RR64 : Ridge Racer 64

Développeurs : Namco Limited – Nintendo Software Technology Corporation
Éditeur : Nintendo of Europe GmbH
Titres alternatifs : Ridge Racer 64 (titre usuel), 山脊赛车64 (graphie chinoise)
Testé sur : Nintendo 64

La série Ridge Racer (jusqu’à 2000) :

  1. Ridge Racer (1993)
  2. Ridge Racer 2 (1994)
  3. Ridge Racer Revolution (1995)
  4. Rave Racer (1995)
  5. Rage Racer (1996)
  6. Ridge Racer Type 4 (1998)
  7. RR64 : Ridge Racer 64 (2000)
  8. Ridge Racer V : Arcade Battle (2000)

Version Nintendo 64

Date de sortie : 14 février 2000 (Amérique du Nord) – 7 avril 2000 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 4
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques : Cartouche de 256Mb
Système de sauvegarde par pile
Rumble Pack supporté

Vidéo – L’introduction et l’écran-titre du jeu :

Considérons un instant, si vous le voulez bien, deux trajectoires parallèles.


D’un côté, la série des Ridge Racer de Namco, si intrinsèquement liée à la PlayStation depuis ses débuts que le premier opus de la série avait même été le tout premier titre développé pour la console de Sony, laquelle aura ensuite hébergé tout le reste de la saga en exclusivité (hors arcade) avec un succès qui avait de quoi faire bien des envieux.

De l’autre, une Nintendo 64 sérieusement en fin de vie en 2000, balayée commercialement (comme toutes les autres, pourrait-on dire) par la PlayStation, délaissée par les éditeurs tiers qui n’avaient aucune envie de développer sur des cartouches, sur le point de recevoir le coup de grâce avec la sortie de la PlayStation 2 cette même année. Qu’est-ce qui peut bien unir ces deux parcours aux antipodes ? Une incongruité : deux semaines à peine avant la sortie de Ridge Racer V sur PS2, Namco aura soudain décidé d’accorder à la Nintendo 64 son épisode exclusif de la série, logiquement nommé Ridge Racer 64. Pourquoi renoncer à l’exclusivité chez Sony, pourquoi à ce moment, pourquoi sur une machine à l’agonie qui croulait sous les jeux de course ? Seules les huiles de Namco doivent avoir la réponse à cette question. Ce qui compte, c’est que les joueurs de Nintendo, eux, auront enfin eu le droit à leur épisode exclusif à eux, et qu’ils espéraient bien voir leur console achever son cycle de vie en apothéose.

Dans les faits, Ridge Racer 64 est autant un épisode exclusif qu’une sorte de best of des quelques cinq épisodes l’ayant précédé.

La bonne nouvelle, c’est que le menu est a priori un peu plus copieux que ce à quoi nous avait habitués la saga jusqu’ici à l’exception notable de Ridge Racer Type 4 : Un mode principal qui prendra la forme d’un grand prix vous proposant de boucler les neuf circuits du jeu avant de recommencer dans leur version « inversée », une course libre pour se lancer tout de suite dans l’action, un time trial pour améliorer vos temps, sans oublier une des gourmandises qui faisait la renommée de la console : un mode multijoueur à quatre en écran splitté, avec confrontation, jeu en équipe – la totale. Histoire d’en remettre encore une couche, le titre comporte désormais pas moins de 25 voitures différentes aux caractéristiques propres, à déverrouiller via le mode grand prix évoqué plus haut, et qui demanderont cette fois, pour être réellement accessibles, d’affronter leur pilote via le dernier mode du jeu appelé Car attack. Un bon moyen de multiplier encore les occasions de concourir et de doter le titre d’un contenu assez conséquent pour enterrer, au moins sur le papier, tout ce qu’avaient pu offrir les épisodes précédents.

Comme souvent, la réalité est un peu moins enchanteresse que la théorie : les fameux neuf circuits (nombre qui commençait à représenter le minimum vital de ce qu’on était en droit d’attendre du contenu d’un jeu de course en 2000) sont en fait autant de variations des trois mêmes environnements, partageant donc une large partie de leur tracé avec d’autres courses se déroulant au même endroit.

Pour ne rien arranger, cinq de ces neuf circuits sont repris directement des épisodes précédents de la saga – ce qui ne devait certes pas trop déranger les joueurs N64 de l’époque, qui n’avaient encore jamais eu accès à un opus de la série, mais qui devrait moins faire plaisir aux joueurs ayant déjà eu l’occasion de s’essayer à la série sur PlayStation. On pourra également arguer que le fait d’avoir à « gagner » les véhicules pas moins de deux fois, d’abord en les débloquant avec le grand prix puis en allant faire la course contre eux en mode Car attack ressemble surtout à un moyen de rallonger la sauce en nous donnant un prétexte pour reparcourir les mêmes circuits encore et encore, mais même si on aurait pu espérer mieux en la matière, le contenu demeure suffisamment conséquent pour que le titre ait de quoi occuper un joueur une dizaine d’heures, voire plus si affinités.

La physique si particulière du titre n’a d’ailleurs pas beaucoup changé – attendez-vous donc à partir en dérapage dès que vous faites l’erreur de lâcher l’accélérateur.

Si cette conduite « arcade » peut être modulée par le choix de votre véhicule (une voiture avec beaucoup d’adhérence vous autorisant à piloter de manière un peu plus réaliste), on regrettera en revanche que vos adversaires, eux, soient visiblement aux commandes de bulldozers déguisés en bolides de course : il est pour ainsi dire impossible de leur couper la route, puisqu’il continueront de toute façon tout droit en vous virant sans ménagement de leur trajectoire sans être ralentis en rien pendant que vous perdrez de précieuses secondes ! Bon courage pour les doubler lorsqu’ils conduisent en ligne serrée en vous bloquant toute la largeur de la piste, ce qui arrive d’autant plus souvent que les circuits les plus difficiles comprennent des sections très étroites où il est déjà ardu de ne pas percuter les murs en conduisant seul. Une façon maladroite et assez mal pensée de gonfler la difficulté, qui vous interdit toute forme de conduite intelligente cherchant à tirer parti de leurs faiblesse : vous devrez éviter les véhicules adverses, point barre. Un peu décevant, à l’aube du nouveau millénaire…

Ce qui est certain, c’est que la réalisation graphique ne parviendra toujours pas à trancher la question consistant à décider qui de la PlayStation ou de la Nintendo 64 avait le meilleur hardware : le titre est techniquement réussi, avec des véhicules très détaillé, une animation fluide en toute circonstance (même si le framerate baisse fort logiquement lorsque l’on joue à plusieurs), et surtout aucune trace de cet atroce brouillard qui aura abîmé tant de jeux incapables d’assumer leur clipping – lequel est de toute façon invisible ici, preuve que les équipes de développement connaissaient leur boulot.

De ce côté-là, rien à dire : on est clairement dans le haut du panier de la machine… lequel ne semble pas supplanter Ridge Racer Type 4, qui présentait certes des textures plus granuleuses (pas de filtre bilinéaire sur la machine de Sony), mais dont les décors semblaient également un peu moins vides – et dont les ombrages paraissaient plus convaincants. Dans tous les cas, les joueurs sachant ce qu’ils viennent chercher – à savoir un jeu de course typé arcade et jouable à plusieurs avec suffisamment de contenu en mode solo pour occuper un joueur plus de dix minutes – ne devraient clairement pas renâcler devant le jeu. Ce n’est peut-être pas tout-à-fait aussi bon que Mario Kart 64 en termes de fun, ni tout-à-fait aussi bluffant techniquement que Ridge Racer Type 4 à sa sortie, mais cela reste un bon moyen de passer un très bon moment, en particulier pour les fans de la saga. Rien de révolutionnaire, mais ce n’est plus vraiment ce qu’on cherche en s’essayant à ces jeux de nos jours, non ?

Vidéo – La première course du jeu :

NOTE FINALE : 16,5/20 Pour son arrivée en 2000 sur une Nintendo 64 en fin de vie, on attendait de Ridge Racer 64 une sorte d'apothéose qui vienne clore avec éclat la page de la génération finissante. Dans les faits, en dépit d'une réalisation technique très solide et notamment d'un multijoueur à quatre particulièrement bienvenu, on ne peut congédier l'idée d'un léger retour en arrière, sur à peu près tous les plans, comparé à Ridge Racer Type 4. Malgré ses neuf circuits – qui sont en fait autant de variations des trois mêmes environnements, eux-mêmes largement recyclés des épisodes précédents – et de son contenu à débloquer (25 véhicules, les courses en mode « reverse »), le titre de Namco s'affirme comme une redite assumée des forces comme des faiblesses de la saga sans la moindre prise de risques. Une cartouche qui reste heureusement très agréable à jouer pour peu qu'on accroche au concept du dérapage à tout va ; pas tout à fait celui qu'on attendait en 2000 alors que Ridge Racer V s'apprêtait à s'élancer sur PlayStation 2, mais de quoi passer quelques heures agréables.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Des sensations de course arcade toujours aussi irréalistes... – ...avec des adversaires qui peuvent se contenter de foncer tout droit en vous virant automatiquement de leur route – Pas assez de circuits – Une vue extérieure toujours aussi mal fichue

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Ridge Racer 64 sur un écran cathodique :

Toyota Celica GT Rally

Développeur : Gremlin Graphics Software Limited
Éditeur : Gremlin Graphics Software Limited
Titre alternatif : Celica GT Rally (écran-titre)
Testé sur : Atari STAmigaAmstrad CPCZX SpectrumPC (DOS)

Version Atari ST

Date de sortie : Décembre 1990
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″ double face
Contrôleurs : Joystick, souris
Version testée : Version disquette testée sur Atari 1040 STe
Configuration minimale : Système : 520 ST – RAM : 512ko

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Jusqu’à la fin des années 80, un aspect de la simulation automobile était resté plus ou moins tabou, notamment pour des raisons purement techniques : celui de la simulation, justement.

Généralement limités à des défilements de sprites en simili-3D à la Pole Position, à quelques exceptions façon Super Sprint près, les jeux de course se seront surtout préoccupés de restituer la sensation de vitesse avant que des titres un peu plus poussés à la Hard Drivin’ ne viennent rappeler qu’il y avait autre chose qu’un volant et un accélérateur dans une voiture, et qu’une conduite plus réaliste pouvait présenter un intérêt à part entière. Au début de la nouvelle décennie, des jeux comme Indianapolis 500 ou MicroProse Formula One Grand Prix vinrent apporter une dimension supplémentaire en impliquant qu’une course engageait bien plus de choses que de s’asseoir derrière le volant sur la ligne de départ et d’aller le plus vite possible, ce qui commença à encourager les développeurs à s’éloigner de la conduite dite « arcade » pour tenter des choses un peu plus réalistes – et, pour l’occasion, un peu plus originales. Parmi les titres qui avaient charmé les rédactions journalistiques fin 1990 se trouvait justement un jeu dont le simple nom impliquait déjà une forme de réalisme : Toyota Celica GT Rally.

Le titre nous dit déjà pratiquement tout : un jeu de rallye – ce qui n’était pas encore très commun à l’époque, où le contexte dépassait rarement le cadre de la course de formule un ou l’épreuve de vitesse sans cadre ni contexte – aux commandes d’un authentique véhicule dont on imagine donc les caractéristiques fidèlement rendu : une Toyota Celica qui, au moment de la sortie du jeu, venait de rentrer dans sa cinquième génération et s’apprêtait à remporter pas moins de douze titres dont cinq en WRC.

Comme dans un vrai rallye, l’objectif sera de terminer une succession de courses dans trois pays déterminés (l’Angleterre, le Mexique et la Finlande, soit trois environnements bien typés) en vous efforçant de réaliser le meilleur temps à chaque fois, le vainqueur étant décidé au chrono global (rater une étape peut donc compromettre tout votre championnat). On n’est donc pas dans un format « circuit » avec des dépassements à effectuer ; vous ne verrez pour ainsi dire jamais un seul concurrent de toute la partie, et votre unique adversaire « tangible » sera la montre. Alors histoire que vous vous y croyiez à fond, le jeu a quand même la bonne idée d’introduire deux nouveautés pour vous aider à vous sentir impliqué : un copilote qui vous épaulera en voix digitalisée, s’il vous plaît, et… un essuie-glace. Ne rigolez pas : à l’époque, c’était le genre de détail dont on raffolait, et ce n’est pas Rad Mobile qui viendra prétendre le contraire.

Pour ce qui est du copilote, il fait globalement bien son travail – qui se limite donc à vous annoncer la direction et la difficulté du prochain virage. Au cas où vous ne seriez pas très satisfaits de ses délais d’intervention, une option est disponible pour passer tout le parcours en revue et décider de ce qu’il doit vous dire et à quel moment, histoire que vous ne puissiez vous en prendre qu’à vous même quand vous finirez dans un platane.

L’essuie-glace, quant à lui, ne trouvera bien évidemment son usage que lorsque les éléments commenceront à se signaler : la pluie en Angleterre, la neige en Finlande – pour ce qui est du Mexique, en revanche, il ne vous servira pas à grand chose pendant une tempête de sable. Tout cela tend à indiquer des conditions réalistes qui sauront vous donner l’impression que vous êtes au commandes d’une vraie automobile, avec les options habituelles pour vous y aider (boîte manuelle ou automatique, et même une option pour inverser les commandes !). Ce qui tombe bien, car c’est a priori la raison d’être du jeu : nous donner le sentiment d’être assis au volant d’une voiture de rallye. Or, malheureusement, c’est également à ce niveau-là que Toyota Celica GT Rally se rate le plus.

Le vrai problème tient au point devant lequel les journalistes de l’époque se pâmaient le plus : les sensations de conduites. Ce n’est pas tant qu’elles soient fondamentalement irréalistes – c’est surtout qu’elles ne correspondent absolument pas à la vitesse ressentie, qui dépasse difficilement les 50km/h, la faute à un framerate poussif qui, au passage, implique également une latence dans les commandes.

Voir votre véhicule partir en dérapage sur deux cents mètres alors que vous aviez le sentiment d’aborder une courbe facile en seconde n’aide pas vraiment à se croire sur le siège d’une voiture de rallye, et ce n’est pas la réalisation alignant les trois ou quatre même éléments de décors sur un gros pâté vert, jaune ou blanc selon le pays visité qui vient changer ce constat (même en 1990, on trouvait ça à peine passable). Il faut passer de très longues minutes souris ou joystick en mains avant d’avoir le sentiment de contrôler autre chose qu’une caisse à savon lâchée sur une patinoire – le problème étant qu’une fois le pli pris, le titre n’en devient pas beaucoup plus passionnant pour autant. En fait, on est presque heureux que cette jouabilité boiteuse vienne apporter un objectif clair en nous poussant à nous entraîner à rester sur la route, car une fois la compétition en elle-même commencée, l’absence d’opposition palpable tend à faire ressembler la course à une séance de conduite en auto-école, mais à bord d’une voiture très mal adaptée à la chose. Et autant le dire, au bout de la dixième étape à répéter les mêmes virages devant les mêmes décors avec les trois mêmes sprites pour agrémenter le bord de la route, on commence à en avoir sérieusement notre claque avant même d’avoir l’occasion de changer d’environnement.

L’intérêt du jeu tiendra donc à votre patience autant qu’à votre capacité à assimiler l’inertie et les temps de réaction de votre véhicule. Si vous parvenez à vous sentir à l’aise, vous découvrirez un jeu qui a au moins le mérite d’offrir une once de technicité, mais si ce n’est pas le cas, vous aurez surtout la sensation de vous essayer à une course typée « arcade » mais en moins jouable, où la présence d’un robot en train de répéter les deux mêmes phrase tous les cinquante mètres et d’un essuie-glace qui n’est objectivement qu’un gadget sans intérêt ne viendront pas vous faire oublier une réalisation globalement ratée et des enjeux qui peinent à se montrer intéressants.

Ce qui faisait illusion en 1990 doit aujourd’hui composer avec une concurrence autrement plus redoutable, et même si le côté « 16 bits » peut conserver un certain charme, le fait que le seul vrai objectif du jeu soit d’apprendre à dompter sa conduite plutôt que de mémoriser les parcours et d’entreprendre d’optimiser ses trajectoires font que l’écrasante majorité des joueurs aura pris la fuite bien avant d’avoir vu le tiers du contenu du logiciel. Vraiment pas le pire programme dans le domaine, mais difficile de lui trouver aujourd’hui un quelconque aspect que des dizaines d’autres jeux n’aient pas offert en beaucoup mieux depuis lors.

Vidéo – La première course du jeu :

NOTE FINALE : 11/20 Au rang des jeux qui peinent à choisir entre arcade et simulation, Toyota Celica GT Rally n'aura malheureusement réussi à offrir qu'une conduite arcade ratée mal grimée en conduite réaliste. Pénalisé par une sensation de vitesse qui ne donne jamais le sentiment de rouler à plus de 50km/h et par une réalisation qui faisait déjà tiquer en 1990, le titre de Gremlin Graphics ne déroule finalement que des trajet frustrants et redondants jusqu'à l'ennui, sans jamais un seul adversaire présent sur la route et un essuie-glace comme seul instrument « réaliste ». En s'accrochant un peu, on peut dompter une partie de la jouabilité et trouver une sorte d'attrait à la relative exigence du jeu, mais le fait est que le tout est mal agencé, mal réalisé et manque de profondeur. À réserver aux plus grands accros des jeux de course – les autres peuvent faire l'impasse sans regret et retourner jouer à Lotus Esprit Turbo Challenge.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Une réalisation vraiment pas à la hauteur – Une conduite qui se veut réaliste mais qui ne l'est pas – Un contenu qui manque dramatiquement de variété – Une sensation de vitesse ratée – Une durée de vie artificiellement rallongée avec des courses sans intérêt empilées jusqu'à l'ennui

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Toyota Celica GT Rally sur un écran cathodique :

Les avis de l’époque :

« Toyota Celica (sic) est une simulation de rallye particulièrement réaliste qui offre un véritable challenge. On est loin des courses basées sur les réflexes comme Turbo Esprit (sic) : il ne s’agit pas de foncer, mais il faut vraiment conduire le mieux possible, avec beaucoup de rigueur. […] Un programme difficile mais passionnant. »

Alain Huyghues-Lacour, Tilt n°86, janvier 1991, 17/20

« À mon humble avis, GT Rally (sic) est une bouse au stade terminal. Il n’y a absolument aucune sensation de vitesse et tenter de faire aller la voiture en ligne droite revient à chercher à s’emparer d’une savonnette. […] Des contrôles médiocres et l’absence totale de la moindre forme de compétition font de ce titre un des pires jeux de course que j’aie jamais vus. »

Atari ST User n°75, mai 1992, 39% (traduit de l’anglais par mes soins)

Version Amiga

Développeur : Gremlin Graphics Software Limited
Éditeur : Gremlin Graphics Software Limited
Date de sortie : Décembre 1990
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″
Contrôleurs : Joystick, souris
Version testée : Version disquette testée sur Amiga 600
Configuration minimale : Système : Amiga 1000 – RAM : 512ko
Modes graphiques supportés : OCS/ECS

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Développé sur Amiga en même temps que sur Atari ST, Toyota Celica GT Rally y aura été commercialisé au même moment. Sans surprise, les différences ne seront pas à aller chercher du côté du contenu, ni même de celui de la réalisation : graphiquement, les deux versions sont pour ainsi dire identiques, et si le rendu du thème musical est un peu plus « propre » sur Amiga (le son crache moins), il ne se fait de toute façon plus entendre passé l’écran-titre, et on ne peut pas dire que la différence entre les bruits de moteurs ou les commentaires du copilote soient frappantes. En revanche, le framerate est sensiblement meilleur sur Amiga, ce qui fait mine de rien une énorme différence : la vitesse est mieux rendue, les temps de latence sont nettement inférieurs, et la conduite est beaucoup plus naturelle. Si l’aspect « réaliste » de la conduite reste largement sujet à débat (on part encore souvent en dérapage à des moments où on n’a pas le sentiment d’aller assez vite pour cela), les sensations sont bien plus agréables, et même si le jeu demeure fondamentalement limité faute de variété et d’opposition, on a un peu moins l’impression de passer l’essentiel de la partie à se battre contre le processeur. Bref, à ce niveau-là, pas de doute : l’expérience est clairement supérieure sur Amiga.

NOTE FINALE : 12/20

Quelques images par seconde peuvent faire une très grosse différence, et Toyota Celica GT Rally est très clairement une expérience plus fluide et plus accessible sur Amiga qu’elle ne l’avait été sur ST. Si la conduite reste largement perfectible et la réalisation datée, les mordus de rallye auront cette fois une petite chance de pouvoir adhérer à la jouabilité sans avoir à serrer les dents pendant des heures au préalable.

Les avis de l’époque :

« Celica Rally (sic) est le meilleur jeu dans sa catégorie, mais on est encore loin du moment où les jeux de rallye pourront réellement rivaliser avec des titres comme Super Hang-on, RVF Honda et Indy 500 (sic). Néanmoins, ceux que le genre intéresse seraient bien inspirés de lui laisser une chance histoire de goûter à une autre forme d’action automobile. »

T.H., Amiga User International, volume 5 n°2, février 1991, 66% (traduit de l’anglais par mes soins)

Version Amstrad CPC

Développeurs : Ali Davidson & Berni Hill
Éditeur : Gremlin Graphics Software Limited
Date de sortie : Juillet 1991
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 3″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette testée sur Amstrad CPC 6128 Plus
Configuration minimale : Système : CPC 6128 – RAM : 128ko

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

En voyant une version de Toyota Celica GT Rally pensée spécifiquement pour les CPC 6128 (ce qui commençait à faire furieusement sens en 1991, où le 464 n’était plus produit et où Amstrad espérait se refaire la cerise, en vain, avec sa gamme « Plus »), on pouvait nourrir l’espoir de découvrir un portage qui soit enfin autre chose qu’une transposition de la version ZX Spectrum. Dans l’absolu, c’est raté : il faudra une nouvelle fois se contenter de quatre couleurs à l’écran dans les grands moments – mais bon, la version 16 bits n’était de toute façon pas un premier prix de beauté. La bonne nouvelle, c’est qu’en dépit de quelques coupes minimales (plus d’essuie-glace ici, par exemple, ni de mode multijoueur à tour de rôle), le jeu tourne relativement bien une fois lancé – pratiquement aussi bien que la version Atari ST, pour tout dire. Malheureusement, les sensations de course sont assez mauvaises : on a une nouvelle fois l’impression de piloter une savonnette plus qu’une voiture, et la vue ne porte pas assez loin pour qu’on puisse réellement anticiper (même si le copilote est toujours présent, son aide prenant cette fois la forme de flèches à l’écran plutôt que de voix digitalisées). Le résultat aurait pu être nettement pire, comme le CPC aura eu de nombreuses fois l’occasion de nous le prouver, mais on reste face à un jeu limité et peu jouable qui ne devrait pas emballer grand monde de nos jours.

NOTE FINALE : 09/20

Sans être à proprement parler scandaleux, Toyota Celica GT Rally sur CPC n’offre rien qui justifie de tourner sur un 6128, surtout avec des graphismes repris directement de la version ZX Spectrum. Si le titre est relativement fluide pour la machine, la jouabilité et les sensations de conduite sont une nouvelle fois assez déficientes, et même si on peut passer un moment correct sur le jeu avec un peu de patience, l’expérience n’a malgré tout qu’un intérêt très limité au XXIe siècle.

Version ZX Spectrum

Développeurs : Ali Davidson & Berni Hill
Éditeur : Gremlin Graphics Software Limited
Date de sortie : Avril 1991
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette
Contrôleurs : Clavier, joysticks Cursor et Sinclair
Version testée : Version cassette testée sur ZX Spectrum 128k
Configuration minimale : RAM : 48ko*
*Existe en version optimisée pour les système à 128ko

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Après la version CPC, on sait à peu près à quoi s’attendre pour Toyota Celica GT Rally sur ZX Spectrum. Sans surprise, le jeu tourne relativement bien, mais entre la réalisation en trois couleurs (en comptant le noir) et surtout cette sensation tenace d’être en train de piloter un tube de vaseline sauvage, on en peut pas dire qu’on prenne énormément de plaisir à tenter vaille que vaille de forcer notre véhicule à avancer en ligne droite. Une nouvelle fois, plus la peine de compter sur les essuie-glace (ni sur la possibilité de planifier les interventions du copilote, ni sur le « multijoueur » à tour de rôle), mais le reste du contenu est là et bien là. Vraiment pas de quoi émoustiller un joueur du XXIe siècle, mais pour ceux qui chercheraient spécifiquement un jeu de rallye sur ZX Spectrum, il y a une piste à creuser.

NOTE FINALE : 08,5/20

À l’échelle de la ludothèque du ZX Spectrum, Toyota Celica GT Rally est un jeu de rallye qui a le mérite d’exister et de tourner à plus de trois images par seconde. Par contre, dès l’instant où on a accès à virtuellement n’importe quoi d’autre, mieux vaudra être particulièrement impliqué pour décider de consacrer plus de deux minutes à ce simulateur de savonnette.

Version PC (DOS)

Développeur : Astros Production
Éditeur : Gremlin Graphics Software Limited
Date de sortie : Juin 1992
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Langue : Anglais
Supports : CD-ROM, disquette 3,5″
Contrôleurs : Clavier, joystick, souris
Version testée : Version disquette émulée sous DOSBox
Configuration minimale : Processeur : Intel 8088/8086 – OS : PC/MS-DOS 3.0
Modes graphiques supportés : EGA, VGA
Cartes sonores supportées : AdLib, haut-parleur interne, Roland MT-32/LAPC-I, Sound Blaster

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Il aura donc fallu attendre un an et demi pour voir Toyota Celica GT Rally daigner s’intéresser au PC, à une époque où la machine d’IBM commençait à s’affirmer de plus en plus clairement comme incontournable. Un an et demi, au début des années 90, c’était l’équivalent d’un siècle, et les exigences des joueurs avaient grimpé en flèche – ce qui explique sans doute en partie que même les magazines les mieux disposés à l’égard des versions Atari ST et Amiga en leur temps aient accueilli cette itération de façon plutôt… tiède. La réalisation y est d’ailleurs sans doute pour beaucoup : certes, le jeu reconnaît le VGA (encore heureux, en 1992) et est bien décidé à tirer parti de la palette étendue qu’il offre, mais alors pour le coup, toute ambition de proposer une représentation vaguement réaliste de l’environnement est passée à la trappe. Ah oui, il y a des couleurs, à tel point qu’on se croirait en visite au pays des toons dans Qui veut la peau de Roger Rabbit ! C’est – disons le mot – totalement grotesque, et transforme le jeu en une blague involontaire (ou du moins, on espère qu’elle l’est). Du côté sonore, les choses ne se passent pas beaucoup mieux : la rendu sonore est certes correct avec une Roland MT-32, mais même avec une Sound Blaster, vous pouvez tirer un trait sur les interventions du copilote – apparemment, chez Astros Production, les voix digitalisée, on ne savait pas faire ! Ah, certes, on peut désormais profiter de la musique pendant les courses, mais ce sera ça ou les bruitages, comme si un PC de 1992 n’était pas capable d’offrir les deux en même temps ! Néanmoins, la vraie catastrophe vient de la jouabilité. Le jeu est certes bien plus fluide que sur Amiga ou Atari ST, et les commandes répondent plutôt mieux ; en revanche, la gestion des collisions est si incohérente qu’on la croirait buguée. Il arrive fréquemment qu’on se mange quarante secondes de pénalité au démarrage simplement pour avoir démarré notre moteur ! Allez donc gagner un rallye comme ça ! Et pour ne rien arranger, il arrive fréquemment qu’on ait droit à un crash fatal pour avoir simplement frôlé le borde de la route. Bref, c’est vraiment mauvais, et un assez bon symbole de l’incapacité totale qu’avaient la plupart des équipes européennes à programmer sur PC.

NOTE FINALE : 09,5/20

Curieux titre que ce Toyota Celica GT Rally sur PC : graphiquement grotesque, charcuté sur le plan sonore, il pourrait sans doute représenter une alternative plus jouable et plus fluide que les versions sur Amiga et Atari ST si la jouabilité n’était pas aussi aléatoire et les collisions aussi incompréhensibles. Allez plutôt jouer à Collin McRae Rally.

Jupiter’s Masterdrive

Développeur : P.O.F. Corporation
Éditeur : Ubi Soft Entertainment Software
Testé sur : AmigaAtari ST

Version Amiga

Date de sortie : Décembre 1990
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette testée sur Amiga 600
Configuration minimale : Système : Amiga 1000 – OS : Kickstart 1.2 – RAM : 512ko
Modes graphiques supportés : OCS/ECS

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Si vous faites partie de ces passionnés qui aiment retracer le parcours des studios vidéoludiques du siècle dernier, d’Imagine aux Bitmap Brothers en passant par Cryo Interactive et tant d’autres, voici un nom à ajouter à votre liste : P.O.F. Corporation.

Cette appellation étrange, correspondant en fait aux initiales des prénoms de ses trois créateurs (Patrick Daher, Olivier Marty et Frédéric Savoir), dissimule une éphémère structure fondée par trois français dont on retrouvera plus tard les noms sur des titres comme Flashback ou Heart of Darkness (pour Daher et Savoir), et dont la contribution au monde du jeu vidéo tient tout entière en un titre : Jupiter’s Masterdrive. Et le reste de la passionnante histoire du groupe ? Eh bien il faudra que je trouve un des trois intéressés pour le lui demander, car le studio n’aura à ma connaissance pas survécu à cet unique logiciel qui avait pourtant été assez bien accueilli par la presse. Autant se pencher, donc, sur l’unique témoignage des fruits de cette brève association : un jeu de course qu’on aura souvent comparé à l’époque à Super Sprint de par la vue employée : directement au-dessus de l’action plutôt que de placer la « caméra » derrière le véhicule à la Lotus Esprit Turbo Challenge.

Le prétexte du jeu n’aurait pas été renié par ERE informatique : plutôt que de vous envoyer concourir dans quelques pays imaginaire, le programme décide en effet de vous expédier carrément sur Jupiter (d’où son nom) et surtout, sur huit de ses satellites (dans les faits, la planète en compte quatre-vingt-douze, cela aurait sans doute fait un peu beaucoup pour un titre hébergé sur une disquette 3,5″).

Dans les faits, ne vous attendez pas à ce que cela ait des conséquences sur le maniement de votre véhicule : il se pilotera exactement comme il l’aurait fait sur terre, mais cela a en revanche l’intérêt de présenter une grande variété d’environnements au sein du jeu, d’autant plus que chacun d’entre eux hébergera deux « courses » aux objectifs bien distincts, comme nous allons le voir. Pas moins de dix-huit circuits, donc, dans une compétition (il n’y a qu’un seul mode de jeu) qui opposera à chaque fois trois véhicules armés. Finir en tête ne sera donc pas votre unique objectif : finir en vie devra être le premier, car en cas de destruction de votre véhicule, il faudra débourser 5000 crédits pour le remplacer – et si vous n’avez pas autant d’argent, le résultat sera simple : game over.

De l’argent ? Oui, car quitte à vous impliquer sur la durée d’un championnat, Jupiter’s Masterdrive met en jeu une boutique qui vous permettra d’investir vos gains dans l’amélioration de votre matériel : moteur, armes, freins, blindage ou même réservoir (car oui, vous pouvez également tomber à court de carburant) afin de mieux tenir la distance face à des adversaires qui, globalement, ont le bon goût de vous attendre lorsque vous êtes à la traîne et de ne pas déployer une habileté surhumaine pour vous laisser sur place.

Cela est d’autant plus cohérent que les pistes sont constellées de bonus et autres crédits (et même de jetons permettant d’activer une loterie dans la boutique) qui nécessitent parfois de s’éloigner de la route « optimale » pour aller les obtenir, et que le jeu ne vous pénalisant de toute façon pas d’être arrivé dernier autrement qu’en baissant le montant de votre récompense, chercher à tout prix à finir la course en tête ne sera pour une fois pas une obligation pour espérer voir la totalité du contenu du jeu. La jouabilité est évidente : on accélère avec le bouton, on tourne avec le stick, et on peut tirer simplement en le poussant vers le haut – les adversaires touchés partiront en vrille, mais il n’est à ma connaissance pas possible de les détruire, contrairement à vous.

Les courses sont toujours serrées, mais jamais injustes

Chaque course « traditionnelle » est systématiquement suivi d’un combat en arène qui trouvera une saveur particulière lors des parties à deux. Ici, le but est d’atteindre le premier des objectifs qui apparaissent aléatoirement à divers point de la carte, le vainqueur étant le premier à en collecter dix. Mais les objectifs apparaissant un par un, pas question pour chaque joueur d’aller faire son marché dans son coin : il s’agira à chaque fois de se précipiter pour être le premier à atteindre le symbole présent.

Une fois encore, le jeu est très permissif (pas de sanction pour le joueur arrivant deuxième tant qu’il parvient à collecter dix objectifs dans le temps requis), et on touche d’ailleurs du doigt à sa principale faiblesse : une fois qu’on a compris qu’arriver en tête n’a finalement aucune importance, il suffit de ne pas faire n’importe quoi et on est à peu près assuré de voir la totalité du contenu du jeu. C’est à cet instant qu’on regrette véritablement qu’il n’existe pas de modes de jeu permettant de disputer chaque circuit individuellement pour améliorer son temps, ou un mode deux joueurs se limitant aux courses ou aux combats en arène en fonction de ce qui intéresserait les deux participants. Dans tous les cas, seul ou à deux, il faudra faire les mêmes circuits dans le même ordre, et ce n’est pas négociable.

C’est d’autant plus dommage qu’on sent instantanément à quel point le titre avait le potentiel pour faire beaucoup mieux en la matière. Et pour cause : une vue de dessus avec un défilement multidirectionnel fluide et des véhicules de quelques pixels de large qui changent selon la course, quitte à vous faire incarner un hydroglisseur ou une espèce de formule un ? Difficile de ne pas penser immédiatement à l’excellent Micro Machines, lequel ne verrait pourtant le jour que près d’un an plus tard !

C’est sans doute là la seule véritable erreur de P.O.F. Corporation, qui tenait un excellent concept bien enrobé dans une réalisation très solide, mais qui ne l’aura tout simplement pas poussé assez loin pour le rendre vraiment marquant. En l’état, Jupiter’s Masterdrive reste un titre agréable et varié sur lequel on peut passer un moment très agréable, seul ou a deux (son mode solo est d’ailleurs plutôt plus agréable que celui de Micro Machines), mais qui n’est simplement pas pensé pour être pratiqué au-delà de son mode principal, lequel sera trop vite vaincu et n’offrira pas assez de renouvellement pour y revenir régulièrement. Pas de quoi le bouder à une époque où il est très facile de s’essayer à un jeu sur Amiga, et si vous n’avez pas encore eu l’occasion de le faire, je vous invite à le découvrir. Vous pourriez être agréablement surpris.

Vidéo – La première course du jeu :

NOTE FINALE : 15/20 On s'attendait à une sorte de redite de Super Sprint, et on hérite au final d'un titre qui préfigure Micro Machines : Jupiter's Masterdrive est indéniablement un jeu de course qui aurait mérité de faire un peu plus de bruit à sa sortie, car il faut lui reconnaître une capacité à avoir placé les curseurs précisément au bon endroit en évitant tous les chausse-trappes dans lesquels nombre de ses prédécesseurs s'étaient abîmés (sauf peut-être pour ce qui est de la difficulté). Varié, jouable, exigeant sans être ridiculement difficile et rempli de bonnes idées, le titre de P.O.F. Corporation déçoit assez peu, et ne frustre véritablement que lorsqu'on commence à imaginer les possibilités qu'il aurait pu offrir en termes de modes multijoueurs. Certes, refaire sempiternellement les mêmes courses dans le même ordre risque d'épuiser rapidement un mode solo pourtant bien agencé, mais il faut savoir saluer le travail bien fait, et l'équipe française a indéniablement su faire le sien. Un titre à découvrir.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Aucun système de sauvegarde – Une fenêtre de jeu qu'on aurait aimé plus grande – Un seul mode solo et un seul mode multijoueur, alors qu'il y avait vraiment du potentiel pour faire mieux – Trop facile d'en voir le bout une fois qu'on a compris que terminer la course est plus important que de la terminer en tête

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Jupiter’s Masterdrive sur un écran cathodique :

Les avis de l’époque :

« Jupiter’s Masterdrive ne présente pas des graphismes exceptionnels ; c’est la souplesse des commandes qui est le point le plus important pour un jeu de ce type. L’accélération se fait en appuyant sur le bouton, ce qui est le meilleur mode de contrôle pour ce type de course, et la jouabilité est parfaite. Un programme très ludique. »

Alain Huyghues-Lacour, Tilt n°86, janvier 1991, 17/20

Version Atari ST

Développeur : P.O.F. Corporation
Éditeur : Ubi Soft Entertainment Software
Date de sortie : Décembre 1990
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″ simple face
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette testée sur Atari 1040 STe
Configuration minimale : Système : 520 ST – RAM : 512ko
Écran couleur requis

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Comme beaucoup de jeux développés par une équipe française au début des années 90, il y a de larges chances que Jupiter’s Masterdrive ait été programmé sur Atari ST – un ordinateur particulièrement populaire au sein de l’hexagone, où il aura d’ailleurs totalisé plus d’un quart de ses ventes à l’échelle mondiale. Cela se ressent immédiatement en lançant le jeu : c’est pour ainsi dire la copie carbone de l’itération Amiga, à quelques pixels près, et même si la réalisation sonore est légèrement inférieure, la différence n’est pas suffisamment marquante pour qu’on puisse s’en désoler. Le défilement est toujours fluide, même sur l’axe horizontal où la machine d’Atari affiche d’ordinaire d’étroites limites, et puisque tout le contenu, mode deux joueurs compris, est toujours présent sur la petite disquette, il n’y a absolument aucune raison de bouder cette version.

NOTE FINALE : 15/20

Comme souvent avec la production française de l’époque, les joueurs n’auront eu aucune raison de se désoler de lancer Jupiter’s Masterdrive sur Atari ST plutôt que sur Amiga : l’expérience est pour ainsi dire identique à 99%, et ni la jouabilité ni la réalisation ne sont véritablement impactées par le changement de hardware.

Super Sprint

Développeur : Atari Games Corporation
Éditeur : Atari Games Corporation
Titre alternatif : Turbo Sprint (conversion Amiga non-officielle de 2021)
Testé sur : ArcadeAmstrad CPCAtari STCommodore 64ZX SpectrumNES
Disponible sur : Amiga, Antstream, Game Boy Advance, GameCube, PlayStation 2, PlayStation 3, Windows, Xbox, Xbox 360
Présent dans les compilations : Midway Arcade Treasures (GameCube, PlayStation 2, Windows, Xbox), Spy Hunter / Super Sprint (Game Boy Advance), Midway Arcade Origins (PlayStation 3, Xbox 360)
En vente sur : McGeezer.itch.io (Amiga)

La série des Sprint (jusqu’à 2000) :

  1. Sprint 2 (1976)
  2. Sprint 4 (1977)
  3. Sprint 8 (1977)
  4. Sprint One (1978)
  5. Super Sprint (1986)
  6. Championship Sprint (1986)
  7. Badlands (Atari Games Corporation) (1990)

Version Arcade

Date de sortie : Avril 1986
Nombre de joueurs : 1 à 3
Langues : Allemand, anglais, espagnol, français
Support : Borne
Contrôleur : Un volant et une pédale
Version testée : Version française
Hardware : Atari System 2
Processeurs : DEC T11 10MHz ; MOS Technology 6502 1,789772MHz ; Atari C012294 POKEY 1,789772MHz (x2)
Son : Haut-parleur (x2) ; YM2151 OPM 3,579545 MHz ; Atari C012294 POKEY 11789772 MHz (x2) ; 2 canaux
Vidéo : 512 x 384 (H) 60,096154Hz

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Dans la deuxième moitié des années 80, le nom d’Atari aura gagné un regain de vitalité dans les salles d’arcade. Je dis « le nom d’Atari » car, dans les faits, derrière le studio Atari Games Corporation fondé en janvier 1985 se cachaient Namco America et Time Warner – mais on touche là à des considérations économico-financières qui ne nous intéressent pas.

Sur le plan ludique, depuis l’apparition de Gauntlet en 1985 jusqu’à grosso modo celle de Klax en 1990, la firme américaine aura empilé succès commerciaux et succès d’estime en accouchant de titres dont les noms devraient vous êtres encore largement familiers plus de trente ans plus tard : Paperboy, Escape from the Planet of the Robot Monsters, Hard Drivin’, 720°… Dans la masse de ces jeux souvent bien conçus autour d’une idée simple et d’une volonté récurrente de proposer une expérience multijoueur (ce qui signifiait plus de revenus par borne), il appartient aujourd’hui d’aborder un nom qui devrait encore une fois dégager quelques bouffées de nostalgie aux rétrogamers ayant eu la chance de connaître cette décennie magique à l’échelle du jeu vidéo : Super Sprint, ou la résurrection d’une très ancienne licence, pionnière parmi les jeux de course. Le principe ? Un volant pour s’y croire à fond, une pédale pour accélérer – et des réflexes pour gagner. La base.

La première grande idée de Super Sprint, aussi surprenant que cela puisse paraître, est de se débarrasser d’un des aspects qui définissait pourtant assez largement le genre à l’époque : le tape-à-l’œil. Comprenez que plutôt que de mettre en place une technologie de pointe façon Super Scaler à base de Simili-3D animée grâce à de couteux processeurs dédiés, le titre opte pour un choix culotté : une vue aérienne qui permet d’embrasser la totalité du circuit d’un seul regard.

Pas de grisante sensation de vitesse ici : on n’est pas « dans » le véhicule, ni même derrière lui, mais bien dans la position la plus lisible et la plus accessible de toutes, celle qui ne vous demandera pas d’apprendre le tracé de la course par cœur pour avoir une chance de survivre à la première épingle à cheveux. Une vue « à l’ancienne », comme celle de son illustre prédécesseur de 1976, mais qui se révèle un choix finalement bêtement pertinent pour permettre à quatre véhicules de s’affronter sur un seul et unique écran dix ans avant d’aller faire de l’écran splitté sur Nintendo 64. Et comme un volant et une pédale ne prennent pas tant de place que ça, la meilleure nouvelle est que sur ces quatre voitures, trois pourront être incarnées directement par des humains. Eurêka.

Le principe du jeu est d’une simplicité ébouriffante : arriver premier, éviter les quelques pièges de type taches d’huile ou tornades (!) qui apparaissent sur la piste, ramasser les clefs à molette qui vous serviront périodiquement à investir dans des améliorations pour votre véhicule (accélération, vitesse, virage ou score) et recommencer. Tout est pensé, d’un bout à l’autre, pour que vous ayez tout compris au bout d’une demi-seconde : l’action est limpide, évidente, hyper-nerveuse ; un tour dure rarement plus de dix secondes, une course se termine en moins d’une minute.

À plusieurs, il est facile de comprendre à quelle vitesse les pièces de monnaie peuvent dégringoler pour s’offrir la revanche, puis la belle, puis le retour de la vengeance du fils caché – et c’est là tout le génie de la chose : Super Sprint est un jeu d’arcade pensé comme une borne d’arcade avec toute l’accessibilité qu’on peut attendre de l’arcade et la durée de vie qui en découle, c’est à dire dix grosses minutes. On notera d’ailleurs que les concurrents contrôlés par l’ordinateur adaptent leur niveau à vos résultat, s’efforçant d’être particulièrement mauvais lorsque vous venez de remettre un crédit pour avoir fini dernier – un bon moyen de garder le joueur « concerné » et bien décidé à continuer de casquer. Il y a précisément un côté « reviens-y » qui fait la force de tous les concepts géniaux mais, dans l’ensemble, en dépit des petites trouvailles de type « raccourcis » présents sur les huit circuits du jeu, le titre n’a tout simplement jamais été pensé pour offrir plus de quelques minutes de bonheur – un fait dont les adaptations sur les systèmes domestiques auraient été bien inspirées de se souvenir.

En l’état, en dépit d’un maniement rendu parfois frustrant précisément à cause de la grande vitesse de notre véhicule, qui aura vite fait d’aller rebondir d’un mur à l’autre si on rate un virage d’un micropoil (ce qui pourra provoquer l’explosion de votre véhicule, et son remplacement qui vous fera perdre l’équivalent de deux secondes), la mission est parfaitement remplie – et l’émergence de clones à la Badlands ou à la Super Off-Road aura rapidement confirmé le succès de la formule… et son essoufflement.

La grande force de Super Sprint est également son talon d’Achille : c’est un jeu qui se joue cinq minutes. Cela n’avait rien d’infamant dans une salle d’arcade, et cela reste parfaitement satisfaisant si c’est précisément le type d’expérience qu’on cherche – en multijoueur, il y a toujours matière à passer un quart d’heure particulièrement jouissif, même avec de complets néophytes. En revanche, faute de contenu prévu sur la durée, de circuits plus ambitieux, d’un mode de jeu qui vous pousse à vous sortir les tripes pour améliorer votre véhicule, on se retrouve avec un jeu popcorn qui reste absolument parfait pour se défouler un bon coup et se vider la tête, mais qui prendra la poussière le reste du temps, particulièrement en solo. À tout prendre, on peut largement s’en contenter.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE : 13/20 (seul) - 14,5/20 (à plusieurs) Comme pour beaucoup de concepts géniaux, la grande force de Super Sprint, c'est sa simplicité : des pistes en vue de dessus qu'on peut embrasser d'un seul coup d’œil, quatre véhicules, un volant et un accélérateur, des courses qui durent rarement plus d'une minute, et voilà ! On tient ici l'archétype du jeu dont tout le monde aura compris l'essentiel en un quart de seconde, et sur lequel vos amis n'auront pas besoin de servir de souffre-douleur pendant des semaines avant de pouvoir espérer rivaliser avec vous. Naturellement, cela signifie aussi qu'on aura fait le tour de l'essentiel de ce que l'expérience a à offrir au bout de cinq minutes, mais on n'a jamais eu besoin d'autre chose pour aller glisser une pièce dans une borne d'arcade. Clairement pas un logiciel sur lequel on engloutira des journées de dix heures, mais pour se distraire avec un groupe d'amis avant l'apéritif (ou pendant), cela reste du fun sous sa forme la plus accessible. À connaître.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Seulement huit circuits... – ...avec des adversaires soit trop difficiles, soit trop faciles selon vos résultats à la course précédente – Un contenu dont on fait littéralement le tour en dix minutes – Une maniabilité accessible, mais pas toujours d'une grande précision

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Super Sprint sur un écran cathodique :

Version Amstrad CPC

Développeur : Catalyst Coders – Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : Décembre 1987
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 3″
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette testée sur Amstrad CPC 6128 Plus
Configuration minimale : Système : 464 – RAM : 64ko

Arguant d’un certain succès dans les salles d’arcade, Super Sprint ne mit pas trop longtemps à débarquer dans les foyers, distribué par Electric Dreams. Pour la version CPC, les choses ne partent a priori pas trop mal : les graphismes ne sentent pas trop le ZX Spectrum mal réchauffé, il est toujours possible de jouer à deux (les chances de jouer à trois étaient objectivement nulles), on peut profiter des bruitages pendant les courses faute de musique, et naturellement les huit courses du jeu sont toujours là, avec tout ce que proposait la borne. Le vrai problème, hélas, se présente précisément là où ne voulait surtout pas le rencontrer : du côté de la jouabilité. Entre la raideur de la rotation de votre véhicule et la gestion calamiteuse des collisions, parvenir à prendre un virage sans aller rebondir comme une boule de billard sur le premier mur frôlé nécessitera de longues heures d’entrainement – et ce, alors même que l’accessibilité de la borne était son principal point fort. Conséquence : difficile de s’amuser ici, même à deux, et ceux qui y parviendront auront vraisemblablement éclusé le contenu du jeu bien avant d’y avoir consacré dix minutes. Pas très convaincant.

NOTE FINALE : 08/20

Si Super Sprint semble assurer l’essentiel sur CPC d’un point de vue strictement technique, sa jouabilité ratée additionnée au contenu rachitique de la borne ne garantit pas grand chose de plus qu’une expérience aussi courte que frustrante. Clairement pas le jeu de course à privilégier sur la machine d’Amstrad.

Les avis de l’époque :

« En définitive, Super Sprint apparaît comme un jeu lourd à manier, ce qui n’apporte aucun plaisir ludique à la compétition. Son seul atout : un décor varié et bien conçu. Les huit circuits disponibles présentent des tunnels ou tremplins convaincants au premier abord, même s’ils n’excusent pas finalement la « pesanteur » du jeu ! »

Olivier Hautefeuille, Tilt n°51, février 1988, 8/20

Version Atari ST

Développeur : State of the Art – Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : Décembre 1987
Nombre de joueurs : 1 à 3
Langue : Anglais
Support : Disquette 3,5″ simple face
Contrôleurs : Clavier, joystick
Version testée : Version disquette testée sur Atari 1040 STe
Configuration minimale : Système : 520 ST – RAM : 512ko

Production Atari Games oblige (ou peut-être simplement parce que l’Amiga 500 était encore une machine très récente en 1987), Super Sprint n’aura jamais été porté officiellement sur Amiga – l’Atari ST aura donc été le seul et unique système 16 bits à pouvoir s’enorgueillir de profiter d’un portage en bonne et due forme du jeu. On sent en tous cas indéniablement un gros progrès comparé à la version CPC : c’est plus fin et plus coloré (sans être au niveau de la borne, naturellement, qui tournait à une résolution de 512×384 que le ST aurait bien du mal à afficher en couleur), c’est fluide, et il est même toujours possible de jouer à trois – à condition que l’un des joueurs se contente du clavier, mais quand même, on appréciera l’effort ! La jouabilité n’est hélas toujours pas aussi naturelle et satisfaisante que sur la borne, le véhicule ne va que dans huit directions et tend à rebondir un peu partout, mais cela reste néanmoins nettement plus gérable que sur la machine d’Amstrad. Une nouvelle fois, le contenu ne devrait pas retenir les joueurs très longtemps, mais la possibilité de jouer à trois est clairement un bonus qui fait une grosse différence.

NOTE FINALE : 13/20

Sans se hisser exactement au niveau d’une borne qui n’était pourtant pas un monstre technique, ce portage de Super Sprint sur Atari ST sera parvenu à ne pas endommager la jouabilité de façon rédhibitoire, et aura surtout l’excellente idée de préserver le mode trois joueurs. Si vous cherchez ce jeu qui vous permettrez enfin de connaître l’équivalent vidéoludique du plan à trois, vous aurez l’occasion d’être comblé.

Les avis de l’époque :

« Les graphismes sont agréables et l’animation de bonne qualité. Mais le point fort de cette réalisation est la grande précision des commandes qui vous permet un parfait contrôle de votre véhicule. Ce qui n’est pas le cas dans les nombreux programmes qui s’inspirent de Super Sprint. »

Alain Huyghues-Lacour, Tilt n°52, mars 1988, 14/20

Version Commodore 64

Développeur : Catalyst Coders – Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : Octobre 1987
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Supports : Cassette, disquette 5,25″
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette
Configuration minimale :

Commodore aura bel et bien eu droit à sa version de Super Sprint – mais sur Commodore 64. Si les choses se présentent une nouvelle fois plutôt bien – de la musique en jeu, un mode deux joueurs, des graphismes qui ne déshonorent pas la machine – la jouabilité est hélas franchement médiocre, encore à cause de collisions gérées n’importe comment. Il arrive ainsi fréquemment qu’après avoir heurté un mur, notre véhicule pivote carrément à 180°, et la résolution ne permettant pas exactement de proposer des graphismes fins, on perde encore cinq secondes à comprendre dans quel sens notre voiture est tournée ! Ce doit vraiment être la seule version du jeu où j’aie vu mon automobile exploser trois fois en moins d’un tour, c’est vraiment atroce à ce point-là. En y ajoutant le fait qu’il n’y ait plus que trois véhicules en course et qu’on ne puisse plus choisir qu’entre quatre circuits au lancement du jeu, cela commence à faire beaucoup, et je ne peux qu’encourager ceux qui souhaiteraient découvrir Super Sprint à se diriger immédiatement vers la version arcade.

NOTE FINALE : 07,5/20

Super Sprint se rate une nouvelle fois sur Commodore 64, la faute à une jouabilité mutilée qui nécessite de se dompter avec beaucoup d’efforts là où la borne d’arcade se laissait manier en un quart de seconde. Le mieux est de faire l’impasse et de retourner sur la borne.

Version ZX Spectrum

Développeur : Catalyst Coders – Software Studios
Éditeur : Electric Dreams Software
Date de sortie : Novembre 1987
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Support : Cassette
Contrôleurs : Clavier, joysticks Cursor, Kempston et Sinclair
Version testée : Version cassette testée sur ZX Spectrum 128k
Configuration minimale : RAM : 48ko

Les précédents portages ayant dessiné une certaine tendance – et la même équipe se trouvant à la barre – on peut confesser une certaine appréhension au moment de lancer ce Super Sprint sur ZX Spectrum. Inutile de faire durer le suspense : la jouabilité est une nouvelle fois catastrophique, peut-être pire encore que dans les autres versions. C’est bien simple : les collisions sont si mal gérées que le moindre contact avec un bout de mur se transformera en dix secondes de lutte pour parvenir à vous remettre dans l’axe de la piste, d’où une défaite quasi garantie. C’est d’autant plus dommage qu’on aurait largement pu tenir un jeu de course tout-à-fait décent si le travail avait été fait correctement, mais en l’état, pas de doute à avoir : allez jouer à autre chose.

NOTE FINALE : 07/20

Nouvel échec pour les équipes de développement de Super Sprint, qui livrent avec ce portage sur ZX Spectrum une des versions les moins jouables du jeu. Dans des courses où la moindre erreur se traduira désormais quasi systématiquement en défaite, l’immédiateté de la borne a laissé la place à une bouillie frustrante que personne ne devrait avoir à s’infliger.

Les avis de l’époque :

« Un jeu à la réalisation moyenne, mais qui requiert une grande habileté de pilotage. »

Jacques Harbonn, Tilt n°50, janvier 1988, 13/20

Version NES

Développeur : Tengen Inc.
Éditeur : Tengen Inc.
Date de sortie : Juillet 1989 (États-Unis) – 3 août 1991 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version américaine
Spécificités techniques : Cartouche d’1Mb

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Changement d’équipe pour la version NES de Super Sprint : c’est cette fois Tengen qui prend les commandes – un studio qui dépendait directement d’Atari. Comme souvent, celui-ci ne fait pas partie d’un génie particulier : le jeu est assez moche, et étant sorti avant la commercialisation du Four Score, pas question d’y jouer à plus de deux. La bonne nouvelle, cependant, est que la jouabilité est nettement meilleure que sur les ordinateurs 8 bits – très proche des sensations de l’arcade, ce qui est indéniablement un progrès comparé aux autres portage. On pourra regretter que la cartouche n’intègre toujours que huit circuits – d’autant que certains ont été créés spécialement pour l’occasion, donc ils auraient facilement pu être ajoutés aux anciens, mais il faut croire que Tengen n’était pas décidé à gonfler la taille du programme et par extension le prix de la cartouche capable de l’héberger. On a donc affaire à tout l’indispensable, mais à tout prendre, cette version n’a de réel intérêt qu’à partir du moment où vous n’avez pas accès à la borne.

NOTE FINALE : 11,5/20

Super Sprint sur NES sauve les meubles en préservant sa jouabilité et son mode deux joueurs, ce qui est l’essentiel. Dommage que le contenu, lui, soit toujours aussi rachitique, et que la réalisation fasse le minimum syndical.

Automobili Lamborghini

Développeur : Titus France SA
Éditeur : Titus France SA
Titre alternatif : スーパースピードレース64 (Super Speed Race 64, Japon)
Testé sur : Nintendo 64

Version Nintendo 64

Date de sortie : 30 novembre 1997 (États-Unis) – 12 décembre 1997 (Europe) – 29 mai 1998
Nombre de joueurs : 1 à 4
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques : Controller Pak et Rumble Pak supportés

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

À force d’aborder la fameuse « French Touch » au fil de ces pages, le retrogamer néophyte pourra être arrivé à la conclusion que la production vidéoludique française du siècle dernier était exclusivement l’œuvre d’espèces de fous géniaux dont l’unique activité était de déverser sur le monde des Captain Blood, des Another World ou des Alone in the Dark chaque fois qu’il leur prenait l’envie de se réveiller le matin avec une idée forcément géniale. Cela reviendrait à éclipser l’écrasante majorité de la profession, plus pragmatique, parmi laquelle il conviendrait d’évoquer des entreprises comme Titus.

Parvenir à survivre vingt ans (le studio aura déposé le bilan en 2004) sans aucun hit planétaire à son actif (les plus anciens se souviendront de Crazy Cars ou de Fire & Forget, mais rien qui ait véritablement bouleversé le paysage de l’époque), cela démontre mine de rien une certaine forme de compétence. Quitte à sombrer, également, dans l’opportunisme quand la situation s’y prête : Titus, c’est aussi Les Aventures de Moktar, tiré d’une insupportable chanson de l’insupportable Lagaf, ou encore Un Indien dans la ville, et tant d’autres jeux très oubliables, parce qu’il faut bien manger, ma bonne dame. C’est surtout, vers la fin de sa vie, l’ignoble Superman sur Nintendo 64 qui aura réussi à entrer dans la légende, lui, comme l’une des pires cartouches de toute la ludothèque de la machine, voire au-delà. Autant dire que quand on évoque un jeu de course développé par Titus sur Nintendo 64 en 1997 et nommé Automobili Lamborghini, le joueur du XXIe siècle tend à froncer les narines par anticipation.

Pourtant, sur le papier, le menu est d’autant plus alléchant que la Nintendo 64 ne croulait alors pas exactement sous les bons jeux de course, à un Mario Kart 64 près, surtout comparé à la foule qui se pressait sur la PlayStation concurrente : pas moins de six courses (soit le double de ce que s’étaient osbtinés à offrir les cinq premiers opus rattachés à la saga Ridge Racer, par exemple), huit véhicules, deux modes de difficulté, plusieurs modes de jeu (arcade, championnat, course simple, time trial) – et, en guise de cerise sur le gâteau, un mode multijoueurs à quatre en simultané.

Il y a même un menu des options autorisant quelques petites gourmandises, comme le fait que tous les véhicules à l’exception de celui en tête bénéficient d’un gain de vitesse afin de rééquilibrer les choses. Quoi qu’on en dise, Titus ne s’est clairement pas foutu du monde à ce niveau-là, et Automobili Lamborghini peut d’ores et déjà se vanter d’être un titre offrant réellement de quoi y passer du temps, avec même un mode miroir à débloquer dans un championnat qui peut offrir des courses assez longues et la gestion de l’arrêt au stand en prime. Bref, si la réalisation et la jouabilité ont le bon goût de suivre l’ambition dévoilée par le contenu, on commence à se dire qu’on pourrait peut-être tenir, en fin de compte, un jeu de course particulièrement solide.

Niveau réalisation, pour commencer, le titre de Titus n’a clairement pas à rougir. Les environnements sont certes parfois un peu vide, mais les véhicules sont correctement modélisés, la sensation de vitesse est bien rendue, la musique dynamise l’action sans rien révolutionner, et on notera surtout l’absence de clipping intempestif ainsi qu’un recours limité à certains circuits (ainsi qu’au mode multijoueur) du fameux effet de brouillard qui aura fait tant de mal à la console.

Bref, le jeu assure l’essentiel, à savoir tourner vite et bien en rappelant au passage que la machine de Nintendo pouvait afficher quelque chose d’un peu plus fin que les amas de gros pixels qui servaient de textures aux systèmes concurrents. Niveau jouabilité, les choses sont un peu plus délicates ; pas de quoi casser sa manette en deux, mais mieux vaut savoir que parmi les véhicules disponibles à la sélection (et pour lesquels aucune caractéristique ne vous est jamais affichée), tous n’offrent pas exactement les mêmes sensations, et que même si la conduite est clairement à ranger dans la catégorie « arcade », certains modèles tiennent vraiment de la caisse à savon, donnant le sentiment de peser 25 grammes. On pourra donc passer quelques dizaines de minutes à dompter le maniement, le temps de trouver une voiture avec laquelle on se sentira plus facilement à l’aise (conseil : choisissez le mode semi-analogique dans les options) – après quoi, la magie finira par opérer et on s’amusera assez rapidement.

Il n’y a peut-être pas des milliers de choses à voir sur le bas côté, mais cela permet de limiter le clipping

En fait, sans prétendre aucunement au génie, Automobili Lamborghini est tout simplement le type de jeu qu’on attendait sur Nintendo 64 en 1997, à savoir un jeu solide et correctement réalisé qui ne soit pas développé directement par Nintendo. Oui, la maniabilité aurait pu être un peu plus fine, les collisions mieux gérés, les environnements un peu plus détaillés – n’empêche qu’en tant que pur jeu de course, ça fonctionne, c’est largement à la hauteur de ce que pouvaient proposer bien des studios plus huppés à la même période, et le mode multijoueur à quatre est clairement un gros plus.

Ça n’est peut-être ni Mario Kart 64 ni F-Zero X, mais c’est un constat qu’on pourrait appliquer à tout le reste de la ludothèque de la machine, et ça n’empêchera jamais de passer un bon moment dès l’instant où on est près à lâcher un peu les monstres sacrés de la console pour aller découvrir autre chose. Un bon moyen de se souvenir que Titus a aussi fait des bons jeux, mine de rien, et qu’il serait un peu dommage de résumer leurs deux décennies d’existence à un adaptation ratée d’une licence de super-héros. Quoi qu’il en soit, si vous avez envie d’écraser l’accélérateur avec des amis pendant quelques semaines, vous pouvez clairement tenter votre chance sur ce jeu.

Vidéo – La première course du jeu :

NOTE FINALE : 15,5/20 Certains joueurs pourraient être tentés de ranger hâtivement Automobili Lamborghini dans la case des jeux de course de seconde zone simplement parce qu'il a été développé par Titus, auteurs du catastrophique Superman sur la même plateforme. Ce serait une erreur, car sans aller chatouiller les références du genre, la cartouche développée par la société française propose assurément une réalisation et un contenu qui tiennent la route par rapport à ce qui était disponible en 1997. Certes, la conduite est un peu flottante et certains modèles sont de vraies caisses à savon qui ne rendent pas exactement hommage à la marque dont le titre tire sa licence, mais entre les six circuits, la possibilité de jouer à quatre et des modes de jeu permettant de proposer une durée de vie tout-à-fait décente, il y a là largement matière à donner des leçons à pas mal de jeux de course sur PlayStation, et pas nécessairement les plus obscurs. Si vous cherchez un titre à la conduite arcade mieux réalisé et un peu plus exigeant que Cruis'n USA, il serait idiot de faire l'impasse sur celui-ci entre deux parties de Mario Kart 64.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Des collisions un peu trop systématiquement à votre désavantage – Des sensations de conduite parfois limite, surtout avec certains modèles – Des environnements bien rendus mais un peu vides

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Automobili Lamborghini sur un écran cathodique :

Les avis de l’époque :

« Lamborghini (sic) ouvre la difficile voie des jeux de course à la « Ridge Racer » pour N64. Et on découvre un jeu de course qui se démarque par une réalisation graphique exemplaire. Pas un bug d’affichage, pas un scintillement. On fait dans le « clean » chez Titus, et ça marche. Certes, le jeu est assez froid […], mais bon, les sensations de conduite sont très agréables et le challenge est à la hauteur. N’est-ce pas le plus important ? »

Spy, Consoles + n°70, novembre 1997, 90%

Rad Racer

Développeur : Square Co., Ltd.
Éditeur : Nintendo of Europe GmbH
Titre original : ハイウェイスター (Highway Star, Japon)
Titre alternatif : Speed Racer (Brésil)
Testé sur : NESArcade (PlayChoice-10)

La série Rad Racer (jusqu’à 2000) :

  1. Rad Racer (1987)
  2. Rad Racer II (1990)

Version NES

Date de sortie : 7 août 1987 (Japon) – Octobre 1987 (Amérique du Nord) – Septembre 1988 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langues : Anglais, traduction française par Terminus Traduction
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad, PowerGlove
Version testée : Version américaine patchée en français
Spécificités techniques : Cartouche d’1Mb
Compatible avec des lunettes 3D conventionnelles (et avec le Famicom 3D System pour la version japonaise)

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Comme on avait déjà eu l’occasion de le voir avec un titre comme 3-D WorldRunner – et comme on tend à l’oublier en dépit de l’évidence la plus basique – Square aura eu une existence avant Final Fantasy. Cela ressemble presque à une anomalie, tant la puissante compagnie japonaise (qui aura entretemps absorbé Enix, entre autres acquisitions) est aujourd’hui intrinsèquement indissociable de sa saga phare, mais le fait est irréfutable : à l’origine, Square était un petit studio comme un autre dont la plupart des titres (développés principalement sur NES) auront si peu marqué les esprits que même les fans les plus convaincus seront encore bien en peine de vous en citer les noms.

Ce qui ne veut pas dire qu’ils étaient tous à jeter, loin de là, mais à une époque où la production sur la 8 bits de Nintendo était à son apogée, on avait plus tendance à retenir les cartouches de chez Capcom ou de chez Konami que celles des pléthores de petite structures méconnues auxquelles appartenait encore Square – surtout à l’échelle européenne, où leurs logiciels faisaient rarement, sinon jamais, les gros titres. Ce qui aura d’ailleurs souvent conduit à congédier un peu vite des logiciels qui auraient sans doute mérité davantage d’attention, une catégorie à laquelle peut prétendre appartenir le Rad Racer qui nous intéresse aujourd’hui.

Passons rapidement sur ce titre ultra-générique, entre Rad Mobile et Rage Racer, qui semble être composé de tous les mots en vogue pour les jeux de course (même si je suis un peu injuste : aucun des deux jeux susmentionnés en guise d’exemple n’existait, en 1987) : le nom original de Highway Star avait indéniablement plus de cachet, mais Deep Purple n’ayant pas été consulté pour ce qui ressemblait furieusement à un titre inspiré d’un des morceaux majeurs de leur célèbre tournée japonaise, la version occidentale aura opté pour quelque chose d’un peu plus passe-partout.

L’objectif sera de participer à une course s’étendant de la côte ouest à la côte est des États-Unis… avec un détour temporel par Athènes (je n’invente rien !) parce que bon, personne ne lit les scénarios de jeu de course de toute façon. L’occasion de parcourir huit tracés où vous n’aurez d’autres adversaires que le chronomètres et la circulation : à l’instar de son inspiration évidente qu’est OutRun, Rad Racer est un jeu où il n’y a pas de classement et où votre seul réel but est d’arriver dans les temps au prochain point de passage, ce qui demandera bien évidemment d’éviter les spectaculaires sorties de route (qui se finiront en tonneaux à la rencontre du moindre obstacle, exactement comme dans… OutRun, encore une fois) et les collisions avec les innombrables véhicules qui conduisent n’importe comment. Bref, de la conduite à l’ancienne : on avale la route sans jamais se soucier de ce qui s’étend derrière nous.

On remarquera d’ailleurs que la conduite, pleinement arcade, ne s’embarrasse même pas à glisser un semblant de simulation : un bouton pour accélérer, l’autre pour freiner, ne cherchez même pas une boîte de vitesse manuelle, il n’y en a pas. Vous aurez également le droit à un turbo en poussant la croix directionnelle vers le haut, mais j’ai pu finir le jeu sans en tirer parti une seule fois, on dira donc que son emploi n’est pas exactement indispensable. Seules deux options notables se détachent : la possibilité de choisir son véhicule entre deux modèles au début du jeu, ce qui n’a absolument aucune incidence sur quoi que ce soit (j’en ai en fait décelé une : si vous choisissez la F1, tous vos « concurrents » seront sempiternellement d’autres F1 là où le modèle des véhicules adverses changera à chaque course si vous préférez prendre la 328 Twin Turbo) et l’autre, qui semble correspondre à une obsession récurrente de Square sur la période, et qui consiste à basculer l’affichage du jeu en « 3D » en appuyant sur le bouton Select.

On parle bien évidemment ici du type de 3D consistant à créer un effet de relief en se mettant des lunettes aux verres rouge et bleu sur le nez ; un procédé qu’employait déjà 3-D Worldrunner, du même développeur, la même année. N’étant pas équipé de ce type de lunettes qui fleurissaient à l’époque dans les magazines télé, je n’ai pas pu juger de l’efficacité de la chose, dont l’un des effets reconnus était de vous coller une migraine au bout d’un quart d’heure, mais la bonne nouvelle est que même dans sa simili-3D de base, le sentiment de vitesse est déjà particulièrement bien rendu pour la console, avec une gestion des reliefs très convaincantes. Certes, le décor se limitera souvent à un grand aplat pour le sol, un bitmap pour le ciel, et un ou deux objets pour peupler le bas-côté, mais dans son côté fatalement épuré, la réalisation est efficace et accomplit ce que l’on pouvait attendre d’elle. La musique, pour sa part, se choisit entre trois morceaux directement pendant la course, via la flèche du bas sur la croix directionnelle, et elle couvre agréablement le bruit du moteur sans pour autant se révéler inoubliable.

Pour le reste, le gameplay du jeu repose précisément sur la simplicité : connaître le trajet du circuit (généreusement donné en prélude à la course, à défaut de pouvoir être consulté une fois votre bolide lancé), éviter les véhicules adverses, fuir à tout prix les sorties de route, et garder l’accélérateur écrasé jusqu’au prochain checkpoint – aucun droit à l’erreur, car en cas de défaite, ce sera retour immédiat au début de la première course.

Comme dans l’antique Pole Position, chaque véhicule ennemi n’existe qu’en tant qu’obstacle, et il cesse immédiatement d’exister dès l’instant où vous parvenez à le doubler (ce qui signifie donc que vous ne pourrez jamais être dépassé par une voiture adverse, ce qui tombe d’autant mieux qu’il n’y a de toute façon pas de rétroviseur pour juger de ce qui se passe derrière vous). Bref, on a affaire à une conduite déjà datée à l’époque, qui n’invente rien… mais qui a le mérite d’être efficace et réactive sans être trop injuste. L’immédiateté de la prise en main est d’ailleurs l’un des grands intérêts d’un jeu de ce type : on sait immédiatement ce qu’on doit faire et comment, on maîtrise le véhicule en cinq minutes, et le reste n’est qu’une question de réflexes, d’appréciation, et éventuellement de mémoire. Autant dire que Rad Racer ne surprend jamais – mais ce n’était vraisemblablement pas son objectif, de toute façon : en tant que pur jeu « d’arcade », il a cette qualité du logiciel sur lequel on peut indifféremment tuer cinq minutes ou trente, selon son goût, avec une efficacité égale. Ce n’est certes ni le plus complet, ni le plus original, ni le plus techniquement accompli de la période, mais à l’échelle de la NES, cela demeure indéniablement un des plus convaincants. Dommage qu’il soit cantonné à une expérience solo et à un unique mode de jeu, comme trop de jeux de course de l’époque, mais pour le reste, vous savez ce que vous venez chercher et vous ne serez pas déçu.

Vidéo – La première course du jeu :

NOTE FINALE : 13/20 En 1987, Square n'était pas encore obnubilé par la déclinaison systématique de sa licence Final Fantasy à toutes les sauces, comme le rappelle Rad Racer, un titre qui cherchait plutôt à braconner sur les terres d'un certain OutRun. Par essence, le principe est limité et pas fondamentalement plus développé que celui déjà proposé par l'antique Pole Position : deux boutons, un turbo, aucune gestion des vitesses, pas de classement, et une course contre la montre dont la seule récompense sera de découvrir le décor suivant. La sensation de vitesse est bien rendue, la prise en main est immédiate, la difficulté est présente sans être insurmontable ; bref, on se retrouve face à un bon jeu de course à l'ancienne qui a le bon goût de proposer l'essentiel sans fausse note plutôt que de se rater en cherchant à réinventer la poudre. Dommage qu'il n'y ait vraiment pas grand chose pour retenir le joueur sur la durée, car à faibles doses, cela reste un passe-temps tout à fait efficace.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Un seul mode de jeu... – ...exclusivement solo – Aucune gestion de la boîte de vitesse ni du plus minime aspect mécanique – Pas de sauvegarde des temps ni des scores

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Rad Racer sur un écran cathodique :

Version Arcade (PlayChoice-10)

Développeur : Square Co., Ltd.
Éditeur : Nintendo of America Inc.
Date de sortie : Octobre 1987 (Amérique du Nord)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Un joystick et deux boutons
Version testée : Version américaine
Hardware : Nintendo PlayChoice-10
Processeurs : Zilog Z80 4MHz ; Ricoh RP2A03G 1,789772MHz
Son : Haut-parleur ; Ricoh RP2A03G 1,789772MHz ; RP2A0X APU 1,789772MHz ; 1 canal
Vidéo : 256 x 240 (H) 60Hz ; 256 x 240 (H) 60Hz

Sans surprise, la version « arcade  » de Rad Racer n’en est pas vraiment une – il s’agit, comme les habitués du site l’auront déjà compris, d’une des entrées de l’offre PlayChoice-10 qui proposait de jouer à des jeux NES en salle d’arcade. Pour l’occasion, les adaptations ont été minimales : on paie pour du temps de jeu, les commandes sont résumées dans l’écran supérieur, et on remarquera aussi que le fameux « mode 3D » du jeu est ici passé à la trappe, le bouton Select ne servant qu’à faire défiler les pages de l’écran d’instruction (ou à choisir son jeu sur la borne, chacune pouvant en héberger jusqu’à dix, d’où le nom de l’offre). Bref, un format qui correspondait au fond assez bien à un jeu qui se prêtait parfaitement aux parties de cinq minutes, mais l’offre ayant disparu longtemps avant les salles d’arcade, et l’émulation sous MAME étant encore imparfaite, difficile de trouver une raison objective de s’essayer spécifiquement à cette version aujourd’hui.

NOTE FINALE : 13/20

Aucune surprise pour Rad Racer à la sauce PlayChoice-10 : c’est toujours exactement la même chose, moins la gestion des lunettes 3D. Sauf à ne jouer que sur MAME – seul moyen à l’heure actuelle de profiter de l’offre PlayChoice-10 – aucune raison donc de préférer cette version à la version NES.

Mario Kart 64

Développeur : Nintendo EAD
Éditeur : Nintendo of Europe GmbH
Titres alternatifs : マリオカート64 (graphie japonaise), 马里奥卡丁车64 (graphie chinoise), Mario Kart R (titre préliminaire)
Testé sur : Nintendo 64
Disponible sur : Switch, Wii, Wii U
En vente sur : Nintendo eShop

La série Mario Kart (jusqu’à 2000) :

  1. Super Mario Kart (1992)
  2. Mario Kart 64 (1996)

Version Nintendo 64

Date de sortie : 14 décembre 1996 (Japon) – 12 février 1997 (États-Unis) – 24 juin 1997 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 4
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques : Système de sauvegarde par mémoire interne
Cartouche de 96Mb
Controller Pak supporté

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

À son lancement japonais en juin 1996, la Nintendo 64 annonçait un changement de paradigme, mais ce n’était sans doute pas celui qu’avait espéré la firme japonaise. Reine quasi-incontestée de l’ère 16 bits ayant très bien résisté aux coups de boutoirs inattendus de sa grande rivale la Mega Drive, la Super Nintendo avait dû composer avec l’apparition de la génération 32 bits en général et avec celle de l’écrasante PlayStation en particulier, et au moment de passer la main à sa petite sœur censée impressionner tout le monde avec ses 64 bits, les choses n’étaient déjà pas aussi roses que prévu.

Accumulant les retards, laissant le champ libre à une concurrence en pleine bourre, lancée avec un line-up famélique, plombée par son choix anachronique du support cartouche et par le manque d’éditeurs tiers en découlant, la Nintendo 64 sera apparue en position de faiblesse dès son lancement – ce qui, considéré l’extraordinaire puissance commerciale de Nintendo encore deux ans auparavant, avait de quoi sonner l’alarme. Faute de Capcom ou de Konami (trop occupés à développer chez Sony) pour tirer la machine vers le haut, Nintendo dut se résoudre à employer son habituelle arme secrète pour sauver la baraque : ses licences maisons. Juste après un Super Mario 64 qui aura révolutionné l’approche du gameplay en 3D et avant un Ocarina of Time qui apparaitrait à jamais comme la principale raison de posséder une Nintendo 64, Mario Kart 64 débarqua pour les fêtes de Noël 1996 japonaises afin de permettre aux joueurs de découvrir la suite d’un titre extrêmement populaire sur Super Nintendo, et accessoirement afin d’indiquer que les quatre ports manettes disponibles en façade sur la console n’étaient pas là que pour faire joli.

Comme on peut le deviner, le titre reprend l’approche et les mécanismes qui avaient déjà fait le succès de Super Mario Kart. On retrouve une nouvelle fois un roster de huit personnages, et pas un de plus, où on remarquera d’ailleurs que Koopa Troopa et Donkey Kong Jr. auront laissé leur place, respectivement à Wario et à Donkey Kong senior. Les différents pilotes ont une nouvelle fois des caractéristiques qui leur sont propres, et si on regrettera à nouveau que celle-ci ne soient pas affichées sur l’écran de sélection, elles ne correspondent plus aux « paires » observées dans le précédent titre ; dorénavant, les différents héros sont répartis en trois catégories de poids : léger (Peach, Toad et Yoshi), moyen (Mario et Luigi) et lourd (Wario, Donkey Kong et Bowser).

En fonction de leur catégorie, les karts des pilotes concernés connaîtront donc quelques nuances dans leur maniabilité, dans leur perte de vitesse en cas de hors-piste, dans leur facilité à acquérir un boost en cas de glissade (nous y reviendrons), ainsi que dans leur capacité à résister aux collisions adverses – car cette fois, il n’y aura plus de pièces pour vous servir d’assurance-vie. Les joueurs lassés de ne pas jouer avec les mêmes règles que les concurrents dans le premier opus seront en effet heureux d’apprendre que désormais, tout le monde est à la même enseigne – ce qui veut dire que les ennemis utiliseront exactement les mêmes armes que vous en étant soumis aux mêmes contraintes. Cela n’empêche pas l’I.A. de continuer à tricher pour s’efforcer, autant que possible, de garder les choses « intéressantes » d’un bout de la course à l’autre (ce qui signifie donc qu’elle triche aussi parfois en votre faveur), mais désormais, on a enfin le sentiment de participer à une course où on ne sera pas puni d’avoir suivi la trajectoire idéale sous prétexte que les autres karts la suivent aussi.

Justement, la conduite en elle-même n’a pas connu de bouleversements majeurs depuis Super Mario Kart ; tout juste notera-t-on que le système de « power slide » a ici été sensiblement peaufiné jusqu’à vous permettre de terminer vos dérapages en boost, inaugurant ainsi le mécanisme de snaking qui encouragera les joueurs les plus expérimentés à passer la grande majorité de leurs courses en dérapages contrôlés pour une efficacité maximale.

En revanche, si tout le contenu est cette fois disponible immédiatement (quatre championnats de quatre courses chacun en 50, 100 ou 150cc, plus l’inévitable mode « battle »), on remarquera aussi que son contenu est légèrement en baisse (plus que seize courses, pour ceux qui savent faire les maths) et qu’il n’y a donc plus rien à débloquer (à l’exception du mode miroir, accessible en remportant tous les championnats en catégorie 150cc). La bonne nouvelle, c’est que les courses tirent bien parti du nouveau moteur 3D, avec des raccourcis, des sauts, des conceptions plus verticales et une maniabilité irréprochable, démontrant au moins d’entrée de jeu que la Nintendo 64 n’avait pas à rougir de la comparaison avec la PlayStation en termes de puissance de calcul – et au moins, ici, pas de « brouillard » disgracieux pour cacher les polygones dans le lointain. Si certains circuits sont moins inspirés que d’autres (le labyrinthe de Yoshi’s Valley, l’interminable Rainbow Road), on appréciera quelques nouveautés bienvenues (la circulation dans Toad’s Turnpike, les nouveaux bonus), et surtout l’introduction du mode quatre joueurs qui fait une énorme différence, l’expérience déjà excellente à deux devenant alors carrément jouissive. Pour ne rien gâcher, les performances techniques restent solides en toutes circonstances, avec un framerate qui ne descend jamais sous les 20 FPS à quatre joueurs, le jeu ayant alors l’intelligence de supprimer certains éléments de décor afin de soulager le processeur.

En y ajoutant l’inusable Time Trial et le combat en arène qui composera une nouvelle fois le clou du mode multijoueur (on regrettera l’absence d’arènes un peu plus grandes, néanmoins), on se retrouve donc avec un épisode très satisfaisant à plusieurs, et moins frustrant que le premier en solo.

Néanmoins, le contenu relativement limité (on fait très vite le tour des seize courses) additionné à l’absence d’enjeu (pas question ici de s’acharner à finir un championnat pour débloquer le suivant) font que l’expérience risque peut-être de s’essouffler un peu vite pour les joueurs n’ayant pas la chance d’avoir un à trois amis/petits-frères/passants ramassés dans la rue pour profiter du plat de résistance qu’est le multijoueur. En termes de fun, c’est inattaquable, et on tient sans débat possible l’un des touts meilleurs titres de la machine à plusieurs (avec les inusables Mario Party), mais les débats feront sans doute rage pour déterminer la valeur exacte de cette version comparé à toutes celles qui ont suivi (et même à celle qui l’a précédée, certains joueurs ne tolérant aucune concurrence au premier Super Mario Kart). Dans tous les cas, cela reste une expérience très abordable qu’on pourra découvrir avec un plaisir pratiquement égal, et une cartouche à posséder sur Nintendo 64. On dira ce qu’on voudra, mais sur le plan ludique, les équipes de Nintendo tendent à connaître leur boulot.

Vidéo – La première course du jeu :

NOTE FINALE : 17/20 (seul) - 18,5/20 (à plusieurs) Il aura fallu attendre quatre ans et une nouvelle génération de machines pour qu'elle voie le jour, mais la suite de Super Mario Kart aura largement tenu ses promesses. Mario Kart 64 capitalise très intelligemment sur les points forts du premier opus en proposant un multijoueur de très haute volée, un moteur 3D solide et un level design imaginatif pour offrir le meilleur jeu de course sur Nintendo 64 et une des cartouches les plus fun de toute la ludothèque de la machine. Si le solo est devenu moins frustrant que celui de son prédécesseur, on regrettera en revanche qu'il pèche un peu du côté du contenu et que l'I.A. soit bien décidée à passer toute la série à tricher - mais si jamais vous cherchez un titre de plus de vingt-cinq ans d'âge sur lequel on puisse toujours s'amuser immédiatement, seul ou avec un groupe d'amis, inutile de chercher plus loin. Pour tous les fans de la licence comme pour les néophytes qui souhaiteraient la découvrir, une valeur sûre.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Un contenu un peu chiche en solo... – ...d'autant qu'il n'y a cette fois pratiquement rien à débloquer – Quelques courses moins inspirées que les autres – Une I.A. qui triche toujours

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Mario Kart 64 sur un écran cathodique :

Super Mario Kart

Développeur : Nintendo EAD
Éditeur : Nintendo of Europe GmbH
Titres alternatifs : スーパーマリオカート (graphie japonaise), 슈퍼 마리오 카트 (graphie coréenne)
Testé sur : Super Nintendo
Disponible sur : New 3DS, Switch, Wii, Wii U
En vente sur : Nintendo eShop (New 3DS) – Présent parmi les jeux pré-installés sur la Super Nintendo Mini

La série Mario Kart (jusqu’à 2000) :

  1. Super Mario Kart (1992)
  2. Mario Kart 64 (1996)

Version Super Nintendo

Date de sortie : 27 août 1992 (Japon) – 1er septembre 1992 (États-Unis) – 1992 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Anglais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques : Cartouche de 4Mb
Système de sauvegarde par pile

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

On peut sans doute accuser Nintendo de tous les maux de la terre, rappeler leur tentative de verrouiller le marché vidéoludique à leur avantage dans les années 80, blâmer un certain conservatisme dans leur approche du hardware ou encore se gausser de certains de leurs plus gros fiascos (entre ici, Virtual Boy ; salut, extension CD-ROM abandonnée qui sera finalement devenue la PlayStation, soit leur plus grand concurrent…), il y a au moins un point sur lequel la société japonaise est difficilement attaquable : la qualité de ses licences maisons.

Le plus extraordinaire, avec Nintendo, est moins le fait que la compagnie ait passé les quarante dernières années à régulièrement nous abreuver de nouveaux épisodes de Super Mario, de Zelda ou de Metroid (pour ne citer que trois de ses licences les plus emblématiques) que le fait qu’elle soit parvenue à maintenir un niveau de qualité stratosphérique ne côtoyant pratiquement jamais le médiocre, et qui aura eu de quoi rendre sacrément jalouse une certaine mascotte bleue de la concurrence au fil des trois dernières décennies. En 1992, la guerre avait beau faire rage entre la Mega Drive et la Super Nintendo, le retard accusé par la firme au plombier moustachu dans son lancement au sein de la génération 16 bits avait déjà été compensé avec un brio qui a de quoi laisser pantois, Super Mario World ou The Legend of Zelda : A Link to the Past étant venus, dès les premiers mois, offrir certains des plus grands titres du genre. Alors quand Nintendo annonça un improbable jeu de kart mettant en scène son personnage phare, d’aucuns pensèrent qu’on allait composer avec un petit jeu popcorn à destination des enfants et appelé à être vite oublié. Mais quand Super Mario Kart fit son apparition, les joueurs durent se rendre à l’évidence : les équipes de Nintendo avaient encore frappé un grand coup.

À l’origine, on trouve pourtant un jeu n’entretenant aucun lien avec Mario : le très sympathique F-Zero, qui avait beaucoup fait parler de lui au lancement de la console en tant que démonstration technique des capacités du fameux « Mode 7 » –  et en tant que très bon jeu de course, tout simplement. Néanmoins, le titre accusait également un manque qui n’avait échappé à personne, à savoir l’absence d’un mode deux joueurs qui aurait pourtant représenté une plus-value indéniable. Nintendo aurait donc pu se contenter de lancer le chantier d’un F-Zero 2 intégrant un mode multijoueur, mais leurs équipes se dirigèrent finalement vers un logiciel tourné tout entier vers ce qui fait le sel des parties à deux : le fun.

En résulta donc un jeu de course aux tracés nerveux et facilement mémorisables, avec des « armes » prenant la forme d’objets issus directement de l’univers de Super Mario, tout comme les personnages, les pièges et les différents environnements du jeu. Avec, pour faire bonne mesure, un mode baptisé « battle » dans lequel les joueurs (humains) s’affronteraient, non pour la première place, mais pour la survie dans une sorte de deathmatch en kart où le perdant serait le premier à perdre ses trois points de vie, figurés par des ballons. Le cœur du jeu resterait néanmoins la course, seul ou à deux, avec en point d’orgue un mode championnat qui, au fil des victoires, débloquerait de nouvelles courses et de nouvelles catégories de véhicules, de plus en plus rapides. Au total, trois niveaux de compétition définis par leur vitesse : 50cc, 100cc ou 150cc, trois championnats de cinq courses chacun dans chacun de ces modes, plus un quatrième à partir du 100cc, et même la possibilité de débloquer un mode miroir en conclusion : le contenu est clairement très conséquent et aura de quoi vous garder occupé un bout de temps avant d’espérer débloquer tout ce que le jeu a à offrir. En y ajoutant un mode time trial et le fait que la cartouche conserve vos temps, on a déjà a minima un jeu de course extrêmement solide sur le papier.

Au moment de commencer à jouer correspondra celui du choix de son personnage, parmi un roster de huit (naturellement piochés dans l’univers du jeu, plus Donkey Kong Jr. en guise de guest star).

Bien que cela ne soit indiqué nulle part hors du manuel, ces personnages ne sont pas « égaux » et sont divisés en quatre catégories de deux (afin que deux joueurs humains puissent jouer avec des personnages aux caractéristiques identiques) en fonction de leurs points forts et de leurs points faibles : Mario et Luigi sont les plus équilibrés, mais pas nécessairement les plus simples à prendre en main, Peach et Yoshi ont la meilleure accélération, Bowser et Donkey Kong Jr. la meilleure vitesse et l’avantage du poids, tandis que Koopa Troopa et Toad sont les plus maniables, en faisant ainsi un excellent choix pour les débutants. Après quoi, on choisit sa course et on commence à écraser l’accélérateur, avec l’objectif de finir le championnat en tête… voire de le finir tout court, car il faudra obligatoirement terminer une course dans la première moitié du tableau pour avoir le droit de continuer à concourir, échouer à y parvenir signifiant la perte d’une de vos trois vies. Il y a donc bien un game over, et finir les championnats les plus exigeants pourra nécessiter, on s’en doute, un peu d’entraînement pour maîtriser les quelques subtilités du gameplay.

Celui-ci est a priori très simple, et c’est ce qui fait l’essentiel de sa force : B permet d’accélérer, Y de freiner, A de faire usage de l’un des bonus que l’on acquiert en passant sur une des cases dotées d’un point d’interrogation, une fois par tour (seuls les joueurs humains peuvent en faire usage, les ennemis contrôlés par l’I.A. ayant leurs propres pouvoirs), et les boutons de tranche permettront de sauter, ce qui sera parfois indispensable pour éviter certains pièges ou précipices (voire pour dénicher des raccourcis). X, pour sa part, permettra de faire basculer la vue de l’écran inférieur entre la carte et un rétroviseur très pratique.

Notons également la présence de pièces sur le parcours, dont l’avantage est double : elle permettront d’augmenter la vitesse de votre kart tout en faisant office de « points de vie » lors des collisions. En effet, chaque fois que vous percuterez un ennemi, vous ne serez que légèrement repoussé et perdrez une pièce en échange, mais si votre total arrive à zéro, une collision équivaudra à un tête-à-queue et à de longues secondes perdues, ce qui signifie que vous aurez tout intérêt à éviter les autres concurrents plutôt que de chercher à passer en force. On constatera également l’existence de subtilités comme un départ optimal en cas de bon timing ou encore la présence d’une glissade dite « power slide » qui pourra vous permettre, une fois maitrisée, de prendre des virages très serrés sans sacrifier votre vitesse. On retrouve également certains éléments directement empruntés à F-Zero, comme la présence de zones de boost, de lignes faisant office de tremplin, sans oublier bien sûr le moteur du jeu qui a encore un charme indéniable. Dès les premières secondes, la prise en main est relativement naturelle, et si on pourra pester un peu le temps de maîtriser l’inertie des différents pilotes, on s’amuse rapidement. L’action est nerveuse, les courses prenantes, et tout le déroulement est pensé pour qu’une course ne soit jamais définitivement gagnée ou perdue avant sa conclusion… du moins, jusqu’à un certain point, et c’est à ce niveau que le titre pourra également susciter une certaine frustration qu’on ne rencontrera plus vraiment, par la suite, dans les autres épisodes de la saga.

Soyons clair : en solo, à haut niveau, on aurait ainsi préféré faire face à une opposition un peu plus compétente plutôt qu’à cette I.A. honteusement privilégiée. Le système de pièces transforme chaque collision avec un ennemi en une punition, et ce n’est certainement pas le fait que ladite collision n’ai absolument aucun impact sur la trajectoire des adversaires, qui continueront leur route comme si de rien n’était pendant que votre kart sera systématiquement repoussé, qui arrange les choses.

Les autre véhicules circulant la majeure partie du temps en formant un « bus » assez compact, vous retrouver au cœur du peloton équivaudra rapidement à une sentence de mort où vous rebondirez d’un concurrent à l’autre comme une boule de flipper en perdant toutes vos précieuses pièces jusqu’au moment où vous serez purement et simplement K.O., ce qui revient dix fois sur dix à repartir de la dernière place et sans aucun bonus de vitesse ni la moindre possibilité de conduire sur la trajectoire « idéale » sans vous en faire à nouveau expulser par les autres karts… Autant dire que mieux vaudra avoir les nerfs solides dès les derniers circuits de la catégorie 100cc, et avoir appris à maîtriser les subtilités de le conduite de son personnage – ce qui ne sera d’ailleurs pas toujours suffisant tant la chance joue également une part, comme lors de ces séquences absolument imparables où un adversaire vous fait une queue de poisson avant de laisser un obstacle sur votre route un centième de seconde plus tard. Même si le jeu tend à équilibrer (un peu) les choses en se montrant plus généreux vis-à-vis des bonus lorsque vous êtes mal placé, on a souvent l’impression de ne pas avoir le droit de conduire de façon optimale comme le font les autres, et on se surprend à penser qu’on aurait largement préféré que les ennemis disposent des mêmes capacités que nous et que tout le monde se batte à armes égales plutôt que d’être le dindon de la farce face à des concurrents avantagés – une philosophie qui s’imposera d’ailleurs heureusement dans les autres épisodes de la saga.

Pour les nostalgiques, qui auront sans doute levé les yeux au ciel en lisant ce dernier paragraphe, cela fait partie du jeu et n’aura visiblement jamais représenté un défaut à en juger par l’extraordinaire popularité dont jouit encore ce Super Mario Kart, bien que le temps ait sans doute un peu enjolivé les choses.

Pour ceux qui découvriraient le jeu aujourd’hui – à plus forte raison pour ceux ayant déjà eu l’occasion de poser les mains sur un des épisodes ultérieurs – les choses seront peut-être un peu moins idylliques, et même s’il y aura toujours matière à passer un très bon moment, en particulier à deux où les « injustices » du mode solo n’existeront plus, le titre trahira davantage son âge en affichant quelques limites que ses successeurs auront su effacer ou transcender – notamment en permettant de jouer à quatre et en développant un peu le concept du mode « battle », ici réduit à quatre arènes. Bref, sans nécessairement être le jeu extraordinaire ou indépassable qu’ont tendance à en faire les fans, Super Mario Kart demeure, sans discussion possible, un très bon jeu de course extrêmement convivial qui constituera un passage obligé lors de n’importe quel après-midi ou soirée où un ami pourrait avoir envie de jouer à la Super Nintendo avec vous, et une excellente porte d’entrée vers une saga qui n’a que rarement eu l’occasion de décevoir depuis. Si, par miracle, vous n’avez pas encore eu l’occasion de vous y essayer, vous pouvez vous lancer sans aucune hésitation.

Vidéo – La première course du jeu :

NOTE FINALE : 16,5/20 (seul) - 17,5/20 (à deux) Pensé à l'origine comme le pendant multijoueur de F-Zero, Super Mario Kart sera parvenu à accomplir un des ces miracles vidéoludiques que Nintendo semble réaliser avec une régularité qui tient quasiment de la routine : viser juste, à tous les niveaux, au point d'initier à la fois un sous-genre et une licence à part à lui tout seul. La grande force de ses courses et de ses affrontements, c'est d'avoir été pensés spécifiquement pour le fun d'un bout à l'autre : des circuits très courts, des bonus amusants, des obstacles adaptés, une prise en main immédiate, un contenu extrêmement solide, suffisamment de subtilités pour rester pertinent en tant que pur jeu de course et même un équilibrage pensé pour vous donner un coup de pouce en cas de besoin, difficile de faire plus convivial et plus prenant sur la durée, en particulier à plusieurs. Le temps ayant depuis apporté bien d'autres idées à la prolifique saga, on pourra juste regretter quelques timides maladresses, quelques équilibrages un peu défaillants, et le sentiment difficile à congédier d'une certaine injustice en solo, mais le bilan reste irréfutable : trente ans après, avec un sans un ami, c'est toujours amusant.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Quelques informations qui auraient pu être délivrées en jeu plutôt que d'être cachées dans le manuel – Des pouvoirs ennemis qui peuvent se montrer assez frustrants en solo... – ...d'autant plus que l'I.A. triche... – ...et qu'absolument toutes les collisions se font systématiquement à votre désavantage – Un mode « battle » encore très sous-exploité

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Super Mario Kart sur un écran cathodique :

Rad Mobile

Développeur : SEGA Enterprises Ltd.
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Titres alternatifs : ゲイルレーサー (graphie japonaise), Gale Racer (Saturn)
Testé sur : ArcadeSaturn

Version Arcade

Date de sortie : Février 1991 (International)
Nombre de joueurs : 1
Langue : Anglais
Support : Borne
Contrôleurs : Un volant, deux pédales et deux boutons
Version testée : Version internationale
Hardware : SEGA System 32
Processeurs : NEC V60 16,10795MHz ; Zilog Z80 8,053975MHz
Son : Haut-parleur (x2) ; YM3438 OPN2C 8,053975MHz (x2) ; Ricoh RF5C68 12,5MHz ; 2 canaux
Vidéo : 416 x 224 (H) 60Hz

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Chaque nouvelle génération vidéoludique tend, du côté des développeurs, à soulever deux questions bien plus semblables qu’elles n’y paraissent : « que va-t-on pouvoir faire de nouveau ? » et « que va-t-on pouvoir faire d’identique ? ». Aussi évident que cela puisse paraître, le fait est chaque avancée technologique n’introduit pas automatiquement une avancée dans le game design, et que ce n’est pas parce qu’on leur confie des processeurs plus puissants que les artistes et les codeurs en tirent automatiquement de meilleurs jeux d’un claquement de doigts.

On peut donc imaginer le défi autant que l’opportunité qu’a pu représenter le System 32 que les ingénieurs de SEGA avaient conçu pour succéder au System 24. Et quitte à programmer des titres dont l’objectif serait de cartonner dans les salles d’arcade, on se doute que la liste des formules désignées comme gagnantes était loin d’être illimitée, alors avant d’offrir une suite à Golden Axe en 1992, le premier jeu à étrenner la nouvelle architecture 32 bits de SEGA fut un jeu de course. Et on imagine le brainstorming ayant suivi la pertinente question « Chef, qu’est-ce qu’on fait ? » et qui aura abouti à la réponse « On n’a qu’à partir d’OutRun, ajouter des trucs et regarder ce qui se passe ». Ainsi naquit Rad Mobile.

L’objectif, au moins, est clair pour tout le monde d’entrée de jeu : comme pour tous les jeux de course, il s’agira de terminer à la meilleure position possible. Ici, le cadre prend la forme d’une traversée des États-Unis, d’ouest en est, en vingt étapes – une épopée menée à fond de train, puisqu’elle ne vous prendra qu’une vingtaine de minutes, mais qui aura l’avantage de se mener de la manière la plus simple qui soit : en tournant le volant et en écrasant l’accélérateur.

Ne cherchez pas un levier de vitesse ou un frein à main (ou même un frein tout court, d’ailleurs) : il n’y en a pas. En revanche, même le joueur le plus distrait devrait rapidement remarquer les deux boutons sur le tableau de bord ; un nitro boost ? Un changement de vue peut-être ? Rien de tout ça : le premier vous servira à allumer les phares de votre bolide, et le deuxième à activer vos essuies-glaces… uniquement lorsque les conditions l’exigeront, car non, vous ne pourrez pas utiliser ces indispensables accessoires « à vide » pour faire joujou avec ; il faudra attendre que ce soit prévu par le programme. On a donc ici un aperçu des quelques (rares) nouveautés introduites par la borne : de temps en temps, il pleuvra, ce qui ne modifiera en rien votre conduite mais vous demandera d’activer vos essuies-glaces pour y voir quelque chose, et lorsque la nuit tombera, il faudra allumer vos phares.

Jusqu’ici, on aurait du mal à dire que ces deux apports très symboliques suffisent à transcender le concept du jeu de course. Mine de rien, on sent bien que l’équipe de développement s’est creusée la tête pour établir les nouveautés qu’elle pouvait apporter à l’approche en vogue qui reposait encore largement sur les mécanismes introduits par le Super Scaler, quitte à faire de temps en temps le choix de la facilité. Ainsi, première modification pas tuante à réaliser : offrir une vue subjective.

De la même manière que G-LOC : Air Battle avait commencé par camoufler timidement sa filiation évidente avec After Burner en changeant le point de vue, le programme vous impose ici une « vue cockpit » qui restera surtout célèbre pour avoir été la première à vous permettre… de découvrir la nouvelle mascotte de chez SEGA, un hérisson bleu appelé à devenir célèbre, et qui aura donc débuté sa carrière sous la forme d’une peluche accrochée au rétroviseur ! Pour le reste, on remarquera l’introduction de certaines petites spécificités déjà utilisées dans d’autres jeux de course, mais qui viennent ici pimenter (un peu) le déroulement : la présence d’une circulation à double-sens, l’existence de raccourcis vous permettant, par exemple, d’aller rouler sur des rails en vous faisant pousser par le train, et surtout l’intervention de forces de l’ordre vous prenant en chasse et s’efforçant de vous faire barrage, ce qui se traduira en cas de réussite par… une perte de quelques secondes avant de vous laisser repartir.

Car oui, en dépit de la présence de « rivaux » qui représenteront vos vrais concurrents au milieu de la circulation, votre première adversaire, comme souvent en arcade, sera le chronomètre. Chaque étape attendant d’être bouclée en moins d’une minute, vous vous doutez bien que la moindre collision, incarcération malencontreuse, voire chute d’une falaise (oui, ça peut arriver dans le niveau des Rocheuses) représentera ici un dramatique contretemps, et qu’en accumuler trop vous sera rapidement fatal – votre crédit vous faisant repartir du début de l’étape plutôt que de vous rajouter du temps, vous devrait donc obligatoirement maîtriser une section avant d’espérer passer à la suite. Rien de très neuf, alors histoire de faire bonne mesure, le programme aura également ajouté des virages inclinés dans lesquels la vue se penche, histoire de dynamiser encore un peu plus la conduite et de vous river au siège.

La grande question est : cela fonctionne-t-il ? Eh bien… oui, de la même manière que fonctionne n’importe quelle course de borne d’arcade : en allant vite, en étant simple à jouer, et en donnant l’occasion de s’éclater cinq minutes. Et en-dehors de cela ? On réalise surtout que rajouter des tas d’éléments plus ou moins pertinents un peu au hasard ne représente pas toujours un gain sensible en termes de plaisir de jeu – et accessoirement, que la jouabilité a plutôt fait un pas en arrière avec son inertie énervante.

Certes, les environnements sont très variés, le défi est redoutable (avec des ennemis qui trichent parce que c’est plus simple que de développer une I.A. équilibrée), les sensations sont (relativement) bonnes… Sauf qu’on ne peut tout simplement pas dire qu’on s’amuse davantage que sur un OutRun qui allait déjà, mine de rien, sur ses six ans – et qui avait pour lui la grande force d’une simplicité limpide se résumant quasi-exclusivement à la pure vitesse sous sa forme la plus grisante. Ici, le plus impressionnant est surtout de se dire qu’on ne se situe qu’un an avant la sortie de Virtua Racing, et que la comparaison avec ce qui allait apparaitre comme la vraie révolution 3D, elle, est assez cruelle. Rad Mobile est loin d’être un mauvais jeu, il ne réussit juste jamais réellement à remplir ce qui aurait dû être son premier objectif, à savoir parvenir à s’extraire de la masse en offrant quelque chose de neuf. Avec le regard d’un joueur du XXIe siècle, on fait mumuse dix minutes avant de se dire qu’on a déjà fait ça un million de fois et on passe rapidement à autre chose – au hasard, à Cruis’n USA qui pourrait passer pour un remake 3D du jeu tant le concept est proche. Bref, un petit jeu sympathique qui a peu de chances de changer votre vie.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE : 13/20

Rad Mobile représente peut-être à la fois la première borne 32 bits de SEGA et la première apparition d'un certain Sonic the Hedgehog, mais dans les faits, cela reste avant tout un recyclage en règle des vieux principes et des vieilles technologies de la firme. Tout comme G-LOC : Air Battle n'était pas grand chose de plus qu'After Burner en changeant la vue, Rad Mobile fait surtout penser à un OutRun en vue subjective à travers les États-Unis. En dépit de quelques nouveautés allant de l'intéressant (la circulation à double sens, les interventions de la police, les rivaux, les raccourcis), au nettement plus gadget (la possibilité d'activer ses phares ou ses essuie-glaces), il faut reconnaître que le plaisir ne grimpe pas en flèche pour autant, notamment à cause d'une inertie pénible qui rend la conduite fastidieuse, et on comprend assez vite pourquoi le titre n'est pas entré dans les mémoires. De quoi s'amuser périodiquement par tranches de cinq minutes, avant de retourner faire la même chose en mieux sur Cruis'n USA.


CE QUI A MAL VIEILLI :

– Une jouabilité qui n'a finalement pas grand chose de neuf à offrir depuis OutRun...
– ...à part qu'elle est devenue passablement médiocre
– Des rivaux qui vous laissent littéralement sur place en fin de partie
– Aucun mode multijoueur
– Beaucoup trop difficile

Bonus – Ce à quoi pouvait ressembler Rad Mobile sur une borne d’arcade :

Version Saturn
Gale Racer

Développeur : SEGA Enterprises Ltd.
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Date de sortie : 2 décembre 1994 (Japon)
Nombre de joueurs : 1 à 2
Langue : Japonais
Support : CD-ROM
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version japonaise
Spécificités techniques : Système de sauvegarde par mémoire interne

Vidéo – L’introduction et l’écran-titre du jeu:

Parmi les nombreuses décisions étranges qui auront émaillé l’histoire de la Saturn, on pourra compter celle de faire figurer au line-up de la machine un titre de 1991 dont la réalisation, même sur arcade, n’impressionnait plus personne fin 1994 – surtout quand on avait déjà un certain Daytona USA, nettement plus attendu, sur le feu – mais celui-ci n’étant appelé à sortir que quelques mois plus tard, on peut imaginer que la firme japonaise ait préféré jouer la sécurité en assurant un jeu de course au lancement.

Comme une forme d’aveu de ne pas être très fier d’être aller déterrer une de ses vieilles licences, SEGA aura d’ailleurs commencé… par changer le titre du jeu. Et attention, il y a désormais un scénario, introduit par une vidéo qui doit occuper les deux tiers du CD-ROM à elle seule : vous êtes dorénavant le Gale Racer et… oui, bon, c’est juste un titre honorifique équivalent à « super pilote de la mort » que tout le monde voudrait avoir, et donc vous rempilez pour le remettre en jeu parce que bon, why not.

Dans l’absolu, changement de nom ou pas, Gale Racer reste un portage de Rad Mobile. Cela se ressent une fois la partie lancée, où l’on constate que la réalisation est restée très proche de celle de la borne – avec une petite modification, néanmoins : les véhicules adverses sont désormais en 3D polygonale plutôt qu’en sprites, parce que bon, c’était quand même ça qui allait faire vendre cette génération de consoles.

Le résultat, accueilli assez tièdement à l’époque par des joueurs et une presse vidéoludique qui ne juraient plus que par la 3D texturée partout, est malgré tout tout à fait correct, surtout que la sensation de vitesse est toujours très bien rendue… à un petit bémol près : la distance d’affichage est plus faible, ce qui fait que les voitures ont une fâcheuse tendance à apparaître de nulle part dix mètres devant vous. Non seulement cela envoyait d’entrée de jeu le message que la flambant neuve console 32 bits ne faisait toujours pas aussi bien qu’une borne d’arcade de presque quatre ans d’âge, mais cela vient pour le coup réellement pénaliser l’anticipation dans un jeu qui est pour ainsi dire intégralement basé dessus – pas le meilleur compromis qu’on puisse imaginer. On remarque également que chaque étape se termine dorénavant par un fondu au noir, le temps de charger le circuit et le prochain thème musical, ce qui signifie que vous serez littéralement stoppé dans votre élan toutes les minutes plutôt que d’enchaîner les courses sans interruption ! Là encore, pas de quoi mettre le support CD-ROM en avant…

Histoire de compenser, SEGA aura au moins eu le mérite d’ajouter un mode Time Trial et un système de sauvegarde permettant à la fois de sauvegarder votre progression et surtout vos temps. Pas de quoi faire exploser la durée de vie du titre, mais quitte à jouer à un jeu de course, autant dire que c’est le bienvenu.

Le véritable apport, toutefois, reste l’inclusion d’un mode deux joueurs, hélas limité à quatre circuits (ce qui, vu leur taille, ne devrait pas vous occuper longtemps), mais qui a le mérite de palier à un manque de la borne et d’offrir un peu de convivialité. Avec le recul, on comprend que ce jeu qui sentait un peu le bouche-trou en attendant Daytona USA n’ait pas quitté le Japon, mais à une époque où on s’intéresse davantage au plaisir de jeu qu’au nombre de polygones, il faut admettre qu’il est loin d’être catastrophique : c’est un jeu qui a les forces et les faiblesses de l’arcade et qui sait toujours se montrer amusant le temps d’une partie rapide, mais qui risque de ne pas vous mobiliser pendant des semaines. Un petit jeu popcorn jouable à deux et qu’on prendra plaisir à lancer au terme d’une longue journée de travail ; il en faut également.

NOTE FINALE : 13/20

Porté sur Saturn et devenu Gale Racer pour l’occasion, le jeu de course de SEGA compense quelques faiblesses inattendues (la distance de vue rabotée, le saucissonnage de la course) par l’ajout d’un nouveau mode de jeu et surtout l’inclusion d’un mode deux joueurs hélas un peu chiche mais qui a le mérite d’exister. Sans doute pas de quoi décrocher la mâchoire des joueurs de l’époque qui attendaient de voir ce que cette fameuse nouvelle génération avait dans le ventre, mais pour ceux qui cherchent un petit jeu de conduite orienté arcade, ça fait le café.

Power Drive

Développeur : Rage Software Ltd.
Éditeur : U.S. Gold Ltd.
Testé sur : Mega DriveAmigaAmiga CD32Game GearPC (DOS)Super Nintendo

La série Power Drive (jusqu’à 2000) :

  1. Power Drive (1994)
  2. Power Drive Rally (1995)

Version Mega Drive

Date de sortie : 1994 (SEGA Channel, États-Unis) – Janvier 1995 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 8 (à tour de rôle)
Langues : Allemand, anglais, espagnol, français, portugais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques : Cartouche de 8Mb
Système de sauvegarde par mot de passe

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

L’histoire vidéoludique n’est pas menée que par des pionniers s’étant mis en tête de défricher des territoires encore inconnus. Ni même par le gros de la troupe qui s’engage à leur suite. Il y a aussi toute une arrière garde, qui est généralement très heureuse de fermer la marche et de laisser les autres prendre les risques si ça leur chante pendant qu’elle fait ce qu’elle sait faire de la manière dont elle a appris à le faire.

Histoire de donner un exemple, je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de Rage Software – un studio assez prolifique dans les années 90, dont le principal fait d’arme sera resté une série de jeux de football nommée Striker. À la fin de l’année 1994, alors que la planète entière se préparait déjà à cette fameuse « révolution 3D » qu’un titre comme Doom avait rendu enthousiasmante en se frottant les mains à l’idée de l’arrivée de la nouvelle génération – la vraie, pas celle menée par 3DO et Atari et qui avait échoué à tenir ses promesses – il y avait aussi des studios pour ne pas se précipiter dans la brèche. Loin des Daytona USA ou des Ridge Racer et de leurs polygones qui faisaient briller les yeux de tout le monde, Rage Software se sera donc lancé dans le développement d’un jeu de course multiplateforme en vue de dessus dont le gameplay allait plus chercher du côté de Trash Rally que de celui de Need for Speed, et les joueurs virent donc débarquer Power Drive dans une relative indifférence, obnubilés qu’ils étaient par ces images des futures productions de la Saturn et de la PlayStation qui s’étalaient dans les magazines.

Power Drive, c’est donc un jeu de course de type rallye en vue de dessus vous proposant de faire ce qu’on attend de vous lors d’une course, c’est à dire de la finir en tête – et encore, ce n’est pas tout à fait vrai, mais nous allons y revenir tout de suite.

Le contenu prendra la forme de plusieurs dizaines de circuits répartis entre huit pays et se divisant entre trois types d’épreuves : des contre-la-montre que vous parcourrez seul, des courses qui se feront systématiquement contre un unique concurrent… et contre le chronomètre, encore une fois, puisque ne pas les remporter n’aura aucune incidence sur votre parcours, et enfin des parcours d’obstacles où il faudra accomplir précisément les consignes qui vous sont données, là encore dans le temps imparti. Chaque course terminée vous permettra de gagner de l’argent que vous pourrez ensuite dépenser dans les réparations de votre véhicule (faute de quoi, ses performances et sa maniabilité en souffriront) et, plus occasionnellement, d’en acheter un nouveau qui sera bien sûr plus rapide mais aussi plus exigeant en termes de conduite. À intervalles réguliers, le jeu vous délivrera également un mot de passe afin de pouvoir reprendre la partie au même stade, ce qui ne sera pas de trop car le jeu n’est pas simplement long (comptez au minimum 2h15 pour parcourir l’unique mode de jeu d’un bout à l’autre), il est également très exigeant.

Le gameplay est pourtant très simple, ne cherchant jamais à camoufler son côté arcade assumé : un bouton pour accélérer, un pour freiner, et le dernier pour la marche arrière – ne cherchez même pas une boîte manuelle, ce n’est pas prévu. Ne cherchez d’ailleurs pas non plus un réel mode multijoueur : si le titre est jouable jusqu’à huit, ce sera uniquement à tour de rôle, hélas.

Le truc, c’est qu’on en demande rarement plus à un jeu de course (il suffit de voir R.C. Pro-Am qui offrait déjà une approche très similaire six ans plus tôt), tant que les commandes répondent bien et que les sensations sont bonnes. Ici, les choses ne sont pas… idéales. Vous allez rapidement réaliser que la conduite suit une règle assez extrême : chacun de vos coups de volant fera obligatoirement tourner votre véhicule de 45 degrés, et pas un de moins. Incroyable mais vrai : votre véhicule ne peut aller que dans huit directions, et de la façon la plus raide et la moins naturelle qui soit ! Cherchez à compenser une trajectoire imparfaite de quelques centimètres, et vous voilà systématiquement en travers de la route en train de foncer vers le bas côté. Un peu… déstabilisant, non ? Pour ne rien arranger, l’animation de votre véhicule le fait systématiquement tourner plus loin que la direction qu’il est réellement en train de prendre, avant de contre-braquer, ce qui fait qu’il est à peu près impossible de savoir avec précision dans quel sens vous êtes réellement tourné en moins d’une demi-seconde. Autant dire que cette conduite très spéciale risque d’exiger une longue période d’adaptation.

Le pire, c’est qu’au moment où on a enfin le sentiment de parvenir à tirer quelque chose de cette jouabilité anti-naturelle, le drame se produit : le programme vous place soudain aux commandes de véhicules beaucoup plus rapides et encore moins maniables, et la distance de vue qui n’avait jusqu’alors pas représenté un handicap devient totalement insuffisante, vous empêchant d’anticiper quoi que ce soit.

Vous réaliserez alors qu’en l’absence de carte, et avec des flèches imprécises et apparaissant beaucoup trop tard en guise de navigation, terminer une course sans en connaître le tracé par cœur tiendra de l’exploit pur et simple – sans même parler de la gagner, car non seulement les adversaires n’hésitent pas à abuser de collisions systématiquement à votre désavantage pour vous pousser hors de la route, mais en plus ils trichent copieusement, ce qui fait que la moindre erreur vous condamnera rapidement à ne plus les voir avant la ligne d’arrivée. Pour ne rien arranger, le moindre contact avec le bord de la route ralentira votre véhicule de façon dramatique, l’endommageant au passage, ce qui le rendra encore moins maniable ! Bref, autant vous faire à l’idée : soit vous avez des réflexes exceptionnels, soit vous avez une excellente mémoire, mais si vous n’avez ni l’un ni l’autre, vous risquez de passer un assez mauvais moment.

Le pire, c’est qu’on ne se débarrasse jamais totalement de la sensation d’être tout près d’un jeu réellement sympathique : le contenu est très important (dommage qu’il n’y ait qu’un seul mode de jeu), la musique est très efficace, et la réalisation offre des environnements variés qui, s’ils manquent un peu de détails, font parfaitement illusion.

Mais cette maudite jouabilité ultra-punitive où tout semble pensé pour vous mettre des bâtons dans les roues plutôt que de vous laisser vous amuser vient hélas faire basculer le titre dans une catégorie à part où seuls les acharnés du volant qui aiment refaire un même circuit en boucle jusqu’à le maîtriser au pixel près – et pour de mauvaises raisons – auront une petite chance de réellement prendre du plaisir. Les autres, rapidement fatigués de finir dans le décor faute de la patience nécessaire pour maitriser une jouabilité aberrante, risquent surtout de se demander pourquoi ils sont en train de perdre leur temps à essayer de tirer quelque chose de cette cartouche quand des dizaines de titres plus accessibles, mieux réalisés et plus amusants s’offrent à eux. Et très honnêtement, on ne saurait leur donner tort. Parfois, la nouveauté a du bon.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE : 11,5/20 En s'inscrivant dans les traces de courses en vue de dessus à la Trash Rally, Power Drive présentait quelques arguments pour offrir une conduite typée arcade amusante avec une certaine technicité. Las ! Une jouabilité d'une rare raideur et inutilement punitive transforme le titre en un long chemin de croix où il est strictement impossible d'anticiper quoi que ce soit, aux commandes d'un véhicule qui devient un peu plus incontrôlable à chaque erreur. En résulte une expérience frustrante et injuste, encore aggravée par le fait qu'il n'y ait pas de multijoueur et que les adversaires trichent. Mais bon, dans un jeu de course où finir en tête ne sert de toute façon à rien... Les joueurs les plus patients apprécieront peut-être le défi qui leur est proposé, mais pour ceux qui voudraient tout simplement s'amuser immédiatement, autant retourner jouer à Micro Machines 2 ou à R.C. Pro-Am. Du potentiel très mal exploité à réserver aux passionnés et aux masochistes.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Une jouabilité mal pensée... – ...pas franchement aidée par une vue qui laisse très peu de place à l'anticipation... – ...ni par l'absence de carte... – ...ni par le fait que la conduite se détériore à chaque sortie de route... – ...ni par le fait que les ennemis trichent – Finir en tête de la course est finalement très secondaire

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Power Drive sur un écran cathodique :

Version Amiga

Développeur : Rage Software Ltd.
Éditeur : U.S. Gold Ltd.
Date de sortie : Janvier 1995
Nombre de joueurs : 1 à 8 (à tour de rôle)
Langues : Allemand, anglais, espagnol, français, portugais
Support : Disquette 3,5″ (x2)
Contrôleur : Joystick
Version testée : Version disquette testée sur Amiga 600
Configuration minimale : Système : Amiga 1000 – RAM : 512ko
Mode graphique : OCS/ECS
Système de sauvegarde par mot de passe

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

S’il est très difficile de déterminer avec exactitude sur quelle machine Power Drive a été développé, on sent immédiatement que l’équipe de Rage Software était à l’aise avec l’Amiga – même à un moment où la machine de Commodore, elle, n’était pas exactement au mieux de sa forme. On se retrouve avec une version très proche de celle publiée sur Mega Drive, avec quelques nuances à classer dans le domaine de l’anecdotique. Ainsi, on remarquera par exemple que la carte du monde est présentée à grands renforts de rotations baveuses qui semblent n’avoir pour fonction que de faire ramer un Amiga 1200. Pour le reste, la fenêtre de jeu n’est plus en plein écran – une interface ne présentant strictement rien de plus que les informations déjà disponibles sur Mega Drive ayant fait son apparition en bas de la fenêtre de jeu – mais le jeu reste fluide, et on ne peut pas dire que cela pénalise objectivement la jouabilité, surtout que la résolution est plus élevée. Les teintes sont également devenues un peu plus claires, sans que cela change grand chose. En revanche, les commandes auraient gagné à être aussi réactives que sur la console de SEGA, et il faut insister un dixième de seconde en plus sur le stick pour que la voiture daigne tourner, ce qui ne rend pas franchement la conduite plus agréable. Il est toujours impossible de profiter à la fois de la musique et des bruitages. Même le système de mot de passe est toujours présent, alors qu’il aurait été aisé – et bien plus ergonomique – de le remplacer par un système de sauvegarde. Bref, rien de très neuf pour un titre qui présente exactement les mêmes limites qu’auparavant.

NOTE FINALE : 11,5/20

Power Drive livre sur Amiga une performance sensiblement équivalente à celle observée sur Mega Drive, à quelques petits détails près. Malheureusement, les nombreuses limites de la jouabilité ont également fait le trajet, et l’expérience se révèle toujours aussi frustrante, particulièrement quand on commence à accéder à des véhicules rapides.

Version Amiga CD32

Développeur : Rage Software Ltd.
Éditeur : U.S. Gold
Date de sortie : Janvier 1995
Nombre de joueurs : 1 à 8 (à tour de rôle)
Langues : Allemand, anglais, espagnol, français, portugais
Support : CD-ROM
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques : Système de sauvegarde par mot de passe

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

On ne va pas se mentir : on serait surpris qu’U.S. Gold ait pensé à consacrer beaucoup d’énergie à l’Amiga CD32 en 1995, surtout vu l’état financier de Commodore à cette date. Power Drive sur Amiga CD32 est-il donc purement le même jeu que sur Amiga directement gravé à l’identique sur CD-ROM ?

Eh bien presque, mais on lui accordera malgré tout deux nouveautés. La première, qui ne devrait pas changer votre vie, est l’inclusion d’une animation en 3D pré-calculée de plus de vingt secondes pour introduire le logo d’U.S. Gold (« Ouaiiiis » crie la foule en délire). La deuxième, déjà un peu plus intéressante, est le fait que le jeu vous affiche dorénavant le plan du circuit en préalable de la course, ce qui donne enfin une chance d’en mémoriser le tracé, ou tout du moins une partie, avant de se lancer. Un ajout bienvenu, mais à tout prendre, ça n’aurait vraiment pas été plus mal que cette carte reste disponible pendant toute la course. Sinon, aucune nouveauté, pas même l’inclusion d’une bande son format CD-ROM, qui aurait au moins permis d’avoir à la fois la musique et les bruitages.

NOTE FINALE : 11,5/20

Aucun bouleversement pour cette itération de Power Drive qui a au moins le mérite de vous laisser découvrir le tracé du circuit avant d’aller vous laisser vous emplafonner à chaque virage à cause de sa jouabilité pénible.

Version Game Gear

Développeur : Rage Software Ltd.
Éditeur : U.S. Gold
Date de sortie : Juillet 1995 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 8 (à tour de rôle)
Langues : Allemand, anglais, espagnol, français, portugais
Support : Cartouche
Contrôleur : Console
Version testée : Version internationale
Spécificités techniques : Cartouche de 4Mb
Système de sauvegarde par mot de passe

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

La vraie question au moment de lancer Power Drive sur Game Gear allait être de savoir comment la jouabilité du titre, déjà pénible à bien des niveaux, allait s’accommoder du petit écran de la console. Et la réponse est : plutôt bien, en fin de compte. Le jeu étant un peu moins rapide que sur les machines de salon, on n’est pas trop gêné pour anticiper – du moins, avec les premiers véhicules – mais on n’aurait pas craché pour autant sur le retour de la carte apparue sur Amiga CD32. Graphiquement honnête, le jeu doit composer avec une réalisation musicale nettement plus quelconque, et la jouabilité est hélas aussi peu réactive que sur Amiga. Sans doute pas le premier jeu de course à lancer sur Game Gear.

NOTE FINALE : 11/20

Power Drive sur Game Gear évite le plus gros problème auquel on pouvait s’attendre, en ne souffrant pas (trop) de la petite taille de l’écran et de la fenêtre de jeu. Dommage que tous les autres persistent.

Version PC (DOS)

Développeur : Denton Designs
Éditeur : U.S. Gold Ltd.
Date de sortie : Janvier 1995
Nombre de joueurs : 1 à 8 (à tour de rôle)
Langues : Allemand, anglais, espagnol, français, portugais
Support : CD-ROM
Contrôleurs : Clavier, Gravis Gamepad, Joystick
Version testée : Version CD-ROM émulée sous DOSBox
Configuration minimale : Processeur : Intel 80386 –OS : PC/MS-DOS 5.0 – RAM : 1Mo – Vitesse lecteur CD-ROM : 1X (150ko/s)
Mode graphique supporté : VGA
Cartes sonores supportées : General MIDI, Gravis UltraSoundRoland MT-32/LAPC-I, Sound Blaster/Pro/16
Système de sauvegarde par mot de passe

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Sortir un jeu de course en 2D, sous MS-DOS et tenant sur l’équivalent de deux disquettes sur PC en 1995 commençait à avoir quelque chose de légèrement anachronique, mais cela n’aura visiblement pas freiné Rage Software, ni surtout l’équipe de Denton Designs en charge du portage. Au menu, toujours exactement la même chose, même si on pourra noter quelques spécificités, comme le fait que cette version soit la seule, avec la version Super Nintendo, à bénéficier à la fois de la musique et des bruitages. La réalisation sonore s’en sort d’ailleurs très bien (encore heureux !) avec notamment une gestion poussée de la Gravis UltraSound – mais même en General MIDI, pas de quoi rougir devant les version Mega Drive ou Amiga. Graphiquement, rien qui puisse mettre à genoux un PC de 1995, mais c’est bien évidemment largement aussi détaillé et aussi fluide que sur Mega Drive. La meilleure surprise est plutôt à verser au crédit de la jouabilité qui, bien que souffrant globalement des mêmes limites que dans les autres versions, se montre ici une des plus réactives. Toujours pas de quoi prétendre tenir un grand jeu de course, mais c’est déjà un peu plus convaincant. Quitte à découvrir le jeu, pourquoi ne pas commencer par là ?

NOTE FINALE : 12/20

Power Drive n’aura rien renié de sa philosophie en débarquant sur PC – le contraire eut été étonnant – mais il n’aura rien abandonné en route non plus, et cette version s’avérant également être une des plus maniables d’une courte tête, on pourra encourager ceux qui souhaiteraient découvrir le jeu à commencer par elle.

Version Super Nintendo

Développeur : Rage Software Ltd.
Éditeur : U.S. Gold Ltd.
Date de sortie : Janvier 1995 (Europe)
Nombre de joueurs : 1 à 8 (à tour de rôle)
Langues : Allemand, anglais, espagnol, français, portugais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques : Cartouche de 8Mb
Système de sauvegarde par mot de passe

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Last but not least, la Super Nintendo aura également hébergé sa version de Power Drive, avec un résultat identique à 95% à ce qu’on pouvait trouver dans toutes les autres versions, comme on pouvait d’y attendre. Parmi les quelques originalités de cette version, citons quand même :

  1. Le fait qu’on puisse profiter à la fois de la musique et des bruitages (le vrai mystère étant surtout que cela n’ait pas été possible dans la majorité des autres versions)
  2. Le fait que la carte présentant le pays où se situe la course tire parti du Mode7 (gadget, mais pourquoi se priver)
  3. Le fait que certains écrans, dont celui des réparations de votre véhicule, soient ici présentés en haute résolution

Pour le reste, on appréciera les thèmes musicaux, avec des sonorités bien choisies, et une réalisation qui n’aura pour une fois pas trop à souffrir de la résolution limitée. Dommage que la jouabilité, elle, soit toujours aussi énervante.

NOTE FINALE : 11,5/20

Pas de miracle pour ce Power Drive sur Super Nintendo qui, en dépit d’une réalisation sérieuse, présente toujours exactement les mêmes défauts que les autres versions. Les amateurs du genre pourront éventuellement trouver leur bonheur, mais la plupart des joueurs ne devraient pas se sentir trop malheureux de faire l’impasse.