part ailleurs : au XXIVe siècle, visiblement alarmé par une paix prolongée (on a les angoisses qu’on peut !), le gouvernement mondial s’inquiète que sa population ne se ramollisse et ne finisse par obéir sagement en pliant l’échine.

Procédons avec méthode

Il décide donc, fort logiquement (?), de mettre en place une simulation de combat appelé Gain Ground histoire d’endurcir un peu toutes ces mauviettes. Évidemment, le drame arrive et le système finit par se révolter en prenant ses utilisateurs en otage ; au lieu de débrancher la prise et de retravailler le code, on envoie comme souvent trois combattants avec la mission de sauver tout le monde, vous connaissez la chanson. Une histoire qui en vaut bien une autre et qui fera surtout penser à un brouillon de Kid Chameleon, autre licence maison de SEGA, mais je m’égare : l’objectif, vous l’aurez compris, sera de vaincre les quatre ères de la simulation (le flyer ment en en annonçant cinq), chacune composée de dix niveaux, pour ramener les précieux otages.

Vu le rapport de force, mieux vaudra éviter de faire n’importe quoi

Le titre prend a priori la forme d’un jeu de tir en vue de dessus à la Commando. Je dis « a priori », car plusieurs spécificités ne vont pas tarder à contribuer à glisser la borne de SEGA dans une catégorie assez particulière où je serais bien en peine de lui trouver un équivalent.

Vous la sentez, la référence à RoboCop ?

Première particularité : pas de défilement ici, l’action tiendra obligatoirement sur un seul écran – lequel tiendra sur une fenêtre orientée à la verticale, comme c’était par contre toujours le cas pour les clones du titre de Capcom, de Heavy Barrel à Guerrilla War. Chaque niveau présentera donc une situation définie que vous pourrez embrasser en un seul coup d’œil, et qui pourra être résolue de deux façons : soit en tuant tous les ennemis présents (et dont le compte précis est indiqué dans l’interface, ce qui vous permettra d’anticiper d’éventuelles mauvaises surprises si tout le monde n’est pas présent sur la carte dès le début), soit en ralliant la zone de sortie avec tous vos personnages, un par un – une méthode plus longue et plus laborieuse mais qui s’avèrera parfois nécessaire.

Mieux vaut éviter d’aborder un boss n’importe comment

« Tous » vos personnages ? Oui, car c’est là qu’intervient la deuxième incongruité du titre : votre roster initial de trois personnages n’a pas pour unique fonction de vous permettre de jouer à trois dans certaines versions.

Le genre de niveau où un peu de patience accomplira des miracles

Vous allez découvrir que chacun de vos combattants à des caractéristiques propres : un tir normal, un tir secondaire, une certaine portée, une certaine vitesse, et la capacité ou non à atteindre des ennemis placés en hauteur. Bien choisir qui diriger pourra donc déjà avoir un gros impact sur votre manière d’aborder un niveau, un sniper capable d’atteindre des archers sans que ceux-ci ne puissent répliquer n’abordant pas une bataille de la même manière qu’un lanceur de sagaies ultra-rapide. Le truc, c’est qu’en cas de « défaite » (c’est à dire qu’il se fera toucher), votre héros n’est pas mort, et le jeu n’est pas fini : il deviendra simplement otage à son tour, et il appartiendra à un autre de vos personnages d’aller le récupérer… et de le conduire vers la sortie – sans se faire lui-même capturer dans la manœuvre, naturellement.

Ici, vous êtes littéralement une vache dans un couloir

Or, justement, l’excellente trouvaille, c’est que les otages du jeu sont pour une fois davantage que de simples victimes expiatoires placées sur votre route pour vous donner un objectif et gonfler votre score. Ce sont tous des combattants, ce qui signifie que si vous prenez le temps de les libérer, ils deviendront jouables à partir du niveau suivant !

Ce n’est pas parce que des ennemis commencent un niveau dans une tranchée qu’ils ne peuvent pas en sortir !

Au total, vous pourrez contrôler pas moins de vingt guerriers différents qui viendront élargir votre palette dans la façon de gérer une situation, et que vous dirigiez un soldat équipé d’un lance-roquette ou un magicien capable d’invoquer une trombe d’eau, l’expérience sera très différente. Et quitte à être parvenu à assembler une vraie petite armée, autant en profiter : rien ne vous interdit par exemple d’envoyer un héros polyvalent faire le gros du ménage avant de rejoindre la sortie puis de lancer un personnage plus spécialisé éliminer les ennemis restants, situés à des endroits plus difficiles d’accès, histoire de terminer le boulot. Tout le génie – et toute la simplicité – du gameplay de Gain Ground se situe d’ailleurs là, dans cet aspect action/réflexion : jouer intelligemment, en prenant le temps de planifier et de bien choisir qui fera quoi, sera toujours mieux récompensé que de prendre un personnage au hasard et de compter uniquement sur vos réflexes.

Cherchez les angles morts !

Car le titre, vous allez vite le réaliser, ne va pas mettre longtemps à ne plus vous faire de cadeau. Non seulement les ennemis sont très nombreux, mais il n’est pas rare que leurs innombrables tirs soient plus rapides que vos héros, ce qui fait que l’approche « je fonce tout droit en tirant et après j’avise » est d’autant plus vouée à mal se finir que, rappelons-le, chaque personnage capturé se retrouve impossible à jouer jusqu’à ce que vous parveniez à remettre la main dessus.

Le moindre affrontement sera un défi, lors des derniers niveaux

Chaque assaut un peu trop téméraire peut donc rapidement vous conduire à voir vos possibilités se réduire dramatiquement et à vous condamner à aborder des niveaux de plus en plus difficiles avec des personnages de moins en moins nombreux et de moins en moins équipés pour y faire face. On est donc face à un jeu de tir qui, pour une fois, privilégiera clairement l’action lente et murement réfléchie à l’adrénaline décérébrée avec la gâchette enfoncée d’un bout de la partie à l’autre. Un côté « casse-tête » qui modifie drastiquement l’approche, et qui a la grande force de faire de ce Gain Ground un titre allant emprunter à la stratégie – ce qui n’a pas dû se produire souvent sur une borne d’arcade. Peut-être pas le jeu qui conviendra le plus aux amateurs de run-and-gun hyper-nerveux, mais pour ceux qui auraient précisément envie d’employer un peu leurs neurones, pour une fois, il est surprenant de constater à quel point la formule peut se montrer addictive, en dépit du côté frustrant du défi. Si vous avez envie d’essayer quelque chose d’un peu différent, n’hésitez pas à vous laisser surprendre.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE : 15/20 Gain Ground est une borne d'arcade très particulière : un jeu d'action dont les munitions sont la matière grise. Faire appel à ses réflexes et à son adrénaline est possible ici - et même souvent indispensable -, mais cela ne correspondra souvent qu'à l'exécution d'un plan où chaque aspect mérite d'être pesé : qui employer, de quelle façon, et dans quel objectif ; le mieux étant qu'il faudra souvent composer avec ce qu'on a sous la main et improviser quitte à changer de stratégie en plein milieu du champ de bataille parce qu'on vient de perdre le soldat qui nous offrait les moyens de la réaliser. La difficulté redoutable du titre risque de pousser de nombreux joueurs à abandonner, écœurés, bien avant d'avoir vu le bout des quarante niveaux, mais le défi a également un goût de reviens-y qui donne envie d'aller chaque fois encore un peu plus loin, en particulier à plusieurs. Clairement un titre qui sort du lot et qui mérite d'être découvert.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Une difficulté vraiment redoutable... – ...et parfois injuste – Des masques de collision par toujours aussi précis qu'ils le devraient – Des situations à peu près inextricables si on n'a pas le personnage adapté pour y faire face

Version Master System

Développeur : SEGA Enterprises Ltd.
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Date de sortie : 1990
Nombre de joueurs : 1 à 2
Disponible en Français : Non
Disponible en Anglais : Oui
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques :

L’essentiel est toujours là, et c’est même plutôt plus cohérent

Il aurait été surprenant de voir un jeu d’arcade de chez SEGA ne pas aller remplir la ludothèque de ses consoles de salon – surtout un jeu ne nécessitant pas les prouesses techniques de bornes à la OutRun ou à la After Burner. Gain Ground aura donc commencé son trajet sur Master System où il aura, pour l’occasion, subit quantité d’adaptations. Si le principe du jeu n’a pas changé d’un poil, on constatera ainsi rapidement que l’équilibrage, le level design et le contenu ont été sensiblement revus. Ainsi, il n’y a plus que dix personnages différents, mais leurs caractéristiques ont été revues pour éviter les doublons.

Le jeu a connu de nombreuses adaptations, dont des boss différents

En revanche, le jeu a gagné une ère exclusive sobrement nommée « ère finale » (ce qu’ignore visiblement la boîte du jeu, qui ne mentionne que quatre « rounds ») et qui se situera, comme son nom l’indique, en conclusion du jeu, amenant le contenu à cinquante niveaux. Le rythme est resté relativement lent, et met plus que jamais l’accent sur la stratégie plus que sur l’action, avec des ennemis aux patterns souvent bien plus figés (certains n’attaqueront que dans une seule direction, les rendant extrêmement simples à détruire par un angle mort). Dans l’ensemble, la difficulté est nettement moins frustrante que sur la borne, et un joueur méthodique devrait mieux s’en tirer ici sans avoir à compter sur des réflexes délirants. À tel point que ceux qui appréciaient la dimension « casse-tête » du titre – dont c’était justement le principal intérêt – devraient prendre davantage de plaisir sur cette version mieux équilibrée.

Il peut y avoir beaucoup de monde à l’écran

Du côté de la réalisation, la Master System fait le nécessaire, en affichant sans trembler les dizaines de sprites à l’écran (avec quelques clignotements quand même). S’il n’est bien évidemment plus possible de jouer à trois, le mode deux joueurs, lui, est bel et bien présent – ce qui sera l’occasion de constater que le deuxième joueur héritera du pendant féminin des personnages, preuve du soin apporté aux finitions. Les graphismes et la musique, sans être éblouissants (les otages ont par exemple été remplacés par des icônes), accomplissent parfaitement leur office dans une cartouche qu’on ne comptait objectivement pas jouer pour sa réalisation. Dans l’ensemble, difficile de faire la moue devant un jeu très intelligemment adapté au système, et qui devrait trouver un intérêt même aux yeux de ceux ayant accès à la version arcade grâce à son ère exclusive. Un excellent moyen de découvrir Gain Ground, et sans doute un des meilleurs jeux du genre sur Master System.

Ça fonctionne très bien

NOTE FINALE : 15,5/20

SEGA n’aura vraiment pas pris les joueurs pour des imbéciles avec une version Master System de Gain Ground rééquilibrée et dopée en contenu sans trahir en rien la philosophie de la borne d’arcade. Basé plus que jamais sur la planification et le choix du bon héros, le jeu est toujours jouable à deux, possède une ère exclusive et se laisse toujours jouer avec un plaisir égal. Clairement un titre qui mérite de figurer au sein de votre ludothèque.

Version Megadrive

Développeur : Sanritsu Denki Co., Ltd.
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Date de sortie : 2 janvier 1991 (États-Unis) – 3 janvier 1991 (Japon) – 1991 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Disponible en Français : Non
Disponible en Anglais : Oui
Version testée : Version internationale, révision A
Spécificités techniques :

On pourrait se sentir à l’étroit, mais en fait, non

Au moment de porter Gain Ground sur Megadrive, les équipes internes de SEGA avaient visiblement déjà les mains pleines avec une année 1991 qui s’annonçait particulièrement faste pour la console 16 bits ; ce sont donc les sous-traitants de Sanritsu Denki (qui rejoindraient plus tard définitivement SEGA pour former SIMS) qui s’y collent.

Cette fois, pas de surprise, c’est bien la version arcade… avec (encore) une ère en plus

D’entrée de jeu, on sent que la philosophie ayant conduits aux adaptations de la version Master System n’a pas cours ici : c’est bel et bien la borne d’arcade qui est portée à l’identique, avec le level design original, tous les personnages, et la possibilité de jouer à deux (mais toujours pas à trois, ce qui ne sera pas une surprise, surtout en 1991). Histoire de faire bonne mesure face à sa grande sœur, on notera néanmoins que cette version dispose elle aussi de sa propre ère inédite inscrite, elle, juste avant le dernier round : le présent. Et pour ceux qui voyaient la difficulté de la borne comme un frein, non seulement celle-ci aura été revue sensiblement à la baisse, mais surtout, un menu des options offrant cette fois trois niveaux de difficulté a fait son apparition afin de contenter tout le monde.

L’opposition vous demandera une nouvelle fois de faire preuve de finesse

La bonne nouvelle, c’est que si les graphismes du jeu sont naturellement moins fins que ceux de la borne – proposés à une résolution verticale qui n’aurait pas grand sens sur une télévision – on ne peut pas dire qu’ils soient très inférieurs non plus : c’est lisible, c’est détaillé, ça tourne très bien, ça ne clignote pas, et la jouabilité est au moins aussi bonne que sur la borne (même si on remarquera que les boutons ont été « inversés », A servant ici à employer votre tir secondaire et B votre tir principal). Toutes les informations sont affichées dans une interface pas trop envahissante, et qui a également le bon goût de s’adapter à l’ère traversée, et on se prend rapidement au jeu grâce à une courbe de difficulté merveilleusement progressive. Bref, à tout prendre, non seulement on ne se sent pas lésé comparé à la version arcade, mais on passe même un meilleur moment, avec dix niveaux en plus en guise de supplément bienvenu. Pourquoi se priver ?

NOTE FINALE : 16/20

Excellent portage pour ce Gain Ground sur Megadrive, qui se révèle toujours aussi jouable, toujours aussi intéressant, mieux équilibré et sensiblement plus long. Sachant qu’en plus, la réalisation est à la hauteur, on aurait vraiment tort de se priver. Très bon choix.

Version PC Engine Duo
Gain Ground SX

Développeur : Bits Laboratory
Éditeur : NEC Avenue, Ltd.
Date de sortie : 25 décembre 1992 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Disponible en Anglais : Non
Version testée : Version japonaise
Spécificités techniques :

Première constatation : ça fait désormais très… vide

Plusieurs surprises au menu, avec ce Gain Ground SX sur PC Engine Duo. Son support, tout d’abord : on aurait pu penser que SEGA aurait préféré tirer un trait, fin 1992, sur le portage de ses succès de l’arcade sur une machine concurrente ; visiblement, on se trompait. On est d’ailleurs, comme sur Megadrive, face à une version qui se veut fidèle à l’arcade, d’autant plus qu’il ne faudra pas cette fois compter sur une ère bonus : ce sera quarante niveaux et puis basta, ce qui n’est déjà pas si mal. La plus grosse surprise vient cependant du déroulement de ces niveaux : plutôt que de tout faire tenir sur un seul écran, comme dans toutes les autres versions, cette itération CD-ROM fait le choix d’introduire un défilement vertical.

Bon sang ce que c’est lent…

Une orientation assez surprenante, qui supprime une des principales contingences de la borne originale, et qui tend surtout à rendre le jeu plus simple tout en le rendant plus lent : le programme affiche ici une mollesse qui le fait plus que jamais basculer du côté du casse-tête plus que de celui de l’action, notamment parce que les tirs adverses sont suffisamment lent pour vous laisser tout le temps de les esquiver en réfléchissant à votre angle d’attaque. On a surtout l’impression de jouer une des versions précédentes au ralenti, au détail près que non seulement le contenu est plus maigre et la difficulté plus basse, mais qu’il faudra cette fois jouer exclusivement en solo : pas de multijoueur pour la super version CD-ROM de 1992 ! Sachant qu’en plus, certains équilibrages ont été faits à la truelle (il existe des adversaires qui ne peuvent être touchés par aucun personnage, vous obligeant à rejoindre la sortie), et que le titre trouve même le moyen d’afficher des ralentissements et des clignotements, on a quand même l’impression que Bits Laboratory n’avait pas vraiment saisi ce qui faisait la force du programme original, et que seule la musique qualité CD apporte une quelconque justification à offrir un jeu plutôt inférieur à ce qu’il offrait même dans son itération 8 bits. Bref, une version décevante qu’on ne voit pas trop à qui conseiller.

NOTE FINALE : 13/20

En dépit de ses prétentions à en mettre plein la vue, Gain Ground SX met à côté de tout ce qui faisait l’intérêt du titre original en offrant une version pataude, inutilement étirée par des défilements, engluée dans une action d’une rare mollesse ou tout se décide si lentement qu’on finit par trouver le temps long. Sachant qu’en plus, la réalisation n’a rien d’inoubliable en-dehors de ses pistes sonores et que le multijoueur a disparu, on ne sera que modérément surpris que ce CD-ROM n’ait jamais daigné quitter le Japon.

Kaizō Chōjin Shubibinman 3 : Ikai no Princess

Cette image provient du site http://game-oldies.com

Développeur : NCS Corporation
Éditeur : Masaya
Titre original : 改造町人シュビビンマン3 異界のプリンセス (Japon)
Testé sur : PC Engine Duo
Disponible sur : PlayStation 3, PSP, PS Vita, Wii U, Windows

La saga Kaizō Chōjin Shubibinman :

  1. Kaizō Chōjin Shubibinman (1989)
  2. ShockMan (1991)
  3. Kaizō Chōjin Shubibinman 3 : Ikai no Princess (1992)
  4. Kaizō Chōjin Shubibinman Zero (1997)

Version PC Engine Duo

Date de sortie : 28 février 1992 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Disponible en Français : Non
Disponible en Anglais : Non
Version testée : Version japonaise
Spécificités techniques :

Vidéo – L’introduction du jeu :

Parmi les grands mystères de l’humanité, bien au-delà du triangle des Bermudes, des lignes de Nazca ou de la construction des pyramides, demeure à mes yeux le plus impénétrable de tous : le succès de la série des Kaizō Chōjin Shubibinman au Japon. Après un premier épisode d’une rare médiocrité, NCS Corporation avait visiblement jugé utile de prolonger les aventures de ses deux robots qui hurlaient leur envie de piquer à Wonder Boy période Monster Land ce qu’ils n’avaient pas pompé à Mega Man via ShockMan, un épisode qui reste encore aujourd’hui comme le seul à avoir quitté le Japon.

Personne ne vous résistera très longtemps

Malheureusement (?), l’incartade américaine de nos deux machines aura été sans lendemain, la faute à un logiciel qui ne méritait objectivement pas de rester dans les mémoires. À ce stade, on pourrait penser que la firme japonaise n’avait vraiment aucune raison de continuer à s’acharner avec une licence qui ne décollait pas, mais pour des raisons qui m’échappent, la série aura néanmoins joui d’un succès suffisant sur l’archipel nippon pour justifier l’apparition d’un troisième épisode (et même d’un quatrième, sur une Super Nintendo alors en absolue fin de vie, dernière décision ô combien étrange d’une très longue liste). Et l’ambition croissante de NCS se sera cette fois traduite par un changement de support, en migrant pour la première (et dernière) fois sur l’extension CD-ROM de la PC Engine, histoire de bien soigner l’enrobage avec des séquences animées de toute bôôôté. Autant dire que la question qui se pose en lançant Kaizō Chōjin Shubibinman 3 : Ikai no Princess est la suivante : est-ce qu’on tient enfin ce fameux programme qui explique que cette saga ait été vendue jusque sur PlayStation 3 et Wii U ?

Le retour de la série que personne n’attendait !

Rendons à César ce qui appartient à César : l’introduction très bien réalisée du titre nous met tout de suite dans l’ambiance, en annonçant près d’une dizaine de minutes de cinématiques qui sauront vous raconter de manière très efficace un scénario dont je serais bien en peine de vous décrire les enjeux, ne parlant pas un mot de japonais.

Ce boss est extraordinairement pénible à toucher

La scène de la traduction, pourtant très active, ne s’étant jamais encore embarrassée à se pencher sur le jeu (démontrant une nouvelle fois à quel point la série peine à exister hors du Japon), je ne saurais trop vous détailler ce qui relie nos deux robots (un garçon et une fille, si cela fait sens pour des robots) à une sorte de princesse venue d’ailleurs dans un vaisseau spatial en forme de dragon, encadrée par deux sidekicks que vous devrez affronter, tout comme elle, avant de basculer dans un autre monde et de faire face au vrai grand méchant. Ce que je peux vous dire, en revanche, c’est que le tout est très bien réalisé, bien mis en scène, et accomplit parfaitement sa mission de nous donner envie de nous pencher sur l’épopée de nos deux héros, avant de choisir lequel vous souhaiterez incarner (sachant qu’il est toujours possible, comme dans les deux précédents épisodes, de mener toute l’aventure à deux joueurs). Bref, on se surprend à penser qu’on va peut-être enfin hériter d’un jeu qui mérite qu’on s’y attarde.

Une fois la manette en mains, l’espoir vacille néanmoins un peu. Oh, certes, dans l’absolu, la réalisation est assez difficile à prendre en défaut, avec des décors très variés, des ennemis qui se renouvèlent d’un environnement à l’autre, quelques sprites massifs et une musique qui profite du CD-ROM pour signer une prestation un peu plus mémorable que dans les deux premiers opus.

Les séquences de plateforme souffrent de l’imprécision de la maniabilité

Le gameplay, lui, reste extrêmement basique : un bouton pour sauter, l’autre pour faire usage de votre épée, et « charger » votre frappe vous permettra de lâcher un projectile que vous pourrez ensuite guider avec un peu de pratique et avec l’aide de la croix directionnelle. Il n’existe à ma connaissance que deux types de bonus : des bonus de soin, et d’autres qui viennent grossir un compteur situé en haut à droite de l’écran et dont je cherche encore l’utilité (peut-être font-ils progresser la taille de votre jauge de vie au bout de cent unités ramassées, mais je n’en suis même pas certain). Autant dire que ce n’est pas de par sa technicité ou l’originalité de ses possibilités que le titre se démarquera. Reste donc l’essentiel : le game design. Et à ce niveau-là, malheureusement, on ne peut pas dire que l’équipe de développement ait l’air d’avoir appris beaucoup de choses d’un épisode à l’autre.

Les combats sont globalement très vite expédiés

Pour être précis, rien dans le jeu n’est à proprement parler catastrophique, c’est juste qu’absolument tout ce qui fait le sel d’un jeu vidéo de ce type, à savoir l’équilibrage et le level design, donnent le sentiment d’avoir été fait au pif total ou par-dessus la jambe. Le premier niveau est à ce titre un assez bon révélateur : il prendra la forme d’une longue ligne droite, où vous croiserez grosso modo la même vague de deux monstres dix fois de suite avant d’arriver à un mini-boss que vous tuerez en deux coups avant de recommencer.

Encore un affrontement au sommet qui durera dix secondes

Après un deuxième mini-boss (lui aussi expédié très facilement), vous grimperez dans une armure géante… qui vous demandera cette fois de sauter au-dessus des mêmes ennemis au lieu de les détruire. Autant de phases qui dénotent, en dépit d’un certain effort, d’un manque d’imagination total dans le placement des obstacles et dans le plan des niveaux, et qui résument hélas assez bien un logiciel qui tend à se résumer à de grands couloirs où on ne fait vraiment pas grand chose. J’en profite d’ailleurs pour donner un conseil que je ne fais d’ordinaire pas souvent : jouez en mode difficile. Sérieusement. Non seulement le jeu tend à être d’une facilité écœurante, avec des adversaires qui lâchent pratiquement tous des bonus de soin, mais en plus les boss ont une fâcheuse tendance à être soit totalement inoffensifs, soit à aller se coller dans un coin et à vous laisser les matraquer de coups au corps à corps sans vous opposer de résistance. Alors certes, on n’a qu’une seule vie, mais croyez-moi vous ne devriez pas mettre des siècles à retenir des patterns d’une rare fainéantise. D’ailleurs, parce que je suis gentil, je vais vous donner la méthode pour vaincre le terrible boss final : avancez vers la droite, mettez-lui deux coups, revenez à gauche pour éviter le coup qu’il porte et recommencez. Impressionnant, hein ?

Une séquence qui aurait pu faire l’objet d’un niveau à part entière

Le truc, c’est qu’il y aurait vraiment eu matière à tenir a minima un titre sympathique si quelqu’un avait eu ne fut-ce que l’idée d’embaucher un level designer (le poste n’est même pas évoqué dans les crédits !).

Ne me demandez pas ce que peut bien être ce truc

En l’état, on se retrouve une nouvelle fois avec un jeu-couloir équilibré n’importe comment (ShockMan était trop difficile, celui-ci est trop facile, on progresse…), avec une maniabilité perfectible (heureusement que les séquences de plateforme sont rares, parce qu’avec des sauts aussi flottants, quelle plaie) et un manque de précision dommageable (ces masques de collision !). Pourtant, on sent quelques passages qui auraient vraiment pu devenir des séquences cultes avec un minimum de travail, comme lorsque vous êtes poursuivi par un dragon géant. En l’état, on a surtout l’impression de s’essayer à un projet de fans abandonné en cours de route, avec très peu d’idées et un manque absolu de soin dans la finition. Bref, un énième jeu très oubliable d’une série bien partie pour demeurer un grand mystère à jamais.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE : 12,5/20 Considéré comme le pic de la série dont il est issu, Kaizō Chōjin Shubibinman 3 : Ikai no Princess est indéniablement un titre mieux réalisé et plus agréable à suivre que ses deux prédécesseurs, mais demeure un jeu d'action/plateforme sans inspiration ni idée qui ne parvient que très occasionnellement à s'extraire de la médiocrité. Transporté dans des niveaux variés mais au déroulement d'une platitude absolue, le joueur ne rencontre que trop rarement une opposition digne de ce nom, et pratiquement jamais pour de bonnes raisons : entre les hitboxes ratées, les sauts flottants, le gameplay ultra-limité et des patterns d'une rare fainéantise, on retiendra surtout quelques énormes sprites, une musique réussie et des séquences animées de toute beauté. Malheureusement, après avoir vaincu le jeu en une grosse demi-heure, difficile de trouver de véritables raisons d'être tenté d'y revenir. Une conclusion maladroite à une série minable qu'on ne sera pour une fois pas trop triste de ne jamais avoir vue quitter le Japon. Un logiciel mineur et parfaitement oubliable.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Une difficulté bien trop basse, avec un équilibrage inexistant – Des sauts trop flottants – Des masques de collision taillés au tractopelle – Un level design d'une platitude absolue