Contrôleurs : Clavier, joysticks Cursor, Kempston ou Sinclair
Version testée : Version cassette testée sur ZX Spectrum 128k
Configuration minimale : RAM : 48ko
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Le marché européen du jeu vidéo a souvent été assez… frustrant, pour les possesseurs de consoles, autant l’avouer. Représenter le troisième marché derrière le Japon et les États-Unis était l’équivalent notoire de « cinquième roue du carrosse », et devoir attendre souvent plus de deux ans (délai parfaitement banal pour les possesseurs de NES, par exemple) pour voir débarquer des jeux, même parmi les représentants des grosses licences, pendant que les petits japonais et américains étaient déjà en train de s’éclater sur leurs suites n’était pas toujours très gratifiant – même si cela n’impactait finalement que les joueurs ayant la chance d’être informés sur ce qui était publié hors de l’Europe, et ils n’étaient pas très nombreux dans les années 80.
Prenez votre temps avant de tirer. Sérieusement.
Du côté des ordinateurs, en revanche, les joueurs européens n’avaient pas vraiment de raison de se plaindre. Non seulement les jeux débarquaient des États-Unis nettement plus vite, n’étant pas ennuyés par des questions de zonage et autres billevesées, mais en plus les éditeurs n’étaient pas du genre à se poser des milliers de question au moment de commercialiser un logiciel. Activision avait développé un jeu vidéo tiré du récent Aliens de James Cameron ? On publie ! Et puis tant qu’à avoir payé pour obtenir les droits, autant mobiliser une autre équipe – européenne, celle-là – pour en tirer sa propre version, et commercialiser les deux jeux en même temps ! Ainsi les joueurs virent-ils débarquer Aliens : The Computer Game moins d’un moins après la version américaine – mais hé, Electric Dreams étant une filiale d’Activision, tout cela n’était finalement qu’une histoire de famille.
Lors des premières parties, ne soyez pas surpris de perdre du monde assez vite
Bref, assez parlé marchés, venons-en à ce qui nous intéresse : le jeu. À ce stade, j’ose espérer qu’il ne sera plus nécessaire de revenir sur le cadre ou le scénario du film de James Cameron, que les développeurs n’avaient de toute façon pas vu, se basant à la fois sur le script du long-métrage et sur le premier Alien. Tout le programme est d’ailleurs basé sur la partie centrale du film : les marines survivants, accompagnés de Ripley et de Bishop (et même du traitre Burke !) doivent explorer la (vaste) colonie de LV-426 pour aller dénicher la reine des xénomorphes et lui régler son compte.
Bloquer une porte ne sert pas à grand chose, puisque les xénomorphes savent les détruire
De quoi donner la trame idéale pour virtuellement n’importe quel type de jeu d’action, mais pour le coup, l’équipe de Software Studios (c’est à dire l’équipe de développement interne d’Electric Dreams) aura choisi une représentation particulièrement originale pour un titre de début 1987 : une vue subjective évoquant fatalement les FPS qui commenceront à fleurir sur les générations de machines suivantes quelques années plus tard. Évidemment, pas question de 3D temps réel sur un ZX Spectrum (« y’en a qu’ont essayé, ils ont eu des problèmes »), l’exploration prendra la forme d’un vaste labyrinthe de quelques 255 (!) pièces que l’équipe pourra visiter une par une… et même six par six, puisqu’il est possible, et pour ainsi dire indispensable, de séparer vos troupes pour espérer finir le jeu, puisqu’il faudra savoir protéger plusieurs salles-clés comme le générateur ou la salle de contrôle pour éviter quelques désagréments comme la perte du courant (et, par extension, de l’éclairage).
Régler son compte à la reine sera l’un des conditions sine qua non pour remporter le jeu…
Sur le papier, les possibilités sont particulièrement réjouissantes pour un titre de 1987 : on peut non seulement passer d’un personnage à l’autre à la volée pour les guider un par un et faire feu sur les inévitables xénomorphes qui ne manqueront pas de se présenter à eux, mais il est même possible de leur donner des instructions pour qu’ils avancent automatiquement d’un certain nombre de salles dans une direction donnée pendant que vous diriger un autre membre de l’équipe.
…mais comme vous allez vite le constater, vous pouvez tout-à-fait en rencontrer plus d’une !
Un petit côté Space Hulk avant l’heure rendu nécessaire, en plus du taux de mortalité élevé de vos troupes si vous vous y prenez mal, par le fait que chaque soldat bénéficie d’une jauge d’endurance qui se vide à chaque mouvement et qui va donc vous encourager à passer le relai le tant qu’un personnage récupère… quitte à retourner en prendre le contrôle en catastrophe si jamais une alarme vous prévient qu’il est en train de se faire attaquer. On pourra d’ailleurs apprécier les possibilités gérés par le programme : par exemple, un soldat peut tout à fait se faire capturer par un xénomorphe, ce qui obligera alors un autre soldat à aller dans la même salle pour tuer son « gardien » afin de pouvoir en reprendre le contrôle. Il est également possible de tirer sur la matière organique laissée par les aliens sur les murs afin de révéler des passages, de bloquer des portes en tirant sur le bloc de commande qui les jouxte… et de les rouvrir en faisant sauter directement la porte. Tuer un xénomorphe devant une porte peut même laisser une flaque d’acide qui bloque le passage indéfiniment ! Newt est présente, elle aussi, mais elle ne représente hélas rien de plus qu’un bonus de points avant de disparaître.
Conseil : ne ratez pas les xénomorphes, car eux ne vous rateront pas !
Beaucoup de bonnes idées qui ne se concrétisent hélas pas vraiment en jeu, la faute en revenant en grande partie aux limitations techniques des machines 8 bits. L’exploration, élément central du jeu, est ainsi particulièrement problématique dans un jeu où toutes les salles se ressemblent atrocement, n’étant constituées que d’un assemblage des mêmes quatre ou cinq blocs graphiques. Faute de carte en jeu (et surtout de l’absence impardonnable d’une boussole !), il est extrêmement facile de perdre toute notion de l’endroit où on se trouve, même avec une carte du complexe sous les yeux – et c’est bien évidemment encore pire quand il s’agit de mémoriser la position de six personnages différents.
Ce xénomorphe-là n’ennuiera plus personne
En fait, on en vient à démolir des portes juste pour avoir des points de repère ! Les combats en eux-mêmes sont extrêmement limités, et surtout très punitifs : ratez l’Alien une seule fois et votre personnage est mort. Les munitions étant limitées et tuer les xénomorphes ne servant finalement pas à grand chose – sauf en jouant pour le score – on réalise rapidement qu’on a aussi vite fait de passer son temps à naviguer d’une pièce à l’autre sans se préoccuper des aliens, ce qui est quand même un peu dommage ! Quant au possibilité de se soigner ou de refaire le plein de munitions, sachant qu’il n’y a qu’une seule armurerie et une seule aile médicale dans tout le complexe, qui s’amuserait à retourner 75 salles en arrière pour aller rechercher des munitions, surtout avec les ennemis qui réapparaissent à l’infini ? Il aurait été beaucoup plus intelligent de répartir ces salles comme autant d’oasis de sécurité afin d’encourager le joueur à concevoir le trajet idéal à force de reconnaissances.
L’armurerie, une étape finalement pas aussi utile qu’on pourrait le penser
Il en résulte un jeu ou on passe au final 95% de son temps à se déplacer en aveugle dans des salles bleues, rouges, jaunes ou vertes et en priant pour ne pas s’être perdu en chemin tout en évitant au maximum des combats sans intérêt où on a tout à perdre et rien à gagner. Avoir plusieurs personnages dans une même pièce n’apporte rien, ce qui est un peu stupide dans un jeu où on aurait normalement tout intérêt à rester groupé au maximum, et les soldats étant virtuellement incapables de faire quoi que ce soit sans vous, impossible de mettre en place une quelconque stratégie pour essayer de protéger une zone : les membres de l’équipe sont rarement davantage que des vies supplémentaires. Bref, tout ce qui aurait pu apporter un soupçon de profondeur au gameplay s’avère être de la pure poudre-aux-yeux, et on se retrouve dans ce qui ressemble à un jeu de labyrinthe rendu bêtement opaque par un manque d’informations pertinentes. On est très loin des prémices de Space Hulk ou de Doom, ou même d’un dungeon crawler dans l’univers d’Aliens qui aurait d’ailleurs été beaucoup plus intéressant que ce concept mal creusé, mal mené et franchement ennuyeux à jouer. Une bonne idée, c’est bien, mais l’exécuter correctement, c’est mieux, et cet épisode n’aura marqué ni l’histoire vidéoludique, ni les joueurs. Dommage, tant on sent qu’on n’était pas loin de quelque chose de nettement plus prenant – mais sans doute aurait-il de toute façon mieux valu développer cet Aliens : The Computer Game sur les ordinateurs 16/32 bits émergents pour lui donner une chance d’être autre chose qu’un simple jeu vidéo à licence de plus.
Vidéo – Cinq minutes de jeu :
NOTE FINALE : 09/20
Une bonne idée est sans doute ce qui vieillit le plus mal tant qu'on n'a pas les moyens techniques de la matérialiser. C'est la cruelle leçon délivrée par la version européenne d'Aliens : The Computer Game, un titre qui a toutes les idées pour constituer un proto Space Hulk, mais qui dans les faits peine à être autre chose qu'un jeu de navigation dans un labyrinthe à la navigation très confuse, à l'action hyper-limitée et aux possibilités tactiques inexistantes. C'est d'autant plus dommage qu'on sent que les bases pour créer un titre plus varié, plus oppressant, plus prenant et plus profond sont toutes là, mais au bout de dix minutes à errer dans des couloirs tous pareils en essayant douloureusement de se souvenir où on a bien pu laisser tous les membres de sa fine équipe, on constate qu'on s'ennuie et qu'on s'agace plus qu'on ne s'amuse. Un concept de jeu vidéo plus qu'un jeu vidéo – intrigant, mais pas assez longtemps pour valoir le détour.
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Une navigation extrêmement confuse, avec très peu de points de repères – Une gestion d'équipe qui n'apporte rien d'autre que de la microgestion sans intérêt – Une action si limitée qu'on passe l'essentiel de son temps à fuir parce que c'est moins dangereux et que ça va plus vite – Aucun renouvellement dans l'action à un quelconque niveau
Bonus – Ce à quoi peut ressembler Aliens : The Computer Game sur un écran cathodique :
Version Amstrad CPC
Développeur : Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : Février 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version cassette testée sur Amstrad 464
Configuration minimale : Système : 464 – RAM : 64ko
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Aliens : The Computer Game aura été porté uniquement sur les systèmes 8 bits, et autant annoncer tout de suite la couleur : inutile de s’attendre à de grandes différences d’un ordinateur à l’autre. Démonstration avec cette version Amstrad CPC qu’on pourrait qualifier – comme tous les autres portages du jeu – de « speccy port » : il n’y a pour ainsi dire pas une couleur ni un détail de plus dans cette itération comparé à celle parue sur ZX Spectrum. Cela n’impacte de toute façon pas franchement l’expérience de jeu, mais on n’aurait sans doute pas dit non à quelques décors en plus, quitte à profiter des 16ko de mémoire supplémentaires. En l’état, le constat est exactement le même que sur la machine de Sinclair : concept intéressant mais matérialisation pas assez aboutie pour valoir le détour.
On ne peut pas dire que le résultat soit plus éblouissant que sur ZX Spectrum
NOTE FINALE : 09/20
Comme sur ZX Spectrum, Aliens : The Computer Game sur CPC est un titre qui fonctionne nettement mieux sur le papier qu’une fois le joystick (et le clavier) en mains. Pas assez profond, trop confus et trop répétitif, le titre s’essouffle faute de dévoiler un réel potentiel, et la réalisation ne tire pas réellement parti des capacités de la machine. Dommage.
Version Commodore 16, Plus/4
Développeur : Mr. Micro Ltd.
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version cassette testée sur C16 PAL
Configuration minimale : RAM : 16ko
C’est peut-être un tout petit peu moins beau, mais sincèrement c’est très anecdotique
De tous les systèmes sur lesquels Aliens : The Computer Game a été porté, le Commodore 16 était le seul pour lequel on pouvait craindre une réelle déperdition, à cause de ses maigres 16ko de RAM. Bonne nouvelle : les pertes sont au final minimes. Certes, les décors sont encore moins variés que dans les autres versions, et les portraits sont plus petits, mais très sincèrement cela n’a absolument aucun impact sur le gameplay en lui-même. Évidemment, quitte à découvrir le jeu, autant lancer directement la version Commodore 64 qui est un poil plus détaillée, mais à l’échelle d’un joueur du XXIe siècle, je ne me sens même pas le cœur d’enlever un demi-point à ce portage pour quelques pixels de moins qu’on remarque à peine. Bien évidemment, le jeu en lui-même est toujours aussi limité, mais à l’échelle de la ludothèque de la machine, il a au moins le mérite de sortir davantage du lot.
NOTE FINALE : 09/20
Quelques détails en moins ne font finalement pratiquement aucune différence : Aliens : The Computer Game délivre sur Commodore 16 une expérience qui n’a vraiment rien à envier aux ordinateurs dotés de 48ko ou de 64ko de RAM. Cela ne rend bien évidemment pas le jeu plus intéressant que sur les autres machines, mais ça ne le pénalise pas non plus, ce qui n’est déjà pas mal.
Version Commodore 64
Développeur : Soft Machine
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : Avril 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 5,25″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version cassette testée sur Commodore 64 PAL
Configuration minimale : RAM : 64ko
C’est un poil plus beau que sur Commodore 16, mais à part ça…
On pouvait espérer quelques minimes adaptations pour la version Commodore 64 d’Aliens : The Computer Game, surtout en considérant que ce portage est sorti trois mois après la version ZX Spectrum. Pour le coup, le seul changement notable à observer est qu’il n’y a plus d’écran-titre ni de thème musical au lancement ! Pour sa défense, cette version m’est apparue sensiblement plus réactive que celle de la machine de Sinclair, et on peut également observer que le mécanisme consistant à tirer sur les murs couverts de substance extraterrestre pour dévoiler des portes est employé plus régulièrement ici. Encore une fois, c’est très anecdotique et cela ne dote toujours pas le jeu du surcroit de profondeur dont il aurait grandement besoin pour se rendre réellement prenant.
NOTE FINALE : 09/20
Aucune révolution pour Aliens : The Computer Games sur Commodore 64 – le titre trouve même le moyen de perdre sa musique et son écran-titre sans aucune raison valable. Au moins sa jouabilité parait-elle un chouïa plus réactive que dans les autres versions, mais cela reste un jeu de labyrinthe pas assez bien pensé pour être ludique.
Version MSX
Développeur : Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : 1987 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version cassette testée sur MSX 1 PAL
Configuration minimale : Système : MSX 1
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
MSX. Europe. Pour tous les connaisseurs, ces deux mots ne peuvent se traduire que d’une seule façon : speccy port. Gagné : Aliens : The Computer Game sur MSX n’est rien d’autre que la retranscription pixel perfect de la version ZX Spectrum… dépouillé de toute forme de réalisation sonore, ce qui est quand même un comble quand on se dit que même la version Commodore 16 disposait de bruitages ! Encore une fois, cela n’a que peu d’impact sur le gameplay en lui-même, mais c’est quand même un peu gênant de devoir se baser sur une indication visuelle (en l’occurrence, la couleur du nom des personnages) pour savoir si on se trouve dans la même pièce qu’un xénomorphe ! Bref, une nouvelle déception pour les possesseurs de MSX. « Comme d’habitude », pourrait-on dire.
Vous trouvez que ça ressemble à la version ZX Spectrum ? C’est normal.
NOTE FINALE : 08,5/20
En-dehors de la simple paresse, difficile de déterminer ce qui pouvait bien justifier que cette version MSX d’Aliens : The Computer Game n’hérite pas du plus infime bruitage. Toujours est-il que ce silence de mort vient handicaper encore un peu plus un gameplay qui n’avait déjà pas grand chose pour se mettre en valeur. Autant retourner sur la version ZX Spectrum – ou sur n’importe quel autre portage.
Développeur : Taito Corporation Éditeur : Taito Corporation Titres alternatifs :ARCADE ARCHIVES RAINBOW ISLANDS (collection Arcade Archives), Rainbow Islands (versions par Ocean Software), Rainbow Islands : Story of the Bubble Bobble 2 (Master System) Testé sur :Arcade – NES (Disco) – Amiga – Amstrad CPC – Atari ST – Commodore 64 – ZX Spectrum – NES (Ocean Software) – Master System – PC Engine CD – PC (DOS) – PlayStation – Saturn Disponible sur : Game Boy Color, J2ME, PlayStation 4, Switch, Windows Présent dans les compilations :
Le Monde des Merveilles (1990 – Amstrad CPC)
Addicted to Fun : Rainbow Collection (1991 – Amiga, Amstrad CPC, Atari ST, Commodore 64, ZX Spectrum)
HK Electronics & Software 5 år Jubileum (1991 – Amiga, Atari ST, Commodore 64)
Power Up (1991 – Amiga, Atari ST, Commodore 64)
Bubble Bobble also featuring Rainbow Islands (1996 – PC (DOS), PlayStation, Saturn, Windows)
Arcade 2 Collection (2004 – Windows)
Taito Legends (2005 – PlayStation 2, Windows, Xbox)
Que faire à la suite d’un jeu qui a cartonné ? De nos jours, cette question soulèverait à peine un débat tant le développement d’une licence est devenu une mécanique aussi prévisible que bien huilée : reprendre le même concept, conserver tout ce qui a fait mouche auprès des joueurs, limiter au maximum les risques (et tant qu’à faire, insérer une boutique en ligne pour vendre des lootboxes et des cosmétiques aux gosses de douze ans, mais je m’égare). Une idée originale ? Intéressant : testons-la dans un spin-off, et si jamais il se vend bien, il deviendra sa propre série. Réglé comme du papier à musique.
Les joueurs les plus impliqués pourront renouer avec l’univers de Bubble Bobble
Mais au milieu des années 80, on avait encore une conception sensiblement différente de la manière d’aborder un deuxième opus : un jeu vidéo étant alors essentiellement une bonne idée de gameplay, le meilleur moyen d’imaginer une suite était donc… de trouver une autre idée – et si possible, une meilleure. Il est ainsi particulièrement parlant de constater que Bub et Bob, les dragons de Bubble Bobble, auront dû attendre pas moins de sept ans pour connaître une aventure qui reprenne les mécanismes de l’épisode qui les avait rendus célèbres. Et avant cela ? Oh, ils n’auront pas été inactifs : en fait, à peine leur forme humaine retrouvée, ils seront retournés sauver un paquet de monde en oubliant leurs bulles pour leur préférer… des arcs-en-ciel (!) et même des parasols (!!). Singulier parcours, mais le plus impressionnant est surtout de constater que, même privés de tout ce qui avait fait leur notoriété, les deux frères avaient encore de fameux arguments en réserve – comme allait se charger de le démontrer Rainbow Islands, sous-titré dans un soucis de clarté (parce que ce n’était pas immédiatement évident pour les joueurs de l’époque) The Story of Bubble Bobble 2.
En ce temps-là la vie était plus belle…
Retournement de situation, donc : cette fois, Bub et Bob sont redevenus humains, mais ce sont les habitants des Îles Arc-en-Ciel qui ont été changés en dragons-cracheurs-de-bulles et qui les appellent à l’aide. Cela tombe bien: l’Ombre Noire (Dark Shadow) responsable de leur première (més)aventure n’ayant toujours pas été châtiée, les deux frères se lancent donc à l’assaut des sept iles susnommées… un par un, cette fois, car il n’est plus question de jeu coopératif. Shocking !
Pour voir les dernières îles, il faudra être bon !
Cette fois, chacune des îles sera constituée de quatre rounds, le dernier se clôturant toujours par un boss (qui sera une version géante du sprite d’un des ennemis rencontrés dans le niveau), et chacune d’entre elles prendra la forme d’une ascension dans un univers à la thématique ciblée (île militaire, île remplie d’insectes… ou même îles inspirées d’un autre jeu de Taito, comme Arkanoid ou Darius !) et à l’esthétique colorée et enfantine. Et mine de rien, ça aussi ça fait du bien.
Les îles secrètes sont réservées aux gros joueurs – et ça se sent
Car autant le dire : à l’ère de la 3D hyper-réalistes aux teintes de plus en plus fades, il y a quelque chose qui regonfle le moral à découvrir l’univers ensoleillé des premières îles, avec une musique légère et sautillante (et le thème de la première île qui rappellera immanquablement Over The Rainbow) et des personnages à bonne bouille qui nous donnent presque envie d’aller leur faire un câlin quand ils viennent de nous défoncer la g faire perdre une vie. La patte du jeu est toujours aussi kawaï, mais le fait de sortir enfin des écrans uniques pour s’offrir un défilement vertical donne également un aspect plus « aéré » et moins claustrophobe à l’action.
Une petite escapade dans Arkanoid, ça vous tente ?
Action qui va donc reposer sur les fameux arcs-en-ciel multifonction : ils peuvent à la fois servir d’arme pour défaire les ennemis, de bras extensible pour aller chercher les bonus et surtout d’escaliers sur lesquels Bub ou Bob peut grimper pour atteindre des plateformes de plus en plus rares et de plus en plus inaccessibles au fil des niveaux. C’est bête comme chou sur le papier, mais il est difficile de trouver des mots qui permettent de retranscrire la formidable efficacité du game design du jeu : l’action a beau ne jamais réellement se renouveler, c’est précisément la simplicité et l’accessibilité de la jouabilité qui lui permettent de ne jamais s’essouffler et de ne jamais parvenir à lâcher le joystick une fois la partie commencée. Même quand le jeu commence à devenir dur – c’est à dire assez vite, on parle quand même d’une borne d’arcade – on n’a jamais l’impression de faire face à des situations infranchissables qui nous donneraient envie de lâcher définitivement l’affaire ; au contraire, même, on dégaine une pièce, convaincu que la prochaine fois sera la bonne. Ce qui est plutôt bon signe.
Les boss les plus coriaces demanderont une parfaite maîtrise de vos arcs-en-ciel
Car, comme dans le premier opus, « simple » ne veut pas dire « creux », et Rainbow Islands a pour lui de multiples niveaux de technicité qui pourront permettre aux joueurs les plus dévoués de toujours trouver matière à revenir perfectionner leur maîtrise – et surtout, de débloquer une « bonne » fin qui donnera accès à pas moins de trois îles supplémentaires !
L’univers du jeu a un charme indéniable
Il est ainsi possible, en coinçant un adversaire sous un arc-en-ciel puis en amenant ledit arc-en-ciel à s’effondrer sur lui, de générer un diamant qui prendra la teinte de l’une des sept couleurs de… ben de l’arc-en-ciel, je crois que vous avez commencé à saisir qu’il s’agissait d’un élément central du jeu. Parvenir à collecter des diamants des sept couleurs au cours d’un même niveaux amènera le boss à lâcher un « gros diamant » et collecter les sept gros diamants ouvrira alors l’accès aux trois îles secrètes – sacrément coriaces, est-il besoin de le préciser ? Reproduisez le même mécanisme dans les trois dernières îles, et vous obtiendrez cette fois trois miroirs qui permettront, quant à eux, d’accéder à la meilleure fin du jeu. Une sorte d’ « objectif secret » qui rallonge la durée de vie de façon pertinente tout en laissant les néophytes continuer de jouer à leur guise : voilà une idée qu’elle est bonne ! Et le mieux est qu’il y a d’autres secrets dans ce genre, je vous laisse les découvrir…
Quand il commence à y avoir du monde, l’important est de garder la tête froide
Il y a d’ailleurs quelque chose qui « clique » instantanément dans la philosophie du jeu et qui fait qu’on se surprend à y revenir avec plaisir même après avoir éclusé des centaines de jeux de plateforme – précisément parce que le game design ne fait jamais l’erreur d’empiler les couches de complexité jusqu’à assommer le joueur avec des dizaines de difficultés différentes à gérer simultanément.
Même l’île « effrayante » est mignonne-tout-plein
Rainbow Islands fait le choix intelligent d’avoir quelque chose d’amusant à offrir quel que soit le niveau d’investissement de celui qui s’y essaie : un enfant de huit ans peut s’éclater autant qu’un hardcore gamer en train de mettre en place les meilleures stratégies pour débloquer les derniers niveaux, et c’est là tout son génie. Certes, on regrette un peu, cette fois, de ne pas pouvoir bénéficier de la convivialité d’une partie entre amis, mais il y a quelque chose de si contagieux dans la chaleur et la légèreté du titre qu’on a parfois l’impression de jouer à un antidépresseur. C’est pratiquement de la sorcellerie – quelque chose d’aussi simple ne devrait pas être aussi addictif, surtout avec quarante ans de recul – mais c’est aussi ce qui résume le mieux le charme des années 80 et de cette période où on n’avait pas besoin de dix boutons, deux sticks et une croix directionnelle sur une manette pour avoir le droit de s’éclater. Si vpus aussi vous déchantez parfois un peu face à une période où il est devenu presque contre-nature de jouer dix minutes, relancez Rainbow Islands : c’est comme une bouffée d’air frais dans un monde où même s’amuser commence à demander trop d’investissement pour les adultes que nous sommes devenus.
Vidéo – le premier niveau du jeu :
NOTE FINALE : 17/20
Comme son prédécesseur, Rainbow Islands : The Story of Bubble Bobble 2 est un jeu de plateforme addictif qui cache d'innombrables couches de technicité et de finesses à maîtriser sous des dehors enfantins et acidulés. Même si on pourra regretter que l'aventure soit désormais exclusivement réservée à une expérience solo, il y a de quoi être impressionné par la formidable efficacité de l'univers et surtout des mécanismes d'un jeu qui a quelque chose à offrir à n'importe quel type de joueur, depuis le bambin néophyte jusqu'au hardcore gamer en quête du 100%. Que l'on y joue pour se détendre ou pour atteindre l'ultime boss des niveaux secrets, le titre de Taito conserve au fil des années une inexplicable magie qui fait qu'on prend toujours le même plaisir à y revenir comme on est heureux de revisiter un souvenir d'enfance. Une madeleine de Proust qui n'a jamais tout à fait le même goût ; pourquoi se priver ?
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Plus de mode deux joueurs – Peu de renouvellement dans le level design – Une musique qui tourne vite en boucle
Bonus – Ce à quoi pouvait ressembler Rainbow Islands sur une borne d’arcade :
Version NES (Disco) Rainbow Islands
Développeur : Disco
Éditeur : Taito Corporation (Japon) – Taito America Corporation (Amérique du Nord)
Date de sortie : 26 Juillet 1988 (Japon) – 1991 (Amérique du Nord)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version américaine (NTSC)
Spécificités techniques : Cartouche d’1Mb
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Sans surprise, Rainbow Islands aura débuté le grand bal des portages sur NES, d’abord exclusivement au Japon avant de franchir le Pacifique trois ans plus tard pour débarquer aux États-Unis – mais pas en Europe, où le portage comme l’édition seront assurés par Ocean Software, comme on va le voir plus bas. De façon intéressante, alors que cette version est assurée directement par une équipe interne de Taito, elle s’éloigne sensiblement plus de la borne que la conversion réalisée par Ocean Software, justement. Ainsi, le plan des niveaux a été modifié, il n’y a plus que huit niveaux au total (dont un inédit, puisque la sixième île reprend désormais l’univers de KiKi KaiKai, dont les derniers épisodes sont mieux connus sous le nom de Pocky & Rocky chez nous), et on constate également que – comme dans une partie des autres portages domestiques du jeu – la musique du premier niveau a été modifiée à cause de sa ressemblance trop prononcée avec Over the Rainbow. La carte a également disparu, et obtenir un « gros diamant » offre le choix entre une conversation avec un des habitants des îles ou un coffre contenant un bonus. Ces quelques modifications mises à part, on obtient une conversion certes moins colorée que la borne, mais qui s’en sort malgré tout très bien : c’est jouable, c’est fluide, et l’esprit du jeu est très bien respecté. La difficulté est également très progressive dans cette version – les joueurs les plus entraînés pourront d’ailleurs la considérer comme trop facile. Bref, une très bonne alternative à la borne pour découvrir un jeu extrêmement sympathique.
Du travail bien fait, pour une véritable bouffée d’air frais
NOTE FINALE : 16/20
Conversion réussie pour Rainbow Islands à la sauce Disco sur NES : en dépit de quelques petites coupes, les adaptations sont globalement bien senties, et la jouabilité est excellente. Plus accessible que jamais (et bénéficiant d’un environnement inédit), cette version constitue un excellent jeu de plateforme pour la console.
Version Amiga Rainbow Islands
Développeur : Graftgold Ltd.
Éditeur : Ocean Software Ltd.
Date de sortie : Avril 1990
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette testée sur Amiga 1200 (PAL)
Quand on parle de succès de l’arcade de la fin des années 80, on s’attend à ce qu’Ocean Software débarque ventre à terre. Bon, dans les faits, c’est un peu plus compliqué que ça : il y aura eu une dispute sur les droits, ce qui explique que bien, que testé dans certains magazines dès le mois d’août 1989, le jeu n’aura en réalité été commercialisé qu’en 1990. Toujours est-il que c’est l’équipe britannique de Graftgold (avec à la barre l’excellent Andrew Braybrook) qui a hérité de la conversion de Rainbow Islands – et la bonne nouvelle est qu’elle a plutôt bien accompli sa mission. Certes, les trois niveaux secrets n’ont pas été conservés (l’équipe n’aura découvert leur existence qu’assez tard dans le développement, et Ocean n’était pas prêt à offrir une rallonge pour pouvoir les intégrer) mais pour le reste c’est une version très fidèle à l’arcade qui s’offre au joueur. Graphiquement, le résultat n’est vraiment pas très loin de la borne, on profite à la fois de la musique et des bruitages (chose encore rarissime sur la machine en 1989), et si le framerate est plus bas que sur console, il est constant et ne pénalise pas l’action. La jouabilité à un bouton n’est pour une fois pas trop pénalisante, et dans l’ensemble on comprend facilement que ce portage ait enchanté les joueurs au moment de sa sortie – ou même de sa réédition en 1992. Pour tous les amateurs d’arcade sur Amiga, c’est un indispensable au côté de titres comme The Newzealand Story, Pang ou Toki.
C’est joli et ça ne tourne pas trop mal : que demander de plus en 1989 ?
NOTE FINALE : 16/20
Mission accomplie pour Rainbow Islands sur Amiga : certes, on perd une petite partie du contenu de l’arcade et le framerate est plus bas que sur la borne ou sur les versions consoles, mais on n’en tient pas moins une des meilleures conversions de l’arcade sur la machine de Commodore : jolie, fidèle, jouable et profitant à la fois de la musique et des bruitages, du travail comme on aurait aimé en voir davantage en 1989 – et après.
Version Amstrad CPC Rainbow Islands
Développeur : Graftgold Ltd.
Éditeur : Ocean Software Ltd.
Date de sortie : Avril 1990
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 3″
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette testée sur Amstrad 6128 Plus
Configuration minimale : Système : 464 – RAM : 64ko
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Avec Graftgold toujours aux commandes (mais avec désormais David O’Connor à la barre), la philosophie reste la même : les sept iles de la version arcade de Rainbow Islands sont toujours là, pas les trois îles cachées, et s’il n’y a pas de musique pendant l’écran-titre, elle est bien présente en jeu – tout comme une partie des bruitages. Et, comme sur la version Amiga, c’est bien le thème original du premier niveau qui a été conservé. La meilleure nouvelle reste qu’on n’a pas affaire à un immonde speccy port : la réalisation est très colorée, et même si la fenêtre de jeu est assez petite et le framerate encore plus bas que sur Amiga, les sensations demeurent assez bonnes pour qu’on n’ait pas envie de s’arracher les cheveux en découvrant cette conversion aujourd’hui. De quoi livrer à la machine un de ses meilleurs jeux de plateforme, et on ne va pas s’en plaindre.
Dommage que le framerate soit aussi bas, car pour le reste c’est inattaquable
NOTE FINALE : 15/20
Rainbow Islands sur CPC a beau avoir perdu en lisibilité et en nervosité, ce sont les seuls vrais reproches que l’on puisse lui faire, car pour le reste ce portage assuré par Graftgold fait largement honneur aux capacités de la machine d’Amstrad. Le jeu a beau être plus agréable à découvrir sur les versions 16 bits – ou sur consoles – il n’en demeure pas moins l’occasion de passer un bon moment. On prend.
Version Atari ST Rainbow Islands
Développeur : Graftgold Ltd.
Éditeur : Ocean Software Ltd.
Date de sortie : Avril 1990
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″ simple face (x2)
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette testée sur Atari 1040 STe
Configuration minimale : Système : 520 ST – RAM : 512ko
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
La question brûle toutes les lèvres : l’Atari ST allait-il pouvoir s’en sortir aussi bien que l’Amiga au moment d’accueillir son adaptation de Rainbow Islands ? Et la réponse est oui, mille fois oui : en fait, les deux versions sont pratiquement jumelles. La machine d’Atari, on le sait, est nettement plus à l’aise avec un défilement vertical qu’avec un défilement horizontal, ce qui lui permet d’offrir une action fluide et un framerate équivalent à celui de la version Amiga. La musique est toujours là, tout comme les bruitages, et le rendu est excellent. Oui, le jeu est difficile et la jouabilité à un bouton n’est pas aussi satisfaisante que celle de la version arcade, mais bon sang pour une fois on ne va pas se gausser de la presse de l’époque qui parlait de « la borne à domicile », car on n’en est objectivement pas à des kilomètres. En matière de jeux de plateforme, difficile de trouver beaucoup mieux sur Atari ST.
Un Atari ST bien employé, c’était quand même chouette
NOTE FINALE : 16/20
Pour une fois, pas de guéguerre inutile entre les amateurs d’Atari ST et les fanatiques de l’Amiga : Rainbow Islands fait aussi bien sur le deux machines, et le résultat est toujours l’un des meilleurs jeux de plateforme de l’ordinateur d’Atari. Votre âme d’enfant est probablement là, quelque part sous ces seize couleurs éclatantes qui évoquent une époque où même le ciel semblait plus bleu. Ah, j’en verserais presque une larme, tiens.
Version Commodore 64 Rainbow Islands
Développeur : Graftgold Ltd.
Éditeur : Ocean Software Ltd.
Date de sortie : Avril 1990
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 5,25″
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette testée sur Commodore 64 PAL
Configuration minimale : RAM : 64ko
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Après ses performances sur les autres machines, c’était avec un certain enthousiasme qu’on était en droit d’attendre Rainbow Islands sur Commodore 64, un ordinateur souvent capable de véritables miracles quand on le plaçait entre des mains expertes. Le résultat est largement à la hauteur de ce qu’on espérait : évidemment, la palette de couleurs du C64 ne correspond pas tout à fait eux teintes acidulées du jeu, et les masques de collision ne sont pas toujours d’une précision absolue, mais pour le reste ce portage fait mieux que se défendre : le framerate est même meilleur que sur les ordinateurs 16 bits ! La musique comme les bruitages sont toujours là, l’intégralité des sept niveaux répond présent (toujours pas de niveaux secrets, hélas), et la jouabilité est bien plus réactive que sur CPC. De quoi passer un vrai bon moment, et une superbe prestation de la part de Graftgold – une fois de plus.
C’est moins fin que sur Amiga ou Atari ST, certes, mais ça bouge très bien !
NOTE FINALE : 15,5/20
Difficile d’en demander plus à cette version Commodore 64 de Rainbow Islands : c’est joli et ça bouge vite et bien. Les masques de collision sont perfectibles, et l’ambiance est naturellement un peu plus « fade », mais dans l’ensemble difficile de bouder et excellent portage pour tous les possesseurs de C64.
Version ZX Spectrum Rainbow Islands
Développeur : Graftgold Ltd.
Éditeur : Ocean Software Ltd.
Date de sortie : Avril 1990
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joysticks Kempston et Sinclair
Version testée : Version cassette testée sur ZX Spectrum 128k
Configuration minimale : RAM : 48ko
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Et avec le ZX Spectrum ? Graftgold allait-il également accomplir des miracles avec le ZX Spectrum ? Les possesseurs de la machine de Sinclair seront heureux d’apprendre que oui : Rainbow Islands est probablement l’un des jeux les plus colorés jamais proposés sur le hardware de la machine. Et les bonnes nouvelles ne s’arrêtent pas là : il n’y a toujours aucune coupe, le framerate est meilleur que sur CPC, la jouabilité est réactive et on peut toujours bénéficier de la musique et des bruitages pendant la partie ! Que demander de plus ? À l’échelle de la ludothèque du ZX Spectrum, on tient à n’en pas douter un des meilleurs jeux de plateforme, et il demeure agréable à jouer encore aujourd’hui. Que du bonheur.
Le jeu qu’on attendait, tout simplement
NOTE FINALE : 15,5/20
Décidément, les développeurs de Graftgold connaissaient leur métier, et cette superbe version ZX Spectrum de Rainbow Islands constitue à n’en pas douter une véritable référence au niveau de ce à quoi devrait toujours ressembler un jeu de plateforme sur la machine de Sinclair. C’est joli, c’est lisible, c’est jouable et ça tourne très bien. Inattaquable.
Version NES (Ocean Software)
Développeur : Ocean Software Ltd.
Éditeur : Ocean Software Ltd.
Date de sortie : Mars 1992 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne (PAL)
Spécificités techniques : Cartouche de 2Mb
Dans l’esprit, le contrat est respecté
Quitte à posséder les droits d’adaptation de Rainbow Islands, Ocean Software s’avisa qu’il serait idiot de faire l’impasse sur la NES – et tant pis si la console de Nintendo avait déjà reçu un portage quatre ans auparavant, après tout celui-ci n’était de toute façon jamais arrivé en Europe. Pour l’occasion, c’est donc bien une nouvelle adaptation qui aura vu le jour, en respectant exactement la même philosophie que sur ordinateurs – ce qui signifie donc qu’on peut oublier à la fois le level design revu et corrigé et les quelques modifications apportées au gameplay… ainsi, évidemment, que le niveau inédit dans l’univers de KiKi KaiKai (et évidemment et en dépit des deux ans qui séparent cette version des versions informatiques, les trois niveaux secrets ne répondent toujours pas à l’appel). La cartouche fait cette fois 2Mb, ce qui permet au jeu d’afficher des graphismes plutôt plus travaillés que dans la version de Disco, mais la jouabilité risque de moins faire l’unanimité. Non qu’elle soit mauvaise, mais on remarque que le personnage est plus lent, qu’il est beaucoup plus difficile de faire « l’escalier » avec des arcs-en-ciel successifs, et il est parfois délicat d’établir si un arc-en-ciel clignote parce qu’il est sur le point de disparaître ou simplement parce que la console ne parvient pas à afficher tous les sprites à l’écran. L’apparition des diamants semble également particulièrement aléatoire dans cette version, ce qui est un peu énervant pour un mécanisme aussi important. Le thème du premier niveau a une nouvelle fois été changé, et on ne peut pas dire que celui qui le remplace dégage la même énergie – bref, sans être mauvaise, cette version donne parfois le sentiment d’avoir été mal finie et mal équilibrée, et à tout prendre les amateurs de la borne lui préfèreront sans doute la version de Disco… ou l’émulation de la borne, tant qu’à faire.
Les boss ne sont pas particulièrement spectaculaires, mais ils respectent assez bien les patterns de la borne
NOTE FINALE : 15/20
Plus fidèle à la borne sur le papier, mais pas irréprochable sur le plan de la jouabilité, cette deuxième version de Rainbow Islands sur NES demeure une expérience agréable – mais les joueurs occasionnels l’apprécieront beaucoup plus que les puristes. À tout prendre et quitte à jouer sur la console de Nintendo, mieux vaut sans doute privilégier la version de Disco.
Version Master System Rainbow Islands : Story of the Bubble Bobble 2
Version testée : Version européenne patchée en Français (PAL)
Spécificités techniques : Cartouche de 2Mb
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Choix ô combien surprenant pour Taito, qui aura donc attendu 1993 – six ans après la borne ! – pour adapter Rainbow Islands sur Master System. Une bien longue attente, surtout lorsqu’on réalise que cette version… est bâtie exactement dans le même moule que la version NES de 1988 ! Alors certes, c’est plus coloré, mais le personnage est également particulièrement lent avant de trouver les chaussures (le format PAL n’y est sans doute pas pour rien). Une fois cette petite phase d’adaptation digérée, on remarque que capturer les adversaires sous un arc-en-ciel est plus délicat que sur NES, et que le thème du premier niveau a une fois de plus été remplacé, mais pour le reste difficile de jeter l’opprobre sur ce portage tardif, certes, mais globalement réussi – avec, notamment, des boss de belle taille, et le retour du niveau exclusif dans le monde de Kiki KaiKai. Sans doute rien qui méritait cinq ans d’attente, mais les derniers possesseurs européens de Master System n’ont sans doute pas été malheureux de voir le jeu débarquer à l’époque.
NOTE FINALE : 15,5/20
À quelques petites anicroches près (lenteur initiale, récolte des diamants difficile), l’itération Master System de Rainbow Islands remplit pleinement son office. Sans être idyllique, le tableau reste néanmoins suffisamment positif pour qu’on puisse engloutir plusieurs heures dans le titre de Taito sans jamais avoir à le regretter.
Version PC Engine CD Rainbow Islands
Développeur : Bits Laboratory Co., Ltd.
Éditeur : NEC Avenue
Date de sortie : 30 juin 1993 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Japonais
Support : CD-ROM
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version japonaise (NTSC)
Spécificités techniques :CD System Card 2.0 requise
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
1993 marque également l’arrivée de Rainbow Islands sur une autre console 8 bits sensiblement plus en forme que la Master System au même moment : la PC Engine. Pourquoi cette version sera-t-elle restée cantonnée au support CD-ROM ? C’est une bonne question, car on n’y trouve aucune cinématique additionnelle, et la musique qualité numérique ne fait finalement que reprendre fidèlement les sonorités de la borne d’arcade. Mais pour le reste, autant être honnête : bon courage pour parvenir à distinguer le jeu de la borne. Cette fois, les trois niveaux secrets sont bien présents, « comme tout le reste », serait-on tenté d’ajouté, la réalisation graphique et sonore est à peu près impossible à distinguer de celle de la borne, la jouabilité est aussi inattaquable que le framerate est élevé, et on hérite même d’un menu des options (en japonais, hélas) pour régler la difficulté et activer ou non la quête des gros diamants. C’est pratiquement de l’émulation avant l’heure ! Et c’est d’ailleurs toujours un excellent moyen de découvrir le jeu aujourd’hui. Dommage que cette version n’ait jamais quitté le Japon.
Vous vouliez la borne chez vous ? Ta-da.
NOTE FINALE : 17,5/20
La borne à domicile de Rainbow Islands, cette fois, la voici : il ne manque pas un pixel, le rendu de la musique est identique à celui de la borne, le contenu a été préservé du premier au dernier bit et on hérite même d’un menu des options. Que demander de plus ?
Version PC (DOS) Bubble Bobble also featuring Rainbow Islands
Développeur : Probe Entertainment Ltd.
Éditeur : Acclaim Entertainment, Inc.
Date de sortie : Octobre 1996
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : CD-ROM
Contrôleurs : Clavier, Gravis Gamepad, joystick
Version testée : Version CD-ROM émulée sous DOSBox
Configuration minimale : Processeur : Intel i486 – OS : PC/MS-DOS 4.0 – RAM : 8Mo – Vitesse lecteur CD-ROM : 2X (300ko/s) Modes graphiques supportés : SVGA, VGA Cartes sons supportées : AdLib/Gold, Ensoniq SoundScape, ES 688/1688/1788/1888, General MIDI, Gravis UltraSound, haut-parleur interne, Pro Audio Spectrum, Roland MT-32, Sound Blaster/Pro/16/AWE 32, Tandy
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Vidéo – L’écran-titre du jeu (version Enhanced) :
On pourrait penser que porter un jeu d’arcade vieux de neuf ans n’a rien d’insurmontable, mais le fait est que Probe Entertainment aura rencontré suffisamment de difficultés au moment de se lancer dans la conversion des trois premiers épisodes de la série, sous le nom de Bubble Bobble Trilogy, que la compilation prévue se sera finalement nommée Bubble Bobble also featuring Rainbow Islands, tirant ainsi un trait sur Parasol Stars.
Ça ressemble à la borne, mais il manque des choses
La raison (mais les explications divergent) semble être que Taito avait tout simplement perdu le code des trois épisodes, obligeant Probe Entertainment à repartir du code de la version de Graftgold sur Atari ST (la société britannique est d’ailleurs créditée)… ce qui signifie que cette version ne contient toujours pas les trois niveaux secrets de la borne d’arcade ! On croit rêver ! La réalisation, pour sa part, est identique à celle de la borne, au détail près que les thèmes musicaux sont rendus en MIDI (ils auraient au moins pu offrir le rendu original sous forme de pistes numériques…) et que le thème du premier niveau a une fois de plus été modifié pour éviter quelques petits soucis légaux. Pour faire bonne mesure, une version « Enhanced » aux dégradés plus fins et aux décors plus détaillés est également présente, mais outre le fait que cela n’apporte pas grand chose (les puristes préfèreront la première, les autres ne seront vraisemblablement pas éblouis par la deuxième), on aurait bien aimé profiter d’un écran des options pour pouvoir configurer la difficulté. Bref, pour une compilation de 1996, c’est quand même vraiment le minimum vital – et ça ne vaut clairement pas la version PC Engine CD ou la version arcade. Décevant.
La version « Enhanced » apporte plus de détails, mais rien de renversant non plus
NOTE FINALE : 16,5/20
Certes, ces deux versions de Rainbow Islands sont plus belles et plus fluides que les versions 16 bits de 1990 – ce qui est vraiment la moindre des choses. En revanche, se contenter de thèmes MIDI pour la musique et surtout n’avoir toujours pas intégré les trois niveaux secrets a déjà plus de mal à passer, surtout quand on constate qu’on n’hérite même pas du plus petit menu de configuration en échange. Correct pour découvrir le deuxième opus de la saga sur PC, mais de nos jours, le constat est sans appel : jouez directement à la borne (ou à la version PC Engine CD).
Version PlayStation
Développeur : Probe Entertainment Ltd.
Éditeur : Acclaim Entertainment, Inc.
Date de sortie : 6 septembre 1996 (Amérique du Nord) – 1er octobre 1996 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : CD-ROM
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne (PAL)
Spécificités techniques : –
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Vidéo – L’écran-titre du jeu (version Enhanced) :
Même compilation, même équipe aux commandes, même date de sortie : difficile de s’attendre à une surprise en lançant les deux versions de Rainbow Islands et, de fait, on n’en obtient pas. Comme sur PC, on se retrouve soit avec une version graphiquement identique à l’arcade, soit légèrement améliorée (parce que bon, des arcs-en-ciel transparents, c’est quand même autre chose), mais on doit une nouvelle fois oublier le thème musical iconique du premier niveau, et surtout les trois niveaux secrets qui donnait toute sa raison d’être à la collecte des gros diamants. Encore une fois, ça pouvait passer (et sans doute pas au prix fort) en 1996, mais c’est nettement moins intéressant à l’ère de l’émulation.
Rien n’est à jeter, mais tant qu’à faire on aurait préféré tout avoir.
NOTE FINALE : 16,5/20
Même compilation, même constat : même si elles sont jouables et bien réalisées, les deux versions de Rainbow Islands disponibles sur PlayStation souffrent des mêmes coupes que les versions 16 bits – et même davantage avec le remplacement du thème musical – ce qui leur fera perdre une partie de leur intérêt aux yeux des puristes de nos jours. Toujours aussi sympathique à jouer, mais autant lancer directement la version arcade.
Version Saturn
Développeur : Probe Entertainment Ltd.
Éditeur : Acclaim Entertainment, Inc.
Date de sortie : 30 août 1996 (Amérique du Nord) – 12 septembre 1996 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : CD-ROM
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne (PAL)
Spécificités techniques : –
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Vidéo – L’écran-titre (version Enhanced) :
Inutile de faire durer le suspense : oui, Bubble Bobble also featuring Rainbow Islands sur Saturn propose exactement le même programme que sur PC et sur PlayStation, et on pourrait même aller jusqu’à décrire cette version comme une copie carbone de sa consœur sur la console de Sony si les (rares) effets de transparence n’avaient pas disparu, ce qui en fait de facto la copie carbone de la version publiée sur PC. Toujours pas de menu des options, de thème musical original ou de niveaux secrets, donc. Oh, bon.
Quelqu’un s’attendait à une différence ?
NOTE FINALE : 16,5/20
Rien de neuf sous le soleil : Rainbow Islands à la sauce Saturn connait exactement les mêmes coupes dommageables que les deux autres versions de cette compilation un peu décevante. Toujours de quoi passer un bon moment par nostalgie, mais ceux qui veulent le « real deal » iront voir ailleurs.
Développeur : Taito Corporation Éditeur : Taito Corporation Titre alternatif :Rainbow Islands : The Story of Bubble Bobble 2 – Extra Version (écran-titre) Testé sur :Arcade – Mega Drive – FM Towns Disponible sur : Présent au sein de la ludothèque pré-installée de la Mega Drive Mini 2 (version occidentale uniquement)
Suite au succès – prévisible – de Rainbow Islands, Taito n’aura pas mis longtemps à commercialiser une version « Extra ». Le concept ? Exactement le même que celui du mode « Super Bubble Bobble » du premier opus : le jeu reprend exactement les mêmes niveaux que la borne originale, mais en changeant l’ordre d’apparition des boss et des adversaires afin de rendre le titre plus difficile. Autant dire qu’en tant que logiciel pris indépendamment, Rainbow Islands Extra ne vaudrait probablement l’investissement qu’aux yeux des fans les plus dévoués de la licence, mais en tant que mode de jeu additionnel – comme c’est le cas sur les versions domestiques présentées ici –, c’est déjà plus intéressant.
Version Arcade
Date de sortie : Mars 1988 (International)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Borne
Contrôleurs : Un joystick (deux directions) et deux boutons
C’est donc sur borne d’arcade que Rainbow Islands Extra aura connu ses débuts, et la question mérite d’être posée d’entrée : qui diable ce jeu peut-il bien cibler ? D’un côté, les vétérans de Rainbow Islands seront certainement heureux de trouver un prétexte de rempiler, mais ils ne découvriront strictement rien dans cette version qu’ils n’aient déjà eu l’occasion de voir dans la précédente. De l’autre, les néophytes n’auront sans doute pas envie de composer avec une version plus difficile et qui perd fatalement en cohérence et en équilibrage à force de mélanger ses univers. Bref, si le jeu est toujours aussi agréable à jouer, difficile de définir en quoi cette version « Extra » pourrait bien représenter un investissement valable pour quiconque – en-dehors des curieux, qui n’y passeront sans doute pas des heures, et des fanatiques qui seraient prêts à jouer à n’importe quoi tant qu’il y a écrit Rainbow Islands dessus. Une version sympathique, mais un brin déstabilisante.
Vidéo – Le premier niveau du jeu :
NOTE FINALE : 16/20
Rainbow Islands Extra est toujours une borne qui vaut le détour, ne fut-ce que parce qu’il s’agit de Rainbow Islands, mais prise indépendamment cette version n’a véritablement d’intérêt que pour un public de niche si spécifique qu’on se demande s’il était vraiment nécessaire que cette borne voit le jour. À découvrir, mais uniquement si vous avez éclusé la version de base sans être rassasié.
Version Mega Drive
Développeur : Aisystem Tokyo
Éditeur : Taito Corporation
Date de sortie : 5 octobre 1990 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version japonaise (NTSC)
Spécificités techniques : Cartouche de 4Mb
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Après avoir été l’une des rares machines à avoir fait l’impasse sur Bubble Bobble, on s’attendait à ce que la Mega Drive se rattrape avec Rainbow Islands… mais, étrangement, alors même que l’épisode cartonnait en Europe dans sa version Graftgold, la cartouche de cette version n’aura tout simplement jamais quitté le Japon. C’est d’autant plus dommage qu’elle coche à peu près toutes les cases de la version ultime : une réalisation n’ayant rien à envier à celle de la borne, l’inclusion du mode « Extra », et même la présence d’un menu des options permettant de choisir sa difficulté et le nombre de vies, la totale ! Seuls deux petits reproches peuvent être formulés à mes yeux : le remplacement du thème iconique du premier niveau (comme dans virtuellement toutes les versions après celles de Graftgold), et le fait que cette version n’emploient que les décors de la version « Extra »… ce qui signifie que, quoi qu’il arrive, le ciel bleu du premier niveau sera obligatoirement remplacé par un grand fond noir, par exemple. C’est un peu dommage pour un jeu dont l’aspect « lumineux » était un élément important de l’identité, mais ceux que cela ne dérange pas peuvent foncer les yeux fermés : pour le reste, difficile de trouver mieux.
Tout ce dont on pouvait rêver est là… sauf les décors de la version de base du jeu
NOTE FINALE : 17,5/20
Excellente surprise que cette version Mega Drive de Rainbow Islands Extra qui fait le carton plein dans à peu près tous les domaines : contenu, jouabilité et réalisation. Seuls petit regrets : le jeu n’est plut tout-à-fait le même sans son thème iconique, et dommage qu’il faille atteindre la deuxième île pour apercevoir un coin de ciel bleu.
Version FM Towns
Développeur : Taito Corporation
Éditeur : Ving Co., Ltd.
Date de sortie : 1992 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Langues : Anglais, japonais
Support : CD-ROM
Contrôleurs : Clavier, joypad, joystick
Version testée : Version japonaise
Configuration minimale : –
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
En voyant le FM Towns accueillir Rainbow Islands Extra en 1992, on pouvait s’attendre à retrouver peu ou prou l’équivalent de la version parue sur Mega Drive deux ans plus tôt. Néanmoins, en-dehors de la présence de quatre modes de difficulté au lieu de trois (ainsi que d’un système de sauvegarde), cette version présente deux nuances qui la rendent sensiblement inférieure à celle parue sur la machine de SEGA. La première, c’est qu’elle ne contient que ce qu’annonce le titre, à savoir exclusivement la version « Extra » du jeu – pas question de s’essayer à la version normale ici. La deuxième, et la plus surprenante, c’est que quelle que soit la résolution choisie dans le menu des options, le jeu s’affiche invariablement avec un défilement horizontal sans lequel il est impossible de voir la totalité du tableau – un détail pénalisant qui s’explique mal sur une machine très largement capable d’afficher la résolution de la borne originale. Deux détails qui viennent ternir une version autrement inattaquable.
NOTE FINALE : 16,5/20
En se limitant au mode de jeu additionnel et en échouant à afficher toute l’action sans avoir recours à un défilement, cette version FM Towns de Rainbow Islands Extra déçoit quelque peu et n’offre pratiquement aucun avantage comparé à la version Mega Drive, excepté la possibilité de sauvegarder sa progression.
Développeur : Tecmo, Ltd. Éditeur : Tecmo, Ltd. Titres alternatifs :ARCADE ARCHIVES TECMO BOWL (collection Arcade Archives), Tecmo Bowl GB (Game Boy – Japon) Testé sur :Arcade – Arcade (PlayChoice-10) – NES – Game Boy Disponible sur : 3DS, PlayStation 4, Switch, Wii, Wii U – Présent au sein de la ludothèque pré-installée de la Nintendo Classic Mini : Nintendo Entertainment System Présent au sein de la compilation :Tecmo Classic Arcade (2005 – Xbox)
La licence Tecmo Bowl (jusqu’à 2000) :
Tecmo Bowl (1987)
Tecmo Super Bowl (NES) (1991)
Tecmo Super Bowl (SNES) (1993)
Tecmo Super Bowl II : Special Edition (1994)
Tecmo Super Bowl III : Final Edition (1995)
Tecmo Super Bowl (PlayStation) (1996)
Version Arcade
Date de sortie : Décembre 1987 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 4
Langue : Anglais
Support : Borne
Contrôleurs : Un joystick (huit directions) et deux boutons
Vu d’Europe, le football américain fait partie de ces curiosités qui participent à rappeler à quel point les États-Unis forment une culture à part avec laquelle, en dépit de sa domination depuis l’après-guerre, certaines passerelles n’auront jamais réussi à se dresser. Passons rapidement sur l’absurdité qui amenait John Cleese à s’étrangler de rire à l’idée de nommer « football » un sport se jouant à 95% à la main pour en arriver à l’activité en elle-même : de l’intérieur, c’est une sorte de rêve de stratège mettant en jeu des mouvements d’équipe dont le nombre rivalise avec la complexité. De l’extérieur, c’est surtout un sport si riche en temps morts et en changements de phase qu’il donne l’impression d’assister à la télévision à une sorte de publicité géante de quatre heures timidement entrecoupées de courtes séquences sportives. Bref, quand on est poli, on dit que c’est déstabilisant. Quand on ne l’est pas, on dit que c’est chiant.
L’engagement adverse est encore le moment où il est le plus facile de gagner du terrain
On s’en doute, au moment de proposer les premières versions vidéoludiques du football américain, l’extraordinaire complexité du sport représentait déjà un problème pour des systèmes qui se demandaient encore comment animer vingt-deux joueurs sur un terrain ; aux yeux de l’arcade, son rythme morcelé en posait un autre. Car dans un secteur où le temps était plus que jamais de l’argent, difficile d’imaginer un joueur lancer une partie de quatre heures avec un seul crédit – surtout pour passer les deux tiers de son temps à ne pas jouer. Autant dire que pour transposer le football américain dans les salles d’arcade, il allait falloir commencer par le réinventer, le réimaginer, et le transformer en une activité qui puisse fournir des séquences de jeu satisfaisantes de trois minutes grand maximum. Et à ce délicat exercice, Tecmo Bowl ne se sera pas trop mal débrouillé… ou du moins, jusqu’à un certain point.
Il y a deux joueurs démarqués au milieu de cette foire d’empoigne. Profitez-en vite !
Un peu comme 10-Yard Fight (un de ses rares prédécesseurs sur arcade) quatre ans plus tôt, Tecmo Bowl commence naturellement par se débarrasser de tout le « superflu » : pas d’équipes ou d’effectifs réalistes, il y a juste une équipe bleue (les « Wildcats ») et une équipe rouge (les « Bulldogs »), et les sportifs sur le terrain n’ont aucune identité ni caractéristique.
Quelles que soient vos performances, toutes les deux minutes, il faudra repasser à la caisse !
Chaque crédit offre une seule et unique minute de jeu « effectif » (ce qui se traduit par le double en comptant les arrêts de jeu), quant à l’aspect stratégique… eh bien il ne se matérialise pas encore par des plans de jeu concrets comme dans Cyberball un an plus tard ou dans la version NES encore un peu plus tardive. Concrètement, à l’engagement, un bouton vous permet de sélectionner le joueur à qui vous allez essayer de passer la balle – à condition, naturellement, de compter la passer, l’alternative consistant à profiter des espaces créés par vos coéquipiers pour la porter le plus loin possible étant elle aussi viable. Et c’est tout. Parvenez à réussir votre passe sans qu’elle se fasse intercepter, et vous pourrez alors prendre le contrôle du joueur l’ayant reçue ; dans le cas contraire, vous passerez en phase défensive où l’idée sera surtout de parvenir à intercepter la balle (idéalement) pour repartir en phase offensive, ou à défaut à plaquer tous ceux qui essaieront de passer pour les empêcher de rejoindre votre zone de touchdown.
Commettez une erreur et l’ordinateur vous le fera payer très vite
La bonne nouvelle, c’est que cette relative simplicité permet de se concentrer sur l’essentiel – à savoir, la grande majorité du temps, sur un seul joueur et pratiquement jamais plus de deux. Vos coéquipiers se débrouillant tout seuls et s’efforçant de barrer la route de vos adversaires lors de mano a mano verrouillant les deux joueurs à l’emplacement de leur lutte, l’idée est surtout de parvenir à déceler les espaces le plus vite possible et à en profiter pour les exploiter, ou de repérer le joueur libre de tout marquage qui aura une bonne chance de vous faire progresser de plusieurs yards d’un coup – voire de courir sans opposition jusqu’à l’en-but adverse – afin de lui passer la balle.
Les joueurs adverses ont un fâcheuse tendance à être plu rapides et plus costauds que les vôtres
Sur le papier, c’est un aussi bon concept qu’un autre, et il fera d’ailleurs des merveilles dans la version NES avec quelques ajustements minimaux. Dans les faits, l’adversaire est si coriace, même avec la difficulté de la borne réglée au minimum, que parvenir à avancer d’un millimètre est déjà un véritable exploit. D’une façon particulièrement agaçante, les joueurs adverses semblent remporter systématiquement tous leurs duels et courir plus vite que les vôtres, ce qui fait que s’échapper avec la balle relève de la quasi-impossibilité – tandis que les attaquants adverses, eux, laisseront tranquillement vos défenseurs dans le vent pour aller marquer sans opposition si jamais vous avez le malheur d’échouer à intercepter une passe de quinze yards. Qu’est-ce qu’on s’amuse !
L’emploi de deux écrans aide à garder l’action relativement lisible, même s’il est parfois difficile de trouver le joueur qu’on contrôle au milieu de tout ce foutoir en mouvement
Évidemment, on devine facilement que l’objectif était surtout de faire cracher un maximum de pièces à des joueurs suffisamment crédules pour se dire qu’ils finiraient par trouver la parade en échange de quelques crédits – et vu que chaque minute de jeu est payante, on peut facilement imaginer à quelle vitesse pouvait monter la facture.
Si vous parvenez à avancer de cinq yards, c’est déjà une très bonne opération
Mais la conséquence est de rendre l’expérience aussi laborieuse que punitive, là où un jeu comme NBA Jam aurait l’excellente idée six ans plus tard de privilégier le fun et de penser l’équilibrage pour que le joueur humain ne soit jamais complètement largué face à l’ordinateur – ce qui fait une énorme différence. Ici, un match contre la borne fait davantage penser à un passage à tabac dont l’objectif le plus réaliste est de parvenir à tenir sans encaisser de touchdown le plus longtemps possible, et sauf à assumer son masochisme, on ne peut pas dire que ce soit extrêmement ludique. À plusieurs, les choses ont le mérite de se rééquilibrer, mais entre l’action confuse et le manque de profondeur du gameplay, difficile d’avoir envie de se vider les poches pour livrer un match entier – surtout que la concurrence s’est quelque peu développée depuis quarante ans. Bref, que l’on apprécie ou non le football américain, on ne peut pas dire que ce Tecmo Bowl représente ce qu’on peut avoir envie d’y chercher. Si vous voulez la « vraie » action, allez voir du côté de n’importe quel épisode de Madden, si vous voulez une approche simplifiée et amusante, allez directement voir du côté de la version NES.
Vidéo – Une partie lambda (un crédit) :
NOTE FINALE : 09,5/20 (seul) - 12/20 (à plusieurs)
Contrairement à sa nettement plus populaire version domestique sur NES, Tecmo Bowl sur borne d'arcade est un jeu de football américain qui, en mettant de côté énormément d'aspects du sport – à commencer par les stratégies, pourtant centrales – en oublie surtout une vitale : le fun. D'une difficulté assommante quels que soient les réglages, le titre de Tecmo prend un peu trop à cœur sa mission de faire cracher ses pièces aux joueurs en solo et rend le fait de parvenir à progresser d'un mètre pratiquement miraculeux – pendant que l'adversaire, lui, réussira naturellement sans aucun problème des passes de 50 yards. À plusieurs, la formule est déjà un peu plus amusante, mais le tout manque à la fois d'accessibilité et de profondeur et s'évente avant même d'espérer terminer un match. Copie à revoir.
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Une courbe de progression qui demande beaucoup de patience avant d'être en mesure de rivaliser avec l'ordinateur... – ...et un gameplay trop limité pour demander autant d'efforts – Un manque général de lisibilité qui fait qu'on a parfois du mal à distinguer la position du ballon
Bonus – Ce à quoi pouvait ressembler Tecmo Bowl sur une borne d’arcade :
Version Arcade (PlayChoice-10)
Développeur : Tecmo, Ltd.
Éditeur : Nintendo of America, Inc.
Date de sortie : Février 1989 (Amérique du Nord)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Support : Borne
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version américaine
Hardware :Nintendo PlayChoice-10 Processeurs : Zilog Z80 4MHz ; Ricoh RP2A03G 1,789772MHz Son : Haut-parleur ; Ricoh RP2A03G 1,789772MHz ; RP2A0X APU 1,789772MHz ; 1 canal Vidéo : 256 x 240 (H) 60Hz (x2) Système de sauvegarde par mot de passe
C’est peut-être moins beau, mais cette fois, on s’amuse !
Comme tous les jeux de l’offre PlayChoice-10, Tecmo Bowl n’est ici rien de plus que la version NES proposée dans une version où chaque crédit achète du temps de jeu. La bonne nouvelle, c’est que strictement rien n’a été altéré – même le système de mot de passe est toujours présent. Cette version domestique étant, comme on va le voir plus bas, nettement plus amusante que la version originale, autant dire qu’un joueur de 1989 pouvait faire un plus mauvais investissement de sa monnaie. Aujourd’hui, l’offre ayant naturellement cessé depuis des décennies, l’intérêt de découvrir cette version arcade depuis l’émulation plutôt que la version NES qui ne demande pas de payer toutes les cinq minutes est purement historique.
NOTE FINALE : 16/20
Ce n’est peut-être que la version NES sans ajout notable, mais quitte à découvrir Tecmo Bowl dans une salle d’arcade, mieux valait clairement commencer par cette version.
Version NES
Développeur : Tecmo, Ltd.
Éditeur : Tecmo, Inc. (Amérique du Nord) – Tecmo, Ltd. (Japon)
Date de sortie : Février 1989 (Amérique du Nord) – 30 novembre 1990 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version américaine, révision A (NTSC)
Spécificités techniques : Cartouche de 2Mb Système de sauvegarde par mot de passe
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Après des débuts sur arcade n’ayant pas nécessairement marqué les mémoires, c’est bel et bien avec son portage sur NES que Tecmo Bowl sera parvenu à se faire un nom. La recette ? Une louche de profondeur en plus, la licence de la NFLPA en soutien (traduit en clair : le jeu a les authentiques noms des joueurs, mais pas ceux des équipes), et surtout un équilibrage singulièrement revu – et ça change tout. Après avoir sélectionné son équipe, on découvre donc à présent qu’une gestion tactique très semblable à celle de Cyberball a fait son apparition et permet de choisir son prochain mouvement entre deux attaques (ou défenses) par la course et deux par la passe, le tout via une combinaison de boutons qui aura le mérite de ne pas dévoiler au deuxième joueur (s’il y en a un) ce que vous avez sélectionné.
Il n’y a que quatre stratégies – mais hé, c’est largement suffisant
Une fois sur le terrain, on est accueilli par des graphismes lisibles et par des digitalisations d’une qualité assez impressionnante pour la console, et on prend très rapidement ses marques, d’autant que la jouabilité n’emploie toujours que deux boutons. La grosse différence, c’est que l’opposition est désormais nettement plus abordable, et que parvenir à trouver un espace pour réussir une passe ou marquer un touchdown n’est plus une utopie – et le fait de choisir sa stratégie fait qu’on sait également quels joueurs suivre pour réussir son offensive plutôt que de lancer un ballon au pif en espérant trouver quelqu’un. Conséquence spectaculaire : au lieu d’être brouillon et frustrant, le gameplay devient fun et accessible, et le rythme accomplit à la perfection ce que celui de Cyberball avait raté : les actions s’enchaînent sans temps mort sans laisser l’impression de passer davantage de temps sur l’écran de choix des stratégies que sur le terrain.
Je suis passé ! Kenavo, les bouseux !
Du coup, même un joueur ne comprenant pratiquement rien au football américain (ce qui est très certainement mon cas) peut s’amuser très rapidement, et c’est naturellement à deux que le titre prend l’essentiel de sa saveur. Si le mode solo permet de réaliser une saison complète en affrontant toutes les autres équipes (avec un mot de passe pour ne pas avoir à repartir de zéro), un mode « Coach » permet également de laisser l’ordinateur accomplir tout le boulot… même si, étrangement, il nécessite obligatoirement l’emploi d’une deuxième manette. Bref, même si on décèle des axes de progression évident, Tecmo Bowl parvient à être ce petit jeu addictif auquel on peut très facilement inviter un ami à se joindre – soit exactement tout ce que la borne d’arcade aurait dû être.
NOTE FINALE : 16/20
En fait, le football américain, c’est plutôt plus amusant quand on va à l’essentiel. C’est la précieuse leçon délivrée par ce Tecmo Bowl sur NES, qui parvient à être exactement le petit bijou de fun et d’accessibilité que la version arcade n’est pas. Seul ou à deux, on a vite fait d’y jouer beaucoup plus longtemps que ce qu’on avait prévu – et au moins, on ne passe pas la moitié de la partie à contempler des cinématiques de temps morts comme dans les simulations récentes. Pour les néophytes, les joueurs occasionnels ou ceux qui n’en ont tout simplement rien à carrer du football américain, on n’a peut-être jamais fait mieux.
Version Game Boy
Développeur : Sculptured Software, Inc.
Éditeur : Tecmo, Inc. (Amérique du Nord) – Tecmo, Ltd. (Japon)
Date de sortie : 27 septembre 1991 (Amérique du Nord, Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2 (avec deux consoles reliées par un câble Game Link)
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Console
Version testée : Version américaine
Spécificités techniques : Cartouche de 2Mb Système de sauvegarde par mot de passe
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Tecmo Bowl aura fait le trajet jusqu’à la Game Boy, et on aurait pu s’attendre à ce qu’il profite des deux années écoulées depuis la sortie de la version NES pour intégrer certaines nouveautés – au hasard, une partie de celles qu’on pourrait trouver dans Tecmo Super Bowl moins de trois mois plus tard. Mais non, dans l’absolu, Sculptured Software s’est contenté d’accomplir une pure transcription de la version NES, avec les mêmes équipes, les mêmes modes de jeu et la même jouabilité. La bonne nouvelle est que l’équipe américaine est parvenue à éviter le plus gros écueil en proposant une version lisible où les sensations sont aussi bonnes que sur la console de salon. Alors certes, la réalisation monochrome peut rendre l’action un peu plus confuse, et toutes les digitalisations ont disparu – il n’empêche qu’au titre du meilleur jeu de football américain sur Game Boy, ce très efficace Tecmo Bowl a toujours autant d’arguments.
L’essentiel a été préservé
NOTE FINALE : 15,5/20
Bien qu’elles perdent quelques minuscules fioritures sur le plan de la réalisation, la version Game Boy de Tecmo Bowl accomplit l’essentiel en proposition une retranscription à la fois lisible et jouable de la version parue sur NES. Dommage, cependant, qu’aucune nouveauté en soit à signaler.
Développeur : Now Production Co., Ltd. Éditeur : Irem Corp. Graphie originale :スペランカーII 勇者への挑戦 Titre alternatif :Spelunker II : A Hero’s Challenge (traduction par Stardust Crusaders) Testé sur :Famicom
Version testée : Version japonaise patchée en anglais
Spécificités techniques : Cartouche d’1Mb
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Le destin de Spelunker, le spéléologue/aventurier en quête de trésors et poursuivi par un fantôme, a de quoi faire penser à celui d’un archéologue – plus précisément, à un de ceux ayant hérité d’une malédiction tenace après avoir visité assez discourtoisement une pyramide égyptienne sans lui demander son avis.
Choisir le personnage le plus adapté à votre façon de jouer pourra simplifier un peu l’expérience
Unique programme jamais développé par le studio Micro Graphic Image, il n’aura donc visiblement pas exactement lancé la carrière de son créateur, Tim Martin, lequel n’a à ma connaissance été crédité depuis lors que pour… une participation à R-Type Final 3 Evolved quarante ans plus tard (!) – et encore, il y a de fortes chances qu’il ne s’agisse que d’un homonyme – et ses collègues Robert Barber et Cash Foley ne s’en sortent pas mieux. Son sympathique héros, pour sa part, n’aura pas connu un bien meilleur sort, puisqu’après être passé sous pavillon japonais sous la houlette d’Irem, il aura connu un destin un peu particulier avec deux deuxième opus (!) en un an… avant de disparaître corps-et bien pour plus de vingt ans et d’être « ressuscité » sous la forme d’un hommage baptisé Spelunky en 2009. Comme un symbole, sa dernière aventure au XXe siècle, loin de ses racines, n’aura même pas fait le trajet jusqu’en occident, et même les fans de ses premières aventures sur Atari 8 bits n’auront donc pour l’essentiel jamais connu Spelunker II : Yūsha e no Chōsen. Un destin d’autant plus triste que la cartouche était nimbée de l’ambition d’être un peu plus qu’un simple jeu de plateforme – l’ennui étant qu’en 1987, elle était loin d’être la seule à l’avoir.
Décidément, explorateur, ce n’est pas une vie !
Mais mieux vaut commencer par le commencement. Déjà, il y a le cadre : imaginez un Pays des Fées gouverné depuis un millénaire par un démon maléfique nommé Geyla. Son bilan à la tête du pays étant visiblement à peu près aussi enthousiasmant que celui d’Emmanuel Macron, les fées se tournent vers un sauveur… et en trouvent trois : le joueur peut en effet incarner le spéléologue (ici qualifié d’aventurier) qui donne son nom à la licence, mais aussi un prêtre et une sorte d’esprit magique, chacun doté de leurs propres avantages et inconvénients.
Les indices du jeu vous permettront parfois de récupérer des bonus utiles
Ainsi, le prêtre peut toucher les morts-vivants avec n’importe quelle arme (là où les autres devront pour cela être équipé d’un rosaire) tandis que l’« Esper » (c’est le nom de l’esprit) a lui la capacité de se téléporter pour revenir à des endroits déjà visités. L’explorateur, quant à lui, peut emporter davantage de ressources dans son sac à dos, qu’il s’agisse de nourriture (l’équivalent d’une potion de soin) ou de bombes, qui permettront à la fois de venir à bout des ennemis les plus coriaces et de certaines portes. À ce stade, les joueurs vaguement intéressés par ce qui se passe à l’écran auront également remarqué une jauge de vertu : en effet, rien ne dit que votre héros soit là par générosité d’âme ; il est peut-être simplement venu en tant que chasseur de trésors – pour ne pas dire pilleur de tombes. Cette chose se remplira (ou se videra) donc en fonction de vos actions, et non seulement cela aura un impact pour espérer toucher les morts-vivants susmentionnés (ce qui sera impossible avec une vertu trop basse), mais aussi et surtout pour décider de la fin du jeu… laquelle sera, pour l’occasion, assez délicate à atteindre.
Les quelques boss du jeu sont généralement très simples une fois qu’on a compris où se placer
Loin de présenter un déroulement linéaire, Spelunker II fait en effet le choix d’un environnement semi-ouvert avec de très nombreux embranchements ainsi que la possibilité (pour ne pas dire la nécessité) de retourner sur ses pas.
L’indispensable épée magique pour espérer toucher le boss final
L’idée ? Dénicher des clefs ou de très utiles munitions pour vos différentes armes, mais aussi et surtout de précieux indices pour savoir quoi faire et où aller – car qui dit « liberté de mouvement » dit également « passer des plombes à tourner méchamment en rond », comme les joueurs expérimentés le savent sans doute déjà. De fait, difficile de ne pas penser à un jeu comme Simon’s Quest – paru une poignée de mois plus tôt – pour l’inclusion de l’aspect « aventure », et même s’il n’y a pas de villes à visiter, de marchands à trouver ni même de PNJ avec qui discuter, on comprend rapidement que les trois niveaux du jeu vont prendre beaucoup, beaucoup plus de temps à boucler qu’ils n’en ont l’air – surtout à partir du moment où votre héros n’a qu’une seule vie, aucun continue, et où l’aventure qui nécessite quand même au minimum 1H30 à boucler (en sachant parfaitement où aller) ne propose tout simplement aucun mécanisme de sauvegarde pour reprendre d’ailleurs que depuis le tout début à chaque fois. Ouch.
Graphiquement, le jeu a son charme ; dommage qu’on passe si peu de temps à l’extérieur
Le truc, c’est que Spelunker II a l’ambition d’un jeu moderne, mais avec la jouabilité d’un jeu de 1983.
Rien que placer l’orbe permettant de conclure un niveau peut être compliqué tant la jouabilité tend à manque de précision
Votre héros est raide comme un manche, ses sauts laissent très peu de marge de manœuvre, et l’activité consistant à monter ou descendre le long d’une corde – que vous risquez de pratiquer très, très souvent dans les loooongues grottes du jeu – nécessite une précision absolue au moment de sauter de l’une à l’autre, sans quoi votre personnage tombera comme une pierre… le plus souvent vers sa mort, car non seulement les chutes font toujours du dégâts au-delà d’une certaine hauteur, mais les phases de plateforme s’effectuant régulièrement au-dessus du vide ou de la lave, il est toujours particulièrement énervant de voir son aventure se terminer prématurément pour avoir eu le tort de ne pas avoir appuyé PRÉCISÉMENT EN MÊME TEMPS sur la flèche et le bouton de saut au milieu de la cent-quarantième acrobatie. La moindre attaque souffre d’une courte inertie suffisante pour transformer n’importe quel adversaire en menace pour la plus petite erreur de timing, et le fait que 90% du jeu soit constitué de donjons n’offrant pratiquement aucune variété au niveau des décors et de la palette de couleurs n’aide pas à rendre l’expédition spécialement agréable. Ce n’est pas qu’on n’ait pas envie de visiter l’univers du jeu, c’est surtout qu’on aimerait bien qu’il offre plus régulièrement quelque chose à voir.
Ce jeu va vous apprendre à détester les cordes
Du coup, ce qui aurait pu être une sorte de Metroidvania de première génération se révèle plus proche d’une expérience maladroite ou l’aspect aventure délaye l’action plus qu’il ne l’enrichit, et où le titre aurait franchement gagné à être moitié plus court – et sensiblement plus varié. Non que l’on passe un mauvais moment sur Spelunker II, en dépit de la raideur des contrôles et de l’aspect frustrant du défi (le jeu ne serait pas si difficile sans ses satanées cordes et les chutes à répétition qu’elles provoquent), mais on finit rapidement par trouver le temps long à retraverser des écrans qui se ressemblent tous sans le début du commencement d’une direction claire, avec des indices sibyllins et la quasi-impossibilité de tenir soi-même une carte à cause de nombreux accès « dans la profondeur » qui font que l’on peut vite s’égarer.
Des portes, des clefs et des embranchements : la base
Il ne suffit pas de rajouter des couloirs et des salles pour obtenir un Zelda, et le fait est que les mécanismes du jeu n’offrent simplement ni la précision ni la richesse nécessaires pour s’accrocher jusqu’à la fin de la partie – ou en tous cas, pas à le faire par plaisir. On regrettera d’ailleurs une certaine propension à compliquer les choses sans raison valable (il faut évidemment que le boss final soit dissimulé derrière un passage secret !), comme si rendre la progression la plus lente et la plus obscure possible était nécessairement un gage de longévité – eh bien mauvaise nouvelle, messieurs, la taille a beau être importante, elle ne vaut surtout que par le plaisir qu’elle procure, et ici on apprécierait un peu trop souvent que les choses aboutissent un peu plus vite, ce qui n’est pas bon signe. C’est d’autant plus dommage qu’on sent qu’un level design un peu mieux équilibré aurait facilement permis d’obtenir une épopée un peu plus fluide et un peu plus marquante, mais en l’état notre spéléologue nous aura surtout quitté maladroitement en mettant beaucoup trop de temps à faire ses adieux. Une curiosité qui méritait mieux.
Vidéo – Cinq minutes de jeu :
NOTE FINALE : 12,5/20
On ne peut pas reprocher à Spelunker II : Yūsha e no Chōsen de s'éloigner de l'esprit du premier opus ; au contraire, entre l'accent placé sur l'exploration, la raideur des sauts et quelques mécanismes pas toujours limpides, la suite imaginée par Now Production reprend à la fois les forces et une partie des faiblesses de Spelunker premier du nom pour transformer l'expérience en une sorte d'improbable rencontre entre Simon's Quest et Pitfall. Si on ne peut qu'être admiratif par la taille et la durée de l'aventure proposée dans une simple cartouche d'1Mb, le fait est que cette longévité finit par se transformer en handicap, plombée à la fois par le manque de variété des interminables grottes du jeu, par sa difficulté « à l'ancienne » (une seule vie, aucun continue, aucun mot de passe) et par une jouabilité qui fait son âge. Un peu trop fastidieux pour son propre bien, le titre se réservera à une catégorie de joueurs assez patients pour trouver en eux la motivation de vaincre les trois (longs) niveaux du jeu d'affilée. Ambitieux, mais imparfait.
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Un système de sauvegarde n'aurait clairement pas fait de mal... – ...surtout avec une seule vie et aucun continue !... – ...tout comme une carte, d'autant qu'en réaliser une soi-même est assez complexe – Énormément d'allées-et-venues
Bonus – Ce à quoi peut ressembler Spelunker II sur un écran cathodique :
Développeur : SEGA-AM2 Co., Ltd. Éditeur : SEGA Enterprises Ltd. Titres alternatifs :3D Super Hang-On (3DS), Hang-On (écran-titre – Amiga) Testé sur :Arcade – Amstrad CPC – Atari ST – Commodore 64 – ZX Spectrum – Amiga – Arcade (Mega-Tech) – Macintosh – Mega Drive – Sharp X68000 Disponible sur : 3DS, PlayStation 3, Wii Présent dans les compilations :6-PAK (Genesis – version Genesis), Mega Games I (Mega Drive), Mega Games 6 (Mega Drive), Mega Games 6 Vol. 2 (Mega Drive), Mega Games 10 (Mega Drive), Sega Vintage Collection – Alex Kidd & Co. (Xbox 360)
Parfois, on se dit que ça ne devait pas être facile tous les jours, d’être Yū Suzuki.
Imaginez-vous : l’arcade est plus que votre travail, c’est votre passion. Vous avez été le premier à avoir eu l’idée de proposer rien de moins que la réplique d’une moto en guise d’interface pour Hang-On. Vous venez d’enchaîner les succès avec Space Harrier, Enduro Racer et OutRun, et avant même que vous ayez eu le temps de commencer à réfléchir à After Burner ou à Power Drift, les grosses huiles de la compagnie viennent vous vous voir et vous sortent : « Dis donc, Yū, tu pourrais nous inventer une autre borne qui provoque des queues de vingt mètres dans les salles d’arcade ? ».
Pour une fois, le jeu vous laisse le choix du menu
Bon, j’extrapole sans doute un peu, mais le fait est qu’avoir à supporter la pression de la réussite peut parfois être aussi difficile que celle de l’échec : quoi qu’il arrive, vous serez attendu au tournant. Et le petit problème avec la technologie du Sprite Scaling qui forme le deuxième point commun, avec Yū Suzuki lui-même, de tous les succès susmentionnés, c’est qu’elle se limitait fondamentalement à pouvoir redimensionner beaucoup de sprites très vite, ce qui n’ouvrait pas des possibilités infinies en termes de gameplay. Alors parfois, la meilleure idée est tout simplement d’offrir aux joueurs ce qu’ils attendent en offrant une suite à Hang-On… mais déjà, le joueur observateur notera que Super Hang-On, justement, n’aura pas choisi de s’intituler Hang-On II (un nom déjà pris, il est vrai, par une obscure carte sur SG-1000 qui n’était d’ailleurs qu’un portage déguisé du premier opus). Une forme d’aveu qui dévoile bien le programme réel : Super Hang-On, c’est Hang-On, mais en mieux.
On est venus refaire la même chose, et on en est fiers !
De loin, on pourrait d’ailleurs avoir l’impression d’avoir affaire au même jeu : le principe n’a pas changé d’un pouce, et les joueurs espérant secrètement un déroulement plus « réaliste » où on enchaînerait des tours de circuit au sein d’un championnat comportant un nombre donné de pilotes peuvent changer d’idée ; Super Hang-On, c’est toujours Pole Position avec une moto – mais en vachement plus impressionnant quand même.
Les décors changent, mais ça n’impacte jamais le pilotage
Les sprites sont toujours aussi gros, les concurrents toujours aussi nombreux, mais on remarquera l’introduction de petites nouveautés qui avaient déjà eu le temps de faire leur chemin entretemps, notamment dans le OutRun paru l’année précédente ; la plus visible en étant certainement l’apparition du relief qui nous fait enfin découvrir quelques côtes et autres vallées en plus des indispensables virages et chicanes. Il n’y a toujours pas de système de changement de rapport ici, mais une petite gourmandise a néanmoins fait son apparition : un turbo. Son utilisation est simplissime, et surtout illimitée : dès que vous atteignez la vitesse maximale de 280km/h, appuyez sur le bouton dédié, et vous pourrez cette fois approcher les 350km/h… ce qui signifie également que votre véhicule deviendra moins contrôlable et les différents obstacles encore plus difficiles à anticiper. Et le seul objectif du jeu étant d’arriver au prochain point de passage dans la limite de temps, bien évidemment extrêmement serrée, on se doute que ce fameux turbo va représenter la clef d’une course réussie… ou d’un crédit perdu.
Comme dans OutRun, parvenir à terminer une course vous vaudra une petite animation
Ceci dit, le jeu introduit aussi une forme de choix de la difficulté, via celui du parcours : l’Afrique correspond ici au mode le plus simple avec une course en six étapes, puis viennent l’Asie (dix étapes), L’Amérique (quatorze étapes) et enfin le big boss, l’Europe et ses dix-huit étapes. Un moyen de laisser la main au joueur tout en le laissant explorer plusieurs environnements, et on appréciera à ce titre que le jeu fasse l’effort de changer les ambiances, les décors et la palette de couleurs d’une étape à l’autre.
Faute d’embranchements, on aurait apprécié des chemins alternatifs – mais c’était sans doute en demander beaucoup à la borne
On peut très bien être en train de rouler sur du bitume en plein jour avant de se retrouver sur une piste en terre battue au crépuscule, puis sur une côte plus verdoyante ou en centre-ville en pleine nuit – ce n’est pas nécessairement très cohérent, mais pour être honnête on s’en fout : c’est joli, c’est varié, et surtout, ça va toujours très, très vite. Ceux qui grogneront contre le manque de nouveauté de l’approche, qui prend finalement très peu de risques en apportant très peu de choses au titre original, n’auront pas forcément tort, mais ils échoueront également à réaliser que la plus grand force d’Hang-On était précisément son extraordinaire accessibilité. On ne payait pas dix francs de sa poche pour aller enfourcher une moto en plastique avant de se sentir submergé par la complexité des paramètres techniques et de repartir, dépité, en regrettant de n’avoir pas passé son permis moto : l’idée, comme dans un manège, c’était surtout de s’amuser tout de suite sans avoir à chercher comment d’y prendre.
Conduite de nuit, mais il faudra attendre Rad Mobile pour avoir droit à la lumière des phares
C’est d’ailleurs à la fois l’intelligence de cette « suite » qui n’en est pas tout-à-fait une et le plafond de verre auquel elle est vouée à se heurter : c’est Hang-On en un peu mieux, et au fond ça ne pouvait pas (encore) être autre chose qu’Hang-On en un peu mieux. Le risque d’empiler les fonctionnalités jusqu’à transformer le titre en un brouet indigeste avec beaucoup trop de choses à gérer ayant intelligemment été contourné, reste fatalement ce qu’on pouvait espérer offrir en 1987 : de la vitesse, de l’adrénaline et autour de cinq minutes de pur plaisir.
Ah, filer vers le soleil couchant américain…
À ce petit jeu, la borne rencontre un concurrent redoutable en la personne de son prédécesseur OutRun, qui avait la bonne idée d’offrir des embranchements, des sections à la route plus large ou une circulation plus variée que d’autres motos – soit autant d’éléments qu’il était difficile de reprendre sans donner le sentiment d’être en train de jouer… eh bien, à OutRun sur une moto, précisément. On sent bien que le concept arrive à sa limite, et qu’il allait être temps de s’éloigner du sol (coucou After Burner), voire de la planète (coucou Galaxy Force), et surtout d’arriver à une technologie plus puissante qui permette d’ouvrir de nouveaux horizons (coucou Virtua Racing et Virtua Fighter) pour vraiment pouvoir (espérer) faire mieux. Mais avec presque quarante ans de recul, la formule de Super Hang-On reste la bonne : c’est celle qui est ludique et grisante, même si ça n’est pas pour très longtemps. C’est peut-être ce dont on a le plus besoin, au fond, en n’ayant de moins en moins de temps pour se distraire au cours d’une existence de plus en plus compliquée : ce ballon d’air pur qui nous aide à respirer un bon coup.
Vidéo – Le premier parcours du jeu :
NOTE FINALE : 16,5/20
Prenez Hang-On, incluez-y une parties des nouveautés introduites par OutRun comme le relief, ajoutez un système de turbo qui a l'avantage d'introduire une légère touche technique tout en préservant l'adrénaline, et vous obtiendrez Super Hang-On. La formule est toujours aussi efficace, et même un peu plus consistante, mais on aurait néanmoins apprécié qu'elle prenne également un peu plus de risques – quitte à reprendre le système embranchements ou à offrir du hors-piste. En l'état, c'est toujours un client idéal pour tuer dix minutes en se laissant griser par la vitesse avant de retourner faire autre chose, et c'est déjà très bien. Pourquoi changer une formule qui marche ?
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Aucune nuance dans le pilotage d'un parcours à l'autre – Pas de championnat ni rien qui introduise une quelconque forme de profondeur – Pas de multijoueur
Version Amstrad CPC
Développeur : Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : Février 1988
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 3″
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette testée sur Amstrad CPC 6128 Plus
Configuration minimale : Système : 464 – RAM : 64ko
Ah, comme les possesseurs de CPC ont dû maudire le ZX Spectrum…
On sait toujours plus ou moins à quoi s’attendre lorsqu’on lâche un développeur britannique sur CPC, et il n’y aura pas de bonne surprise avec ce Super Hang-On : on tient ici une nouvelle victime du fameux « speccy port », virus de la fainéantise qui aura décidément fait beaucoup de mal à la machine d’Amstrad. Sans surprise, on doit donc composer avec une ébouriffante palette de cinq couleurs en jeu (dont une réservée à l’interface), pas de musique au-delà de l’écran du choix du parcours (non, rien à l’écran-titre), et des bruitages de moteur qui évoquent les plus mauvais souvenirs de la perceuse du voisin dans le mur en béton de la chambre. La sensation de vitesse est pire que médiocre : à fond de turbo, on a l’impression de tenir un petit 60 à l’heure de moyenne – et le reste du temps, on n’a même pas passé la seconde. Au moins le titre a-t-il préservé tout le contenu de la borne (avec nettement moins de variété dans les environnements, on s’en doute) et s’avère-t-il à peu près jouable, mais on va dire que ce n’est pas exactement « l’arcade à domicile ».
NOTE FINALE : 08/20
Transposé directement depuis la version ZX Spectrum, comme trop souvent, ce portage de Super Hang-On sur CPC doit se contenter d’une réalisation médiocre et d’une sensation de vitesse inexistante. Sachant que le principal mécanisme ludique de la borne était l’adrénaline de la vitesse, on dira qu’il ne reste ici matière qu’à s’occuper les doigts. Mais bon, on a connu pire.
Les avis de l’époque :
« On a chargé le jeu : quatre couleurs, des motos bien dessinées, quelques arbres pour le décor, mais c’est d’un triste ! Bien sûr, bien sûr, il est possible de choisir différents niveaux et différents circuits. Simplement, tout est terne, sans intérêt… On ne peut pas avoir envie de jouer à un jeu comme celui-là plus de deux minutes. »
Amstrad 100% n°2, mars 1988, 3/20
Version Atari ST
Développeur : Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : Septembre 1988
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″ simple face (x2)
Contrôleurs : Clavier, joystick, souris
Version testée : Version disquette testée sur Atari 1040 STe
Configuration minimale : Système : 520 ST – RAM : 512ko
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Quelques mois après des versions 8 bits qui, comme on va le voir, se seront globalement révélées modérément enthousiasmantes, on pouvait nourrir l’espoir que les systèmes 16 bits allaient venir pousser les curseurs un peu plus haut – justement, l’Atari ST se révélait le premier servi, et un bon indicateur de ce qu’on allait pouvoir espérer de cette fameuse génération 16/32 bits. Eh bien, la bonne nouvelle, c’est que cette version réintègre à peu près tout ce qui avait pu manquer aux différentes versions 8 bits : la vitesse, le relief, les quatre thème musicaux et des décors un peu plus détaillés ! Bon, certes, on est encore très loin de la borne niveau vitesse, et la musique n’est pas à la hauteur de ce qu’offrait le Commodore 64, mais on peut comprendre que la presse (et les joueurs) de l’époque soient tombés en pâmoison devant ce portage : ça fait déjà nettement plus illusion ! Évidemment, le problème est précisément qu’on a eu depuis l’occasion de faire mieux sur la même machine, avec des titres proposant du multijoueur ou des modes de jeu de type « championnat » manquant cruellement à cette version – quelqu’un a dit Vroom Multiplayer ? –, mais en tant qu’adaptation de l’arcade, cela reste tout à fait décent. De quoi se défouler dans la joie et la bonne humeur – sans doute pas pendant des semaines, mais cela n’avait de toute façon jamais été l’objectif du titre original.
Le type de jeu qui aidait à bien ressentir la différence entre la génération 16/32 bits et la précédente
NOTE FINALE : 12/20
Dans la catégorie « vitesse décomplexée », Super Hang-On aura été un des premiers titres à montrer de quoi était réellement capable l’Atari ST. Le programme a beau avoir depuis été surclassé dans tous les domaines, que l’on parle de vitesse, de réalisation ou de profondeur, il reste encore aujourd’hui un très bon moyen de se défouler efficacement pendant dix minutes, et c’est tout ce qu’on lui demande.
Les avis de l’époque :
« Aucune véritable originalité ni dans le graphisme ni dans le système de jeu : c’est un jeu de course hyper-classique. Ce qui est réellement original, en revanche, c’est qu’il est extrêmement bien réalisé ! Le pilotage est très réaliste (remarquez, je n’ai jamais conduit de moto…) et, dans l’ensemble, on est assez pris par le jeu. »
Bruno Bellamy, Génération 4 n°6, novembre 1988, 92%
Version Commodore 64
Développeur : Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : Janvier 1988
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 5,25″
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette
Configuration minimale : RAM : 64ko
Croyez-moi, vous aurez bien le temps de détailler les graphismes
Il était permis de faire preuve d’un peu plus d’optimisme au moment d’aborder la version Commodore 64 de Super Hang-On, tant le vaillant ordinateur 8 bits est capable du meilleur quand on s’en donne la peine. Malheureusement, Software Studios aura visiblement manqué de temps, de talent ou des deux : la sensation de vitesse est une nouvelle fois minable, et n’est pas franchement aidée par des concurrents au comportement déroutant qui vous laissent souvent littéralement sur place alors que vous êtes à 250km/h ! Au rang des bonnes nouvelles, le jeu est (un peu) plus coloré que dans les autres versions 8 bits, on a toujours le droit à des changements de palette en course, et on récupère cette fois les quatre thèmes musicaux en jeu, d’ailleurs relativement bien rendus, mais cela ne suffit toujours pas à rendre son intérêt à un jeu de course au ralenti. Dommage.
NOTE FINALE : 09/20
Super Hang-On n’aura décidément pas franchement réussi à retranscrire sur les ordinateurs 8 bits la vitesse ébouriffante de la borne. Réduite, sur Commodore 64, à une expérience poussive, cette version n’a guère que sa musique à offrir pour passer le temps en regardant défiler les arbres à 10km/h. Pas exactement ce qu’on était venu chercher.
Version ZX Spectrum
Développeur : Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : Février 1988
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joysticks Cursor, Kempston et Sinclair
Version testée : Version cassette testée sur ZX Spectrum 128k
Configuration minimale : RAM : 48ko
À tout prendre, c’est meilleur que sur CPC. C’est peut-être injuste, mais c’est comme ça.
La version CPC de Super Hang-On ayant, comme souvent, tué tout suspense quant à la version ZX Spectrum, autant aller à l’essentiel : non, ce n’est pas beaucoup plus enthousiasmant que sur la machine d’Amstrad. L’honnêteté oblige malgré tout à reconnaître que ce portage est un peu plus coloré que sur CPC : votre motard affiche désormais trois couleurs, il arrive de croiser des obstacles bleus ou mauves sur le bas-côté, et il y a même un léger dégradé dans le ciel. La sensation de vitesse est également un peu meilleure, surtout avec le turbo. Disons que ce n’est toujours pas la borne (loin de là !), mais que l’illusion est un peu plus convaincante. Rien d’inoubliable, surtout avec les bruitages comme seul accompagnement sonore en jeu, mais cela reste un jeu de course correct à l’échelle de la machine.
NOTE FINALE : 08,5/20
Version Amiga
Développeur : Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : Janvier 1989
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″
Contrôleurs : Clavier, joystick, souris
Version testée : Version disquette testée sur Amiga 600
Après la version Atari ST, Super Hang-On sur Amiga se sera fait attendre quelques mois supplémentaires. La bonne nouvelle, c’est que cela permet à ce portage de ne pas être un simple clone de celui de son rival, et pas uniquement parce que l’écran-titre a été redessiné en tirant parti au passage du mode haute résolution de la machine ; on constatera que le jeu tourne encore un peu plus vite, que les graphismes sont un peu plus colorés (jugez de la nuance dans le dégradé du ciel, par exemple), et surtout que le rendu musical est ici bien meilleur que sur ST. Mine de rien, ces quelques nuances suffisent à rendre l’expérience encore un peu plus agréable, et annonçaient déjà à leur manière l’ascendant que la machine de Commodore allait prendre dans la guerre l’opposant à celle d’Atari. Là encore, l’ordinateur aura eu beau avoir démontré qu’il était capable de faire encore mieux en la matière (entrez ici, Vroom, Lotus Esprit Turbo Challenge, Jaguar XJ220 et tant d’autres…), le titre reste toujours efficace dans la catégorie « course arcade » et c’est bien là tout ce qu’on lui demande.
On y croit déjà plus !
NOTE FINALE : 12,5/20
Super Hang-On sur Amiga fait un peu mieux que la version Atari ST dans tous les domaines, et le résultat n’en est que plus agréable à jouer. Ça va plus vite, c’est un peu plus beau et la qualité sonore est clairement au-dessus, et au final il y avait largement matière à faire semblant de se croire devant la borne en 1989. C’est certes nettement moins vrai aujourd’hui, mais le jeu n’en reste pas moins efficace.
Version Arcade (Mega-Tech)
Développeur : SEGA-AM2 Co., Ltd.
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Date de sortie : 1989 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Un joystick et trois boutons
Version testée : Version européenne
Hardware : SEGA Mega-Tech Processeurs : Motorola MC68000 7,670453MHz ; Zilog Z80 3,579545MHz ; Zilog Z80 3,579540MHz Son : Haut-parleur (x2) ; SEGA 315-5313 Megadrive VDP 53,693175MHz ; SEGA VDP PSG 3,579545MHz ; YM2612 OPN2 7,670453MHz ; SEGA 315-5246 SMS2 VDP 10,73862MHz ; SEGA VDP PSG 3,57954MHz ; 2 canaux Vidéo : 256 x 224 ; 320×224 (H) 59.922738 Hz (x2)
Le menu est toujours un peu plus appétissant sur la carte
Les lecteurs réguliers du site commençant sans doute à savoir en quoi consistait la gamme « Mega-Tech » (pour aller vite : à du hardware de Mega Drive placé dans les salles d’arcade pour assurer la promotion de la console), l’essentiel sera sans doute dit en allant directement consulter le test de ladite version Mega Drive de Super Hang-On un peu plus bas. Le contenu n’a d’ailleurs pas changé, rien n’a été coupé ; il faut juste acheter du temps de jeu via des crédits, ce qui est bien suffisant pour se faire une idée de la valeur de la cartouche – surtout si la borne d’arcade, la vraie, est également présente non loin. Ironiquement, on notera que cette version, bien sue présente exclusivement dans les salles européennes, tourne sur du matériel à 60Hz, ce qui lui vaut d’être plus rapide que la version cartouche européenne ! De la publicité gentiment mensongère, quoi…
NOTE FINALE : 13/20
Fidèle au pixel près au contenu de la version cartouche, cette itération de Super Hang-On a néanmoins la spécificité de tourner en 60Hz, ce qui la rend plus rapide – et par conséquent sensiblement plus ludique – que son équivalente sur cartouche. Le reste n’a pas bougé, y compris le mode inédit.
Version Macintosh
Développeurs : Impression Software, Inc. – Quicksilver Software, Inc.
Éditeur : Data East USA, Inc.
Date de sortie : Mars 1989
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″
Contrôleurs : Clavier, souris
Version testée : Version disquette testée sur Macinstosh II
Attention, nouvelle(s) équipe(s) aux commandes, et autant le dire tout de suite : cette version de Super Hang-On est… un peu spéciale. Pour tout dire, heureusement qu’il y a le nom de la borne dessus, parce que sinon on aurait pu croire qu’on était face à n’importe quel jeu de course à moto générique, tant on ne retrouve pratiquement rien du jeu original en-hors du concept. Oubliez par exemple les quatre continents correspondant à autant de niveaux de difficulté : le jeu est désormais découpé en circuits, et ceux-ci sont au nombre de cinq, pour seulement trois types de décors, dont un futuriste ! Pour ceux qui trouverait cela un peu court, le jeu ajoute donc une petite friandise en mode « faites-le vous-même » : un éditeur de niveaux, d’ailleurs très simple d’emploi, qui vous permettra de choisir le tracé ainsi que le type de pente de chaque section. Ceci dit, la réalisation du jeu n’étant pas des kilomètres au-dessus des versions 8 bits, la sensation de vitesse étant décevante et la jouabilité passable, on se retrouve malgré tout avec une version qu’on ne recommandera qu’aux curieux et aux mordus de la machine d’Apple.
C’est un peu comme SimCity, mais avec juste les routes
NOTE FINALE : 09/20
Étrange version de Super Hang-On, qui semble avoir abdiqué sur le contenu pour mieux laisser au joueur l’occasion de dessiner ses circuits lui-même. de quoi faire mumuse cinq minutes, mais le jeu en lui-même étant loin d’être fascinant, il risque de vite regagner un tiroir et d’y rester jusqu’au prochain millénaire.
Version Mega Drive
Développeur : SEGA-AM2 Co., Ltd.
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Date de sortie : 6 octobre 1989 (Japon) – Novembre 1989 (Amérique du Nord) – Novembre 1990 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langues : Anglais, japonais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version internationale, révision A
Spécificités techniques : Cartouche de 4Mb Système de sauvegarde par mot de passe
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Évidemment, s’il était une machine sur laquelle on était en droit d’attendre Super Hang-On, c’était bien la console 16 bits de SEGA. Pour l’occasion, le titre aura débarqué sur une console encore en début de vie, mais qui commençait à sortir la tête de l’eau après une première année de commercialisation difficile – bien aidée par l’arrivée de quelques licences « fortes », de type Ghouls’n Ghosts, Golden Axe, Shinobi… ou Super Hang-On.
Le mode inédit est un peu trop brut de décoffrage pour faire illusion
Le jeu reprend fort naturellement le contenu de la borne d’arcade, avec des gros sprites et des graphismes détaillés… mais il faut reconnaître qu’en dépit d’une fluidité à toute épreuve, la sensation de vitesse est globalement décevante, la faute à des éléments de bas côté qui défilent trop lentement – et ça n’est que pire dès l’instant où on joue sur un système PAL. Les choses s’améliorent fort heureusement dès qu’on enclenche le turbo, mais on est très loin de la borne. On notera également que la moto souffre ici d’une certaine inertie dans les virages qu’elle ne possédait pas dans les autres versions : il faut laisser la croix directionnelle appuyée une bonne seconde pour que notre pilote et son véhicule daignent se pencher (là encore, cela se ressent surtout sur la version PAL). Rien de catastrophique, mais pas non plus de quoi mettre la version Amiga à l’amende.
C’est joli, mais l’idée était quand même que ça aille un peu plus vite que ça
Probablement conscient des limites d’un portage de borne d’arcade vendu au prix fort, SEGA aura eu l’idée d’ajouter un mode inédit, annonçant ainsi ce qui serait repris quelques mois plus tard dans le portage de Super Monaco GP : l’idée est ici d’affronter un rival sur différentes courses afin de gagner de l’argent et d’améliorer les divers composants de notre moto – laquelle est, disons-le, un véritable veau en début de partie.
Au moins, il y a matière à passer un peu plus de temps sur cette version – à condition d’accrocher…
Si le concept est intéressant et ajoute au jeu un peu de la profondeur et de la technicité qui manquaient à la borne, ce mode sent l’ajout de dernière minute tant il respire les erreurs de jeunesse : on ne voit pas son rival en course et on ne sait rien de ce qu’il fait avant de franchir un point de passage nous permettant de comparer son temps au nôtre, on ne sait jamais quels composants sont déjà équipés sur notre moto, et le jeu ne voit aucun problème à nous laisser les racheter à l’identique plusieurs fois… bref, c’est encore un peu expérimental, et sachant que ni la jouabilité ni la vitesse ne sont franchement à la hauteur, les amateurs de vitesse possesseurs de la console gagneront du temps à se diriger directement vers la conversion d’OutRun ou vers Super Monaco GP II sur la même machine.
NOTE FINALE : 12,5/20 (version PAL) – 13/20 (version NTSC)
Prestation un peu décevante pour Super Hang-On sur Mega Drive : une réalisation réussie et l’ajout d’un mode inédit, d’ailleurs assez bancal, ne suffisent pas tout-à-fait à oublier une sensation de vitesse médiocre en PAL, et une prise en main moins naturelle que dans les autres versions. Sympathique le temps de quelques parties, mais vu la concurrence sur la machine, la magie s’est un peu estompée.
Les avis de l’époque :
« Super Hang On (sic) est la première course sur Megadrive (sic), et quelle réussite ! La taille des motos, les musiques -quatre au choix- n’ont absolument rien à envier à la version originale (celle des arcades). Seuls, les graphismes des décors et l’animation laissent quelque peu à désirer, cette dernière étant bien trop lente pour restituer les vitesses que l’on atteint avec Super Hang On (sic). »
Jean-Marc Demoly, Joystick n°5, mai 1990, 90%
« La première course de motos sur Megadrive (sic) est une réussite. Les versions ST et Amiga étaient excellentes, mais celle-ci est encore meilleure. La jouabilité est parfaite, dommage que la version française ait perdu au niveau de la vitesse. Indispensable. »
Alain Huyghues-Lacour, Tilt n°81, septembre 1990, 16/20
Version Sharp X68000
Développeur : SPS Co., Ltd.
Éditeur : Sharp Corporation
Date de sortie : 25 décembre 1989 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Disquette 5,25″ (x2)
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette testée sur Sharp X68000
Configuration minimale : –
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Quitte à adapter une borne d’arcade, autant aller voir du côté d’une machine qui était capable de véritables miracles en la matière : le Sharp X68000. Au moins, on ne pourra pas reprocher à ce portage de Super Hang-On de ne pas avoir saisi la philosophie du jeu : ça va très vite, à tel point qu’on peut se poser la question de savoir si ça n’irait pas encore plus vite que la borne ! Bon, cela a quand même un prix : la résolution de la route est plus basse; le format de l’image est plus tassé, l’affichage des éléments de bas côté est souvent un peu haché – bref, l’illusion n’est pas encore totale. Tant qu’à faire, on n’aurait vraiment pas craché sur quelques options de configuration en plus, mais il faudra se contenter de ce qu’offrait le jeu de base – et pas question ici de profiter du mode de jeu additionnel étrenné sur Mega Drive, naturellement. Ce n’est pas tout-à-fait à la hauteur de l’expérience originale, mais pour foncer sans se poser de question, ça fait quand même largement le café.
On voit que c’est un peu plus « grossier », mais lancé à pleine vitesse, on n’y fait plus trop attention
NOTE FINALE : 15,5/20
Sans parvenir tout-à-fait à égaler le rendu de la borne d’arcade, Super Hang-On sur Sharp X68000 sera malgré tout parvenu à sauvegarder l’essentiel : la vitesse ! Le contenu est celui de la borne, et il n’y a pas la moindre option de configuration à se mettre sous la main, mais pour se défouler le temps d’une partie ou deux, c’est toujours aussi efficace.
Développeur : Video System Co., Ltd. Éditeurs : Video System Co., Ltd. (Japon) – Bally Midway Mfg Co. (Amérique du Nord) Titre original :Rabio Lepus (Japon) Titres alternatifs :ラビオレプススペシャル (graphie japonaise), Rabio Lepus Special (PC Engine), Arcade Archives : Rabio Lepus (collection Arcade Archives) Testé sur :Arcade – PC Engine Disponible sur : PlayStation 4, Switch Présent au sein de l’édition spéciale :Oretachi Game Center Zoku : Rabio Lepus (2006 – PlayStation 2) En vente sur :Nintendo eShop (Switch), PlayStation Store (PlayStation 4)
Version Arcade
Date de sortie : Septembre 1987 (International)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langues : Anglais, japonais
Support : Borne
Contrôleurs : Un joystick (huit directions) et deux boutons
« L’originalité, c’est comme la Sainte Vierge : si elle n’apparaît pas de temps en temps, le doute s’installe .»
Le défi va rapidement s’avérer assez corsé
Certes, à titre personnel, débuter l’année en détournant une phrase de Michel Audiard en dit long sur la valeur de mes nouvelles résolutions, mais pour en revenir à notre sujet, il s’avère que la frontière entre un mécanisme éprouvé et une idée surexploitée est souvent assez mince, dans le jeu vidéo comme ailleurs. Prenez le genre du shoot-them-up, par exemple : a priori, qu’il soit horizontal ou vertical, c’est un des plus balisés qui soient, et les véritables révolutions dans le domaine du gameplay doivent littéralement s’y compter sur les doigts d’une main à partir du début des années 80.
Il n’y a que trois niveaux, mais vous aurez quand même droit à une carte pour ne pas vous perdre
Une constatation qui s’applique d’ailleurs également à l’aspect esthétique : rien ne ressemble plus à un vaisseau spatial évoluant sur un fond étoilé qu’un autre vaisseau spatial évoluant sur un fond étoilé, et pour tout dire même en 1987, année de sortie du monument R-Type, les joueurs commençaient déjà à avoir fait un peu le tour de la question du super-prototype allant attaquer un empire extraterrestre – pas au point d’arrêter de jouer, à en juger par la popularité du genre, mais quand même. Et de la même manière que le beat-them-all n’allait pas tarder à s’interroger, quelques années plus tard, sur les alternatives aux éternels vigilantes en train de se battre dans la rue, certains développeurs commencèrent à se dire qu’il y avait peut-être matière à explorer autre chose que les bases spatiales du futur. Du côté de chez Video System, on aura opéré un compromis : quitte à se battre dans l’espace, autant le faire aux commandes d’un lapin géant. Cela aura donné Rabbit Punch, et tout de suite, ça change tout.
Rabbit Punch, c’est un peu comme Sixième Sens : ça fonctionne surtout la première fois qu’on le regarde
La tendance en 1987 n’étant pas exactement aux scénarios sur-développés, surtout dans les salles d’arcade, il ne faudra pas espérer ici faire face à des trésors d’humour glacé mis en scène avec un génie de l’à-propos ; en fait, le principe sera de partir à la rescousse de Bunnyland, dont la famille royale (des lapins, donc, pour ceux qui ne sauraient pas ce que veut dire « bunny ») a été enlevée.
Japoooooon !!!!
On aurait pu tenir là un véritable précurseur à Parodius, avec un univers bien déjanté partout dans tous les sens, mais comme on vient de le voir, les développeurs auront vraisemblablement estimé que remplacer le vaisseau spatial par un lapin avec un réacteur dans le dos était une prise de risques suffisante. Le déroulement va donc être des plus conventionnels : un shoot-them-up à défilement horizontal proposant de traverser trois niveaux, chacun divisés en quatre stages, avec un déroulement déjà bien établi à l’époque : des ennemis, quelques obstacles, un boss, et on recommence. Les possibilités sont assez limitées : en-dehors du tir principal, la clef des situations délicates sera votre réserve de missiles, sorte de minis smart bombs qui ne feront certes pas le ménage à l’écran de manière aussi radicale que les plus puissantes du genre, mais qui compenseront par des réserves plus généreuses qu’il vaudra mieux apprendre à gérer au fil des parties. Le jeu est en effet loin d’être facile (un mode « expert » encore plus délicat avec un score doublé est disponible pour les masochistes aimant perdre leur argent plus vite), mais votre lapin réapparaissant là où sa généreuse jauge de vie est arrivée à son terme, un joueur fortuné pourra espérer voir la cinématique de fin… sauf dans la version américaine, ou l’emploi d’un crédit est interdit pendant tout le dernier niveau, soit les quatre derniers stages. Et sachant qu’on aura le droit à un boss rush bien tendu avec zéro bonus, autant dire qu’il faudra être prêt à souffrir.
Vous voulez du boss ? En voilà, du boss ! Il y a de quoi faire !
Au rang des bonnes nouvelles,en plus d’une réalisation assez réussie pour 1987, où l’aspect kawaï a le mérite d’être rafraichissant en dépit du côté très générique des univers traversés, on sera particulièrement heureux de bénéficier d’un mode deux joueurs coopératif en simultané, tant la pilule de la difficulté passe tout de suite mieux quant on a un allié avec qui la surmonter.
Le niveau des glaces, sympathique mais un peu vide
Au rang des moins bonnes, outre une réalisation sonore assez quelconque, on dira que le jeu fait son âge au niveau du gameplay : un seul type de tir principal, très peu de power-up, et des niveaux n’ayant pas grand chose de plus à offrir qu’un long couloir avec quelques obstacles et beaucoup d’ennemis en chemin. Cela permet au moins de mieux comprendre la qualité du level design d’un jeu comme R-Type, encore lui, paru deux mois plus tôt, et qui avait le bon goût d’offrir un véritable renouvellement dans les situations et les attaques ennemies au point de constamment surprendre le joueur – ne se limitant pas, pour l’occasion, à un simple coup d’éclat artistique allant chercher son influence dans Giger. Ici, on sent que non seulement l’équipe de développement n’est pas allée au bout de son idée – remplacez vos lapins par des vaisseaux spatiaux et vous ne verrez plus aucune différence avec les univers futuristes classiques – mais surtout qu’elle n’avait vraiment rien de neuf à offrir d’un point de vue strictement ludique, au point qu’on en vient à se demander si l’idée de Bunnyland n’est pas un ajout désespéré de dernière minute afin de trouver vaille que vaille un moyen de sortir du lot.
La réalisation est très réussie, mais elle manque encore de folie
Car soyons clair : une fois évacué la question de votre avatar et de cette envie inexplicable mais lancinante d’en faire une peluche pour lui administrer un gros câlin, Rabbit Punch est un titre extrêmement convenu où il n’y a pas grand chose à voir et peu de choses à découvrir.
Un peu plus de variété n’aurait pas fait de mal
Le game design fait clairement son âge, et n’importe quel joueur attendant une vague idée neuve, un élément sortant de l’ordinaire ou simplement une action frénétique pour se débrancher le cerveau en faisant boum-boum avec les jolis sprites aura des dizaines, sinon des centaines de titres équivalents à lancer avant de daigner s’essayer à celui-ci. Ce n’est pas que ce qui est présent soit mauvais – les fans de scoring auront largement matière à s’occuper – c’est juste que c’est globalement insuffisant, particulièrement en solo. Bref, une énième borne méritante noyée dans une pléthore d’équivalents dans un genre qui était alors en pleine bourre, et qui explique que ce Rabbit Punch, en dépit d’un postulat de départ séduisant, ait échoué à marquer les esprits – et vraisemblablement, à être distribué en Europe. À réserver aux mordus du genre et aux amateurs compulsifs de lapins cherchant désespérément un titre jouable à deux. Pour tous les autres, un seul conseil : jouez d’abord à toute la série des Parodius. Vous gagnerez au change.
Vidéo – Le premier niveau du jeu :
NOTE FINALE : 12,5/20
En dépit d'un point de départ original (surtout en 1987), Rabbit Punch n'est finalement qu'un shoot-them-up horizontal comme on en aura vu des centaines avec des mécanismes qui étaient déjà usés jusqu'à la corde au moment de sa sortie et pas la bribe d'une idée neuve. En dépit d'une réalisation objectivement réussie considéré sa date de sortie et d'un mode deux joueurs en coopératif bienvenu, on ne peut s'empêcher de penser que l'univers du titre est cruellement sous-utilisé, que le level design se limite à des grands couloirs pas folichons et que l'essentiel de la valeur ludique du tout provient de la capacité à surmonter une difficulté assez corsée. Rafraichissant quelques minutes, le programme de Video System risque ensuite de rejoindre un anonymat d'où on ne le ressortira que très ponctuellement. Correct, mais sans plus.
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Une difficulté qui serait largement assez élevé sans le tour de passe-passe de la version américaine
– Des niveaux assez courts où il ne se passe pas grand chose
– Très peu d'idées au-delà du fait d'incarner un lapin avec un jetpack dans le dos
Bonus – Ce à quoi peut ressembler Rabbit Punch sur une borne d’arcade :
Version PC Engine Rabio Lepus Special
Développeur : Video System Co., Ltd.
Éditeur : Video System Co., Ltd.
Date de sortie : 19 octobre 1990 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Japonais
Support : HuCard
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version japonaise
Spécificités techniques : HuCard de 3Mb
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Trois ans après sa sortie dans les salles pas du tout obscures, Rabbit Punch aura donc eu le droit à sa conversion sur PC Engine, dans une version appelée pour l’occasion Rabio Lepus Special, ce qui tend à nous indiquer d’entrée de jeu qu’elle n’est jamais sortie du japon. Pourquoi « Special » ? Eh bien en dépit du fait que le gameplay n’ait pas changé d’un bit et que la réalisation soit restée très fidèle à la borne (avec un résultat qui peut largement soutenir la comparaison), le level design a pour sa part été revu : fini les niveaux découpés en sous-niveaux, cette fois chacun d’entre eux se déroule d’un seul tenant, ce qui signifie à la fois qu’il sont sensiblement plus long et que de nombreux boss de la borne interviennent ici sous la forme de mini-boss – d’autres sont entièrement originaux.
C’est plus ou moins la même chose, mais n’allez pas croire que ça soit une bonne nouvelle
Il y a désormais six niveaux au lieux de quatre (ce qui ne change pas grand chose, les niveaux « additionnels » reprenant des graphismes des sous-niveaux de la version originale), et le jeu est très court puisqu’il peut être bouclé en moins d’un quart d’heure. Probablement conscient de cette faiblesse évidente, l’équipe de développement aura décidé de compenser par une difficulté assez infecte qui est pire encore que celle de la borne ! Aucun mode de difficulté ici (pas plus que la moindre option de configuration), de nombreux passages sont rigoureusement impossibles si vous n’avez plus de missiles à disposition, la jauge de santé ne compte plus que trois points de vie, une mort vous vaudra dorénavant de revenir à un point de passage plusieurs écrans en arrière, et le défi sera d’autant plus redoutable qu’il ne sera plus possible de compter sur un deuxième joueur : cette fois, l’aventure sera solo ou ne sera pas. Deux choix un peu extrêmes qui risquent fort de réserver le titre à une catégorie de mordus aimant en baver un maximum, car le commun des mortels ne sera sans doute pas aussi enthousiaste à l’idée de choisir un logiciel qui a toujours autant de faiblesses sur une console où la concurrence dans le domaine doit être une des plus redoutables de tous les temps. Bref, un titre de connaisseurs un peu masochistes, adapté sérieusement mais qui ne fera clairement pas que des heureux.
NOTE FINALE : 12/20
Rabio Lepus Special aura procédé à quelques choix culottés au moment de débarquer sur PC Engine, mais le fait de présenter une expérience aussi exigeante pour un contenu aussi limité tout en tirant un trait sur le mode deux joueurs n’était peut-être pas le meilleur. Techniquement solide, le jeu est ludiquement trop limité et trop frustrant pour avoir une chance de conquérir un autre public que les mordus indéboulonnables de shoot-them-up ultra-punitifs. Dommage.
Les avis de l’époque :
« Cette conversion est très fidèle au jeu d’arcade original et le niveau de difficulté est aussi élevé. Malgré leurs graphismes très « mignons », vos adversaires sont impitoyables et les tirs traversent l’écran en tout sens. De plus, il vous faut souvent franchir d’étroits passages sous le feu de l’ennemi et les monstres que vous rencontrez à intervalles réguliers ont la peau dure. Un shoot-them-up excitant, pour joueurs d’arcade confirmés. »
Alain Huyghues-Lacour, Tilt n°86, janvier 1991, 15/20
Développeur : Compile Éditeurs : SEGA Enterprises Ltd. Japon) – SEGA of America, Inc. (Amérique du Nord) – SEGA Europe Ltd. (Europe) Titre original :ファミリー・ゲームズ (Family Games – Japon) Testé sur :Master System – Arcade (Mega-Tech)
Version Master System
Date de sortie : 27 décembre 1987 (Japon) – Mai 1988 (Amérique du Nord) – Août 1990 (Europe)
L’un des grands avantages, avec le jeu vidéo, c’est la préexistence d’autres jeux – tout court. Penser un game design, dessiner des niveaux, équilibrer la difficulté ; tout cela représente déjà un travail aussi long que délicat, sans même aborder les questions artistiques ou le code à proprement parler. Du coup, la tentation naturelle d’aller reproduire directement les jeux de société ou les activités sportives, aux règles déjà arrêtées, se sera dessinée très tôt dans l’histoire vidéoludique – le premier grand succès, Pong, n’était-il d’ailleurs pas une simulation extrêmement primitive de tennis ?
Tous les menus sont présentés par des femmes sexy, parce qu’il faut bien ça pour faire oublier le bingo
Logiquement, il n’aura pas fallu attendre longtemps pour assister à la transcription d’à peu près toutes les activités ludiques imaginables, depuis les compétitions sportives les plus célèbres jusqu’aux activités plus obscures à la California Games, en passant par les logiciels regroupant les activités familiales les plus datées, des petits chevaux au rami en passant par les dominos (sans oublier le Scrabble). Du côté de chez Compile, entre deux shoot-them-up d’exception, l’idée aura été de faire découvrir une sélection d’activités telles qu’on pouvait généralement en pratiquer au troquet du coin, pour peu que celui-ci soit encore un établissement convivial où l’on pouvait se rendre en famille. Cela aura donné Parlour Games sur Master System, le jeu qui vous permettait de découvrir à quoi papa passait officiellement ses soirées avec ses copains avant de rentrer avec les joues et le nez bien rouges.
Ah, le bingo… oui, c’est aussi passionnant que ça en a l’air
Pour ceux qui espéreraient pratiquer des concours de beuverie ou des parties de caps’ au milieu des flippers, changez d’idée : on est ici dans une vision plus feutrée (et plus anglo-saxonne) de ce à quoi on peut jouer dans un bar, ou surtout dans un pub. Le programme ne regroupe d’ailleurs que trois « jeux » à proprement parler (même s’ils ont généralement disponibles dans une sélection de variantes histoire d’apporter un peu de renouvellement) : un bingo, une cible de fléchettes et un billard.
Les effets sont assez décevants
Cela fait assez peu, mais bon, il y aurait déjà largement matière à faire un logiciel solide rien qu’avec le billard – et, comme on peut déjà s’en douter, celui-ci va d’ailleurs représenter le plat de résistance du maigre menu du titre. Abordons donc rapidement le cas des autres activités : tout d’abord, le bingo, qui consiste très exactement en ce à quoi vous êtes en train de penser. Si vous avez en tête des images de Saul Goodman avec un microphone en train de tirer des boules au sort dans une maison de retraite au milieu d’un parterre de mémés de 80 ans de moyenne d’âge, vous êtes en tous cas assez proche de la vérité : il s’agira ici de miser de l’argent avant de laisser faire la chance, et pas grand chose d’autres. Même si le programme rajoute une surcouche de règles opaques pour déplacer des chiffres dans la grille, le constat est accablant : on reste assis à attendre que des chiffres s’affichent. Pas exactement l’activité ludique la plus trépidante qui soit, et il y a vraiment de quoi s’interroger sur le bien-fondé de l’inclusion de ce type de jeu – sauf, à la rigueur, pour étendre le contenu à peu de frais (et d’efforts). Bref, durée de vie : deux minutes, en étant patient, avant de passer à autre chose. Tiens, au hasard : le jeu de fléchettes.
Les fléchettes peuvent faire illusion, mais sans doute pas pendant des heures
Ici, les choses sont déjà un peu plus consistantes. Outre toute une sélection de variantes, comme on l’a déjà dit (mieux vaut avoir le manuel sous la main pour comprendre en quoi elles consistent, car vous n’aurez pas un mot d’explications une fois en jeu), l’idée sera le plus souvent d’atteindre un certain score (que vous soyez seul, contre l’ordinateur ou contre des amis) un atteignant des zones précises de la cible.
Rester assis à regarder une loterie : une certaine notion du fun
Un peu à la façon des jeux de golf, la visée se fait en trois temps : le choix du placement de votre lanceur sur l’axe horizontal, la puissance du lancer et enfin le moment où le joueur lâchera la fléchette. C’est un coup à prendre, d’autant que l’ordinateur fait très peu d’erreurs dans ce mode (si vous décidez de jouer contre lui), mais cette technicité est plutôt bienvenue, surtout après le bingo. Le vrai problème ne se révèle qu’une fois le coup pris, justement : dès l’instant où on est capable d’atteindre à peu près la zone que l’on vise, il n’y a plus vraiment de difficulté, et les quatre variantes ne changent strictement rien à l’approche, d’où un manque total de renouvellement. Autant dire qu’au bout d’une demi-heure, on a globalement fait le tour de la question, mais hé, c’est déjà un peu mieux. Reste donc le billard qui se révèle, sans surprise, l’activité la plus intéressante et la plus consistante du lot.
Sans le billard, la cartouche ne vaudrait pas grand chose
On vise, on choisit la puissance on tire, en choisissant ou non d’appliquer un effet – c’est simple mais très efficace, comme ce seront chargés de le prouver de nombreux titres dédiés. Pour une fois, l’inclusion des variantes introduite une réelle subtilité dans la façon d’aborder une partie, et l’ordinateur se révèle un adversaire nettement moins intraitable qu’aux fléchettes dès l’instant où ne lance pas immédiatement la difficulté la plus élevée.
Aux fléchettes, attendez-vous à des premières minutes délicates
Ici, on s’amuse vraiment et on se laisse prendre au jeu… reste qu’au final, les effets sont assez médiocrement intégrés (l’endroit où l’on frappe la boule ne modifie pratiquement rien à sa trajectoire) et surtout qu’il existe des titres bien plus complets et mieux réalisés en la matière (au hasard, ceux d’Archer Maclean), et que ce ne sont certainement pas les deux activités annexes proposées sur la cartouche qui vont faire pencher la balance en faveur du titre de Compile. Il y a indéniablement quelques bons moments à passer sur le jeu, mais il y a également fort à parier que le commun des mortels soit tenté de passer à autre chose au bout d’une heure, dans le meilleur des cas (et sans doute au bout de cinq minutes pour les moins patients). Sachant que la réalisation est purement fonctionnelle et que le tout manque surtout cruellement de profondeur, on comprendra que le jeu ait pu faire illusion en 1987 (et encore, les critiques n’étaient déjà pas très enthousiastes au moment des sorties occidentales), mais à l’heure actuelle, il est clairement à reverser dans la catégorie des petits jeux qu’on ressort par pure nostalgie et pas grand chose d’autre. Correct grâce au billard, mais objectivement dépassé dans à peu près tous les domaines.
Vidéo – Dix minutes de jeu :
NOTE FINALE : 12/20
Regroupement de trois activités de qualité et d'intérêt très inégaux sur une cartouche, Parlour Games est l'exemple typique du jeu qui peut se montrer amusant par séances de dix minutes, mais rarement plus. Le choix des « sports » intégrés a d'ailleurs de quoi poser question, avec un bingo sans intérêt et un jeu de fléchettes qui n'en offre plus aucun dès l'instant où on a appris à maîtriser les subtilités du lancer. Seul le billard se montre intéressant sur la durée, en dépit d'effets assez mal intégrés – et la cartouche aurait clairement gagné à ne se concentrer que sur lui. Malheureusement, la concurrence de dizaines de programmes bien plus aboutis en la matière risque de réserver celui-ci aux curieux les plus investis et aux joueurs ayant prêté serment de ne jouer que sur Master System. Peut mieux faire.
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Trois activités à l'intérêt très inégal...
– ...dont une qui aura bien du mal à vous passionner plus d'une poignée de secondes...
– ...et une autre qui n'offre aucun renouvellement en dépit de la variété des modes de jeu
– Une réalisation qui assure le minimum vital
Bonus – Ce à quoi peut ressembler Parlour Games sur un écran cathodique :
les avis de l’époque :
« Vous avez le choix entre le billard anglais, les fléchettes ou le bingo, mais les différents jeux de cette cartouche présentent un intérêt inégal. Le bingo n’est guère intéressant et on peut se demander l’intérêt de pratiquer ce jeu sur un écran. Le jeu de fléchette est déjà plus attrayant […] mais le jeu perd une bonne part de son intérêt une fois que l’on maîtrise bien le mode de contrôle. En revanche, le billard est si prenant qu’il justifie à lui seul l’achat de cette cartouche. »
Alain Huyghues-Lacour, Tilt n°86, janvier 1991, 14/20
Version Arcade (Mega-Tech)
Développeur : Compile
Éditeur : SEGA Europe Ltd.
Date de sortie : 1990 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleurs : Un joystick et deux boutons
Version testée : Version européenne
Hardware : SEGA Mega-Tech Processeurs : Motorola MC68000 7,670453MHz ; Zilog Z80 3,579545MHz ; Zilog Z80 3,579540MHz Son : Haut-parleur (x2) ; SEGA 315-5313 Megadrive VDP 53,693175MHz ; SEGA VDP PSG 3,579545MHz ; YM2612 OPN2 7,670453MHz ; SEGA 315-5246 SMS2 VDP 10,73862MHz ; SEGA VDP PSG 3,57954MHz ; 2 canaux Vidéo : 256 x 224 ; 256×192 (H) 59.922738 Hz (x2)
Avoir les commandes expliquées à l’écran est un ajout bienvenu
Un assemblage d’activités indépendantes comme Parlour Games se prêtait a priori parfaitement à une arrivée dans les salles d’arcade. L’occasion de rappeler que l’offre Mega-Tech ne proposait pas de découvrir que des titres de la Mega Drive, mais également quelques-uns issus de la ludothèque de sa grande sœur, la Master System. On hérite donc comme toujours d’une version rigoureusement identique, au pixel près, à celle commercialisée en parallèle – sauf qu’un deuxième écran en profite pour vous expliquer, pour chaque jeu, comment jouer sans avoir à ouvrir le manuel. Un bon point qui offrait aux joueurs de l’époque l’occasion de savoir comment aborder leurs premières actions sans se planter lamentablement. Pour le reste, l’offre n’étant naturellement plus accessible aujourd’hui que via l’émulation, autant lancer directement la version cartouche originale.
NOTE FINALE : 12/20
Comme toujours, la version de Parlour Games débarquée dans les salles d’arcade n’était pas grand chose de plus que celle disponible à la vente au même moment – même si la présence des commandes résumées sur un écran dédiée est un bonus bienvenu pour les nouveaux joueurs.
Développeur : Capcom Co., Ltd. Éditeur : Capcom Co., Ltd. Titre original :Top Secret (Japon) Titres alternatifs :トップ・シークレット (graphie japonaise), Bionic Commando (États-Unis, écran-titre des versions occidentales) Testé sur :Arcade – Amiga – Amstrad CPC – Atari ST – Commodore 64 – PC (DOS) – ZX Spectrum Disponible sur : Playstation 2, Xbox Présent au sein des compilations :
Amiga Gold Hits 1 (1988 – Amiga)
Arcade Muscle (1989 – ZX Spectrum)
Coin-Op Hits I (1989 – Commodore 64)
The Crash Collection Vol 1 (1989 – ZX Spectrum)
The Zzap! 64 Sizzler Collection : Vol I (1989 – Commodore 64)
En 1987, Capcom n’était peut-être pas encore le géant vidéoludique qu’il est devenu depuis, mais la compagnie japonaise se portait malgré tout très bien, merci pour elle. En enchaînant des succès d’arcade comme 1942, Commando ou Ghosts’n Goblins, la firme s’était fait un nom et une réputation (et, accessoirement, beaucoup d’argent).
Et pourquoi pas une petite référence à Donkey Kong, tant qu’on y est ?
La grande question était donc de savoir quelle allait être sa prochaine trouvaille pour pousser les joueurs à se délester avec enthousiasme de leur monnaie durement acquise, surtout que l’année 1986 avait été un peu moins chargée en titres marquants de se part que 1985, cru assez exceptionnel en la matière. D’ailleurs, chez Capcom, on réfléchissait. Pourquoi ne pas prendre le héros de Commando, le bien nommé Super Joe, et le placer dans un jeu d’action/plateforme à la Ghosts’n Goblins ? L’idée avait son attrait, mais pas vraiment de quoi bouleverser la routine du joueur moyen, qui ne ferait probablement même pas le lien entre le héros du jeu et celui d’une des précédentes productions de chez Capcom. Alors quitte à dégainer un concept original, l’équipe de Tokiro Fujiwara repartit de la base avec une trouvaille gonflée : un jeu d’action/plateforme… où on ne peut pas sauter. Ainsi naquit Bionic Commandos (qui ne porte ce nom que sur les flyers européens, ne soyez donc pas surpris si ce « s » à la fin de « Commando » vous déstabilise).
Pourquoi c’est toujours un type tout seul face à toute une armée ?
Vous revoilà donc aux commandes de Super Joe, dix ans après une troisième guerre mondiale dont on ne sait pas grand chose et dont, pour être honnête, on n’a pas grand chose à carrer : il y a un grand méchant avec un gros missile et une grosse armée, et c’est bien évidemment vous qui allez lui mettre la pâtée, parce que c’est précisément pour ça que vous avez mis de l’argent dans la borne.
Les niveaux sont courts, mais proposent des environnements variés
Vous pourrez pour se faire compter sur un fusil qui ne tire que vers la gauche ou la droite – tant pis pour ceux qui espéraient arroser dans les huit directions – et sur ce fameux bras qui lui vaut cette appellation de « bionique » et qui consiste en fait en ce qui sera à la fois le centre du gameplay, la grande idée du jeu et ce qui remplacera le mécanisme de saut : un grappin. Eh oui, pour avancer il faudra grimper ou se balancer d’une branche à l’autre, exactement comme le premier Spider-Man venu, ce qui mine de rien peut s’avérer un peu plus déstabilisant qu’on ne l’imagine lorsqu’on évolue dans un environnement où tout serait TELLEMENT simple si votre héros décidait d’employer ses jambes pour sauter en plus de savoir courir. Pas de ça ici : vous avez deux boutons, un grappin, et il va falloir vous y faire puisque c’est comme qui dirait le centre de tout le jeu.
C’est fou comme le fait de ne pas pouvoir sauter change totalement l’approche de l’action
Comme souvent avec Capcom, on aura du mal à prendre la jouabilité en défaut : on prend le pli en moins de dix secondes, la seule réelle subtilité étant de savoir, lorsque vous lancez votre grappin en diagonale, la différence entre se lancer à l’horizontale (en renversant au passage les ennemis sur votre route) ou chercher au contraire à monter jusqu’au point où vous l’avez accroché.
Les « boss » sont juste des ennemis lambdas qui mourront aussi facilement que les autres. Même le dernier.
Le plus dur est donc de se départir du réflexe le plus naturel depuis Super Mario Bros., à savoir sauter, d’où quelques morts stupides à la clef. D’autant plus que non seulement Super Joe meurt en un coup, mais que pour faire bonne mesure, Capcom aura décidé de camoufler la brièveté des cinq niveaux du jeu (moins de vingt minutes pour les parcourir) derrière une autre spécialité maison : la difficulté. Et pour vous donner une idée, les employés japonais de la firme considéraient que Bionic Commandos était un des titres les plus difficiles qu’ils aient jamais programmés. Et oui, on parle bien des gens qui ont programmé Ghosts’n Goblins et Ghouls’n Ghosts. Ça donne quand même une petite idée du niveau du défi.
Ces robots sont en fait des obstacles qui peuvent vous écraser
De fait, on trouve à peu près toutes les caractéristiques du die-and-retry : les ennemis (d’ailleurs pas très variés) dans tous les sens, souvent placés scientifiquement à des endroits où vous ne pourrez pas les atteindre avec votre tir désespérément horizontal, certains qui nécessitent plusieurs tirs pour être abattus, des pièges mortel, la pression constante du temps à laquelle s’ajoutera une surcouche lors du dernier niveau où vous devrez détruire le mécanisme de lancement d’un missile avant sa mise à feu. Ne manquent que les boss.
Il y a toujours énormément de menaces à gérer en même temps
Cela pourrait être atrocement frustrant mais, comme Ghosts’n Goblins, Bionic Commandos est avant tout un jeu reposant sur la mémoire et l’adresse où on peut aller très loin avec un seul crédit pour peu qu’on soit prêt à y consacrer le temps nécessaire. C’est donc le titre parfait pour ceux qui aime surmonter un défi en s’en fixant l’objectif – car pour tous les autres, Super Joe réapparaissant de toute façon à l’endroit où il a trouvé la mort, il est très facile de voir le terme de l’aventure dès l’instant où on a assez de pièces, ou une version émulée de la borne. Bref, un bon challenge à l’ancienne, porté par une réalisation qui ne devrait plus transporter quiconque aujourd’hui mais qui faisait le café avant que Capcom ne commence à en mettre plein les yeux à l’aide de son fameux CPS. On ne peut s’empêcher, malgré tout, de sentir un potentiel sous-jacent laissé en sommeil par un jeu trop court et trop direct – ce qui sera confirmé un peu plus tard par une version NES qui aura plus marqué les esprits que la borne dont elle est issue. Mais ceci est une autre histoire…
Vidéo – Le premier niveau du jeu :
NOTE FINALE : 13,5/20
Un jeu d'action/plateforme où on ne peut pas sauter ? Il n'y a vraiment que chez Capcom qu'on peut avoir une idée pareille ! Souvent éclipsé par son portage sur NES, plus ambitieux, Bionic Commandos reste une de ces bornes d'arcade à l'ancienne qui ne prennent tout leur sens que lorsqu'on se décide à aller le plus loin possible avec un seul crédit. Monstrueusement difficile, souvent injuste, le titre de Capcom est de toute façon trop basique et trop court pour réellement se montrer frustrant, et le mécanisme du grappin est à coup sûr une attraction en soi qui laisse entrevoir une potentiel que ce titre ne fait hélas qu'effleurer. On aurait vraiment aimé quelque chose d'un peu plus consistant que cette aventure, certes hyper-exigeante, mais qu'un joueur fortuné (ou doté d'un émulateur) pourra boucler en moins de vingt minutes sans avoir rencontré de séquence vraiment marquante. Encore un logiciel qui souffre d'être une borne, mais si vous souhaitez découvrir d'où sont partis la série et son magnum opus, vous devriez dans tous les cas rencontrer un défi qui peut se montrer réellement addictif pour les joueurs les plus masochistes. Une curiosité.
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Très court...
– ...et TRÈS difficile
– Pas de réels boss
Bonus – Ce à quoi pouvait ressembler Bionic Commandos sur une borne d’arcade :
Version Amiga Bionic Commando
Développeur : Software Creations Ltd.
Éditeur : GO! Media Holdings Ltd.
Date de sortie : Septembre 1988 (Europe) – Avril 1989 (États-Unis)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette testée sur Amiga 1200
Avant de connaître son réel succès sur NES, Bionic Commando (le nom que le jeu emploie en occident, sauf sur le flyer de la version européenne) aura eu droit à des adaptations plus fidèles à la borne à destination des ordinateurs occidentaux. Assuré par Software Creations, ce portage n’aura dans l’ensemble pas laissé un grand souvenir, et quand on le lance, on comprend pourquoi : graphiquement, d’entrée de jeu, on sent immédiatement que le programme a été pensé pour des machines 8 bits. Ce n’est pas tant que ça soit moche (la borne elle-même n’affichait pas des graphismes sublimes), c’est surtout que ça tourne à huit images par secondes, que la fenêtre de jeu est entourée de grandes bandes noires en plus de l’interface et que le défilement n’existe pas, puisque l’action avance par à-coups (comme si l’Amiga ne pouvait pas gérer le défilement sur une demi-fenêtre de jeu en basse résolution !). Niveau sonore, il faudra composer avec une musique assez dynamique, mais sans les bruitages. La jouabilité était le domaine pour lequel on pouvait craindre le pire, à cause du fameux joystick à un bouton, mais c’est curieusement là que le jeu s’en sort le mieux : il faut laisser le bouton appuyé et pousser le stick vers le haut où une des diagonales pour lancer le grappin. Le vrai problème, cependant, est surtout que le logiciel est équilibré absolument n’importe comment : on est constamment enseveli sous les ennemis qui tombent depuis le haut de l’écran, et il arrive très fréquemment qu’on perde toute nos vies pour être tombé dans le vide, puisque dans ce cas, le logiciel vous fait réapparaître au sommet de l’écran… après avoir suivi le défilement vers le bas, ce qui signifie que vous réapparaitrez systématiquement au-dessus du vide sans pouvoir rien faire ! Le jeu est encore cent fois plus dur qu’une des bornes déjà réputée pour son extrême difficulté, avec notamment des masques de collisions totalement foireux, et le simple fait de parvenir à terminer le premier niveau est déjà un exploit ! Bref, on sent une nouvelle fois le jeu fait trop vite et au pif total qui avait déjà mal vieilli deux mois après sa sortie. Le constat est accablant : nul.
Ça aurait sans doute pu être bien, si quelqu’un au sein de l’équipe de développement en avait eu quelque chose à foutre
NOTE FINALE : 08/20
Software Creations semblait avoir accompli le plus dur en parvenant à offrir un portage de Bionic Commando à peu près jouable avec un joystick à un bouton. Malheureusement, le problème est que tout le reste est à jeter : réalisation digne d’un ordinateur 8 bits, framerate anémique, défilement haché, équilibrage déficient, difficulté rigoureusement insurmontable ; ne perdez pas votre temps avec ce portage, et allez plutôt jouer sur la borne ou sur NES.
Les avis de l’époque :
« En termes de gameplay, BC n’est pas le jeu le plus stimulant auquel j’ai joué, mais il reste suffisamment intéressant pour conserver votre intérêt pour un bon moment, en vertu du principe du « encore une partie » qui s’applique sans hésitation ici. »
Gary Whitta, Commodore User Amiga, septembre 1988, 7/10 (traduit de l’anglais par mes soins)
« J’ai acheté un Amiga en étant confiant dans le fait que les conversions 16 bits des jeux d’arcade seraient sacrément proches des bornes originales. Le lancement de Bionic Commando m’aura prouvé que ce n’est absolument pas le cas, parce que pour être honnête, le jeu n’est rien d’autre que de la fiente de pigeon. »
Zzap!64 n°43, novembre 1988, 35% (traduit de l’anglais par mes soins)
Version Amstrad CPC Bionic Commando
Développeur : Software Creations Ltd.
Éditeur : GO! Media Holdings Ltd.
Date de sortie : Septembre 1988
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 3″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette testée sur Amstrad CPC 6128 Plus
Configuration minimale : Système : 464 – RAM : 64ko
Je vois déjà vos yeux briller d’excitation
Après une version Amiga qui, spoiler alert, n’était qu’un portage de la version ST, on sent bien que Software Creations aurait du mal de résister à l’envie de présenter une version CPC de Bionic Commando qui ne soit qu’un portage de la version ZX Spectrum. Eh bien, ne soyons pas trop sévère : ils auront au moins redessiné l’interface… pour qu’elle prenne encore plus de place que sur la machine de Sinclair ! Pour le reste, décrire le jeu comme « moche » serait encore en-dessous de la réalité ; au moins pourrez-vous créer un atelier créatif avec votre bambin de trois ans en lui apprenant à compter les couleurs à l’écran : il y a du vert, du bleu, du jaune, et voilà ! Et le mieux ? C’est qu’il y a encore les bandes noires. EN PLUS DE l’OVERSCAN ET DE L’INTERFACE. Surface de jeu effective : 224×136 pixels, à peine mieux que l’écran d’une Game Boy ! Oh, et évidemment, il n’y a pas de musique, on ne voudrait pas vous assommer avec tout ce luxe d’un coup… Niveau maniabilité, au moins, le titre fait jeu égal avec la version Amiga – c’est rigoureusement la même, et le jeu est légèrement moins difficile puisqu’il y a moins de sprites à l’écran. Dois-je préciser que tous les défauts visibles dans la version Amiga sont toujours présents ici ? Dans tous les cas, je doute que vous trouviez en vous la force de jouer plus de deux minutes à un programme qui fait à peine jeu égal avec ce qu’aurait pu afficher un Minitel à l’époque. Restez sur la borne.
NOTE FINALE : 06,5/20
Parmi les éléments à verser au crédit de Bionic Commando sur Amstrad CPC, il convient de mentionner la jouabilité, correcte. Tout le reste, hélas, est directement à placer dans la catégorie « poubelle », à commencer par une réalisation dont on en vient à se demander s’il était humainement possible de faire pire. À fuir.
Version Atari ST Bionic Commando
Développeur : Software Creations Ltd.
Éditeur : GO! Media Holdings Ltd.
Date de sortie : Septembre 1988
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″ simple face
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette testée sur Atari 1040 STe
Configuration minimale : Système : 260 ST – RAM : 512ko Écran couleur requis
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Inutile de faire durer le suspense, il a été éventé depuis longtemps : oui, Bionic Commando a été développé parallèlement sur ST et sur Amiga, oui, les deux versions sont exactement identiques sur le plan graphique, oui, elles se jouent de la même façon et oui, on doit toujours composer avec deux adversaires parachutés depuis le haut de l’écran à chaque seconde de jeu. La qualité sonore n’a pas trop à souffrir de la comparaison avec la version Amiga (il n’y a toujours pas de bruitages), et c’est bien évidemment toujours équilibré avec le fondement, bref : aucune surprise. Encore une fois, en étant particulièrement bien luné, il y a sans doute matière à s’amuser cinq minutes avant de lancer son ordinateur par la fenêtre, mais pour les joueurs ordinaires, il y a des milliers de logiciels qui méritent d’être découverts avant ce Bionic Commando.
Exactement ce qu’on s’attendait à trouver. Hélas.
NOTE FINALE : 08/20
Comme sur Amiga, Bionic Commando version Atari ST aurait pu être un jeu moche et mal réalisé mais amusant à faible dose si quelqu’un s’était embarrassé à réfléchir l’équilibrage autrement qu’en ajoutant une ligne de code pour avoir constamment deux ennemis qui vous tombent dessus. En l’état, les masochistes trouveront leur dieu, et les autres pourront jouer à « le premier qui survit plus de trente secondes », mais le mieux reste encore de ne jamais s’approcher de ce programme.
Version Commodore 64 Bionic Commando
Développeur : Software Creations Ltd.
Éditeur : GO! Media Holdings Ltd.
Date de sortie : Mai 1988
Nombre de joueurs : 1 (version européenne) – 1 à 2 (à tour de rôle – version américaine)
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 5,25″
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette
Configuration minimale : RAM : 64ko
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
En lançant Bionic Commando sur Commodore 64, l’évidence apparait : la version importante, celle à laquelle Software Creations aura consacré l’essentiel de son énergie et qui aura servi de base pour toutes les autres, c’est celle-ci (ce qui est cohérent, le Commodore 64 représentant le marché majeur en 1988, restant à jamais l’ordinateur domestique le plus vendu hors PC et Mac). Incroyable mais vrai, après avoir été enseveli sous tant d’immondices : l’action est fluide, l’équilibrage n’est pas totalement déficient (j’ai franchi le premier niveau dès ma première partie !), les masques de collisions correspondent à peu près aux sprites… bref, c’est un jeu, et – réalisation exceptée, naturellement – il n’a pas à rougir de la comparaison avec la borne d’arcade. La musique est excellente, à tel point qu’on ne fait même pas attention à l’absence de bruitages, et on en vient à retrouver cet aspect dont avaient si cruellement été privés les autres portages : le fun. Pas nécessairement de quoi aller chatouiller la version NES, mais pour le coup, si vous cherchez un bon jeu d’action/plateforme pour le C64, vous avez le droit de cocher celui-là.
Un jeu qui ressemble à un jeu ! Enfin !
NOTE FINALE : 12,5/20
Manifestement, Software Creations ne s’intéressait qu’à un seul portage de Bionic Commando, et c’était celui sur Commodore 64. Transformé en un jeu jouable et correctement équilibré, porté par une réalisation musicale en grande forme, le titre redevient ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un programme amusant.
Version PC (DOS) Bionic Commando
Développeur : Pacific Dataworks International
Éditeur : Capcom U.S.A., Inc.
Date de sortie : Septembre 1988
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Supports : Disquettes 5,25″ et 3,5″
Contrôleur : Joystick (un ou deux boutons)
Version testée : Version disquette émulée sous DOSBox
Configuration minimale : Processeur : Intel 8088/8086 – RAM : 256ko* Modes graphiques supportés : CGA, EGA, Hercules, Tandy/PCjr Carte son supportée : Aucune (haut-parleur interne) *512ko pour le mode EGA
Comme un jeu vidéo, mais sans le fun
Le PC, toujours une machine à part, d’ailleurs confiée aux bons soins d’une autre équipe de développement que pour toutes les autres versions. Comme souvent, le résultat n’est vraiment pas enthousiasmant : en dépit d’options de configuration vous permettant de choisir la difficulté, d’activer ou de désactiver la musique (conseil : désactivez-la) et de sélectionner le nombre de joueurs, une fois la partie lancée, difficile de s’enthousiasmer pour cette réalisation moche et cette jouabilité qui manque de précision, en dépit de la reconnaissance d’un éventuel deuxième bouton sur le joystick. Ce qui m’achève, c’est le level design revu devenu pour l’occasion complètement opaque : je n’ai même pas trouvé comment dépasser le deuxième écran, faute de possibilités pour accrocher mon grappin (J’ai dû aller voir une vidéo en ligne !) ! Parfois, en réapparaissant, notre personnage traverse le sol et tombe dans le vide ; certains adversaires sont littéralement increvables, bref : c’est absolument catastrophique. Une nouvelle fois, en-dehors d’une catégorie hyper-spécifiques de passionnés vouant un culte aux jeux obscurs et indéfendables, personne ne parviendra à s’accrocher plus de deux minutes pour essayer de progresser dans cet enfer codé avec les pieds. Au suivant.
NOTE FINALE : 06/20
Les portages sur PC des années 80 sont toujours une catégorie à part : cette version DOS de Bionic Commando parvient à accomplir l’exploit d’être encore plus nulle que les autres. C’est tellement mal pensé qu’on ne sait souvent même pas ce qu’on est censé faire, c’est moche et la musique est insupportable. Bref, à oublier, et vite.
Version ZX Spectrum Bionic Commando
Développeur : Software Creations Ltd.
Éditeur : GO! Media Holdings Ltd.
Date de sortie : Juin 1988
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette
Contrôleurs : Clavier, joystick Cursor, Kempston et Sinclair
Version testée : Version disquette testée sur ZX Spectrum 128k
Configuration minimale : RAM : 48ko* Possibilité de redéfinir les touches du clavier *Existe en version optimisée pour les modèles à 128ko
Alors ce n’est peut-être pas sublime, mais c’est quand même infiniment mieux
La version CPC de Bionic Commando nous aura donné un aperçu de ce à quoi est censée ressembler l’itération ZX Spectrum. Sauf que, comme souvent et en dépit de similitudes évidentes, le titre est en fait bien meilleur sur la machine de Sinclair qu’il ne l’aura été sur celle d’Amstrad. Déjà, c’est plus coloré, les graphismes ressemblent un peu moins à un scandale permanent, c’est bien plus fluide et on a même le droit à de la musique (sur les modèles à 128ko, s’entend) de très bonne qualité. La jouabilité et le level design évoquent ceux de la version Commodore 64 et le tout est incontestablement nettement plus satisfaisant que ce qu’on avait pu voir sur CPC – ou même, pour être honnête, sur les ordinateurs 16 bits. Bref, à tout prendre, c’est encore un des meilleurs portages du jeu, et un titre d’action/plateforme très correct sur ZX Spectrum
NOTE FINALE : 11/20
Décidément, Bionic Commando est plein de surprise, et cette sympathique version ZX Spectrum ne fait que nous rappeler à quel point l’itération CPC n’était qu’une vaste blague. Jouable, fluide et porté par une excellente musique, ce logiciel ne vous rivera peut-être pas à votre siège pendant des heures, mais il se révèle amusant, et c’est bien là tout ce qu’on lui demande.
Date de sortie : 7 novembre 1987 (Japon) – Novembre 1987 (Europe) – Mars 1988 (États-Unis)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version internationale
Spécificités techniques : Cartouche de 2Mb – Lunettes 3-D supportées – FM Sound Unit supporté
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais un des premiers réflexes, pour chercher à vous vendre quelque chose de nouveau, est d’aller déterrer quelque chose d’ancien. Une impulsion quelque peu contradictoire que l’on doit probablement à quelques spécialistes du marketing arguant du fait que ce qui est connu rassure, là où la nouveauté tend à attirer la méfiance – ce qui reste une vision assez paradoxale pour une industrie qui devait l’essentiel de son succès précisément à son caractère innovant.
On ne peut pas dire que le jeu mette le paquet sur le décor
Quoi qu’on puisse penser de cette approche, le fait est qu’elle aura semblé dicter une large part de la philosophie de SEGA, qui aura souvent préféré déterrer ses vieilles licences pour nous vendre du neuf – quitte à ressortir Space Harrier ou After Burner de la naphtaline pour nous vanter la puissance de la 32X ou de la Saturn. En novembre 1987, la firme japonaise n’avait peut-être pas encore de nouvelle console à nous vendre – cela arriverait l’année suivante – mais après avoir lancé ses lunettes 3D comme le nouvel accessoire indispensable pour la Master System quelques mois plus tôt, devinez quel aura été le premier titre à venir accompagner Missile Defense 3-D, unique jeu à tirer parti du fameux périphérique au moment de sa sortie ? Zaxxon 3-D, résurrection d’une vieille licence alors restée en sommeil depuis 1982, et qui aura choisi de mettre en valeur sa 3D « révolutionnaire »… en allant puiser dans une autre vieille licence restée en sommeil depuis 1982. Le futur, qu’on vous dit…
Zaxxon 3-D, ce jeu qui abat ses cartes beaucoup trop vite
Zaxxon 3-D s’inscrit donc comme la suite (ou la relecture ?) du vénérable Zaxxon, titre qui avait introduit la 3D isométrique dans l’univers vidéoludique – d’où une référence évidente au moment de nous offrir un « nouveau » type de 3D (je met des guillemets, car si la technologie employée pour les lunettes de SEGA était encore relativement neuve, le principe, lui…).
En approche de la phase la plus lisible du jeu
Mais comme l’angle le plus évident pour nous faire profiter du relief est de nous placer derrière le vaisseau plutôt qu’au-dessus de lui, le titre décide donc d’adopter un point de vue qui rappellera immanquablement un autre titre de chez SEGA : Buck Rogers : Planet of Zoom, d’ailleurs sorti la même année que Zaxxon (on peut d’ailleurs également penser aux portages de Zaxxon sortis sur Intellivision et Atari 2600, et qui avaient déjà choisie une vue et un gameplay similaires). Si le déroulement du jeu reprend à peu près celui de Zaxxon (des niveaux divisés en trois phases successives, dont une en intérieur où le décor représentera un obstacle mortel, une en extérieur où l’absence de repère visuel viendra compliquer la visée et un boss), le gameplay, lui, emprunte beaucoup plus à Buck Rogers – il faut dire qu’à part se déplacer à l’écran et tirer, il n’y a objectivement pas beaucoup de possibilités.
Il est très difficile d’apprécier votre altitude par rapport aux vaisseaux adverses – ce qui est dommage, car cette phase représente un tiers du jeu
L’ennui, c’est que je vous ai pour ainsi dire déjà détaillé l’essentiel du contenu de la cartouche : une fois un niveau fini (ce qui est l’affaire d’un peu moins de trois minutes), vous recommencez avec des adversaires un peu plus mobiles et un peu plus nombreux et basta – autant dire que pour ceux qui espéraient du renouvellement, c’est raté. Pour ne rien arranger, Zaxxon 3-D hérite à la perfection des faiblesses de la saga dont il est tiré, à savoir que la phase « dans l’espace » est rendu difficilement lisible par l’absence total du moins repère pour juger de l’altitude de vos ennemis – ce qui était censé être l’avantage introduit par les fameuses lunettes.
Ce bonus augmentera la taille de votre jauge de carburant
Histoire de laisser une chance à ceux qui joueraient en 2D (ou qui ne jugeraient pas mieux en s’aidant du relief, et on les comprend), le titre a au moins la bonne idée de faire apparaître une petite cible devant votre vaisseau lorsque celui-ci est à la même hauteur que son adversaire direct. Malheureusement, on est plus souvent en train de regarder où on tire que l’endroit où se situe notre vaisseau, dans un shoot-them-up, ce qui fait qu’il aurait été autrement plus intelligent que ladite cible apparaisse devant les appareils ennemis. La deuxième phase est d’autant plus simple que vous pourrez facilement rester en altitude au-dessus des tourelles ennemies et ne redescendre qu’afin de détruire les containers de carburant afin de refaire vos réserves (jusqu’à l’apparition des missiles à tête chercheuses, c’est à dire au bout de dix bonnes minutes), quant au boss, vous l’aurez généralement détruit au cours des deux secondes que prend son apparition, ce qui fait qu’il n’oppose absolument aucune résistance.
Le boss ne fait pas exactement honneur à son statut
Histoire de faire bonne mesure, le jeu introduit un système de power-up censé impacter la puissance de vos tirs, mais la différence entre chacun d’entre eux est si peu spectaculaire que j’ai dû aller consulter le manuel pour la découvrir (en substance, le tir le plus puissant détruira plus rapidement les missiles à tête chercheuse). Il existe également des bonus pour gonfler votre jauge de carburant et augmenter votre vitesse (au prix d’une consommation supérieure).
Il faut atteindre un stade avancé pour que la deuxième phase présente une vraie difficulté
Tirer utilise également du carburant, d’où un vague aspect « stratégique », mais autant dire qu’en tant qu’expérience vidéoludique, il n’y a quand même pas matière à engloutir des heures dans ces séquences de jeu de trois minutes répétées à l’infini (bon, j’exagère : il n’y a que neuf vagues au total), même avec la meilleure volonté du monde – sauf à vouloir absolument se convaincre qu’on est en train de rentabiliser son investissement dans les fameuses lunettes 3D, auxquelles assez peu de joueurs doivent avoir accès aujourd’hui (d’autant qu’elles ne fonctionnent qu’avec un écran cathodique). La réalisation n’a rien d’extraordinaire, la 3D est nettement moins impressionnante à une époque où la première 3DS venue fait mieux sans lunettes, l’action est lente et ne se renouvèle jamais, et il faut bien reconnaître que d’un point de vue strictement ludique, on a davantage l’impression de jouer à une version expurgée et moins spectaculaire de Buck Rogers qu’à une refondation révolutionnaire de Zaxxon. Bref, exactement le type de jeu auquel on jouera dix minutes – moitié moins si on n’a pas les lunettes 3D – avant de passer à autre chose sans le moindre regret. Dommage.
Vidéo – Le premier round du jeu :
NOTE FINALE : 09/20
Porté par la fameuse « technologie 3D » (comprendre : avec des lunettes sur le nez) de chez SEGA, Zaxxon 3-D est un titre qui évoque davantage Buck Rogers : Planet of Zoom que son illustre prédécesseur : même vue, même alternance de phases de jeu... et une réalisation qui, fondamentalement, n'a pas connu de révolution majeure depuis 1982. Le problème de la cartouche de SEGA est d'ailleurs de n'avoir jamais été pensée spécifiquement comme une expérience domestique : c'est un logiciel conçu comme une borne, pour des parties de cinq minutes, et peinant dramatiquement à se révéler intéressant au-delà – surtout sur une cartouche qui ne sauvegarde pas les scores. Reste un prétexte qui en vaut bien un autre pour rentabiliser vos lunettes 3D, mais si vous ne les avez pas, vous pouvez objectivement faire l'impasse sans rien manquer de transcendant.
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Extrêmement court
– Aucune variété
– Lisibilité problématique sans les lunettes 3D
– Des power-up aux effets quasi-indécelables
– Une réalisation purement fonctionnelle
Bonus – Ce à quoi peut ressembler Zaxxon 3-D sur un écran cathodique :
Les avis de l’époque :
« Les graphismes sont corrects, mais l’accent est mis sur l’effet de relief qui est réussi. Le principal reproche que l’on puisse adresser à cet honnête shoot them up est la lenteur de l’action. »
Alain Huyghues-Lacour, Tilt n°52, mars 1988, 12/20
« C’est la 4ème version de Zaxxon à laquelle j’ai joué (sic) (après une sur CBS et deux sur C64) et c’est la plus intéressante. Là, les forteresses ne se présentent pas en biais comme leurs ancêtres et le jeu est plus fouillé (plus de bonus et plus de niveaux). Par contre, le graphisme est assez simpliste ; en 3 D, le relief sauve tout, mais en 2 D… »
B.F., Génération 4 n°4, juillet 1988, 80% (en 3D), 65% (en 2D)
Développeur : KOEI Co., Ltd. Éditeur : KOEI Co., Ltd. Titreoriginal :蒼き狼と白き牝鹿 ジンギスカン (Aoki Ōkami to Shiroki Mejika : Genghis Khan, Japon) Testé sur :PC-98 – MSX – PC (DOS) – PC-88 – NES – Sharp X68000 – Amiga Disponible sur : Windows En vente sur :Steam.com (Windows, version japonaise)
La série Genghis Khan de KOEI (jusqu’à 2000) :
Aoki Ōkami to Shiroki Mejika (1985)
Genghis Khan (1987)
Genghis Khan II : Clan of the Grey Wolf (1992)
Version PC-98 Aoki Ōkami to Shiroki Mejika : Genghis Khan
Date de sortie : Décembre 1987 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Langue : Japonais
Support : Disquette 5,25″
Contrôleur : Clavier
Version testée : Version disquette japonaise
Configuration minimale :
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Le jeu vidéo, c’est un peu comme la médecine : il n’y a pas que des généralistes, il y a également des spécialistes, et ceux-ci sont appelés à être très versés dans leur domaine.
Les caractéristiques sont très importantes, et vous pouvez choisir comment distribuer les points vous-même
KOEI, par exemple, est un nom qui peut se vanter d’avoir été associé à la stratégie dès le milieu des années 80 – une sorte de Paradox Interactive avec vingt ans d’avance, si vous préférez. L’antique compagnie japonaise (elle a été fondée en 1978), à qui l’on doit notamment ce que l’on considère parfois comme le premier jeu de rôle japonais avec Dragon and Princess, aura commencé à tisser un lien indéfectible avec la stratégie avec son premier grand succès commercial, Nobunaga no Yabō, en 1983. Dès lors, les séries stratégiques – qui auront en commun de préférer se concentrer sur l’Asie plutôt que sur les conflits occidentaux – se seront enchaînés avec une régularité impressionnante, chacune avec leur ère et leur zone de prédilection : Nobunaga’s Ambition pour le Japon du XVIe siècle, Romance of the Three Kingdoms pour la Chine du IIIe siècle, ou encore Aoki Ōkami to Shiroki Mejika qui, comme Nobunaga no Yabō, aura acquis un nom occidental avec son deuxième épisode : Genghis Khan. Autant dire déjà un fameux CV pour une compagnie que les occidentaux semblent trop souvent n’associer qu’à la saga des Dynasty Warriors.
Toutes les batailles n’engageant pas votre dirigeant sont automatisées, alors entraînez bien vos généraux
Comme son nom vous l’aura révélé, Genghis Khan entend donc vous placer dans les bottes et sur le cheval de celui qui s’appelait en réalité Temüjin (« Genghis Khan » étant un titre), et qui sera parvenu, en un peu moins de soixante-dix ans, à créer le plus grand empire continu de tous les temps.
Choisir une épouse ne sert pas à grand chose pendant la conquête mongole
D’ailleurs, la première campagne du jeu ne vous laissera même pas incarner quelqu’un d’autre, et se pratiquera obligatoirement seul : elle débute au printemps 1175 et vous demande d’unifier – militairement, cela va de soi – les quatorze tribus qui composent la Mongolie sans périr au combat – et sans mourir de vieillesse, puisqu’il vous restera encore le reste du monde à conquérir. Cette conquête sera donc l’objet de la deuxième campagne, jouable, elle, à quatre : elle opposera donc Genghis Khan à Richard Coeur-de-Lion (Angleterre), à Minamoto Yoritomo (Japon) et à Alexis III (empire byzantin) pour une suprématie mondiale qui pourra cette fois se dérouler sur plusieurs générations, et que vous perdrez en cas de chute de votre capitale… ou si votre dirigeant meurt sans avoir un fils d’au moins dix ans pour lui succéder. Car oui, même si Genghis Khan demeure avant toute chose une simulation militaire, elle s’inscrit droit dans les traces des autres grandes séries de KOEI pour s’efforcer de ne pas se limiter à cela.
À l’échelle eurasienne, le jeu se joue exactement de la même façon qu’à l’échelle mongole
Dans les faits, la guerre restera l’élément central du jeu : s’il existe un facteur économique et une gestion diplomatique – comme dans Romance of the Three Kingdoms, dont l’interface de Genghis Khan s’inspire très largement –, ces derniers ne seront finalement que des à-côtés comparés à votre puissance militaire.
Une simple pression sur Entrée fera apparaître toutes les actions disponibles
Par exemple, s’il vous est possible de lier une alliance avec une autre tribu, n’espérez pas pouvoir coordonner une attaque sur un ennemi commun : votre entente ne devrait pas représenter grand chose de plus qu’un pacte de non-agression. Dans le même ordre d’idées, l’aspect gestion du jeu n’existe qu’à partir du moment où vos soldats ont besoin d’être payés et nourris en plus d’être entraînés. Vous devrez donc lever des impôts et vendre des ressources pour pouvoir espérer payer vos troupes – et en engager, les mercenaires étant appelés à composer le gros de votre armée – les ennuis ne commençant qu’à partir du moment où vous tirez trop sur la corde et où vos paysans sont au bord de la révolte à force d’être noyés sous les taxes. L’équilibre commandera donc de faire preuve d’une certaine patience, vouloir partir au combat trop vite avec des troupes trop peu nombreuses ou mal préparées étant le plus sur moyen de perdre.
Les possibilités tactiques sont très réduites, surtout pour l’assaillant
À ce niveau-là, les deux campagnes du jeu se jouent exactement de la même façon : chaque tour de jeu représente une saison, et chacune de ces saisons vous laissera accomplir trois actions parmi une quinzaine. Contacter vos voisins, les espionner, choisir la répartition de vos soldats ou de vos paysans, organiser des mariages ou pratiquer le commerce – tout cela est possible, même si l’organisation permanente de la guerre constituera le centre de votre attention.
Si vous comptez remporter une bataille, partez au grand minimum à deux contre un
Dans les faits, 95% du jeu va consister à accumuler des troupes, à les entraîner et à les envoyer conquérir une région adverse, la grande difficulté étant de partir à l’assaut sans pour autant laisser la région que vous quittez sans défense, sans quoi vos ennemis n’hésiteront pas une seconde à profiter de la faille pour aller se jeter à l’assaut des terres que vous aurez bêtement laissé vulnérables. Le système de bataille reprend celui de Romance of the Three Kingdoms, avec une grille d’hexagones et des combats au tour-par-tour, avec deux nuances : il n’est plus possible d’aller capturer les réserves de nourriture adverse, et vous ne participez à la bataille qu’à partir du moment où celle-ci est menée par votre dirigeant en personne. Si c’est un de vos généraux/conseillers qui mène les troupes, alors le combat se résoudra automatiquement, en fonction de ses effectifs et de ses caractéristiques.
Observez bien les régions frappées par le froid ou la maladie : des cibles parfaites !
Les caractéristiques, justement, sont un des éléments centraux du jeu ; vous pourrez d’ailleurs les modifier au lancement de la campagne. Autant qu’un aperçu de vos aptitudes, celles-ci représentent en effet une sorte de réservoir : chacun des ordres que vous pouvez donner sur la carte principale ira puiser dans une caractéristique, la réduisant au passage. Partir en guerre ou nommer un gouverneur puisera dans votre commandement, faire du commerce ou de l’espionnage fera usage de votre jugement, et ainsi de suite. Pour remonter ces caractéristiques (parfois au-delà de leur valeur initiale), il faudra vous entraîner, ce qui vous prendra du temps. Mieux vaudra donc consulter souvent la feuille de personnage de vos dirigeants, car vos chances de succès dépendent de ces aptitudes, et abuser de l’une d’entre elles tendra à vous rendre de moins en moins compétent et de moins en moins efficace dans le domaine. Une subtilité qui correspond assez bien à l’approche générale du jeu, où planifier et observer seront les deux clefs de la victoire.
Mieux vaudra avoir des amis très très patients pour jouer à quatre
Vous allez vite réaliser que partir en guerre la fleur au fusil est voué à l’échec, notamment parce que le défenseur est souvent très favorisé par rapport à son assaillant, qui devra souvent attaquer à deux contre un à caractéristiques égales pour avoir une chance de l’emporter. L’aspect tactique étant finalement assez limité – le plus simple étant souvent de réunir toutes vos troupes en une seule et de foncer sur l’adversaire – la guerre va se décider au niveau stratégique, selon une méthode simple : vous renforcer, observer, et foncer sur le premier imbécile qui aura eu le malheur de diviser ses troupes pour attaquer un adversaire, en prenant bien soin de ne jamais faire la même erreur.
Défendre se limitera souvent à vous retrancher dans votre ville et à attendre
Genghis Khan est un jeu où l’on reproduit très souvent les mêmes actions, et où la diplomatie ou l’économie ne représentent finalement que des données connexes auxquelles on a très peu recours ; une fois les principes assimilés (comptez une heure, sans doute moins si vous avez déjà joué à Romance of the Three Kingdoms), la problématique ne devrait pas trop changer, et la clef sera surtout la façon de gérer vos différentes régions au fur-et-à-mesure que votre empire s’agrandira. C’est à la fois la force du jeu, qui devient plus complexe et plus exigeant tandis que l’on a de plus en plus de choses à gérer, mais aussi sa faiblesse, car on passe finalement beaucoup de temps à refaire en boucle des actions pas passionnantes qui auraient sans doute pu être automatisées ou accomplies beaucoup plus vite. En l’état, sans être une usine à gaz, le titre tend à être inutilement fastidieux à force de proposer beaucoup d’options qui ne servent pratiquement jamais dans une partie, et même si on peut se prendre au jeu ne fut-ce que parce que le défi est réel dès le premier mode de difficulté, il s’agit davantage de déceler le procédé idéal et de l’appliquer jusqu’à la victoire que d’adapter votre façon de jouer selon les circonstances. Rien de honteux pour un jeu de stratégie de 1987, qui se laisse encore pratiquer avec plaisir, mais quand on a accès à Europa Universalis IV ou à Victoria 3, fatalement, ce qui ressemble à leur lointain ancêtre accuse un peu son âge.
Vidéo – Dix minutes de jeu :
NOTE FINALE : 13/20
Dans la droite continuité de Romance of the Three Kingdoms, Genghis Khan reprend à peu près tout ce qui avait fait la force de la saga de KOEI pour la transposer, au choix, en Mongolie, à l'échelle mondiale ou en la succession des deux. Si les mécanismes sont une nouvelle fois solides en parvenant à offrir un peu de profondeur sans se transformer en un magma impénétrable, l'essentiel du jeu consistera à entraîner ses troupes en gardant un œil sur tout ce qui se passe autour de nous avant de se précipiter sur le moindre voisin présentant la plus infime faiblesse. On n'est pas tout à fait face aux prémices du 4X – l'angle reste très majoritairement militaire – mais on ne peut qu'apprécier la relative accessibilité et les possibilités offertes par le titre, surtout si on se souvient de son âge. Peut-être pas de quoi y engloutir des mois, car les parties ne se renouvèlent clairement pas beaucoup une fois les principes assimilés, mais un jeu de stratégie cohérent et bien pensé qui conserve un réel potentiel malgré tout.
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Objectifs purement militaires...
– ...avec un aspect économique finalement très limité
– Un changement d'échelle lors de la deuxième campagne qui n'introduit rien de neuf
– Des batailles tactiques aux possibilités trop limitées...
– ...avec un avantage excessif au défenseur
– Une interface qui demande de nombreuses actions pour aller chercher toutes les informations...
– ...et intégralement en japonais
Bonus – Ce à quoi peut ressembler Genghis Khan sur un écran cathodique :
Version MSX Aoki Ōkami to Shiroki Mejika : Genghis Khan
Développeur : KOEI Co., Ltd.
Éditeur : KOEI Co., Ltd
Date de sortie : 1988
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Langue : Japonais
Supports : Cartouche, disquette 3,5″
Contrôleur : Clavier
Version testée : Version cartouche testée sur MSX 2+
Configuration minimale : Existe en deux versions séparées : une pour MSX 1 et l’autre pour MSX 2
Vidéo – L’écran-titre du jeu (version MSX 1) :
Vidéo – L’écran-titre du jeu (version MSX 2) :
Comme cela avait été le cas avec Romance of the Three Kingdoms, Genghis Khan n’aura pas tardé à être adapté sur une bonne partie des systèmes japonais – et au-delà. Sur MSX, ce sont carrément deux versions séparées qui auront été développées pour tenir parti des capacités du MSX et du MSX 2, et aucune d’entre elles ne sera parvenue jusqu’en Europe. Comme on peut s’en douter, la version MSX2 est la plus proche de la version originale, avec une palette de couleurs plus large, mais dans les deux cas la résolution est plus basse et l’interface sensiblement moins lisible – sur MSX 1, vous devrez carrément vous passer de la carte dans la vue par défaut, ce qui vous obligera à consacrer encore un peu plus de temps à transiter d’un écran à l’autre pour rassembler vos informations. Le reste n’a pas changé d’un iota : la musique est toujours là, tout comme les deux campagnes, même si le jeu tend à être sensiblement plus lent dans les deux versions.
Sur MSX 1, l’interface est plus austère que jamais……les choses se passent un peu mieux sur MSX 2, mais ça reste moins lisible que sur PC-98
NOTE FINALE : 12/20 (MSX) – 12,5/20 (MSX 2)
Transposé sur MSX 1 et 2, Aoki Ōkami to Shiroki Mejika : Genghis Khan doit composer avec les quelques limites du hardware, qui le rendent moins lisible et plus lent dans les deux cas. Rien qui puisse décourager un stratège, mais tant qu’à faire, la plupart des autres versions sont plus confortables à l’usage.
Version PC (DOS)
Développeur : KOEI Co., Ltd.
Éditeur : Infogrames Europe SA
Date de sortie : Décembre 1988 (États-Unis) – 1990 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Langues : Anglais, français
Supports : Disquette 5,25″ et 3,5″
Contrôleur : Clavier
Version testée : Version disquette émulée sous DOSBox
Configuration minimale : Processeur : Intel 8088/8086 – OS : PC/MS-DOS 2.0 – RAM : 384ko Mode graphique supporté : EGA (640×400) Carte son supportée : Aucune (haut-parleur interne)
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
On peut penser ce qu’on veut du PC de la fin des années 80 en tant que machine de jeu, mais le fait est que pour des genres comme le jeu de stratégie, il était a priori taillé sur mesure. Bonne surprise avec Genghis Khan : non seulement le jeu aura fait le trajet jusqu’en occident, mais il aura même bénéficié d’une version française intégrale qui, incongruité absolue en 1990, se paie même le luxe d’être d’excellente qualité ! Graphiquement, le jeu est en EGA haute résolution, et affiche donc les mêmes graphismes que les ordinateurs NEC. Sur le plan sonore, les choses sont un peu plus triste : le jeu ne reconnaissant aucune carte sonore, il n’y a tout simplement plus de musique. Bon, objectivement, on avait tendance à la couper au bout d’un quart d’heure, donc on va dire que la perte reste mesurée. Pour le reste, le jeu tourne très bien sur les processeurs modernes (sous DOSBox, naturellement) et vous ne devriez pas franchement être ennuyé par le temps de réflexion de la machine. Tout le jeu est resté intégralement jouable au clavier – n’espérez pas faire usage d’une souris, donc.
Tout le jeu en français, ça ne se refuse pas !
NOTE FINALE : 13/20
Dans son itération PC, Genghis Khan offre la même chose que la version PC-98 – moins la musique, ce qui n’est pas une perte aussi pénalisante qu’on pourrait le craindre… et gagne surtout une version française intégrale, manuel inclus, qui fait une grosse différence ! Si vous ne parlez pas japonais, n’hésitez pas : jouez sur PC ou sur la version Amiga.
Version PC-88 Aoki Ōkami to Shiroki Mejika : Genghis Khan
Développeur : KOEI Co., Ltd.
Éditeur : KOEI Co., Ltd.
Date de sortie : Janvier 1988 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Langue : Japonais
Support : Disquette 5,25″
Contrôleur : Clavier
Version testée : Version disquette
Configuration minimale : –
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Au moins, pour la version PC-88 de Aoki Ōkami to Shiroki Mejika : Genghis Khan, les choses vont aller vite : c’est stricto sensu la copie conforme de la version parue sur PC-98. Évidemment, selon les spécifications de la machine, le jeu pourra tourner un peu plus lentement, mais pour ce qui est des graphismes, de l’interface, du contenu ou de la musique, inutile de pinailler : c’est la même chose. Pas de jaloux, donc – et naturellement, le titre est toujours disponible exclusivement en japonais.
Si vous voyez une différence avec la version PC-98, vous avez des pouvoirs que je n’ai pas
NOTE FINALE : 13/20
Suspense éventé : Aoki Ōkami to Shiroki Mejika : Genghis Khan sur PC-88 est une copie carbone de la version parue sur PC-98. Pas de raison de se lamenter de ne pas avoir investi dans la dernière génération pour les utilisateurs des ordinateurs NEC de l’époque, et aucune raison objective de préférer une version à l’autre aujourd’hui.
Version NES
Développeur : KOEI Co., Ltd.
Éditeur : KOEI Co., Ltd.
Date de sortie : 20 avril 1989 (Japon) – Mars 1990 (États-Unis)
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Langues : Anglais, japonais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version américaine
Spécificités techniques : Cartouche de 2Mb Système de sauvegarde par pile
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Comme Romance of the Three Kingdoms, Genghis Khan aura fait un détour par une plateforme un peu moins naturelle pour les jeux de stratégie : la NES. De quoi nourrir quelques craintes… mais, fondamentalement, on n’est clairement pas très loin de ce qu’offrait la version MSX1. Alors certes, l’interface graphique est un peu austère, avec les informations bien compartimentées sur des écrans à part, et même la carte du jeu a recours à des symboles plutôt qu’à des aplats de couleur plus lisibles. Néanmoins, outre le fait que les ressources soient présentées de façon graphique (pourquoi pas, ça prend moins de place et c’est plus joli…), cette version présente surtout l’intérêt non négligeable d’être disponible en anglais. La jouabilité à la manette ne pénalise pas trop un gameplay qui se résumait de toute façon à entrer des chiffres sur le clavier numérique, et tout est toujours à sa place. Bon, difficile de donner une vraie raison de se jeter sur cette version à partir du moment où vous avez accès à n’importe quelle autre, mais si vous cherchez un jeu de stratégie solide sur NES, vous devriez être comblé.
Bon, visuellement, ce n’est pas l’orgie mais on a tout ce qu’il faut
NOTE FINALE : 12/20
Porter Genghis Khan sur NES était un choix assez osé, mais cette version a la bonne idée de s’appuyer sur le travail réalisé pour la version MSX 1 afin d’offrir un jeu, certes plus austère graphiquement et un peu plus lent que sur les ordinateurs de salon, mais où il ne manque pas la moindre fonction. Un peu lourd et un peu austère, surement, mais ça n’enlève rien aux qualités du jeu en lui-même.
Version Sharp X68000 Aoki Ōkami to Shiroki Mejika : Genghis Khan
Développeur : KOEI Co., Ltd.
Éditeur : KOEI Co., Ltd.
Date de sortie : Mars 1989 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Langue : Japonais
Support : Disquette 5,25″
Contrôleurs : Clavier, souris
Version testée : Version disquette
Configuration minimale : –
Vidéo – L’écran-titre du jeu :
Le Sharp X68000 aimait bien mettre son hardware en valeur – il faut dire que les joueurs qui avaient fait le couteux investissement comptaient bien le rentabiliser, et pas avoir l’impression de s’essayer à un tableur. Alors pour l’occasion, Aoki Ōkami to Shiroki Mejika : Genghis Khan aura subi un petit coup de peinture : réalisation refaite, cartes redessinées, bruitages digitalisés, et même une interface à la souris qui se borne à afficher lors des clics droit l’interface accessible en appuyant sur entrée. Bon, pourquoi pas. À tout prendre, il est clair que cette refonte rend le jeu beaucoup plus agréable à l’œil (et à l’oreille) sans rien sacrifier de sa lisibilité. Son seul réel défaut restera donc de n’être disponible qu’en japonais – mais si cela ne vous dérange pas, c’est clairement la version à privilégier.
C’est clairement plus vivant comme ça
NOTE FINALE : 13,5/20
Quitte à débarquer sur Sharp X68000, Aoki Ōkami to Shiroki Mejika : Genghis Khan aura décidé de subir un petit coup de jeune et d’adopter une réalisation qui fasse un peu plus honneur à la machine qui l’accueille. Si cela ne change strictement rien quant à la valeur ludique du jeu, il faut reconnaître que l’habillage est si agréable qu’une fois adopté, on a du mal à revenir aux versions précédentes. Si vous parlez japonais, vous pouvez foncer.
Version Amiga
Développeur : KOEI Co., Ltd.
Éditeur : Infogrames Europe SA
Date de sortie : 1991
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″
Contrôleurs : Clavier, souris
Version testée : Version disquette testée sur Amiga 500
Dernier servi, l’Amiga aura bénéficié de sa version de Genghis Khan à peu près au moment où Infogrames distribuait la version MS-DOS en Europe… même si, curieusement, cette version n’aura à ma connaissance jamais été localisée en français, elle. Graphiquement, le jeu bénéficie du mode haute-résolution de la machine de Commodore, ce qui lui permet d’afficher plus ou moins la même chose que les autres versions utilisant une résolution semblable. La réalisation sonore, sans être transcendante, est toujours de la partie, mais la vraie nouveauté est que le jeu est cette fois pensé dès le départ pour tirer parti de la souris : les options apparaissent désormais en plaçant le curseur en haut de l’écran, les déplacements militaires se font en traçant le trajet sur les hexagones, etc. Très honnêtement, si le résultat sera plutôt moins précis et plus lent pour les habitués de l’interface originale – surtout qu’il n’est plus possible d’utiliser les codes numériques originaux pour donner ses ordres – il a également l’avantage d’être plus accessible et moins intimidant pour les néophytes. Sachant que le contenu n’a, pour sa part, pas évolué d’un iota, cette version peut constituer une bonne alternative pour découvrir le jeu sans se sentir intimidé par tous ces numéros.
Une résolution pas assez employée sur Amiga
NOTE FINALE : 13/20
Genghis Khan sur Amiga aura pour principal mérite, comparé aux autres versions, d’offrir une interface intégralement à la souris qui le rendra un peu moins intimidant aux yeux du joueur débutant – même si on aurait également apprécié de conserver les raccourcis clavier originaux. Pour le reste, si vous cherchez de la stratégie poussée sur Amiga, vous pouvez commencer par là sans courir le risque de vous sentir roulé à un quelconque niveau.
Les avis de l’époque :
« La réalisation de Genghis Khan est d’un bon niveau avec une mise en image variée, quelques bonnes animations complémentaires et une agréable musique de fond parfois complétée de quelques bruitages digitalisés. Le programme joue bien et, même au niveau 1, il est loin d’être facile de remporter la victoire, d’autant que des catastrophes naturelles peuvent encore compliquer le tout. Un excellent wargame, d’une grande richesse. »