Psychic Storm

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Développeur : AlfaSystem Co., Ltd.
Éditeur : Shin-Nihon Laser Soft Co., Ltd.
Titre alternatif : サイキックストーム (graphie japonaise)
Testé sur : PC Engine Duo

Version PC Engine Duo

Date de sortie : 19 mars 1992 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Disponible en Français : Non
Disponible en Anglais : Non
Version testée : Version japonaise
Spécificités techniques :

Vidéo – L’introduction du jeu :

La grande force de la PC Engine et de son extension CD-ROM, c’est leur ludothèque de shoot-them-up. La petite faiblesse de la PC Engine et de son extension CD-ROM, c’est leur ludothèque de shoot-them-up. Pour les shoot-them-up.

Je m’explique, parce que je sens que la démonstration n’est pas nécessairement limpide. Du côté des joueurs, la PC Engine représente beaucoup de choses, à commencer par une curiosité avec un caractère mystérieusement exotique tant la machine aura connu une distribution navigant entre le médiocre et le néant total hors du Japon.

Il sont si charismatiques qu’il n’y avait pas assez de place sur un seul écran pour mettre les quatre

L’un des grands éléments participant à la réputation de la console, c’est donc son catalogue de shoot-them-up, où les titres d’exception se bousculent avec un tel empressement qu’en entreprendre une liste exhaustive en deviendrait rébarbatif ; pour le bien de la démonstration, citons déjà Gate of Thunder, Lords of Thunder, Seirei Senshi Spriggan, Rayxanber III, R-Type Complete… Le revers de la médaille, comme on aura déjà souvent eu l’occasion de le constater avec des titres à la Air Zonk – qui auraient sans doute davantage marqué les mémoires sur une autre plateforme -, c’est qu’il est extrêmement difficile pour un jeu simplement « bon » de parvenir à se faire remarquer au milieu de toutes ces têtes d’affiche, surtout quand le jeu en question n’aura jamais eu l’occasion de quitter l’Archipel nippon. Une constatation qui aura transformé, avec trente ans de recul, la ludothèque de la console en un superbe espace à prospecter pour les amateurs de shoot-them-up à la recherche d’un logiciel valable qui aurait pu leur échapper. La question du jour sera donc la suivante : Psychic Storm appartient-il à cette catégorie ?

Un shoot-them-up sur PC Engine Duo ? Ah, tiens, qui l’eut cru…

Le scénario du jeu vous est dévoilé via l’introduction, et via un long pavé de texte qui défile beaucoup trop vite pour être lu, rédigé dans un anglais absolument abominable niveau « All your base are belong to us » à toutes les phrases – ce qui tend à démontrer que le titre a bel et bien nourri l’ambition, à un moment ou à un autre, d’aller tenter sa chance à l’international.

On sent que l’équipe de développement n’était pas exactement bilingue

Si vous prenez le temps de regarder la vidéo au ralenti, vous découvrirez donc que l’humanité est menacée par une force extraterrestre poétiquement surnommée « la chose » qui dévore – littéralement – les corps célestes sur son chemin. Le système solaire étant sur sa route, on envoie non pas un mais quatre pilotes d’exception dans les éternels prototypes futuriste de la dernière chance pour aller expliquer à la chose qu’en termes de destruction, la Terre n’a de leçons à prendre de personne. Vous débuterez donc votre périple au-dessus de la ville de Neo Hong-Kong avant de mener la lutte planète par planète jusqu’à avoir éradiqué la méchante forme de vie intelligente qui cherchait peut-être juste à communiquer avec vous. Classique.

On retrouve à peu près tous les environnements classiques du genre

La première bonne nouvelle, c’est que le fait d’envoyer quatre pilotes plutôt qu’un vous permettra de choisir lequel vous pourrez incarner, ce qui ne présenterait qu’un intérêt assez limité si chaque personnage n’était pas fourni avec son propre vaisseau et son propre type de tir.

Vous pourrez parfois choisir votre route

Dans l’ensemble, pas trop de surprise à attendre de ce côté-là : les quatre modèles se divisent principalement entre les tirs couvrant et les tirs concentrés, et opter pour un pilote plutôt que pour un autre ne devrait finalement avoir qu’un impact assez limité sur votre façon de jouer. On notera cependant que Charr, le scientifique du groupe, emploie un rayon très puissant mais à la portée limitée qui l’obligera plus que les autres à aller se porter au contact de l’ennemi. La deuxième bonne nouvelle, cependant, c’est que ce roster généreux vous permettra aussi et surtout de jouer à deux simultanément en coopératif, ce qui est toujours un bonus extrêmement bienvenu dans un shoot-them-up. Si les deux joueurs ne pourront pas sélectionner le même pilote, le profil relativement proche des différents protagonistes devrait éviter les engueulades à n’en plus finir pour savoir qui aura le droit d’incarner qui.

Occlusion intestinale : the video game

Tout cela est déjà sympathique, mais on ne peut pas dire qu’on ait vu quoi que ce soit de follement original jusqu’ici. Les développeurs s’en sont probablement douté, c’est pourquoi ils auront décidé d’introduire un mécanisme un peu plus inhabituel dans le système de jeu. Un bref coup d’œil à votre interface en bas de l’écran vous dévoilera qu’en plus d’une barre de vie, votre vaisseau affiche une deuxième jauge qui se remplit avec le temps.

Tout fonctionne, mais il manque encore un petit quelque chose

Une fois pleine, celle-ci aura en fait deux usages : en appuyant sur les deux boutons à la fois, vous pourrez employer une classique smart bomb qui vous aidera à faire le ménage lorsque cela sera nécessaire, mais qui sera souvent assez inefficace contre les boss. En revanche, si vous appuyez uniquement sur le bouton I, votre astronef prendra alors une forme insectoïde ou animale pendant une dure limitée, ce qui le dotera non seulement d’une puissance de feu assez généreuse, mais aura aussi le mérite de le rendre invincible durant ce laps de temps. L’unique jauge affichée en bas de l’écran correspondra alors au temps restant à votre transformation, laquelle pourra être remplie en collectant les power-up lâché par les ennemis, et se videra encore plus vite si vous êtes touché par le feu adverse. Dès lors, on s’en doute, la gestion de cette fameuse métamorphose sera un élément d’autant plus central que vous n’y aurez de toute façon accès que trois fois, et pas une de plus, par niveau.

La réalisation ne déçoit pas

Pour originale qu’elle soit, cette idée (qui évoque un peu le système d’armure d’Alpha Mission II) ne révolutionne pas franchement une jouabilité autrement très classique, où la seule contrainte sera la montée en puissance relativement lente de votre arme principale (les personnages partageant les mêmes bonus, vous pourrez heureusement tout à fait changer de pilote entre les niveaux sans avoir à tirer un trait sur tout ce que vous avez accumulé jusque là) via des upgrades qu’il faudra accumuler en nombre avant d’avoir le droit de profiter du moindre gain.

Même les niveaux organiques sont de la partie

On remarquera que le jeu n’est de toute façon pas extrêmement difficile avec un minimum d’entraînement, particulièrement lorsque l’on joue à deux, où le fait de bénéficier de six transformations cumulées devrait vous aider à surmonter sans trop de difficulté les passages les plus ardus. On remarquera d’ailleurs que l’équilibrage en solo est loin d’être idéal, le deuxième boss du jeu étant un des plus difficiles. Néanmoins, un choix de la difficulté aurait réellement été le bienvenu (particulièrement pour pouvoir l’augmenter un peu), et on regrettera d’être contraint de s’en passer.

Réservez vos métamorphoses pour les boss, et le jeu ne devrait pas vous résister longtemps

Support oblige, Psychic Storm s’en tire de toute façon très bien sur le plan de la réalisation, avec des environnements variés, deux types de décor par niveau, une musique CD efficace et une action qui n’affiche jamais le plus infime ralentissement. Le déroulement réserve également quelques surprises, et on remarquera qu’il est possible, à compter du niveau trois, de choisir la prochaine planète à visiter (et qu’il est impossible de toutes les voir en une seule partie ; bon point pour la rejouabilité, donc).

La fin approche !

On n’est jamais soufflé, on n’est jamais en transe, mais on n’est jamais déçu non plus : c’est fluide, c’est nerveux, et c’est surtout amusant. En revanche, on sent bien qu’il manque encore un petit quelque chose pour aller tutoyer les sommets : pour agréable qu’il soit, le déroulement reste extrêmement convenu, et le mécanisme de la transformation échoue à transcender un gameplay résolument classique. Ce n’est pas une tare rédhibitoire, loin de là, mais cela explique sans doute a posteriori pourquoi le titre aura échoué à se faire une véritable réputation au sein de la ludothèque de la PC Engine Duo. Néanmoins, les shoot-them-up jouables à deux restant une exception plutôt que la norme sur la machine de NEC, et l’expérience étant très sympathique quoique probablement un poil trop simple, ceux qui rechercheraient l’occasion de passer un peu de temps avec un ami sur un titre au principe et à la jouabilité limpides devraient indéniablement jeter un œil sur ce Psychic Storm. Et si vous n’avez pas d’ami ? Eh bien, jetez un œil quand même.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 16,5/20 Parmi les très nombreux shoot-them-up venus enrichir la ludothèque de la PC Engine Duo, le méconnu Psychic Storm n'est que trop rarement cité. C'est une petite injustice, car sans jamais faire trembler les fondations du genre, le titre d'AlfaSystem a le bon goût de proposer une réalisation à la hauteur, une action nerveuse et surtout un mode deux joueurs qu'on ne rencontre pas assez souvent sur la machine. Le système de transformation de votre vaisseau, original mais finalement plutôt gadget, introduit néanmoins un minime aspect tactique sans départir le programme de son aspect défouloir où les réflexes priment sur le reste. Il manque encore sans doute un chouia de prise de risque, une idée le séparant vraiment du lot pour espérer le faire entrer dans la catégorie des titres références, mais ça ne l'empêche pas pour autant de figurer au rang des bons shoot-them-up que l'on peut relancer régulièrement avec plaisir.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Un équilibrage perfectible, particulièrement en solo – Un mécanisme de transformation finalement sous-exploité – Une histoire rédigée dans un anglais abominable

Robo Aleste

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Développeur : Compile
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Titre original : 電忍アレスタ : Nobunaga and his Ninja Force (Dennin Aleste : Nobunaga and His Ninja Force, Japon)
Testé sur : Mega-CD

La série Aleste :

  1. Power Strike (1988)
  2. Aleste 2 (1989)
  3. Aleste Gaiden (1989)
  4. M.U.S.H.A. : Metallic Uniframe Super Hybrid Armor (1990)
  5. GG Aleste (1991)
  6. Super Aleste (1992)
  7. Robo Aleste (1992)
  8. Power Strike II (Master System) (1993)
  9. Power Strike II (Game Gear) (1993)

Version Mega-CD

Date de sortie : 27 novembre 1992 (Japon) – Août 1993 (États-Unis) – Septembre 1993 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Patch par Terminus Traduction
Disponible en Anglais : Oui
Version testée : Version américaine patchée en français
Spécificités techniques :

Vidéo – L’introduction du jeu :

Les lecteurs réguliers du site auront certainement déjà eu l’occasion de s’en rendre compte, mais quand on lance un shoot-them-up développé par Compile, on sait en règle générale tout de suite ce qu’on est venu chercher et pourquoi. Et on l’obtient : la compagnie japonaise n’aura pour ainsi dire pratiquement jamais déçu dans le domaine, fournissant à chacune des consoles ayant hébergé un de ses titres quelques uns des meilleurs représentants du genre – y compris au sein de ludothèques pourtant ultraconcurrentielles en la matière comme celles de la Megadrive ou de la PC Engine.

L’ambiance japonisante est de retour

On remarquera d’ailleurs que si la saga Aleste est peut-être la licence la plus prolifique de Compile, elle ne trahit en rien une philosophie générale qu’on retrouve à l’identique dans des logiciels non-rattachés à la licence comme Blazing Lazers ou Seirei Senshi Spriggan : un défilement vertical, un système de power-up ambitieux et une action qui ne faiblit jamais. Au milieu d’une production aussi foisonnante qu’impressionnante par sa qualité, l’excellent M.U.S.H.A. sur Megadrive était pourtant parvenu à tirer son épingle du jeu grâce à une ambiance japonisante originale, à une réalisation à couper le souffle pour la période et à quantité de petits mécanismes bien pensés. Un succès critique et commercial qui aura d’ailleurs donné à ses développeurs l’idée de lui donner une suite « spirituelle », les différents épisodes de la saga n’étant de toute façon reliés en rien par leur univers ou leur chronologie. Et histoire de placer la barre encore plus haut, quel meilleure hôte que le Mega-CD ? C’est ainsi qu’apparu Robo Aleste en 1992, et le menu avait de quoi être alléchant pour tous ceux qui s’étaient essayé au précédent opus sur Megadrive.

Vous voulez de l’action ? En voilà, de l’action !

Histoire de prolonger l’esthétique qui avait fait mouche dans M.U.S.H.A., Robo Aleste fait donc le choix de situer directement son action… en plein milieu du XVIe siècle japonais, pendant le Sengoku-jidai! Dans une version sensiblement uchronique tout de même, puisque les occidentaux seront cette fois venus avec des robots géants à vapeur plutôt qu’avec des fusils, et que Nobunaga doit faire face, après la mort de Saitō Dōsan, à une alliance des principaux chefs de guerre contre lui.

La traduction française assurée par les fans fait parfaitement le travail

Face à ce qui ressemble à un conflit perdu d’avance, il reste bien évidemment une arme secrète : les Crocs Blancs, un groupe de ninjas en armures mécaniques (!) dont vous allez incarner un des membres, bien décidé à faire face à l’invasion… sans se douter que les choses pourraient être (encore) plus compliquées qu’elles n’en ont l’air. Tout cela vous serra narré via une longue introduction visible en ouverture, et via plusieurs cinématiques animées entre les niveaux afin de mettre en scène un scénario assez prévisible mais qui a le bon goût d’exister. Une entrée en matière assez surprenante, mais les excités de la gâchette auront de toute façon probablement déjà lancé la partie sans même avoir choisi un mode de difficulté parmi les trois du jeu, histoire de découvrir s’ils tiennent enfin ce shoot-them-up capable de rivaliser avec M.U.S.H.A.

Le déroulement ne déçoit jamais, mais on ne peut pas dire qu’on soit surpris

Le système de jeu devrait à ce titre immédiatement apparaître comme familier à n’importe qui s’étant essayé à un autre shoot-them-up de Compile: B sert à tirer, C à paramétrer la vitesse de votre robot, et A à faire feu uniquement avec son tir principal (pas très utile) ou, une fois chargé, à envoyer vos satellites attaquer l’adversaire (pas beaucoup plus utile).

Avec le bon pouvoir, certains boss seront de vraies promenades de santé

D’entrée, on pourra donc regretter que le très intéressant système permettant de choisir le comportement de ses satellites n’ait pas fait le chemin jusqu’à cette « suite », remplacé par une charge d’une faiblesse insignifiante qui fait office de pur gadget. Le mécanisme des power-up, lui, n’a en revanche pas changé : vous pourrez collecter des symboles pour gonfler la puissance de votre tir principal, ou des sphères de couleur pour sélectionner et développer les quatre types de tir secondaire: bleu pour un canon frontal extrêmement efficace, rouge pour des bombes afin de faire le ménage à moyenne portée autour de vous, vert pour des shurikens qui le feront, eux, sur tout l’écran, et enfin jaune pour un pouvoir qui aura à la fois le mérite de vous servir de bouclier et de tir à tête chercheuse. Autant dire du classique, mais cela ne devrait nuire en rien à l’efficacité d’un gameplay qui, à quelques variations près, aura eu de très nombreuses fois l’occasion de faire ses preuves.

Une fois la manette en mains, on retrouve d’ailleurs rapidement tout ce qui a fait la réputation de Compile en la matière : ça bouge vite, ça bouge bien, il y a énormément d’action à l’écran et ça ne ralentit jamais (il faudra en revanche composer avec quelques clignotements lors de certains boss, mais rien de franchement dramatique).

Les décors sont très soignés mais manquent parfois un peu de couleur

Autant dire qu’à ce niveau-là, on n’est clairement pas déçu, et on a d’autant plus de raisons d’aborder la partie avec enthousiasme que le jeu comporte pas moins de onze niveaux, souvent assez longs, et que la difficulté est comme souvent plutôt élevée (même si, comme souvent, les choses deviennent immédiatement plus simples dès l’instant où vous bénéficiez de votre puissance de feu maximale). Les versions occidentales sont d’ailleurs un peu plus simples que leur équivalent japonais. Du côté de la réalisation, on retrouve des décors variés et détaillés, des ennemis énormes (ces vaisseaux grands de plusieurs écrans !), des séquences animées bien réalisées, sans oublier de la musique qualité CD qui va chercher son inspiration dans des rythmes techno et qui dynamise l’action à la perfection. Bref, sur le papier, c’est le sans-faute… mais n’accomplir aucune véritable erreur est-il suffisant pour prétendre rivaliser avec un titre comme M.U.S.H.A. ?

Admirez la taille de ces sprites !

Autant le dire tout de suite : si Robo Aleste est indéniablement un très bon shoot-them-up, son prédécesseur et inspirateur assumé avait placé la barre si haut qu’on ne peut pas s’empêcher de ressentir une légère déception en constatant que ce titre ne parvient tout simplement pas à surclasser le premier opus, même avec le Mega-CD en renfort.

Affrontement au sommet

On a déjà mentionné la simplification du gameplay, avec des satellites qui ont perdu beaucoup de leur versatilité, on pourrait également regretter une palette de couleurs un peu fade, ou le fait que votre héros et ses ennemis se sentent obligés de se lancer dans des dialogues écrits au début et à la conclusion de chaque niveau, et qu’il ne soit pas possible d’écourter ces échanges qui cassent inutilement le rythme. C’est d’autant plus énervant quand un boss vous cueille à froid avec un tir mortel une demi-seconde après la fin de son baratin ! Surtout, en dépit de quelques situations originales (des avalanches qui peuvent emporter votre appareil, par exemple), on ne retrouve pas l’équivalent des passages les plus marquants de M.U.S.H.A., comme son niveau inaugural qui voyait toute votre escadrille se faire abattre en pourchassant un temple monté sur chenilles (!) ou encore cette séquence restée célèbre où le sol s’effondrait pour laisser apparaître un canyon dont la profondeur était rendue grâce à une succession de défilements parallaxes.

Sous terre, le combat continue

On n’est tout simplement plus surpris, et une fois le contexte dépaysant du Japon féodal assimilé, on se retrouve finalement avec un jeu parfaitement classique où les vaisseaux futuristes ont simplement été remplacés par des équivalents avec des robots ninja. Ce n’est fort heureusement pas franchement pénalisant pour un titre auquel on joue avant tout pour se défouler – et qui se débrouille très bien dans le domaine – mais pour ceux qui attendaient le shoot-them-up vertical ultime, ce sera une semi-déception : Robo Aleste n’est qu’un autre très bon jeu à la Compile. À tout prendre, il y a des révélations plus difficiles à entendre.

Ça reste clairement le haut du panier

Quelques mots en conclusion sur la version française réalisée par Terminus Traduction. Comme on peut s’en douter, comprendre le scénario du jeu n’est absolument pas nécessaire pour s’amuser d’un bout à l’autre, mais on appréciera l’investissement de l’équipe de traduction qui est allée jusqu’à refaire les doublages ! Le résultat, s’il n’est pas à la hauteur de ce qu’offrirait un studio professionnel, reste néanmoins largement aussi bon que ce qu’offrait la version américaine du jeu dans le domaine, avec des doubleurs globalement justes au timbre assez bien choisi. Quitte à profiter de l’histoire, voilà une très bonne alternative qui vous permettra de ne pas vous sentir lésé de n’être pas bilingue – notez cependant que le patch nécessite la version américaine du jeu et non la version européenne. Une traduction de qualité qui rappelle que la scène française a fait de gros progrès dans le domaine depuis vingt ans.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 17/20 Pensé comme une sorte de suite spirituelle de M.U.S.H.A., Robo Aleste fait cette fois le choix pour le moins radical de placer le joueur directement dans un Japon médiéval uchronique, en pleine époque Sengoku. Dans les faits, on retrouve à la fois la fantastique réalisation et le système de jeu qui ont fait la réputation de Compile... ou presque. Le truc, c'est qu'avec le Mega-CD et son processeur en renfort, on attendait un peu une sorte de shoot-them-up ultime qui mette le précédent opus sur Megadrive à l'amende, et qu'on hérite au final d'un titre certes extrêmement solide sur tous les plans mais qui, en termes de game design, ne parvient jamais vraiment à placer la barre tout à fait aussi haut que son prédécesseur. Moins d'idées, moins de mécanismes originaux, moins de scènes marquantes... ce qui n'empêche pas le logiciel de revendiquer sans difficulté sa place parmi les meilleurs de la machine. Pas entièrement le jeu qu'il aurait pu être, mais largement de quoi y engloutir des heures avec un plaisir indéniable.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Des interventions des personnages impossibles à passer et qui cassent le rythme – Un contexte original, mais très sous-exploité – Quelques situations où il est difficile de déterminer si on passe au-dessus d'un élément du décor ou si celui-ci nous bloque – Des power-up globalement déséquilibrés et assez redondants

Target Earth

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Développeur : NCS Corporation
Éditeur : DreamWorks
Titre original : Assault Suits Leynos (Japon)
Titre alternatif : 重装機兵レイノス (graphie japonaise)
Testé sur : Genesis

La série des Assault Suits (jusqu’à 2000) :

  1. Target Earth (1990)
  2. Cybernator (1992)
  3. Assault Suit Leynos 2 (1997)

Version Genesis

Date de sortie : 16 mars 1990 (Japon) – Juin 1990 (États-Unis)
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Disponible en Anglais : Oui
Version testée : Version américaine
Spécificités techniques :

Vidéo – L’introduction du jeu :

Parmi les obsessions récurrentes qui semblent animer une partie de la culture populaire japonaise, il n’y a pas que les monstres géants venus dévaster Tokyo ou les petites filles qui se transforment en adultes via un bâton magique. Il y a aussi les robots géants.

Choisissez bien votre équipement

Si l’européen de base pensera à ce titre naturellement à Goldorak, dont le culte en occident est d’ailleurs toujours vivace, on pourrait largement créer une sous-catégorie où ces robots géants (parfois appelés « mechas ») constituent une brigade, une division, voire une armée à part entière, et où on s’empresserait de citer des références évidentes comme Macross (mieux connu via la série Robotech en France), Gundam ou encore Patlabor. Des histoires d’humains comme les autres se battant dans des machines de plusieurs dizaines de mètres de haut, avec de l’action, des romances, des angoisses existentielles, et des bons gros flingues avec des rayons laser ; comment ne pas aimer ? Dans le domaine du jeu vidéo, les années 90 allaient avoir leur lot de titres inspirés ou directement adaptés d’une de ces séries (on évoquera notamment l’excellent Front Mission et son spin-off Gun Hazard), mais sur Megadrive, le premier représentant du genre – avant même l’indispensable M.U.S.H.A. – est sans nul doute Assault Suits Leynos, jamais commercialisé en Europe mais arrivé aux États-Unis sous le titre un tantinet nanardesque de Target Earth. Une histoire de robots géants appelée à démarrer sa propre série, et qui pouvait déjà se targuer d’une certaine ambition.

Ce n’est peut-être pas votre guerre, mais on ne vous a pas demandé votre avis

À ce titre, on appréciera la présence d’une introduction de plus d’une minute enrichie en illustrations animées, ce qui, sur une modeste cartouche de 4Mb, était loin d’être une évidence. Comme il faut bien une guerre spatiale, celle de Target Earth vous opposera à des parias revenus sur Terre en quête de vengeance, pour des motifs qui – autre curiosité – vous seront présenté en jeu, le titre s’efforçant d’entretenir une trame narrative relativement cohérente.

La narration est très soignée, avec de nombreuses cinématiques pour une si petite cartouche

Bon, ne vous attendez pas à du Balzac, mais le fait d’introduire sont lot de révélations et de personnages récurrents avec leur portrait affiché à côté de leur texte histoire de vous donner vos objectifs et de faire avancer l’intrigue reste quelque chose d’assez inhabituel pour un run-and-gun de 1990. Soldat aux commandes d’une des fameuses armures mécaniques évoquées plus haut, vous allez donc rejoindre une guerre qui s’ouvrira sur Ganymède, en n’étant pour une fois pas aux commandes d’un prototype révolutionnaire chargé de sauver l’univers à lui tout seul. Nope, qui dit « guerre » dit que vous aurez également votre dose d’alliés, de véhicules de soutien, de croiseurs d’escorte, mais aussi de navettes et de bases à protéger – un bon moyen d’introduire d’autres objectifs que celui de tout détruire, ce qui vous obligera souvent à abandonner la méthode ô combien inefficace du « je fonce tout droit ». Comme vous le démontrera la vidéo du premier niveau en clôture de l’article, savoir prendre une position à couvert et attendre son heure est parfois beaucoup plus utile que de foncer en vidant ses chargeurs – d’autant que ceux-ci, dans leur grande majorité, ne sont pas illimités.

Quelques phases de shoot-them-up sont présentes, comme pour aller détruire ce colossal vaisseau amiral

Chaque niveau s’ouvrira d’ailleurs par la sélection de votre équipement – une liste initialement très chiche, mais qui s’enrichira à chaque fin de mission en fonction de votre score jusqu’à vous permettre d’embarquer des missiles à tête chercheuse, des tirs multidirectionnels, voire un jetpack ou des renforcements d’armure qui augmenteront la taille de votre jauge de vie.

Affrontement au sommet contre une armure suréquipée !

Choisissez bien, car vos emplacements sont limités en nombre, et surtout, en-dehors de votre tir de base (dont vous pouvez choisir de vous passer, ce qui est une mauvaise idée), chaque arme n’embarque qu’une quantité donnée de munitions… pendant que l’opposition, elle, tend à revenir indéfiniment. Autant dire que savoir choisir ses armes mais aussi et surtout le moment pertinent pour en faire usage pourra faire une énorme différence, tout comme savoir faire usage de la capacité de régénération de votre armure, qui pourra faire des miracles dès l’instant où vous pourrez trouver un endroit relativement abrité pour souffler entre deux vagues ennemies. Car vous allez rapidement découvrir que chercher à aller vite est souvent le plus court chemin vers le suicide, tant les adversaires sont systématiquement quatre à cinq fois plus nombreux que vous sur chaque écran, et avant d’espérer profiter du jeu, il faudra apprendre à le « dompter »… ce qui commencera par apprendre à surmonter un premier niveau qui devrait déjà pousser bien des joueurs à s’arracher les cheveux.

Ce vaisseau assurait votre protection ; il faudra faire sans, à présent…

Autant le préciser tout de suite : le vrai problème de Target Earth, ce n’est pas tant sa difficulté, qui n’est pas si monstrueusement élevée qu’elle en a l’air, c’est plutôt sa prise en main. Loin de prendre le temps de vous mettre à l’aise, le logiciel fait en effet le choix de vous lancer immédiatement dans le feu de l’action avec des objectifs flous qui ne se détaillent qu’après plusieurs dizaines de secondes, et si vous avez fait l’erreur d’avancer tout droit en tâchant de faire face aux vagues continues d’ennemis, il y a de fortes chances que vous ayez trouvé la mort au bout d’une demi-minute – ce qui vous permettra au passage de découvrir que vous n’avez qu’une seule vie et seulement deux continues pour espérer mener l’aventure à son terme.

Attention à ne pas vous faire déborder en prenant une base d’assaut

Le temps d’assimiler l’usage de chaque arme et d’apprendre à gérer vos munitions – et surtout, votre régénération, comme on l’a vu – vous aurez probablement déjà dû recommencer la partie trois ou quatre fois. Le truc, c’est qu’il faut bien prendre le temps de réaliser ce que le programme nous demande (prêtez donc grande attention aux débuts de mission, car il n’y a aucun moyen de consulter les objectifs après coup), ce qui serait déjà assez compliqué… si une partie des objectifs n’était pas dévoilée en cours de jeu ! Une méthode censée vous river à votre siège, mais qui a surtout le tort de vous laisser dans le flou tout en interrompant l’action via de copieux pavés de texte… que vous ne pouvez d’ailleurs pas passer. Ajoutez-y une certaine confusion dans l’action, notamment le temps d’apprendre à reconnaître vos alliés (en brun) de vos ennemis (en vert ou en bleu), et vous comprendrez que le titre de NCS Corporation demande qu’on lui consacre un peu de temps avant d’avoir une chance de se sentir à l’aise.

À l’assaut du réacteur de la base adverse !

L’ennui, c’est que la plupart des joueurs venus chercher un jeu d’action ne sont pas venus s’interroger sur le pourquoi du comment, ni pour se demander qui sont leurs ennemis, ni pour enchaîner les morts en attendant de comprendre ce qu’ils sont censés faire. Sachant qu’en plus, la réalisation est assez fade (l’inconvénient d’une cartouche de quatre mégas) et ne devrait pas vous pousser à continuer à tout prix pour découvrir la prochaine planète (qui a de grandes chances de ressembler atrocement à la précédente), on comprend que le titre n’ait pas fait l’unanimité à sa sortie et qu’il risque de peiner à trouver son public aujourd’hui encore.

Affrontement final !

Pourtant, il y a clairement de bonnes idées, dans ce Target Earth, et un équilibrage mieux pensé ainsi qu’une courbe de progression un peu moins raide auraient sans doute fait des miracles pour une cartouche que le commun des mortels risque de lancer deux minutes avant de faire la grimace et de passer à autre chose – à ce titre, on sent clairement le brouillon du titre mieux conçu que sera Cybernator deux ans plus tard. Si vous cherchez un défouloir pas fatigant avec un investissement minime, ce n’est clairement pas ici que vous trouverez votre bonheur ; mais pour peu que vous fassiez preuve d’un peu de patience et que vous vous donniez la peine de découvrir ce qu’il a vraiment à offrir, vous découvrirez alors un titre certes maladroit et souvent frustrant, mais avec une dose de stratégie bienvenue et un charme réel. Clairement un logiciel qui ne plaira vraiment pas à tout le monde, mais qui mérite qu’on s’y attarde un peu.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 13/20 Quelque part entre Gundam et Macross, Target Earth est un run-and-gun plus ambitieux qu'il n'en a l'air, avec une certaine dose de bonnes idées - et un nombre au moins équivalent de maladresses plus que dommageables. En dépit d'objectifs variés, d'une mise en scène soignée et de situations vous donnant réellement l'impression de participer à une guerre plutôt que de remporter le conflit à vous tout seul, le titre de NCS Corporation doit hélas composer avec une difficulté infecte qui demandera souvent de patienter à couvert pendant de longs moments plutôt que de profiter d'une action intenable au milieu d'une opposition qui vous écrasera continuellement par le nombre. En y ajoutant une réalisation assez quelconque et manquant cruellement de variété, on se retrouve face à un logiciel possédant de réelles qualités mais exigeant une patience à toute épreuve faute d'une prise en mains agréable et d'une courbe de progression cohérente. Les plus curieux découvriront une cartouche avec ses bons moments, mais les autres seront sans doute plus avisés de se diriger directement vers Cybernator ou Metal Warriors. Du potentiel, mais pas assez bien exploité.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Une difficulté élevée, avec un équilibrage à revoir – Une action confuse, avec des robots dans tous les sens sans une seule indication pour distinguer les alliés des ennemis – Les munitions limitées : très mauvaise idée dans un jeu de ce type – Des pavés de texte impossibles à passer qui viennent interrompre l'action – Un manque total de variété dans les environnements (oh, encore une surface de planète devant un fond étoilé !)... – ...et globalement, la réalisation est assez fade

Zillion II : The Tri Formation

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Développeur : Tatsunoko Production, SEGA R&D2
Éditeur : SEGA Enterprises, Ltd.
Titre original : トライフォーメーション (Tri Formation, Japon)
Titre alternatif : Zillion II (Brésil), Tri Formation (écran-titre)
Testé sur : Master System

La série Zillion :

  1. Zillion (1987)
  2. Zillion II : The Tri Formation (1987)

Version Master System

Date de sortie : 13 décembre 1987 (Japon) – Mars 1988 (Europe) – Juillet 1988 (États-Unis)
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Disponible en Anglais : Oui
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques :

Pour ceux qui l’auraient oublié (et on les comprend), SEGA avait placé en 1987 de gros espoirs sur une série d’animation japonaise nommée Akai Kodan Zillion avant même qu’elle ne soit diffusé à l’antenne – au point de signer immédiatement avec les studios de Tatsunoko Productions une série de contrats qui promettaient une juteuse collaboration entre les deux firmes japonaises.

Conseil : ne ratez pas les bonus de vie

Le propre des risques étant qu’il ne paient pas toujours, la série n’aura pas rencontré le succès escompté – seuls 31 épisodes auront été réalisés, parmi lesquels à peine cinq auront été doublés en anglais pour une distribution outre-Pacifique. Dès lors, les espoirs de poser un jour les mains sur une suite à l’imparfaite mais prometteuse première adaptation tirée de la saga et simplement titrée Zillion étaient voués à être déçus. Pourtant, surprise : un Zillion II aura bel et bien vu le jour… la même année que le premier épisode. À peine sept mois après le premier opus, en fait, ce qui pourrait indiquer qu’en fait de suite, on serait en fait simplement face à un titre de la même licence développé parallèlement à l’autre – il ne s’intitule d’ailleurs même pas Zillion au Japon. Vous espériez encore un titre à la Metroid basé sur la mémoire et sur l’exploration ? Changez tout de suite d’idée : SEGA n’avait pas toujours le temps d’avoir des idées, surtout quand il s’agissait de rentabiliser au plus vite une licence. The Tri Formation pourrait donc se révéler un logiciel très différent de celui que vous attendiez.

Ce jeu auquel on a l’impression d’avoir déjà joué 10.000 fois

Le scénario du jeu sonne d’ailleurs plus comme une redite du premier épisode que comme son prolongement : les Norsa, sortes d’extraterrestres belliqueux, étant une nouvelle fois menaçants, on envoie encore JJ, membre des « White Knights » et héros plus ou moins désigné de la série, mener l’enquête.

Les soldats norzas représenteront 90% de l’opposition

Et histoire de ne pas perdre les bonnes habitudes, ses deux amis Apple et Champ se sont ENCORE fait enlever ! Quels boulets ! Dans les faits, tout cela n’a aucune importance : vous serez ici face à un bon vieux jeu d’action où la réflexion n’entrera pour ainsi dire jamais en ligne de compte, et où vous allez vous empresser de tirer sur tout ce qui s’oppose à vous, le menu fretin comme les boss, jusqu’à venir au bout des neuf niveaux du jeu. Quant à Apple et Champ, ils seront libres avant même d’atteindre la deuxième moitié de l’aventure, mais inutile de sauter les étapes. Avant de nous disperser, commençons par détailler en quoi consiste exactement le gameplay de ce Zillion II : The Tri Formation.

Les phases à pied sont un peu plus simples que celles en moto/robot

Le jeu repose en fait sur l’alternance entre deux types de séquences. Les niveaux impairs vous mettront aux commandes de votre moto (la Tri Formation du titre) dans des phases de shoot-them-up à défilement horizontal imposé où vous devrez faire le ménage et plus généralement survivre en évitant les obstacles et autres gouffres placés sur votre route. Il vous sera également possible, avec le bonus correspondant (qui vous sera automatiquement alloué à partir du niveau cinq), de transformer ladite moto en une sorte d’exosquelette volant en appuyant sur la flèche du haut pendant un saut, ce qui vous offrira une marge de manœuvre bien plus confortable en échange d’un masque de collision beaucoup plus important, lui aussi.

On ne peut pas dire qu’on s’amuse énormément

Les niveaux pairs, eux, vous placeront à pied dans des séquences d’action/plateforme consistant à aller tout droit, à éventuellement emprunter un ascenseur et à recommencer en avançant de l’autre côté. C’est lors de ces séquences que vous pourrez libérer vos deux compagnons, ce qui ne devrait pas vous demander de retourner chaque pierre d’un stage, et pour cause : les pièces où ils sont détenus seront littéralement placées droit sur votre chemin. Sachant que le déroulement est d’une linéarité absolue, il faut vraiment le faire exprès pour les rater, ce qui aurait pour principale conséquence de vous priver d’un bonus idiot. En effet, Apple et Champ pourront vous offrir chacun une jauge de vie supplémentaire en prenant votre place au combat, soit un bon moyen de contrer une difficulté parfois frustrante. Pourquoi alors parler de « bonus idiot » ? Eh bien parce que pour aller l’activer, il vous faudra appuyer sur le bouton I… de la deuxième manette. Et si vous n’avez pas de deuxième manette ? Eh bien tant pis pour vous, vous devrez tirer un trait sur un avantage majeur qu’on aurait très facilement pu placer sur le menu du bouton Start, mais hé, on n’allait quand même pas s’embarrasser à penser à un truc évident, non ?

L’opposition ne se renouvèle pas beaucoup – pas plus que le reste, d’ailleurs

Le vrai problème de ce Zillion II est d’ailleurs qu’on sent parfaitement qu’aucun aspect du jeu n’a fait l’objet d’une réflexion poussée. Toutes les séquences de jeu sont très semblables, se déroulent dans des décors très semblables, en affrontant des adversaires très semblables (les modèles d’ennemis se comptent sur les doigts d’une main) dans des plans très semblables. En fait, il n’y a pour ainsi dire plus rien à découvrir dès le deuxième niveau : on se croirait presque dans un vieux jeu d’arcade de la fin des années 70 avec un color swap en guise de changement de décor.

Hop, un ami libéré, une jauge de vie en plus !

Bon, je force peut-être un peu le trait, mais il est toujours époustouflant de constater à quel point on n’a strictement plus rien à découvrir au bout de deux minutes de jeu, sauf à s’ébahir devant une énième variation de décor métallique en bleu, en rouge ou en vert, avec les mêmes ennemis et les mêmes pièges en face. Le truc, c’est que le gameplay n’est pas exactement renversant, lui non plus : il fait le travail en se montrant précis et réactif, mais il ne se renouvèle jamais, à aucun niveau, et l’essentiel de la difficulté reposera avant tout sur la fenêtre d’action extrêmement réduite dont vous devrez profiter pour éviter les tirs et les obstacles lors des différentes phases. Bref, quand on n’a pas d’idée, la bonne vieille approche visant à gonfler la difficulté pour cacher la misère fonctionne toujours, et à ce titre Zillion II pourra éventuellement intéresser une frange d’amateurs assumés de jeux d’action exigeants… et pas grand chose d’autre.

Les boss exigent souvent un timing assez serré

Soyons honnête : que ce soit dans le domaine du shoot-them-up, de l’action/plateforme ou du run-and-gun, la Master System a mieux à offrir dans sa ludothèque – c’était sans doute moins vrai en 1987, mais ça l’est indéniablement aujourd’hui. Du coup, difficile de conseiller un logiciel qui a pris un gros coup de vieux, en dépit d’une réalisation honnête et d’une jouabilité qui offre l’essentiel. Si vous cherchez spécifiquement un jeu d’action de ce type sur Master System, vous pouvez sans doute lui donner sa chance, mais dans le cas contraire, les programmes mieux pensés, plus variés, plus longs et mieux réalisés se chiffrant en centaines, le mieux sera sans doute de ne laisser une chance à celui-ci que par pure curiosité. Et les fans du premier Zillion ? Ils risquent fort d’être les plus déçus du lot…

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 11/20 Ceux qui espéraient un prolongement à la « Metroid-esque » expérience du premier Zillion en seront pour leurs frais : Zillion II : The Tri Formation n'est pas, contrairement à ce que laisse penser son nom occidental, la suite du premier épisode. Désormais mal grimée en un mélange shoot-them-up/run-and-gun qui hurle en permanence son manque d'ambition, la série s'efface derrière un titre particulièrement quelconque où une poignée d'ennemis sont clonés à répétition dans des décors affreusement semblables au gré d'un level design atrocement limité et d'une difficulté qui reposera davantage sur votre mémoire que sur votre dextérité. Sans être affreuse, l'expérience est si convenue que n'importe quel joueur en aura littéralement fait le tour au bout d'une demi-minute, et si les fans les plus patients du genre pourront s'accrocher le temps de venir à bout de l'aventure, il existe tellement de titres offrant la même chose en mieux réalisé, en plus long et en plus varié qu'on ne pourra recommander la cartouche qu'à ceux qui recherchent désespérément un jeu d'action tout juste correct pour leur Master System.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Un level design inexistant – Des décors qui ne se renouvèlent pas... – ...pas plus que les ennemis, pour être honnête – Une difficulté pénible – Un mécanisme de jauges supplémentaires qui demande de brancher la deuxième manette

Les avis de l’époque :

« Les graphismes, fins et colorés, sont particulièrement réussis et bénéficient d’une animation aussi fluide que rapide. La grande qualité de la réalisation de ce programme contribue pour beaucoup à sa réussite. Zillion II est l’un des meilleurs jeux d’action sur console. Un must. »

Alain Huyghues-Lacour, Tilt n°56, juillet-août 1988, 17/20

Thunder Force V

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Développeur : Technosoft Co. Ltd.
Éditeur : Technosoft Co., Ltd.
Titres alternatifs : サンダーフォースV (graphie japonaise), Thunder Force V : Perfect System (PlayStation)
Testé sur : SaturnPlayStation
Disponible sur : PlayStation 3, PSP, PS Vita

La saga Thunder Force (jusqu’à 2000) :

  1. Thunder Force (1983)
  2. Thunder Force II (1988)
  3. Thunder Force III (1990)
  4. Thunder Force IV (1992)
  5. Thunder Force V (1997)

Version Saturn

Date de sortie : 11 juillet 1997 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Disponible en Anglais : Non
Version testée : Version japonaise
Spécificités techniques : Système de sauvegarde des scores via mémoire interne

Vidéo – L’introduction du jeu :

Le truc avec le succès, c’est qu’il a tendance à s’accompagner d’une certaine pression.

Chaque médaille ayant nécessairement son revers, côtoyer un peu trop régulièrement les hautes sphères de la réussite signifie également que vous serez attendu au tournant, et qu’un échec de votre part n’en sera que d’autant plus mal accueilli. Mine de rien et avec un peu de recul, Technosoft ne s’était peut-être pas rendu que des services en signant l’extraordinaire Thunder Force IV en 1992, car non contente d’avoir réalisé un des jeux les plus techniquement aboutis de toute l’histoire de la Megadrive – au point de rivaliser avec certains des premiers titres de la Neo Geo, c’est dire ! – la firme japonaise venait également d’augmenter drastiquement le niveau exigence pour l’avenir de la saga.

Choisissez l’ordre des premiers niveaux

Si Thunder Force V il y avait, il faudrait qu’il fasse encore mieux, et sur Megadrive, cela paraissait pratiquement impossible. Autant dire que lorsque la Saturn débarqua enfin, n’importe quelle liste de gamer comprenait obligatoirement le prochain épisode de la série, et ce même si le genre du shoot-them-up – et surtout du shoot-them-up en 2D – était objectivement en perte de vitesse. Il aura quand même fallu attendre trois ans – autant dire trois siècle – pour que Thunder Force V montre enfin le bout de son nez… et, comme un cruel symbole des mutations abordées pendant la génération 32 bits, il n’aura même pas quitté le Japon. Un signal plutôt inquiétant, mais qu’on pouvait peut-être également attribuer à une machine qui ne marchait pas très fort hors du Japon, elle non plus. Alors la question était là, en suspens, lancinante : Thunder Force V était-il oui ou non cette suite qu’on avait tant espérée, cinq ans après un épisode qui demeure comme un monument du genre ?

Il est temps de revenir aux fondamentaux !

Une chose est sûre : ce n’est déjà pas du côté du scénario qu’on ira chercher une éventuelle révolution. Allons donc à l’essentiel : au début du XXIIe siècle, une sonde terrienne aura déniché, au sein du nuage d’Oort, un appareil inconnu baptisé « Vasteel » et dont la technologie se sera révélée si avancée qu’elle aura conduit à un bond technologique dans les deux décennies à suivre.

Le jeu vous lance, avant chaque boss, un pavé d’infos inutiles que vous n’aurez jamais le temps de lire

Pour l’étudier, un super-ordinateur surnommé « Gardien » aura été construit sur une gigantesque île artificielle nommée « Babel » (vous sentez déjà les ennuis arriver, à ce stade ?). Comme vous vous en doutez, Gardien finit par devenir autonome et par déclarer la guerre au Gouvernement du Monde Unifié, ce qui aboutit au massacre d’un tiers de la population du globe. Devinez quoi, il ne reste alors plus aux forces terriennes qu’à parvenir à produire un clone parfait du Vasteel original, le RVR-01 Gauntlet, et de vous en confier les commandes pour aller détruire Gardien une bonne fois pour toutes. Ça tombe bien, c’est pour ça que vous avez signé, il va donc être temps de vérifier que Technosoft était toujours aussi doué.

Les environnements sont variés, mais on reste toujours dans les mêmes délires mécanico-futuristes

À un heure où la 3D avait clairement et définitivement gagné à peu près toutes les guerres-éclairs qu’elle avait menées depuis l’essor de la génération 32 bits, on sera surpris de voir Thunder Force V prendre la forme… d’un shoot-them-up à défilement horizontal totalement classique dans sa structure comme dans son gameplay. Là où un titre comme Panzer Dragoon avait révélé des possibilités réjouissantes dans la forme comme dans le fond, le titre de Technosoft choisit donc, lui, de rester dans le moule des deux précédents épisodes : un bouton pour tirer, un bouton pour régler votre vitesse et un autre pour choisir votre arme, et vous voilà prêt à jouer.

Le Free Range est beaucoup trop puissant

Si cela pourra surprendre, ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose – on se souviendra, après tout, que la 3D aura également causé bien des dégâts en cherchant à enrichir (et par extension à complexifier) des mécanismes dont la principale force était précisément leur simplicité et leur accessibilité. Ce n’est donc clairement pas de ce côté qu’il faudra chercher l’ambition du titre – ni, et c’est déjà plus décevant, du côté de son contenu : un seul mode de jeu, pas de multijoueur, trois modes de difficulté et seulement six niveaux au total ; en 1997, cela commençait à apparaître comme franchement chiche, surtout à une époque où les jeux vidéo avaient plutôt tendance à revoir leur durée de vie dramatiquement à la hausse. On choisit donc l’ordre des trois premiers stages (une tradition de la saga depuis Thunder Force III), et on lance la partie en espérant retrouver ce frisson d’adrénaline qu’on avait ressenti en découvrant le quatrième épisode cinq années plus tôt.

C’est joli, mais ça n’a clairement pas le charme du pixel art

Le système d’armement du jeu sent une nouvelle fois l’hommage, pour ne pas dire le réchauffé : vous retrouverez donc les satellites CRAWS (qui, cette fois, seront à collecter un à un jusqu’à un maximum de trois), et le tir arrière et le Hunter à tête chercheuse sont toujours de la partie sans altération notable. Le Wave, pour sa part, est devenu un peu différent : c’est désormais un tir assez faible mais qui a l’avantage de couvrir une large zone et surtout d’atteindre les cibles sans avoir à se soucier des obstacles placés entre vous et elles.

Les passages réellement ambitieux sont bien trop rares

Le Free Range, enfin, est sans doute à la fois le tir le plus puissant et le plus déstabilisant : il consiste a déplacer une ligne de tir qui ne fera donc feu que sur les ennemis qu’elle englobe – mais qui le fera en les ciblant automatiquement, et surtout en effectuant des dégâts monstrueux qui ont en plus le bon goût d’augmenter en fonction de votre proximité avec lesdits ennemis ! On sent donc d’entrée de jeu un certain déséquilibre (on peut largement faire tout le jeu au Free Range sans jamais changer de tir) largement imputable au fait que les tirs les plus « stratégiques » (le Free Way ou le Snake, notamment), ne soient plus de la partie, et qu’il n’y ait plus de charge non plus. Bref, on attendait des surprises, on ne peut pas dire qu’on en trouve, et pour ce qui est des nouveautés, ça ne se bouscule pas au portillon non plus. On en notera néanmoins une, et de taille : l’ajout d’un mode « Over » pour chaque arme. Ce tir est souvent, comme son nom l’indique, beaucoup plus puissant que le tir de base, mais il vide des réserves contenues dans les CRAWS, lesquelles ne se rechargent que lorsque le vaisseau ne tire pas. Un petit aspect stratégique bienvenu qui peut avoir des effets dramatiques, surtout lorsque l’on est bien équipé – rien de renversant, mais on prend. Ceci dit, Thunder Force IV pouvait difficilement être considéré comme un titre à la jouabilité « technique » ; on était quand même avant tout venu chercher du bon gros shooter qui tache et qui en mette plein les mirettes, alors est-ce que la mission aura au moins été remplie à ce niveau-là ?

Technosoft ne maîtrisait visiblement pas les effets de transparence sur Saturn

Autant le dire : même s’il est difficile de donner une réponse objective à cette question, la plupart des joueurs seront d’accord pour dire que la 3D du milieu des années 90 a plutôt plus mal vieilli que le pixel art de la première moitié. Traduit en clair, si on peut encore considérer Thunder Force IV comme un des pinacles de la 2D, Thunder Force V hurle immédiatement son âge à grands coups de polygones taillés au burin, de textures baveuses et de fonds qui se veulent photoréalistes mais où l’on voit tous les pixels. Ce n’est pas que ce soit moche, d’autant que les décors ont le bon goût d’être très varié au sein d’un même niveau, c’est juste que ça ne reproduit jamais la claque qu’avait pu représenter l’opus précédent, et que ça ne parvient surtout pas à se hisser au niveau de… Panzer Dragoon, encore une fois, qui était pourtant sorti deux ans plus tôt, et encore moins à celui de Panzer Dragoon II : Zwei.

Voir sauter un adversaire est toujours aussi jouissif

Voyons le bon côté des choses : l’action est très nerveuse (et bien soutenue par une musique pêchue qui emprunte un peu trop, une fois encore, aux thèmes des précédents épisodes), il se passe toujours quelque chose à l’écran, et il n’y a pas l’once d’un ralentissement de toute la partie. Par contre, il est clair qu’on n’est absolument jamais impressionné par la réalisation du jeu et que les gros modèles en 3D pataude font aujourd’hui plutôt pâle figure à côté des superbes sprites bourrés de détails de l’ère 16 bits. On espérait franchir une étape, et on a plutôt l’impression d’avoir laissé des choses en routes. Et bon sang, même avec un système de score pour encourager à s’y replonger, six niveaux, ce n’est pas assez, c’est à peine autant que le troisième épisode, et on ne peut pas dire qu’ils soient longs ou dépaysants sur un quelconque plan. On n’aura même pas droit aux classique du genre « affronter un vaisseau géant de plusieurs écrans », tout simplement parce que c’était vraisemblablement trop gourmand en termes de ressources processeur. Ça picote quand même un peu, on ne va pas se mentir. Surtout quand on constate que la 3D présente manque, elle, souvent de lisibilité, vous interdisant parfois de déceler rapidement si un ennemi se situe sur le même plan que vous. Énervant…

Les boss sont clairement l’attraction principale du jeu

Une fois écartée la déception de la claque technique et artistique avortée, on découvre heureusement que le gameplay est resté aussi fun qu’il est accessible, et qu’on s’amuse rapidement – à défaut d’être surpris ou estomaqué. La difficulté du jeu, basée sur la mémorisation de l’apparition des ennemis et des quelques patterns des boss, évoque davantage le troisième épisode que le quatrième – tout comme la durée du jeu et l’ambition générale.

La 3D n’est pas très impressionnante

En fait, c’est surtout là que le bât blesse : le titre s’appelle Thunder Force, il le hurle à chaque seconde, mais au lieu que cela se traduise par un monument qui soit un monstre d’efficacité, on a l’impression de découvrir un bon petit jeu développé par une petite équipe et qui puisse nous occuper les doigts une heure ou deux avant de retourner jouer à quelque chose de plus consistant. Rien de catastrophique, juste un retour dans le rang qui laisse un petit goût vaguement amer dans la bouche, juste parce que quand on se demandait « mais comment parviendront-il à faire mieux ? », on fond, on espérait une autre réponse que « il n’y parviendront pas ».

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 15,5/20 La question hantait une partie des esprits, mais elle était légitime : après avoir entraîné le shoot-them-up en 2D dans les plus hautes sphères via une maîtrise rarement atteinte du hardware de la Megadrive, Technosoft allait-il accomplir le même exploit avec la Saturn ? La réponse est hélas négative : sans aucune évolution dans le gameplay et avec une réalisation en 3D qui non seulement ne fera plus rêver personne aujourd'hui mais gêne la lisibilité plutôt qu'autre chose, Thunder Force V fait indéniablement l'effet d'un retour en arrière, et ne peut jamais prétendre à aller chatouiller des titres aussi iconiques que Panzer Dragoon - ou même que son prédécesseur immédiat, l'excellent Thunder Force IV. Reste un jeu sympathique, défoulant et bourré d'action, mais atrocement convenu, prévisible, trop court et pas à moitié aussi impressionnant qu'il le voudrait - et qu'on espérait qu'il le serait. De quoi se changer les idées une heure ou deux, ce qui n'est déjà pas si mal, mais assurément pas de quoi frapper les esprits et maintenir la saga au niveau stratosphérique où les deux précédents épisodes l'avaient amenée.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Une 3D nettement moins impressionnante que le pixel art des précédents épisodes... – ...et qui a surtout le tort de rendre parfois l'action inutilement confuse – Six niveaux, c'est peu – Toujours pas de mode deux joueurs

Version PlayStation
Thunder Force V : Perfect System

Développeur : Technosoft Co., Ltd.
Éditeur : SPAZ – Working Designs
Date de sortie : 21 mai 1998 (Japon) – 25 septembre 1998 (États-Unis)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Disponible en Français : Non
Disponible en Anglais : Oui
Version testée : Version américaine
Spécificités techniques : Système de sauvegarde via carte mémoire

Vidéo – L’introduction du jeu :

Avec un épisode sur Saturn au succès déjà suffisamment confidentiel pour rester cantonné au Japon, on peut comprendre que Technosoft, au moment de distribuer son jeu à l’international (enfin, en l’occurrence, aux États-Unis, où le succès n’a pas dû être mirobolant non plus puisque le jeu ne sera jamais arrivé en Europe…), ait décidé de le porter sur LA machine qui faisait un tabac planétaire, à savoir la PlayStation. Histoire de ne pas débarquer avec l’aura d’un simple portage depuis une machine réputée moins puissante, le titre se sera vu rajouter le sous-titre Perfect System et aura bénéficié d’une série d’ajouts plus ou moins sensibles, comme des galeries d’images ou un mode Time Trial à débloquer, et même un nouveau boss final.

Graphiquement, rien de révolutionnaire…

Tant qu’à faire, on n’aurait sans doute pas craché sur un ou deux niveaux en plus, mais on aurait tort de renâcler devant un peu de contenu supplémentaire. Du côté de la réalisation, la PlayStation avait beau s’en sortir généralement mieux que la Saturn, on ne peut pas dire qu’on sente un bond du côté des graphismes – non seulement les décors de fond en 2D sont plutôt plus pixelisés, mais on perd même en détails sur plusieurs passages en 3D, et si les effets de transparence abandonnent cette fois le dithering et son effet de damier désagréable, c’est parce qu’ils ont purement et simplement disparu ! En revanche, ça tourne comme un charme et avec une fluidité encore plus remarquable que sur la console de SEGA, et l’action m’est apparue comme un peu plus lisible. Bref, c’est plutôt du côté du contenu qu’on sera heureux de découvrir cette version, même si tous les Time Trial du monde ne compenseront pas la relative brièveté de l’expérience – et que, tant qu’à faire, on n’en aurait vraiment pas voulu à la machine de Sony de placer la réalisation technique encore un cran plus haut.

NOTE FINALE : 15,5/20

En débarquant sur PlayStation, Thunder Force : Perfect System aura eu la bonne idée d’arriver escorté d’un peu de contenu supplémentaire qui aidera à rallonger un peu la durée de vie du jeu mais sans que la réalisation graphique profite des mêmes largesses – elle est même plutôt inférieure. Pas de quoi tout plaquer pour découvrir cette version, mais au moins a-t-elle eu l’avantage de quitter le Japon, elle.

Keio Flying Squadron

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Développeur : Victor Entertainment Inc.
Éditeur : JVC Musical Industries Europe Limited
Titre original : 慶応遊撃隊 (Keiou Yuugekitai, Japon)
Testé sur : Mega-CD

La série Keio Flying Squadron :

  1. Keio Flying Squadron (1993)
  2. Keio Flying Squadron 2 (1996)

Version Mega-CD

Date de sortie : 6 août 1993 (Japon) – Octobre 1994 (Europe) – Février 1995 (États-Unis)
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques :

Vidéo – L’introduction du jeu :

Au XXe siècle, un étrange stigmate semblait toucher une large partie de l’univers du jeu vidéo et le frapper du sceau de l’horreur, empêchant la commercialisation de centaines de titres tant qu’on n’avait pas procédé à de sévères coupes dans leur déroulement, voire à une réécriture massive du code. Quel était ce poison qui risquait de corrompre la jeunesse innocente ? Le communisme ? La violence ? Le sexe ?! Non, pire, c’était… la culture japonaise.

Les boss sont toujours assez… originaux

Ne rigolez pas. On ne compte plus les licences entières n’ayant jamais entrepris le périlleux voyage vers l’occident pour avoir été jugée « trop japonaises ». De nombreux titres n’offrant pourtant rien de plus intrinsèquement infamant que des graphismes de type « manga » sur une banale structure de jeu de plateforme n’auront ainsi jamais quitté le pays du soleil levant, et même la puissante Konami n’aura daigné distribuer en Europe et aux États-Unis que les miettes des aventures de « son » voleur Goemon, avec des années de retard, et après en avoir fait un « ninja mystique » appelé Kid Yang ! Autant dire que dès qu’on voyait passer un jeu comprenant un kimono, un temple shinto ou une jeune fille un peu trop court-vêtue, on s’attendait à ne le voir arriver dans nos contrées qu’après de laborieux mois d’adaptation culturelle à coup de barbouillage de pixels – et encore, dans le meilleur des cas. Et puis parfois, de manière exceptionnelle, survenait une anomalie : un titre japonais qui parvenait miraculeusement à passer entre les mailles du filet sans y laisser de plumes. Abordons aujourd’hui le cas de l’un des plus surprenant de tous : le Keio Flying Squadron de Victor Entertainment.

JAPOOOOON !!!

Une fois n’est pas coutume, nous allons commencer par nous pencher sur le scénario d’un shoot-them-up – parce que, pour une fois, ça vaut le détour. Figurez-vous donc la deuxième moitié du XIXème siècle au Japon, et plus précisément la brève ère Keio (1865-1868) qui aura notamment vu la capitale Edo rebaptisée en Tokyo. Dans une région mal définie du pays, au cœur d’un temple voué à on-ne-sait-trop-quoi, vivent Rami, une jeune novice du temple irrémédiablement habillée en bunny (!!!) avec sa grand-mère et son dragon (!!!).

Vous avez fumé quoi, les gars, sans rire ?

Chargées de veiller sur une clé sacrée censée ouvrir l’accès à un trésor inconnu, leur glorieuse mission s’achève tragiquement en eau de boudin le jour où le maléfique raton-laveur nommé Dr. Pon débarque avec son armée et son bateau volant pour voler le précieux objet, profitant de ce que la très lunaire Rami aient préféré déserter son poste pour aller acheter à manger. Courroucée d’avoir vu ainsi leur sacerdoce réduit à néant par l’estomac de la jeune fille, la grand-mère lance un ultimatum : Rami devra aller récupérer la clé sacrée, faute de quoi, plus de repas ! Secouée par ce coup dur, la jeune prêtresse réveille donc immédiatement son dragon d’un bon coup de pied dans le fion avant de se mettre en route pour rattraper son erreur et empêcher le monde de se voir peuplé de ratons-laveur – et le tout avant l’heure du diner, tant qu’à faire.

La réalisation est une des grandes qualités du jeu

Je vous laisse digérer, le tout en jetant un œil à l’introduction du jeu qui vous permettra au moins de constater que je n’invente rien. La plus impressionnante leçon à retirer de ce scénario complètement barré, c’est surtout de se demander par quel miracle il aura pu arriver tel quel et sans aucune adaptation sur le marché occidental – la version européenne allant même jusqu’à ne procéder à absolument aucune forme de censure, pas même quand l’écran de fin du premier niveau nous permet de profiter de la vue d’une saisissante paire de testicules de dragon !

Ici, on se croirait presque dans U.N. Squadron

Il aura donc été possible, dès 1994, de jouer une jeune fille visiblement pas bien vieille dans une tenue pas exactement neutre et dans un univers japonais jusqu’à la caricature – au point de nous proposer de coller une raclée à une partie de la marine de l’Oncle Sam ! C’est… un peu déstabilisant, on ne va pas se mentir, mais c’est aussi à n’en pas douter l’aspect le plus marquant et le plus charismatique d’un shoot-them-up qui aura enfin autre chose que des empires extraterrestres et des robots géants à nous faire affronter. Un cute-them-up vaguement transgressif sur Mega-CD ? Ça change !

Du côté du système de jeu comme de celui d’incarner une jeune fille qui est un estomac sur patte, difficile de ne pas immédiatement penser à Cotton (et bien évidemment à Parodius, fondateur du genre) : on est donc face à un shoot-them-up à défilement horizontal qui, hors univers, est finalement assez classique.

Le genre de passage beaucoup plus difficile si vous n’avez pas le bon tir secondaire

Vous aurez accès à deux types de tir principal et à trois types de tirs secondaires (lesquels s’activent tous avec le même bouton, et on remerciera au passage le titre d’inclure un autofire très efficace), ce qui n’est vraiment pas beaucoup, et le tout n’aura également que quatre niveaux de puissance – ce qui aura au moins le mérite de ne pas vous faire sentir trop « nu » lorsqu’un trépas vous fera perdre tous vos précieux power-up. Rester sans faire feu pendant quelques secondes fera apparaître jusqu’à deux petit dragons qui serviront de satellites, et le cas échéant vous pourrez en sacrifier un pour en faire une smart bomb d’ailleurs pas très efficace. Rien de bien neuf sous le soleil de ce côté-là, donc, mais qui jouait encore à un shoot-them-up en 1994 pour être surpris par le système de jeu ?

Ne vous laissez pas leurrer par l’esthétique : certains passages sont vraiment exigeants

Pour ceux qui aiment mériter leur cinématique de fin, Keio Flying Suqadron devrait en tous cas offrir un défi à la hauteur dès le premier des trois niveaux de difficulté du titre. Les sept niveaux du jeu sont très longs et demandent une concentration de tous les instants, car votre jeune héroïne et son dragon présentent une hitbox assez volumineuse et le moindre contact se traduira automatiquement par la perte d’une vie et de tous vos bonus.

Un instant d’inattention se paie souvent au prix fort

Il faudra rapidement être mobile, attentif et doué de bons réflexes pour éviter les dizaines de cochonneries affichées à l’écran – en profitant au passage des nombreux ralentissements causés par un logiciel qui ne tire visiblement jamais parti du deuxième processeur présent dans le Mega-CD. Cela n’empêche pas la réalisation d’être très réussie, avec des sprites massifs et des décors très colorés, avec un soin particulier dans le fait d’offrir plusieurs environnements au sein d’un même niveau. Surtout, le fait de profiter un peu de forêts, de montagnes, de navires en bois et de murs en bambou en lieu et place des éternelles planètes mécaniques apporte une gigantesque bouffée d’air frais, tout comme le font les nombreuses cinématiques et leurs doublages impayables pour nous raconter cette histoire débile qui ne mène nulle part. Bref, autant le jeu ne serait sans doute qu’un énième shoot-them-up honnête mais parfaitement oubliable s’il avait eu la mauvaise idée de nous replacer aux commandes d’un prototype de vaisseau spatial, autant le fait de nous promener enfin dans un univers graphique un peu dépaysant fait une énorme différence et nous donne envie de nous accrocher pour découvrir la prochaine stupidité que le le jeu a en réserve.

Évidemment qu’il y a quand même des bases géantes, rassurez-vous

Résultat : Keio Flying Squadron est-il un grand jeu ? Non, assurément pas, mais sa simple existence en tant que jeu distribué en occident a déjà quelque chose d’étrangement réjouissant, et il faut admettre que son univers graphique, dans un style jusqu’ici cantonné aux titres les plus étranges et les plus marginaux de la PC Engine, suffit clairement à le rendre extrêmement sympathique.

Chaaaarge !

Les amateurs de shoot-them-up chargés d’adrénaline avec des explosions dans tous les sens le trouveront à n’en pas douter un peu lent, et même un peu trop « sage », à sa façon, installé dans un faux rythme qui vous prendra en traitre au moins aussi souvent que les projectiles adverses. Mais pour tous ceux ayant simplement envie de voir enfin quelque chose d’original ou de composer avec un jeu suffisamment exigeant pour les tenir en haleine quelques jours, le coup de foudre pourrait être immédiat. Alors si vous avez laissé passer les aventures de Rami et de son dragon, n’hésitez pas à lui laisser sa chance : pour une fois qu’on ne vous confie pas le sort de l’univers tout entier…

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 15,5/20 Keio Flying Squadron est à coup sûr un shoot-them-up qui détonne au cœur de la ludothèque du Mega-CD - et particulièrement au cœur de sa ludothèque occidentale. Improbable cute-them-up vous mettant aux commandes d'une prêtresse habillée en bunny (!) à dos de dragon (!!) pour aller affronter un grand méchant projetant de remplacer l'humanité par des ratons-laveurs (!!!), on se demande aujourd'hui encore par quel miracle un titre si incroyablement japonais jusqu'au bout des ongles a bien pu quitter l'Archipel sans hériter d'un énorme coup de peinture. La conséquence en est un jeu exigeant, finalement très convenu dans son gameplay et situé quelque part entre Cotton et Air Zonk, mais qui a surtout le mérite de profiter d'un univers graphique totalement barré qui ressemble à une bouffée d'air frais au milieu de tous ces prototypes de vaisseaux spatiaux et tous ces mechas qui vampirisent le genre. Si vous cherchez désespérément un peu de dépaysement sans avoir à ressortir vos cours de japonais, voilà bien un logiciel sur lequel il ne faut pas faire l'impasse.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Expérience strictement solo – Une difficulté vraiment frustrante sur la fin – Une large dose de ralentissements et d'effacements de sprites

Seirei Senshi Spriggan

Cette image provient du site https://www.mobygames.com

Développeur : Compile
Éditeur : Naxat Soft
Titre alternatif : 精霊戦士スプリガン (graphie japonaise)
Testé sur : PC Engine Duo
Disponible sur : Wii

La série Spriggan :

  1. Seirei Senshi Spriggan (1991)
  2. Spriggan Mark 2 : Re-Terraform Project (1992)
  3. Spriggan Powered (1996)

Version PC Engine Duo

Date de sortie : 19 juillet 1991 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version japonaise
Spécificités techniques :

Vidéo – L’introduction du jeu :

Au fil de l’histoire vidéoludique, certains studios de développement auront parfois donné le sentiment d’être habité par une sorte de mission sacrée. Prenez Compile, par exemple. Bien que le studio japonais ait brillé dans bien des domaines, c’est dans celui du shoot-them-up que celui-ci aura réalisé un tel sans faute, et ce sur toutes les plateformes, qu’on pourrait presque en venir à se demander d’où lui venait cet étrange obsession d’arroser le monde avec des titres d’exception reposant peu ou prou sur les mêmes formule, encore et encore.

Combat contre un robot géant au-dessus des nuages…

C’était presque de l’artisanat, à ce stade : Compile savait faire des shoot-them-up à défilement vertical, alors Compile faisait des shoot-them-up à défilement vertical, en peaufinant son art pourtant déjà maitrisé pour tenter de le mener chaque fois encore un peu plus près de la perfection. Et comme si la déjà très impressionnante série des Aleste ne suffisait pas, comme si avoir doté la Master System d’un exceptionnel portage de R-Type n’était qu’une broutille, Compile fut chargé de programmer un jeu pour inaugurer le Summer Carnival de Naxat, compétition sur laquelle vous pourrez en apprendre plus dans le test de Recca. Cela donna le titre qui nous intéresse aujourd’hui : Seirei Senshi Spriggan, hélas jamais sorti du Japon. Et devinez quoi ? C’est un shoot-them-up à défilement vertical.

Un jeu qui casse la baraque ?

Je pourrais presque arrêter l’article à ce stade, tant on a déjà eu l’occasion de voir à quel point le savoir-faire de Compile n’est plus à démontrer dans le domaine. On se trouve même ici face à une sorte de combo ultime : Compile, maître incontesté des shoot-them-up, sur PC Engine Duo, maîtresse incontestée des shoot-them-up.

L’histoire se dévoile en images

L’occasion, bien entendu, de nous raconter une histoire probablement fascinante par le biais de grandes cinématiques animées. Ne parlant pas un traitre mot de japonais, je serais bien en peine de vous décrire les enjeux du scénario – qui ne figurait d’ailleurs visiblement pas dans les arguments de vente du titre si l’on considère que la jaquette du jeu ne nous en présente même pas un résumé, préférant se borner à une simple publicité pour le Summer Carnival ! On se doute donc que le duo que vous apercevrez dans l’introduction (si ce n’est déjà fait) aura pour mission de sauver la planète, la galaxie ou l’univers – très honnêtement on s’en contrefout et on a juste envie de prendre les commandes pour pouvoir en prendre plein la vue et les oreilles et s’éclater comme des bêtes. À ce niveau-là, Compile ne déçoit jamais. Et devinez quoi ? Ce n’est toujours pas cette fois qu’ils vont décevoir.

L’action ne faiblit pas, et mieux vaut rester concentré d’un bout à l’autre

On se retrouve donc naturellement aux commandes d’une sorte de mecha volant envoyé parcourir sept (longs) niveaux en pétant tout ce qui se trouve sur sa route. Les commandes sont simples : II pour tirer (avec un autofire inclus, merci), I pour lâcher une smart bomb, Select pour changer la vitesse de votre robot. Autant dire du classique, et rien qui vienne franchement bouleverser les connaisseurs du genre, particulièrement du côté des fans de Compile.

L’opposition arrive en nombre, et mieux vaudra garder votre tir à la puissance maximale

Là où se profile la réelle trouvaille, c’est du côté du système de power-up du jeu. Au fil de la partie, votre fabuleux engin pourra collecter jusqu’à trois sphères correspondants aux éléments : jaune pour la terre, rouge pour le feu, bleu pour l’eau et vert pour le vent. Chaque élément correspond bien évidemment à un type de pouvoir en particulier (l’eau est plus défensive, le vent plus couvrant, le feu fait plus de dégâts…), et accumuler les sphères d’un même type viendra gonfler la puissance de votre tir – jusqu’ici, c’est déjà très efficace, mais on ne peut pas dire que ce soit spécialement neuf.

Attaquer une base spatiale, un grand classique

Mais le truc, c’est que collecter deux sphères dotée chacune d’un élément différent ne vous fait pas revenir à zéro – les pouvoirs et leurs effets ne s’annulent pas, ils se cumulent… ce qui signifie qu’il existe un nombre réjouissant de combinaisons de sphères à expérimenter, et que chacune d’entre elles produit un tir différent ! Comptez déjà un type de tir par élément et par niveau de puissance, soit douze à la base, plus tous les mélanges imaginables, et vous obtiendrez alors un véritable terrain d’expérimentation ludique. Et le titre ayant la bonne idée de vous bombarder très régulièrement d’un nombre conséquent de sphères, libre à vous d’expérimenter ou bien de chercher à obtenir exactement le savant mélange que vous jugez comme le plus efficace pour faire face à l’opposition qui vous attend. Collecter des power-up n’avait jamais été aussi amusant !

Les boss sont tous de très beaux morceaux, et il n’y aura jamais l’ombre d’un ralentissement

La bonne nouvelle, c’est que cet excellent système n’est que la cerise sur le copieux gâteau que représente le jeu. On connait le talent de Compile, on connait les capacités de la PC Engine Duo, vous pouvez donc imaginer ce que donne l’alliance des deux et vous ne serez pas déçu : les graphismes sont magnifiques, l’action est trépidante, il y a des sprites dans tous les sens, jamais l’ombre d’un ralentissement et la musique CD vient encore parfaire le tableau, même si son volume est un peu bas par défaut.

Les niveaux sont variés et bien conçus

Il y a également des dizaines de petits détails réjouissants, comme le fait que des vaisseaux viennent vous aider lors du premier stage. On pense immédiatement à M.U.S.H.A. – et pour cause – et la barre parvient peut-être même ici à être placée encore un peu plus haut ! Pour ce qui est du défi, n’oublions par que Seirei Senshi Spriggan était un titre prévu pour le Summer Carnival, ce qui signifie qu’il bénéficie d’un mode challenge très relevé, et surtout de pas moins de cinq modes de difficulté ! Dans son mode « normal » (c’est à dire la difficulté la plus basse), le jeu est exigeant mais loin d’être insurmontable, surtout si vous commencez à établir quelle combinaison de sphères vous convient en toute circonstance. Dans les niveaux supérieurs, c’est bien évidemment une autre chanson, mais le fait est que les néophytes comme les experts pourront tous trouver leur compte, ce qui est certainement la meilleure approche dont on puisse rêver.

Le décor viendra parfois réduire votre marge de manoeuvre

Au final, la mission est une nouvelle fois remplie pour un studio décidément en état de grâce : Seirei Senshi Spriggan est sans doute un des tout meilleurs titres du genre, un des plus ludiques, un des plus aboutis et un des mieux réalisés. À moins d’être résolument et définitivement allergique aux shoot-them-up à défilement vertical, j’ai du mal à concevoir qu’on puisse s’essayer à ce titre et ne pas y trouver son compte, quel que soit son degré d’attente et son niveau d’exigence : dans tous les domaines, on a indéniablement affaire au haut du panier, et à peu près n’importe quel type de joueur devrait être amené à y trouver ce qu’il cherche. Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de lui laisser sa chance, je vous encourage à combler immédiatement cette lacune. Parce que dans le genre, on trouve difficilement mieux.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 18/20 Seirei Senshi Spriggan est un shoot-them-up à défilement vertical développé par Compile, et cette simple phrase devrait presque suffire à décrire toutes ses qualités. Porté par un système de power-up jouissif et une réalisation à la hauteur, le titre se montre à la fois abordable et profond, fun et exigeant, apte à vous tenir en haleine pendant des semaines grâce à ses nombreux modes de difficulté sans jamais se montrer injuste ou inutilement frustrant. On pense immédiatement à des références comme M.U.S.H.A., mais le mieux reste que le jeu représente une passerelle idéale entre les vieux briscards à la recherche de défi et les néophytes espérant simplement se vider la tête et se détendre - en solo uniquement, certes, mais c'est bien là le seul reproche qu'on puisse adresser au programme. Quoi que vous cherchiez dans un shoot-them-up, Seirei Senshi Spriggan l'a probablement en réserve. Raison de plus pour l'essayer dès maintenant.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Pas de mode deux joueurs en vue

G-LOC : Air Battle

Cette image provient du site https://flyers.arcade-museum.com/

Développeur : SEGA AM2 Co., LTD.
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Titres alternatifs : ジー・ロック (graphie japonaise), 지-락 (graphie coréenne), G-LOC : R360 (ordinateurs), SEGA AGES : G-LOC Air Battle (Switch)
Testé sur : ArcadeGame GearMaster SystemAmigaAmstrad CPCAtari STCommodore 64ZX SpectrumMegadrive
Disponible sur : 3DS (version Game Gear), Switch (version arcade)
En vente sur : Nintendo eShop (Switch), Nintendo eShop (3DS)

Version Arcade

Date de sortie : Avril 1990
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Internationale
Spécificités techniques : Hardware : Processeur principal : (3x) 68000 (@ 12.5 Mhz)
Processeur sonore : Zilog Z80 (@ 4 Mhz)
Puce sonore : Yamaha YM2151 (@ 4 Mhz), Sega (@ 4 Mhz)

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Le truc avec les idées, c’est que contrairement à ce qu’on pourrait penser, elles ne sont pas illimitées. Comprendre : elles le sont à un niveau théorique, mais quand il s’agit de penser dans un cadre et selon des contraintes, les choses se compliquent, et ça ne fait qu’empirer au moment d’opérer un tri entre les bonnes et les mauvaises.

Quand les ennemis ont le bon goût de s’aligner sagement devant vous, tâchez d’en profiter

Demandez à SEGA : des idées, la firme en avait eu à revendre au cours des années 80, et cela avait d’ailleurs largement participé à sa renommée dans les salles d’arcade – avec quelques prouesses techniques comme le Super Scaler qui avait permis de lancer aux joueurs avides d’en prendre plein les yeux des Space Harrier, des OutRun ou des After Burner. Mais justement, au début des années 90, les genres vidéoludiques commençaient à se structurer, les mécanismes à se graver dans le marbre et les univers à se définir, ce qui fait que débarquer avec la trouvaille à laquelle personne n’avait pensé se révélait chaque jour un peu plus difficile. Et au moment de lancer une nouvelle borne vous plaçant à bord d’un chasseur de type jet, la question se sera fatalement posée chez SEGA : qu’offrir de plus que ce qu’avait déjà proposé After Burner, justement, trois ans plus tôt ? La réponse prit la forme d’un jeu nommé G-LOC : Air Battle, un titre nourrissant, comme on va le voir, bien des points communs avec une saga à laquelle il n’est pas officiellement rattaché. D’ailleurs, petit conseil : abordez la lecture du test en ajoutant mentalement « Comme dans After Burner » au début de la moitié des phrases, ça m’évitera de le faire moi-même.

Le monde libre a encore besoin de vous!

Vous voici donc une nouvelle fois aux commandes d’un avion qui ressemble furieusement à un F-14 Tomcat. On sent d’ailleurs bien que c’est là le principal intérêt de la borne, laquelle se sera parfois présentée dans un modèle dit « R360 » et monté sur vérins hydrauliques qui avait pour fonction de vous secouer avec autant d’enthousiasme que l’auraient fait des montagnes russes dans un parc d’attraction, jusqu’à vous placer la tête en bas – au point, d’ailleurs, qu’il était possible de s’asseoir dans le cockpit juste pour profiter de la démonstration sans même jouer, et qu’un mécanisme « d’éjection » était disponible pour stabiliser la borne !

Au sol ou dans les airs, une cible reste une cible

Mais même sur la version de base, on profitait déjà d’un manche à balai et d’un levier de vitesse sur lequel était placé un petit bouton rouge pour la post-combustion, la grande classe. Les commandes, expliquées au lancement, sont de toute façon faites pour être assez évidentes : une gâchette pour la mitrailleuse (aux munitions illimitées), un bouton pour les missiles (en nombre limité, cette fois), un levier pour la vitesse qui sera d’ailleurs désactivé pour le mode « débutant » (le jeu compte trois modes de difficulté), et à vous les joies d’aller dézinguer des avions adverses ou des unités au sol, ce qui sera d’ailleurs votre objectif exclusif, chacune des « missions » vous demandant d’abattre un certain nombre de cibles en temps limité avant de passer à la suivante. Si vous y parvenez sans vous faire abattre, à vous le bonheur de continuer, dans le cas contraire il vous suffira de glisser une autre pièce pour avoir droit à un nouveau tour de manège.

Mayday! Mayday! Il est dans mes six heures!

Les trois modes de difficulté du jeu vous proposeront des environnements différents, mais le principe ne changera fondamentalement jamais : un grand couloir où vous ne choisirez pas votre direction, des ennemis qui arriveront par derrière ou par en face et dont la position vous sera annoncée par le radar en bas à gauche, et vos armes pour vous débarrasser en vitesse du quota exigé avant que le chronomètre ne soit écoulé.

Renversant, non?

Est-ce que cela vous fait penser à After Burner ? Comme on l’a déjà dit, c’est parfaitement normal, et on peut même se demander au nom de quelle obscure logique commerciale la borne ne s’appelle pas After Burner III alors qu’elle reprend pour ainsi dire 90% du système de jeu de la saga. Un nom qui finira d’ailleurs par échoir à la version console de… Strike Fighter, un autre jeu très semblable que SEGA sortirait l’année suivante. Vous vous souvenez de ce que je disais à propos des idées ? Ici, elles peuvent se compter sur les doigts d’une main : la vue se fait désormais à la première personne pendant l’essentiel de l’action, ne repassant à la troisième que lorsque vous êtes pris en chasse par un appareil ennemi, ce qui vous demandera alors de secouer le manche à balai dans tous les sens pour essayer de sortir de la ligne de mire adverse.

Le retour du héros, qui aura droit à sa poignée de main pour avoir sauvé le monde

Le rythme est un peu plus lent que dans After Burner, et la jouabilité se veut plus précise : verrouiller un ennemi demande désormais de le conserver à portée de viseur suffisamment longtemps, par exemple, et il est possible d’aller s’écraser contre les falaises lors des phases de rase-motte, lesquelles ressemblent comme deux gouttes d’eau à celles de… Thunder Blade. Décidément, on savait recycler, chez SEGA ! Pour le reste, on est face à un calque si fidèle de l’action d’After Burner que le jeu va jusqu’à en reprendre une large partie des bruitages et des voix digitalisées. Seule originalité : l’occasion d’aller se poser manuellement sur le fameux porte-avion à la fin de certaines missions. Sachant qu’il suffira de se placer correctement sur l’axe horizontal et d’attendre, on ne va pas hurler à la simulation de pointe…

Faire péter des trucs: la base de bien des concepts vidéoludiques

En fait, tout est là : G-LOC : Air Battle, c’est After Burner avec un minime coup de peinture et très peu d’idées en plus, le tout camouflé tant bien que mal derrière un rythme un peu plus sage. L’accumulation de sprites au sol a cette fois été remplacée par une 3D mappée assez propre qui fait penser à ce qu’offrirait le Mode 7 de la Super Nintendo quelques mois plus tard, et l’action demeure suffisamment efficace pour qu’on soit rivé au siège… oh, une bonne minute.

Il y a aussi des missions de nuit, où vous ferez la même chose que de jour

Évidemment, dans la borne R360, c’était bien suffisant pour avoir envie d’aller vomir tout son quatre heures, mais si vous découvrez aujourd’hui le titre via une borne plus conventionnelle ou via l’émulation, autant dire que vous estimerez avoir fait le tour du jeu au terme de votre première partie et que vous aurez probablement raison. Ce n’est pas qu’on ne s’amuse pas – le jeu est objectivement défoulant – c’est plutôt qu’on est une nouvelle fois face à un concept pensé exclusivement pour l’arcade, c’est à dire dont la durée de vie n’a jamais vraiment été pensée au-delà de deux minutes. Si on se sent un peu plus maître de son destin que dans After Burner où l’intérêt fondait en même temps que l’adrénaline retombait, la surprise ne joue plus et le bilan sur la durée n’est pas nécessairement meilleur : tant qu’on a le cerveau débranché et qu’on se sent puissant à dégommer des chasseurs par dizaines, la magie fonctionne à peu près, mais une fois qu’elle a disparu… Bref, une bonne occasion de se lâcher un peu, surtout si vous avez la chance de croiser la borne R360, mais sans doute pas de quoi vous retenir pendant des heures.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE : 14/20 Dans l'absolu, G-LOC : Air Battle n'est finalement pas grand chose de plus qu'After Burner à la première personne, en plus lent. Le gameplay gagne en précision ce qu'il y perd en adrénaline, mais le bilan ludique passé les cinq premières minutes reste à peu près le même : jouissif à faible dose, mais limité. Au bout de la trentième vague de chasseurs tous identiques, après avoir fait joujou avec la manette des gaz, le bouton de post-combustion et le manche à balai, on s'est certes bien amusé mais on se surprend également à penser qu'on est finalement un peu vieux pour ce genre de choses et qu'à tout prendre, on s'amuserait peut-être davantage sur une vraie simulation que dans ce rail shooter déguisé qui peine à exister au-delà de son aspect de pur défouloir. À essayer au terme d'une longue et épuisante journée de travail.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Des mécanismes qui n'apportent pratiquement rien par rapport à After Burner... – ...et une adrénaline qui s'est un peu faite la malle entretemps – Des missions qui se limitent à deux modèles répétés en boucle

Version Game Gear

Développeur : AM R&D Dept. #2
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Date de sortie : 15 décembre 1990 (Japon) – Avril 1991 (États-Unis) – Juin 1991 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (avec deux consoles reliées par un câble Gear-to-Gear)
Disponible en Français : Non
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques :

Deux salles, deux ambiances

Au moment de porter une borne d’arcade réputée pour sa réalisation sur une console portable 8 bits comme la Game Gear, on se doute que l’équipe de développement va devoir faire preuve d’un minimum de jugeote pour éviter la catastrophe industrielle. Fort heureusement, l’équipe interne de SEGA se doutait bien que la formule de G-LOC : Air Battle allait devoir être repensée un minimum pour l’occasion. Oubliez donc bien évidemment la 3D-de-la-mort-qui-tue : le décor défile désormais en simili-3D, et c’est bel et bien votre curseur qui bouge plus que votre avion, même si la vue se penche lorsque votre curseur s’approche des bords de l’écran. On retrouve les trois modes de difficulté, la mitrailleuse et les missiles, et s’il n’est plus possible de régler la vitesse, la post-combustion est toujours présente via la touche Start. On note que le système de verrouillage est devenu beaucoup plus permissif dans cette version, où n’importe quel ennemi située dans une zone assez large autour de votre curseur devient immédiatement une cible pour vos missiles. Surtout, en plus de la possibilité de choisir sa mission, cette version offre un aspect « gestion » puisque vous ferez un détour par le garage entre deux missions pour dépenser vos points afin d’augmenter votre puissance de feu, de refaire vos réserves de munitions et de carburant, d’augmenter votre blindage ou la taille de votre réservoir… autant dire un aspect assez gadget, mais qui a le mérite de vous investir un peu peu plus. Il y a même un mode deux joueurs en compétitif ! L’un dans l’autre, le logiciel s’en sort finalement assez bien alors qu’on était en droit de craindre le pire. Certes, plus question ici d’en prendre plein les yeux, et le gameplay reste extrêmement simpliste, mais il a le mérite de fonctionner. C’était très certainement ce qu’on pouvait espérer de mieux, et les possesseurs d’une Game Gear ne devraient pas se sentir floués de posséder cette version, parfaite pour s’occuper les mains cinq à dix minutes de temps à autres.

À tout prendre, les choix opérés étaient probablement les bons

NOTE FINALE : 11/20

Porter une borne d’arcade comme G-LOC : Air Battle sur la Game Gear pour son lancement était un choix assez gonflé, mais SEGA aura plutôt bien sauvé les meubles en proposant une cartouche certes loin d’être inoubliable mais qui offre l’essentiel tant que vous n’aurez pas l’idée saugrenue de chercher à y engloutir des heures. Un petit jeu amusant par courtes séquences, parfait pour s’occuper dans la salle d’attente, donc.

Version Master System

Développeur : SIMS Co., Ltd.
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Date de sortie : 1991
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques :

Qui a besoin de 3D quand on a une Master System ?

Parue plusieurs mois après la version Game Gear, l’itération Master System de G-LOC : Air Battle aurait pu en être un simple portage adapté à l’écran de la télévision. SEGA en aura visiblement décidé autrement, en plaçant l’équipe de SIMS, grand habitué de la machine, aux commandes. Et le résultat est vraiment bluffant : techniquement, si on est évidemment à des kilomètres de la version arcade, on a cette fois une liberté de mouvement bien plus grande que sur Game Gear, et la sensation de vitesse est bien rendue, tout comme les indispensables roulis. Même les séquences de poursuite en vue extérieure sont toujours là !

Investissez judicieusement entre les missions

Pour ne rien gâcher, le système de jeu est même plutôt plus convaincant que sur arcade : le score vous servira à investir des points à la fin de chaque niveau pour recharger votre chronomètre, vos dégâts ou votre stock de missiles. Les missions offrent des cibles un peu plus variées, et il y a même des boss de fin de niveau ! À une heure où la technique de la borne n’impressionne plus personne, je dois confesser avoir pris plutôt davantage de plaisir sur cette version, en dépit de quelques petits tracas évitables, comme un manque de précision de la mitrailleuse qui fait qu’on tend à abuser des missiles le temps de comprendre le truc. Une chose est sûre : on tient là, et de loin, une des meilleures simulations de vol de la machine. Une excellente surprise, à découvrir!

On a même des boss!

NOTE FINALE : 13,5/20

Soyons honnête : ce n’est certainement pas sur Master System qu’on attendait G-LOC : Air Battle. Eh bien il s’avère qu’on avait tort : grâce à une réalisation réussie et à un gameplay bien pensé, le fait est qu’on passe un très bon moment sur ce qui s’avère être un des tout meilleurs titres du genre sur la 8 bits de SEGA. Beau boulot, SIMS.

Version Amiga
G-LOC : R360

Développeur : Images Software Ltd.
Éditeur : U.S. Gold Ltd.
Date de sortie : 1992
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version disquette testée sur Amiga 500
Spécificités techniques :

Ceci n’est pas un jeu NES

Je suis sûr que rien qu’à la vue du nom « U.S. Gold », nombreux sont les lecteurs à avoir pris la fuite. Eh oui, en 1992, le distributeur américain sévissait encore, confiant le massacre de ses licences chèrement acquises à des équipes qui en faisaient n’importe quoi. Pompeusement renommé G-LOC : R360 pour l’occasion, ce portage est hélas une énième démonstration d’une des multiples raisons pour lesquelles l’Amiga faisait nettement moins rêver en-dehors de l’Europe : techniquement, si ça bouge de manière à peu près fluide, c’est hideux, avec grosso modo quatre couleurs qui se battent à l’écran dont un gros pâté uni pour figurer le sol. Le son ne relève pas le tout, mais la maniabilité à un bouton est de loin la pire horreur de toutes : on ne sait jamais pourquoi on tire un missile, la mitrailleuse ne fait jamais mouche, l’avion ne va strictement jamais là où on essaie de le mener et félicitations à ceux qui ont compris d’où venaient les tirs ennemis qui nous touchent, puisqu’on ne les voit pas à l’écran. On se retrouve parfois avec une véritable nuée de cibles face à nous sans réussir à en toucher une seule. Du grand art ! Autant dire que ce qui aurait déjà eu un peu de mal à passer en 1990 ne faisait absolument plus illusion en 1992 : le jeu s’était fait descendre à sa sortie, et à raison. Fuyez cette honte et allez jouer à autre chose à la place.

NOTE FINALE : 05/20

Certaines réputation sont méritées, et celle d’U.S. Gold n’est plus à faire : chaque fois qu’on cherche le pire de ce qu’a pu offrir l’Amiga, on sait où chercher. Ce G-LOC : R360 est un naufrage : c’est moche, c’est injouable, c’est chiant comme la pluie. Si vous ne savez pas comment on pourrait ne pas aimer l’Amiga, jouez à ce genre d’horreur, et vous saurez.

Version Amstrad CPC
G-LOC : R360

Développeur : Images Software Ltd.
Éditeur : U.S. Gold Ltd.
Date de sortie : 1992
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version disquette testée sur Amstrad CPC 6128 Plus
Spécificités techniques :

Y’a pas à dire, on se régale!

Après le marasme de la version Amiga, on aborde ce G-LOC : R360 sur CPC avec une certaine appréhension… laquelle ne dure vraiment pas longtemps : aucun problème, c’est largement aussi mauvais que ce qu’on pouvait craindre. Encore une fois, que la technique soit affreusement limitée n’est pas une surprise : on est ici face à un jeu développé pour un marché considéré comme hyper-marginal en 1992, et on sent bien que les choses ont été faites vite. En gros, c’est « promène ton viseur sur le pâté bleu ». Ça pourrait sans doute être pire, mais encore une fois, cette maniabilité… Pourquoi est-ce que la mitrailleuse ne sert à rien ? C’était déjà le cas dans After Burner, ils ont recyclé le code ? Si encore les missiles sortaient chaque fois qu’on le leur demande, et pas une fois sur dix ! En l’état, le jeu se limite donc à une fenêtre d’intervention de dix pixels sur dix dans laquelle on essaie de faire entrer les sprites ennemis sur lesquels on peut espérer tirer un missile de temps en temps. Quel pied… De toute façon, qui jouait encore au CPC en 1992 ? À mon avis,certainement pas des gens coincés avec juste ce jeu à faire tourner dessus !

NOTE FINALE : 04/20

On ne sait pas trop quel était l’intérêt de sortir un jeu comme ce G-LOC : R360 en 1992 sur CPC : on l’aurait déjà trouvé nul cinq ans plus tôt, et ça ne s’était pas amélioré dans le laps de temps. Si vous cherchez un bon jeu à découvrir sur la machine d’Amstrad, vous pouvez déjà éliminer celui-là. Suivant.

Version Atari ST
G-LOC : R360

Développeur : Images Software Ltd.
Éditeur : U.S. Gold Ltd.
Date de sortie : 1992
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version disquette testée sur Atari 1040 STe
Spécificités techniques :

À ce stade, on touche carrément au sublime

Parfois, il faut avoir le moral au moment de lancer un jeu. Après ce que G-LOC : R360 avait montré sur Amiga, on pouvait au moins s’accrocher à un timide espoir vis-à-vis de la version ST : il pourrait difficilement faire pire sur la machine d’Atari, pas vrai ? Faux : à la laideur et à la jouabilité ratée, cette version trouve le moyen d’ajouter deux tares : une fenêtre de jeu minuscule (dame, c’est que ça demande des ressources, d’animer deux sprites sur un gros pâté !) et une réalisation sonore absolument atroce, avec un moteur qui sonne très exactement comme votre aspirateur quand le tuyau se bouche en aspirant un coin de tapis. En résulte un logiciel atroce, qui n’a de jeu que le nom, et qui nous aide à nous remémorer à quoi ressemblait une industrie vidéoludique menée par des gens qui ne savaient pas ce qu’ils vendaient ni à qui. Allez hop, beurk, et à la poubelle.

NOTE FINALE : 04,5/20

La question scientifique aura donc trouvé une matérialisation concrète : il existe une nullité au-delà de la nullité, et elle se nomme G-LOC : R360. Je pense sincèrement qu’en apprenant à coder sur Atari ST à partir d’aujourd’hui, vous auriez déjà fait dix fois mieux que ce machin d’ici deux semaines. Laissez ce jeu là où vous l’aurez trouvé, et si vous voulez vraiment rendre un service à tout le monde, tirez la chasse.

Version Commodore 64
G-LOC : R360

Développeur : Images Software Ltd.
Éditeur : U.S. Gold Ltd.
Date de sortie : 1992
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version disquette
Spécificités techniques :

À intégrer d’urgence dans un livre intitulé Les cent jeux auxquels vous ne voulez pas jouer sur C64

Nouvelle machine, même équipe aux commandes : on lance une nouvelle fois G-LOC : R360 sans s’attendre à des miracles. Au moins, on n’est pas déçu de ce côté-là puisqu’on n’en obtient aucun. Bonne nouvelle : dans cette version, vous aurez bien le temps de dompter les commandes et de vous entraîner, puisque le jeu doit tourner à une vitesse avoisinant les cinq images par seconde. Malheureusement, c’est toujours aussi imprécis, la mitrailleuse ne touche rien, on ne peut jamais viser là où on a envide de viser, et les missiles sont visiblement dotés de leur volonté propre, un peu comme dans les autres versions sur ordinateur. Dois-je préciser que c’est moche ? Encore une fois, l’intérêt ludique est à peu près nul, et on ne voit pas trop quelle catégorie de masochiste pathologique pourrait bien s’amuser devant cette séance diapo. Rien à attendre, autant passer à la suite.

NOTE FINALE : 03,5/20

Si ce G-LOC : R360 sur Commodore 64 avait le bon goût de bouger, on pourrait presque se croire devant un jeu vidéo – un jeu vidéo moche, injouable et sans intérêt, mais un jeu vidéo quand même. Malheureusement, vous aurez probablement éteint votre ordinateur bien avant d’atteindre ce stade-là.

Version ZX Spectrum

Développeur : Images Software Ltd.
Éditeur : U.S. Gold Ltd.
Date de sortie : 1992
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version cassette testée sur ZX Spectrum 128k
Spécificités techniques :

Ça envoie du rêve, hein?

Parmi les machines occupées à agoniser dans la douleur (et dans l’indifférence) en 1992, il serait dommage d’oublier le ZX Spectrum, qui atteignait alors l’âge vénérable de dix ans. Images Software ne l’avait pas oublié, mais ils auraient certainement dû : on trouve ici un sérieux candidat au titre de plus mauvais jeu vidéo jamais programmé. C’est bien simple, on trouve ici à peu près tous les défauts cumulés de toutes les autres versions : les graphismes rivalisent à peine avec ceux d’un Minitel, l’action est d’une lenteur à pleurer (une image par seconde, et encore), le son vous vrille les tympans, et la jouabilité existe davantage à l’état de concept qu’à celui de phénomène manifeste. Que des magazines à l’époque aient pu lui tresser des lauriers me fascine, et me donne presque envie d’aller interviewer les journalistes responsables pour savoir s’ils avaient déjà sombré dans l’alcool au moment de rédiger leur article. Dans tous les cas, aujourd’hui, ne vous approchez pas de cette chose, oubliez son existence, et vivez heureux.

NOTE FINALE : 02/20

Peut-on encore parler de jeu ? G-LOC : R360 sur ZX Spectrum fait un peu penser à ces glorieux portages réalisés sur des calculatrices : intéressant pour la prouesse, à jeter dans tous les autres domaines. Ici, la prouesse se limitant à offrir un des titres les plus lents et les plus moches de toute la ludothèque de la machine de Sinclair, on le laissera aux derniers nostalgiques de la machine pour aller lui préférer à peu près n’importe quoi d’autre.

Version Megadrive

Développeur : Probe Software Ltd.
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Date de sortie : 21 janvier 1993 (Europe) – Février 1993 (États-Unis) – 26 février 1993 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques :

Bon, le jeu est là et il est jouable, c’est déjà un bon début

Une fois n’est pas coutume, c’est la Megadrive, pourtant déjà disponible depuis deux ans au Japon au moment de la sortie du jeu dans les salles d’arcade, qui aura été la dernière machine servie. Cette fois, ce sont les vétérans de Probe Software qui s’y collent, en nous livrant pour l’occasion un portage résolument dans la lignée de ce qu’ils avaient l’habitude de faire : sérieux, sans être transcendant. Techniquement, le titre fait le travail sans éclat, plutôt moins impressionnant dans son genre qu’After Burner II sur la même machine, mais il est en tous cas d’une fluidité à toute épreuve – ce qui n’est pas réellement une performance lorsque l’on constate l’absence quasi-totale d’éléments au sol.

Graphiquement, ce n’est pas renversant, mais ça reste meilleur que Galaxy Force II

On retrouve en tous cas un contenu sensiblement mieux agencé, avec briefing et choix de la mission, plus un pilote pour vous délivrer vos ordres, mais rien de l’aspect « gestion » présent dans les versions 8 bits, ce qui est un peu dommage. Pas de boss non plus, d’ailleurs. En revanche, les séquences « à la troisième personne » font désormais l’objet de niveaux entiers, et on retrouve les rase-motte dans les canyons, avec la possibilité de s’écraser misérablement contre les falaises. La jouabilité est globalement assez précise, sauf pour la mitrailleuse qui demande vraiment d’être pointée précisément au centre de la hitbox adverse pour avoir une chance de toucher, ce qui est toujours aussi énervant. Le son, passé le sympathique thème de l’écran-titre, ne casse pas trois pattes à un canard. Bref, on a là l’essentiel, mais vraiment pas grand chose de plus, ce qui fait que le titre pourra faire illusion lors de courtes séances de jeu mais que dans l’ensemble, on s’amuse plus sur la version arcade, et même sur la version Master System.

Pas mal, mais peut mieux faire

NOTE FINALE : 12,5/20

Trop sage pour son propre bien, cohérent techniquement sans être renversant, amusant à faibles doses mais trop limité sur la durée, G-LOC : Air Battle sur Megadrive accomplit l’essentiel sans jamais réellement le transcender, et offre le type même de logiciel auquel on s’adonne cinq minutes de temps à autres avant de se souvenir pourquoi on n’y jouait pas plus souvent et de le ranger.

Monster Lair

Cette image provient du site https://flyers.arcade-museum.com/

Développeur : Westone
Éditeur : SEGA Enterprises, Ltd.
Titre original : ワンダーボーイIII モンスター・レアー (Japon)
Titres alternatif : Wonder Boy III : Monster Lair (écran-titre), Monster Lair : Wonder Boy III (Megadrive/Wii/Windows)
Testé sur : ArcadePC Engine DuoMegadrive
Disponible sur : Linux, Macintosh, Wii, Windows

La Série Wonder Boy (jusqu’à 2000) :

  1. Wonder Boy (1986)
  2. Wonder Boy in Monster Land (1987)
  3. Monster Lair (1988)
  4. Wonder Boy III : The Dragon’s Trap (1989)
  5. Wonder Boy in Monster World (1991)
  6. Monster World IV (1994)

Version Arcade

Date de sortie : Novembre 1988
Nombre de joueurs : 1 à 2
Disponible en Français : Non
Version testée : Version internationale, set 6
Spécificités techniques : Hardware : SEGA System 16B

En s’amusant à chercher un peu, on peut trouver au moins un point commun entre des séries aussi disparates que Wonder Boy, Legend of Zelda et Castlevania. Bon, en fait, on pourrait sans difficulté en trouver plusieurs dizaines, mais celui qui nous intéresse aujourd’hui est déjà un peu plus particulier : après un deuxième épisode qui aura fait un détour du côté de l’action-RPG, ces sagas seront toutes revenues à la formule originelle pour leur troisième épisode.

Premiers instants : comme un petit côté familier, non ?

On aura sans doute l’occasion de creuser un jour la question de ce soudain amour pour le jeu de rôle en vue de profil qui sembla agiter les compagnies japonaises dans la deuxième moitié des années 80, mais le fait est qu’après un Wonder Boy in Monster Land qui avait pourtant cartonné dans les grandes largeurs, SEGA et Westone décidèrent temporairement de revenir au gameplay qui avait fait connaître la série. Je dis « temporairement », car les retrogamers savent bien à quel point la série des Wonder Boy allait par la suite être vouée à être définitivement associée au jeu de rôle en enchaînant, dès 1989, avec un Dragon’s Trap appelé à rester dans les mémoires, mais en 1988, l’heure était plutôt au rétropédalage visant à offrir aux joueurs la suite à Wonder Boy que Monster Land n’avait pas tout à fait été. Vous suivez ?

Il est temps de revenir aux fondamentaux !

Monster Lair, qui ne porte curieusement son nom pourtant vendeur de Wonder Boy III que sur l’écran-titre, renoue donc en partie avec la formule qui avait fait le succès du premier opus : courir vers la droite dans des niveaux à défilement forcé, éviter les adversaires, les obstacles et les tirs ennemis, collecter des fruits pour le score, sauter de plateforme en plateforme et recommencer.

D’un niveau à l’autre, le concept ne bouge pas

Ceci dit, « retour aux sources » ne signifie pas forcément « pas en arrière », aussi le troisième épisode de la saga arrive-t-il avec son lot de nouveautés histoire de dépoussiérer un peu une recette qui avait eu le temps de vieillir en deux ans. Pour commencer, notre héros est cette fois continuellement armé d’une épée qui tire à distance, dont la puissance, la portée et la forme de l’attaque pourront d’ailleurs être ponctuellement modifiées via des power-up régulièrement lâché par les ennemis. Cela confère soudainement au jeu un aspect run-and-gun qui change de la plateforme pure de l’opus original, et qui vire carrément au shoot-them-up pour les boss, où notre héros Leo (oui, c’est son nom) enfourche son dragon pour aller faire la fête aux grands méchants après quelques vagues d’ennemis ! Et puis tant qu’à faire, histoire de contenter plus de monde, une jeune fille appelée Pappilo pourra servir d’avatar à un éventuel deuxième joueur qui viendra alors donner un précieux coup de main.

Une aide qui sera d’ailleurs rapidement la bienvenue car, comme vous pourrez rapidement en juger, Monster Lair s’inscrit dans la droite ligné de Wonder Boy pour ce qui est de la difficulté. Ne vous fiez pas à votre longue jauge de vie, qui ne vous servira que contre les projectiles adverses : au moindre contact avec un ennemi, au moindre saut raté, le résultat est le même : c’est la mort immédiate.

On retrouve les environnements et les ennemis traditionnels de la saga

La difficulté ne tarde pas à monter en flèche, et face à des ennemis et à des tirs plus rapides que votre personnage, l’habileté pure ne suffira souvent pas, et mieux vaudra bien se souvenir de la disposition des niveaux et des monstres pour avoir une petit chance d’aller loin avec un unique crédit. Car dans la pure tradition du jeu d’arcade, Monster Lair est clairement un jeu à scoring : les décors et les ennemis ont beau changer d’un stage à l’autre, le déroulement, lui, ne varie pas d’un poil, et vous aurez largement cerné tout ce que le titre a à offrir très longtemps avant d’être venu à bout des quatorze niveaux du jeu. Si vous espérez de la variété, des surprises, des mécanismes nouveaux en progressant dans le jeu, vous serez atrocement déçu : l’objectif est de faire le meilleur score, le reste n’est pas grand chose de plus que de l’habillage, et même les patterns des boss ont une fâcheuse tendance à se ressembler. À ce titre, et pour ceux qui avaient aimé avancer dans Monster Land, ce retour en arrière assumé risque d’apparaître comme une déception.

Toute la faune est contre vous !

Le jeu a pourtant clairement des arguments, à commencer par un mode deux joueurs sympathique qui peut clairement aider à faire passer la pilule de la difficulté. Car en solo, soyons clair : c’est rapidement très difficile, et le titre verse clairement dans la catégorie des logiciels dont l’aspect ludique repose sur la capacité à les dompter et à les vaincre.

Les gros sprites sont de la partie !

Les graphismes très colorés ont plus de personnalité que les thèmes musicaux trop discrets, mais on commençait à sentir à l’époque que le programme manquait d’une touche de technicité et d’adaptabilité qui commençait à apparaître de plus en plus régulièrement au sein des titres de la concurrence, et que les mécanismes un peu plus datés de celui-ci ont aujourd’hui pris un léger coup de vieux. Ce n’est pas tant que le jeu soit mauvais – on peut encore facilement s’amuser des heures sur des jeux d’arcade bien plus répétitifs comme la fin des années 70 et le début des années 80 en ont offert des dizaines – c’est juste qu’il aura choisi de rester dans une catégorie volontairement limitée qui commençait à ne plus faire recette à la fin des années 80, même dans les salles d’arcade. Traduit en clair, si vous ne lancez pas ce Monster Lair pour le défi, il y a fort à parier qu’il ne reste pas grand chose pour vous retenir, tant le reste apparaît désormais vu et revu. On ne sera d’ailleurs pas surpris, au final, que SEGA ait préféré orienter sa saga vers la formule de Monster Land par la suite : c’était dans l’air du temps, et c’était tout simplement plus ludique.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 12,5/20 Après une incartade dans l'aventure/action mâtinée de RPG, Wonder Boy revient à ses premières amours avec Monster Lair. Dans une formule désormais directement inspirée du premier opus, mais avec un aspect run-and-gun/shoot-them-up afin de varier un peu les choses, le titre retrouve une simplicité assumée dans le design et une linéarité à toute épreuve qui se traduisent par une absence totale de variété dans l'action. La conséquence en est que la philosophie du jeu ne conviendra réellement qu'aux fans assumés du scoring curieux de voir jusqu'où ils pourront amener le héros avec un nombre défini de crédits. Tous les autres se sentiront probablement assommés par l'ennui longtemps, très longtemps avant d'être venus à bout des quatorze niveaux du jeux.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Une difficulté redoutable – Un level design hyper-limité – Des boss trop longs – Un déroulement qui ne se renouvèle jamais

Version PC Engine Duo

Développeur : AlfaSystem Co., Ltd. – Hudson Soft Company, Ltd.
Éditeur : Hudson Soft Company, Ltd. (Japon) – NEC Home Electronics (U.S.A.) Inc. (États-Unis)
Date de sortie : 31 août 1989 (Japon) – Décembre 1989 (États-Unis)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Disponible en Français : Non
Version testée : Version américaine
Spécificités techniques :

Vous vouliez la borne à domicile ? On a mieux !

En 1989, alors que la Megadrive peinait encore à développer sa ludothèque, la PC Engine, elle, était déjà dotée d’un lecteur CD-ROM – petite friandise de NEC, qui tenait alors à populariser sa technologie. Alors que la machine de SEGA commençait tout juste à laisser entrevoir enfin la concrétisation de ses promesses d’amener l’arcade à domicile avec Ghouls’n Ghosts, la console de NEC, elle, accueillait un jeu SEGA avec Monster Lair. Première bonne nouvelle : l’intégralité du contenu de la borne est là, et il ne manque pas un niveau, pas un boss ni surtout l’indispensable mode deux joueurs.

Graphiquement, c’est très légèrement moins détaillé que sur la borne, mais il faut bien regarder

Deuxième bonne nouvelle : la réalisation graphique n’a franchement pas à rougir de la comparaison avec la version arcade, et il ne faut que quelque secondes pour oublier qu’on est en train de jouer au portage sur une console 8 bits plutôt que sur la borne elle-même. On a certes perdu les défilements parallaxes, mais on s’en remettra. Troisième bonne nouvelle : la réalisation sonore, elle, tire parti du support CD-ROM pour nous offrir des versions remixées des thèmes originaux qui en envoient plein les oreilles. Quatrième bonne nouvelle (oui, il y en a beaucoup) : la difficulté a été revue légèrement à la baisse depuis la borne, et sans avoir été galvaudé, le défi est désormais un peu moins inutilement frustrant, avec notamment des combats de boss expédiés un peu plus vite. Mine de rien, cela fait déjà une énorme différence, car là où chaque minute de jeu virait rapidement à la torture dans l’opus original, on s’amuse cette fois plus franchement avec une marge d’erreur un peu plus sensée. Bref, autant dire que non seulement cette version fait au moins jeu égal avec la borne, mais qu’elle lui est même plutôt supérieure, y compris au niveau ludique, ce qui est un peu l’essentiel ! Seul défaut : l’absence d’un menu des options qui aurait pu permettre de régler la difficulté, mais pour le reste, voilà clairement un excellent moyen de découvrir Monster Lair aujourd’hui.

Que du bonheur !

NOTE FINALE : 14,5/20

Monster Lair sur PC Engine Duo fait mieux que rivaliser avec la borne d’arcade : elle la terrasse ! Techniquement irréprochable, avec des graphismes inattaquables et une musique CD qui enfonce celle de la borne, elle s’avère en plus un peu moins punitive, un peu moins frustrante, et toujours aussi amusante à deux. Un portage comme on les aime !

Version Megadrive
Monster Lair : Wonder Boy III

Développeur : SEGA Enterprises Ltd.
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Date de sortie : 22 décembre 1990 (Japon) – Avril 1991 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Disponible en Français : Non
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques :

Graphiquement, c’est plus fin et la fenêtre de jeu est plus grande. Pour tout le reste, par contre, la comparaison avec la version PC Engine Duo est plutôt cruelle pour la Megadrive

Étrange destinée que celle de ce Monster Lair, décidément. Arrivé sur PC Engine Duo sans y changer de nom, contrairement aux autres épisodes de la série, il aura dû attendre un an de plus pour débarquer sur la console de son éditeur… lequel, au passage, ne l’aura même pas distribué aux États-Unis face à la version de la console adverse ! On se doute fort que SEGA allait devoir mettre les bouchées doubles pour éviter de se faire humilier par un portage d’une de ses propres licences, et le fait est… que c’est passablement raté.

Même les couleurs sont moins bien choisies

Techniquement, le jeu se défend : il récupère ses défilements parallaxes, et tout a été redessinés pour optimiser au maximum les graphismes en fonction de la résolution. Ceci dit, les couleurs sont nettement moins bien choisies, les dégradés sont dégueulasses, il y a même des ralentissements et des effacements de sprites… et en plus, le défilement se traîne, même si on remarquera qu’il accélère lorsqu’on avance vers le bord droit de l’écran. Bref, sur les deux hardwares, c’est bien la Megadrive qui passe pour une console 8 bits ! Sentiment bien sûr renforcé par une musique honnête mais qui n’a clairement aucune chance d’aller rivaliser avec les thèmes qualité CD. Tout cela est déjà dommage mais resterait encore anecdotique si cette version n’avait pas en plus le culot de se présenter expurgée d’une partie du contenu de la borne. Le mode deux joueurs est toujours là, grâce lui en soit rendue, mais les niveaux cinq, six, neuf, douze et treize ont, eux, totalement disparu – soit plus du tiers du contenu de la version arcade tout de même ! À ce niveau, autant dire que la présence d’un menu des options peine à donner le change… Bref, on comprend que SEGA ait préféré réserver ce portage à l’Europe, où la version PC Engine Duo n’aura jamais été distribuée officiellement hors de la France : parfois, on a un peu honte de soi, et il y a de quoi.

Et en plus, ça trouve le moyen de ralentir !

NOTE FINALE : 12/20

Belle humiliation pour Sega, qui se fait mettre à l’amende, sur une de ses propres licences, par une console 8 bits et par un portage sorti depuis un an et demi. Techniquement inférieure à la version PC Engine Duo, cette version Megadrive de Monster Lair s’est surtout vue amputée de pas moins de cinq niveaux. Bref, une version à oublier, ce qui tombe bien car tout le monde l’a déjà fait.

Gradius III

Cette image provient du site https://flyers.arcade-museum.com/

Développeur : Konami Industry Co. Ltd.
Éditeur : Konami Industry Co. Ltd.
Titre original : Gradius III : Densetsu Kara Shinwa-e (Japon)
Titre alternatif : グラディウスIII~伝説から神話ヘ~ (graphie japonaise), 宇宙巡航机III (Chine), Arcade Archives : Gradius III (PlayStation 4, Switch)
Testé sur : ArcadeSuper Nintendo
Disponible sur : PlayStation 2 (dans Gradius III and IV), PlayStation 4, Switch (version arcade), Wii (version Super Nintendo)
En vente sur : Nintendo eShop (Switch)

La Série Gradius (jusqu’à 2000) :

  1. Nemesis (1985)
  2. Salamander (1986)
  3. Nemesis 2 (1987)
  4. Vulcan Venture (1988)
  5. Nemesis 3 : The Eve of Destruction (1988)
  6. Gradius III (1989)
  7. Gradius : The Interstellar Assault (1991)
  8. Nemesis ’90 Kai (1993)
  9. Salamander 2 (1996)
  10. Gradius Gaiden (1997)
  11. Solar Assault (1997)
  12. Gradius IV : Fukkatsu (1999)

Version Arcade

Date de sortie : Décembre 1989
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version internationale
Spécificités techniques : Hardware basé sur la borne Teenage Mutant Hero Turtles

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Comme on aura déjà eu l’occasion de le relever dans ces pages, lorsque Konami tenait une licence qui marchait bien, en règle générale, elle ne la lâchait pas – ou du moins, pas avant que les chiffres de vente ne lui donnent une raison de la lâcher.

Tous vos amis vous attendent!

L’exemple des Tortues Ninja, avec leurs dix jeux en quatre ans, était sans doute le plus impressionnant, mais avant elles des séries comme Castlevania ou Gradius s’étaient déjà assurées que les joueurs en attente d’une suite à leurs jeux favoris l’obtiendraient, et l’obtiendraient souvent assez vite. Quitte, d’ailleurs, à s’éloigner ponctuellement de la formule de base et à expérimenter un peu, comme l’auront fait à leur époque des Simon’s Quest ou des Vulcan Venture. Mais bien souvent, les joueurs ne détestant rien tant que de se voir offrir autre chose que ce qu’ils avaient commandé, le mieux était souvent de revenir aux sources et de proposer ce qui a toujours fait ses preuves: la même chose, mais en mieux. Une philosophie qui colle à ce Gradius III jusqu’à la caricature.

Gradius III, un jeu dont chaque capture d’écran vous rappellera furieusement quelque chose

La galaxie étant une nouvelle fois menacée (ça ne fera jamais que la sixième fois en quatre ans, après tout), vous vous en doutez, le Vic Viper reprend du service. Une nouvelle fois, le jeu ne s’embarrasse même pas à vous détailler un éventuel scénario: on ne lançait pas une borne d’arcade pour avoir de la lecture, de toute façon, et tout le monde sait très bien ce qu’on attend de lui au moment de glisser une grosse pièce dans une petite fente.

Ce niveau bonus en simili-3D est hélas très limité

La première donnée intéressante, c’est l’adaptabilité du fameux système d’upgrade qui a fait la renommée de la saga: vous pourrez cette fois le paramétrer point par point (ou plutôt: power up par power up) avant le début de la partie, afin de savoir quelle forme prendront chacune de vos améliorations. Choisissez bien, car il vous sera impossible de changer d’avis une fois votre choix arrêté, et comme vous allez vite le réaliser, Gradius III est un titre qui s’inscrit parfaitement dans la philosophie de la série, en ce sens qu’il ne pardonne pas. Et que l’écran est souvent couvert de tirs. Et qu’on retrouve pour ainsi dire tous les environnements et adversaires marquants de la saga. Et pas grand chose d’autre.

La réalisation a encore progressé, avec des boss qui ont de la gueule

Soyons bien clair: si Gradius III a sorti ses plus beaux habits pour ce qui était déjà son sixième opus, quoi qu’en dise le chiffre dans son titre, le cahier des charges était visiblement limpide sur un point en particulier: surtout, ne prendre aucun risque. De fait, ceux qui espéreraient voir quelles nouvelles idées auront bien pu germer dans l’esprit des développeurs de Konami seront rapidement fixés: aucune.

Je n’ai pas déjà vu ça quelque part?

Le logiciel est si fidèlement placé dans les clous des précédents opus qu’on a parfois l’impression de jouer à une sorte de best of de la série recyclant tout ce qui a marché sans même s’embarrasser à le remettre en forme: le niveau organique directement repris de Salamander? Check. Le gros robot entre les pattes duquel il faut se glisser importé de Vulcan Venture? Check – on en aura même invité plusieurs variantes, pour l’occasion. L’environnement de flammes, grand classique de la saga? Check. Le niveau végétal à la Nemesis 3? Check. Les statues de l’Île de Pâques? Évidemment. Le boss rush dans la dernière partie du jeu? Itou. D’ailleurs, les boss eux-mêmes sont très largement recyclés des autres épisodes, et si on avait déjà le sentiment que Vulcan Venture tenait de la redite, là, on commence à approcher du bégaiement pur et simple, voir du rappel pour les joueurs qui auraient laissé passer un épisode ou deux et qui se voient servir les restes des précédents consommateurs!

Parmi les rares nouveautés, ce niveau où vous devrez vous glisser entre des pièces qui s’emboîtent autour de vous

Autant dire que les joueurs venus pour le gameplay, qui ne se formaliseront pas d’un manque d’originalité qui n’avait rien d’inhabituel dans le domaine du shoot-them-up, devraient pour le coup être heureux de voir que la réalisation a encore progressé d’un cran depuis le dernier épisode. C’est beau, c’est détaillé, il y a des sprites gigantesques par dizaines à l’écran… ce qui a d’ailleurs un prix: j’ai rarement eu l’occasion de croiser autant de ralentissements sur une borne d’arcade.

Vic Viper contre l’amibe géante!

Ce n’est jamais pénalisant dans le sens où il n’y a pas de latence dans les commandes, on a juste l’impression de passer des segments entiers au ralenti, ce qui est d’ailleurs souvent une bénédiction tant la réputation de « premier manic shooter » qui collait à Gradius est toujours de mise ici: le jeu met parfois un tel point d’honneur à vous noyer sous les tirs, les ennemis et les pièges impossibles à anticiper sans y avoir laissé la vie au moins une fois qu’on est parfois condamné à mort pour ne pas avoir eu le bon tir au bon endroit, voire pour avoir eu une puissance de feu un peu trop développée face à une opposition qui mettra une nouvelle fois les bouchées double pour bien s’assurer que vous en baverez quelle que soit votre puissance de feu. Bref, si vous n’aimez pas recommencer un segment 143 fois d’affilée pour avoir le droit de vous écraser sur la difficulté suivante, mieux vaut sans doute prendre vos jambes à votre cou: Gradius III, c’est de la borne d’arcade à l’ancienne, pour les vrais, les durs, les azimutés du joystick.

Le jeu est joli, on ne peut pas lui enlever ça

De fait, on ne va pas se mentir: Gradius III, c’est soit un jeu pour ceux qui n’ont jamais touché à la saga de leur vie (et qui seront heureux de découvrir un florilège de toutes les cochonneries qu’elle peut leur envoyer au visage), soit un jeu pour les fans absolus de la saga qui se foutent totalement de recroiser une énième fois les mêmes ennemis, environnements, pièges et thèmes musicaux tant qu’ils ont leur dose de Gradius.

Encore une fois, le boss final ne sera qu’une formalité

Pour tous les autres, le jeu, pour sympathique qu’il soit, respire tellement le recyclage qu’on le réservera surtout aux amateurs de défis insurmontables qui commençaient à en avoir marre de finir Ghouls’n Ghosts avec une main dans le dos. Le contenu a beau être très généreux, avec pas moins d’une dizaine de niveaux, on trouve parfois le temps un peu long. Il n’est d’ailleurs pas très surprenant qu’on en arrive au point où la série aura commencé à espacer ses épisodes: quoi qu’on en dise, à force d’être resservi sur un même plateau à toutes les sauces, même le meilleur concept du monde finit fatalement par s’essouffler. Il allait peut-être être temps de commencer à tester d’autres ingrédients.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 15/20 Gradius III, c'est un jeu pensé d'un bout à l'autre pour les fans de Gradius, avec le système d'upgrade de Gradius, avec l'univers de Gradius, avec les boss de Gradius, avec les statues de l'Île de Pâques de Gradius, avec la difficulté ahurissante de Gradius. Le résultat est toujours aussi efficace et toujours aussi exigeant, mais à force de n'y déceler que des éléments aperçus dans les autres épisodes de la saga, épisodes sur MSX compris, et pas le commencement du début d'une idée neuve, on commence à se demander si on est face à un best of, à un hommage ou à un repompage en bonne et due forme de tout ce qui a fait le succès de la série. Si les mordus reprendront les commandes avec plaisir pour au minimum une heure de jeu à dompter âprement, le joueur lambda ne pourra pas tout à fait congédier ce sentiment tenace de ne pas avoir envie de s'accrocher à force de n'être jamais surpris. Un bon jeu, mais à destination d'un public assez spécifique.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Une difficulté atroce, absurde, infecte, insurmontable – Des ralentissements à foison – Pas la moindre idée neuve – Pas de mode deux joueurs – Un tir automatique bridé qui vous obligera à marteler deux boutons pendant toute la partie

Version Super Nintendo

Développeur : Konami Industry Co. Ltd.
Éditeur : Konami Industry Co. Ltd.
Date de sortie : 21 décembre 1990 (Japon) – 1991 (États-Unis)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Disponible en Français : Non
Version testée : Version américaine
Spécificités techniques :

Graphiquement, on n’est vraiment pas loin de la version arcade

Dès ses premiers pas, la Super Nintendo n’aura pas hésité à aller chercher la Megadrive sur l’un de ses premiers arguments de vente: la capacité d’offrir l’arcade à domicile. Une promesse que Gradius III allait être un des premiers jeux à avoir la lourde charge de tenir, plusieurs mois avant que des titres à la Super R-Type ne vienne confirmer que Nintendo s’était sans doute montré un peu pingre au moment de choisir le processeur de sa nouvelle console.

Il est enfin possible de baisser un peu la difficulté, et c’est tant mieux

Le titre s’attèle en tous cas à reprendre le contenu de la borne, ce qu’il fait d’ailleurs assez bien, même si on constatera que plusieurs niveaux ont disparu: le stage bonus en simili-3D, ce qui n’est objectivement pas une grosse perte, ainsi que le niveau organique et celui où des morceaux de décor menaçaient d’écraser votre vaisseau comme si vous étiez dans une partie de Tetris. On constate d’ailleurs que si les autres niveaux ont été conservés sans modifications majeures (à l’exception des plantes du niveau organique qui vous détruisent désormais au lieu de vous ralentir), les boss ont souvent été simplifiés, parfois même remplacés, et un nouveau niveau prenant la forme d’une course-poursuite a été intégré vers la toute fin du jeu. Des adaptations logiques, souvent nécessaires, mais qui ne pénalisent qu’assez marginalement la durée de vie du jeu, qui nécessitera malgré tout une bonne quarantaine de minutes au minimum pour espérer en voir le bout.

Les boss ont souvent été simplifiés, comme celui-ci qui ne correspond qu’à la « phase 2 » du boss de la version arcade…

Au niveau de la réalisation, Konami semblait à l’aise avec la Super Nintendo dès ses débuts: si les graphismes sont un peu moins fins et un peu moins détaillés que sur arcade, il faut bien souvent placer les deux versions côté à côte pour vraiment distinguer les différences. La palette de couleur est très fidèle à celle de la borne, et les sprites restent souvent impressionnants par leur taille autant que par leur nombre… et on se doute bien que c’est là que le bât va blesser.

…mais dans l’ensemble, la grande majorité du contenu a été préservée

La glorieuse console 16 bits embarquant un processeur à peine aussi puissant que celui d’une Master System, inutile d’espérer voir la machine faire tourner de façon fluide un programme qui faisait déjà tousser une borne d’arcade. Attendez-vous à parcourir l’essentiel de la partie au ralenti, car il y aura souvent beaucoup de monde que le processeur ne pourra pas afficher à la vitesse souhaitée… ce qui peut, au final, représenter un avantage, en rendant l’action un peu moins punitive que dans le jeu original puisque vous aurez désormais davantage de temps pour agir. On appréciera d’ailleurs grandement la présence d’un menu des options qui vous laissera tout loisir, en plus des réglages habituels (il est possible d’automatiser le système d’upgrade, pour ceux qui seraient allergique à ce qui constitue le principal intérêt de la saga), de régler la difficulté.

Ne vous laissez pas toucher par ces plantes!

Et autant la borne d’arcade était atrocement difficile, autant il sera cette fois possible de constituer avec un défi réel sans pour autant devoir s’entrainer des mois avant d’espérer pouvoir apercevoir les derniers niveaux. Si les forcenés du joystick pourront aller se frotter au mode « hard », les joueurs un peu moins patients devraient déjà largement trouver matière à s’occuper en mode « easy », et le fait qu’il soit enfin possible de profiter d’une version un peu plus accessible du jeu fait quand même une grosse différence. Car si, techniquement parlant, le jeu risque de faire grincer des dents les joueurs allergiques aux ralentissements, les autres devraient pour leur part être parfaitement heureux de découvrir le titre dans une version techniquement assez proche de l’arcade, avec des graphismes et une bande son à la hauteur. Une très bonne alternative, donc, surtout pour les joueurs qui cherchent autre chose qu’un défi insurmontable pour s’amuser.

Du côté des fans :

Si vous voulez voir la différence en action, vous voilà exaucés!

Comme on peut s’en douter, les ralentissements constants du jeu n’auront pas été du goût de tous les joueurs, et certains se seront mis en tête d’y offrir une solution radicale: émuler la présence d’un coprocesseur SA-1, quatre fois plus rapide que le processeur de la console, au sein de la cartouche. Ce coprocesseur, utilisé à la base dans une trentaine de jeux vendus sur la console (dont le célèbre Super Mario RPG), a ici un effet spectaculaire sur le jeu, qui tourne désormais de façon beaucoup plus fluide… et devient donc par la même occasion beaucoup plus difficile. Un bon moyen, en tous cas, d’expérimenter une version alternative que vous pourrez découvrir à cette adresse.

NOTE FINALE : 16/20

Techniquement, Gradius III sur Super Nintendo a déjà de quoi impressionner, avec une réalisation qui n’est objectivement pas très éloignée de celle de la borne d’arcade, en dépit de quelques sacrifices inévitables. Le seul point dommageable restant les ralentissements omniprésents… mais paradoxalement, c’est précisément par son accessibilité que cette version se distingue, permettant enfin de tempérer la difficulté atroce du titre original pour offrir une alternative très séduisante. Et pour ceux qui voudraient une expérience fluide, les fans ont déjà apporté la solution. Une très bonne pioche.