Empire of Steel

Cette image provient du site https://www.mobygames.com

Développeur : Hot-B Co., Ltd.
Éditeur : Flying Edge, Inc.
Titre original : 鋼鉄帝国 (Kōtetsu Teikoku, Japon)
Titre alternatif : Steel Empire (Amérique du Nord)
Testé sur : Megadrive, Game Boy Advance, 3DS, PC
Disponible sur : 3DS, Windows
En vente sur : Nintendo eShop (version 3DS), Steam.com (version PC)

Version Megadrive

Année de sortie : 1992
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Européenne
Spécificités techniques :

Vidéo – L’introduction du jeu :

L’un des avantages du retrogaming, c’est qu’il permet, entre deux poussées de nostalgie, de donner une seconde chance à bien des titres passés sous les radars. Loin de l’époque où les magazines spécialisés étaient les principaux guides d’achat, bien des joueurs passionnés se mettent souvent en tête d’aller retourner chaque pierre d’un catalogue afin de mettre la main sur ce jeu dont ils n’avaient jamais entendu parler mais qui mériterait de profiter du bouche-à-oreille pour connaître une nouvelle carrière.

Choisissez bien!

C’est ainsi que bien des logiciels n’ayant connu qu’un succès commercial relativement confidentiel au moment de leur sortie deviennent tout à coup des titres que tous les amateurs s’arrachent, exactement comme ces films s’étant plantés au cinéma pour rencontrer le succès plus tard par le biais du marché vidéo. Parmi les nombreux exemples de ces trésors autrefois cachés mais aujourd’hui beaucoup mieux connus, on pourrait notamment citer des titres comme Skyblazer, Terranigma, Pulseman ou encore… Empire of Steel.

Empire of Steel: un vent de fraicheur sur Megadrive?

Le jeu qui nous intéresse aujourd’hui est donc un shoot-them-up développé par Hot-B et paru sur Megadrive en 1992. Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de ce studio, celui-ci est principalement connu pour des jeux de rôles rarement sortis du Japon, pour des jeux de pêche (!) ou des jeux de catch (!!) mais aussi pour le très original Spy vs Spy et pour une poignée de shoot-them-up, parmi lesquels Cloud Master, Insector X, ou encore Empire of Steel, donc.

Il y a même un scénario mal traduit en anglais, pour ceux que ça intéresse

Celui-ci vous place sans surprise dans un conflit désespéré que vous allez être chargé de faire basculer à vous seul, mais pas d’empire extraterrestre ni de prototype de vaisseau spatial cette fois: choix ô combien original, surtout pour une époque où le terme comme le genre étaient encore relativement méconnus, le titre nous place dans un univers très connoté steampunk.

Au sol ou dans les airs, le danger est partout

Face à un empire maléfique au look victorien dont les conquêtes reposent principalement sur des machines mues par la vapeur, vous allez donc devoir parcourir sept stages en faisant, en prélude de chacun d’entre eux, le choix entre deux appareils volants. Le premier sera un biplan agile, rapide et particulièrement adapté aux frappes au sol; le second sera un dirigeable plus lent mais aussi plus résistant, un peu mieux armé contre les unités aériennes. À vous d’adapter votre véhicule à la situation ou de préférer vous spécialiser dans un modèle en particulier: dans tous les cas, chaque aéronef a ses avantages et ses inconvénients, même si la hitbox imposante du dirigeable joue en sa défaveur à mes yeux. Une fois votre choix arrêté, il est temps de prendre part à l’action.

L’action ne faiblit jamais

Votre appareil, quel qu’il soit, est en fait équipé à la fois d’une mitrailleuse (pour les unités aériennes) et de bombes (pour les cibles au sol). Les deux armes seront activées simultanément chaque fois que vous ferez feu: B vous permettra de tirer vers la gauche de l’écran et C vers la droite – et non, vous ne pouvez pas tirer dans les deux directions en même temps. Au cas où vous commenceriez à vous sentir un peu débordé (spoiler: cela risque d’arriver souvent), vous pourrez puiser dans votre stock très réduit de smart bombs à l’aide de la touche A.

Course-poursuite dans les mines!

Le système de power-ups du jeu, assez original, fait un peu penser à celui d’un titre comme Cotton: Votre montée en puissance se fera en montant de niveau, au détail près que l’expérience ne se collecte pas en détruisant les adversaires mais bien sous forme de bonus lâchés périodiquement par un certain type d’ennemi. Il faudra collecter trois éléments marqués Exp pour augmenter les dégâts et l’étendue de vos tirs comme de vos bombes. Les autres bonus incluent vies supplémentaires, smart bombs pour refaire votre stock, des satellites qui vous accompagneront jusqu’à votre mort ou encore des cœurs pour remonter votre jauge de vie. Car oui, vous en avez une. Joie.

Le boss final n’est peut-être pas très impressionnant, mais il va vous en faire baver

À première vue, on pourrait d’ailleurs penser qu’Empire of Steel est un jeu plutôt simple, tant il semble faciliter la vie du joueur: entre le fait qu’on puisse parfois encaisser jusqu’à une dizaine de tirs sans mourir, le fait qu’on réapparaisse à l’endroit de notre mort avec une invincibilité temporaire, que la perte d’une vie n’entraine aucune baisse de niveau (et donc de puissance) et qu’il soit possible de choisir son nombre de vies et de continues dans les options du jeu, on part a priori pour une sympathique balade de santé.

Le jeu raffole des gros sprites

Conseil: changez immédiatement d’idée, vous risqueriez d’être déçu. L’action, frénétique, lorgne très souvent du côté du manic shooter: il se passe tellement de choses à l’écran que le processeur de la Megadrive tire fréquemment la langue, au point que les ralentissements soient légion. Ceux-ci risquent d’ailleurs de faire partie de vos meilleurs alliés, tant le titre de Hot-B ne laisse que rarement place à l’erreur; j’ose même affirmer que le jeu serait rigoureusement impossible si votre aéronef avait la mauvaise idée de trépasser au premier coup encaissé. Face à des menaces qui viennent de tous les côtés de l’écran, souvent en même temps, les réflexes seront indispensables, mais ils ne seront pas suffisants: connaître le déroulement des niveaux est une nécessité absolue.

Le décor ne vous aime pas non plus!

C’est d’autant plus vrai que facilement 80% de votre temps de jeu sera constitué d’affrontements (tirant d’ailleurs un peu en longueur) contre des boss ou des mini-boss: on tient clairement là la philosophie du titre, qui fait parfois penser à un boss gauntlet, même si les morceaux de bravoure englobent aussi des passages plus originaux – et tout aussi difficiles – comme des courses-poursuites sous terre ou des vols en rase-motte à pleine vitesse. Quoi qu’il en soit, attendez-vous à transpirer, car l’action ne retombe jamais et la concentration sera essentielle.

Évidemment qu’il y a un vaisseau géant à détruire! il y en a même plusieurs!

Au rang des bonnes nouvelles, Empire of Steel ne se contente pas d’avoir une personnalité folle, évoquant par passages les obsessions « miyazakiennes » pour les châteaux volants et les univers industriels (un partenariat entre Hot-B et les studios Ghibli aurait d’ailleurs été considéré, selon certaines rumeurs), la réalisation figure aussi clairement dans le haut du panier de la Megadrive. On ne touche peut-être pas à la perfection représentée dans ce domaine par Thunder Force IV, mais au petit jeu des décors détaillés, des défilements parallaxes à foison, de l’action échevelée et d’une palette de couleurs qui tire le meilleur des capacités graphiques de la console, le titre de Hot-B fait mieux que se défendre! Alors certes, on reste dans les mêmes teintes pendant l’essentiel de la partie, et le processeur a, comme on l’a vu, un peu de mal à suivre, mais on est malgré tout rarement déçu par ce qu’on peut voir lors des rares moments où on peut consacrer une demi-seconde à admirer le paysage.

À l’assaut!

La musique est, elle aussi, très efficace, et accompagne bien l’action. Autant dire qu’on a de quoi être surpris que le titre n’ait pas fait davantage de bruit au moment de sa sortie, peut-être un peu perdu au milieu d’un catalogue de shoot-them-up qui avait déjà de quoi faire bien des envieux. Le fait est qu’il fait aujourd’hui partie, aux yeux des connaisseurs, des valeurs sures de la console et des titres auxquels il faut avoir joué sur Megadrive. Mieux vaudra être un joueur patient, habile et relativement maître de ses nerfs, mais pour tous ceux qui cherchent un bon représentant du genre sur Megadrive, inutile de chercher plus loin.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 16,5/20 Empire of Steel est un shoot-them-up passé un peu inaperçu à sa sortie et qui mérite clairement une place dans la collection de tous les amateurs du genre. Si l'aspect le plus marquant du jeu reste, à première vue, son esthétique steampunk franchement originale, particulièrement pour un titre de 1992, le déroulement évoquant un boss gauntlet, la difficulté du jeu et la réalisation participent à n'en pas douter à faire du titre de Hot-B une expérience marquante. Si le côté "épreuve d'endurance" ne plaira pas nécessairement à tout le monde, les amateurs de shoot-them-up exigeants prêts à passer des heures à maîtriser le franchissement de chaque morceau de bravoure en auront à coup sûr pour leur argent. Les autres risquent de s'avouer vaincus avant d'en voir le terme.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Difficulté redoutable – Nombreux ralentissements – Boss interminables – Boss final increvable – Beaucoup de boss recyclés un peu trop souvent – Autant dire que si vous n'aimez pas les combats de boss...

Version Game Boy Advance
Steel Empire

Année de sortie : 2004
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Européenne
Spécificités techniques :

Les boss ont été refaits, et ont un peu moins de personnalité…

Empire of Steel aura visiblement conservé (ou regagné) suffisamment de renommée pour se voir porter sur Game Boy Advance – la console du pire concurrent de SEGA, blasphème! – douze ans après sa sortie… et sous son titre américain, même en Europe. Les aléas de la localisation… On était d’ailleurs en droit d’attendre un portage relativement fidèle à la version originale (la console portable de Nintendo est après tout connue pour ses nombreux jeux transposés directement depuis la Super Nintendo), mais surprise: c’est bel et bien à une véritable adaptation qu’on a à faire. Les cinématiques ont été redessinées (finis, l’effet cépya et le clignotement pour faire « vieux film »), la traduction refaites, la résolution est plus basse mais les graphismes sont plus colorés.

On perd un peu de l’ambiance victorienne, mais c’est plus joli

Surtout, l’équilibrage a été revu: le zeppelin est désormais plus puissant pour compenser sa hitbox plus massive, les adversaires lâchent moins de bonus mais votre aéronef est plus résistant, la plupart des boss ont été repensés et redessinés… Les joueurs ayant retourné l’opus Megadrive dans tous les sens risquent d’être surpris! En revanche, si la musique suit les compositions de la version originale, elle est globalement moins efficace. Bref, on se retrouve avec un jeu efficacement repensé pour la portable, avec peut-être un tout petit peu moins de personnalité, mais habilement retouché pour plaire aussi bien aux nouveaux joueurs qu’à ceux qui pensaient avoir fait le tour du titre depuis un certain nombre d’années. Une excellente version.

On perd un peu la « patte » Megadrive, mais c’est plus coloré

NOTE FINALE : 16,5/20

Surprise! En débarquant sur Game Boy Advance, Empire of Steel (désormais Steel Empire) aura fait le choix de l’adaptation plutôt que du bête portage. Retouché, repensé, rééquilibré, le jeu se réinvente légèrement sans se trahir pour autant, et délivre une expérience un peu mieux pensée tout en restant fidèle à 90% au matériau d’origine. À découvrir.

Version 3DS
Steel Empire

Année de sortie : 2014
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Oui
Version testée : Européenne
Spécificités techniques :

Tant pis pour le Pixel Art, mais c’est plus lisible

Signe de sa popularité toujours vivace, Empire of Steel ne se sera pas arrêté à la Game Boy Advance. Dix ans après sa sortie sur la portable de Nintendo, Vingt-deux ans après sa sortie sur Megadrive, le tite désormais développé par Mebius faisait son retour sur 3DS. S’il reprend, dans cette version, la quasi-totalité des adaptations observées sur la version Game Boy Advance – y compris le nouveau look et les nouveaux mécanismes des boss – la réalisation franchit cette fois un cap, avec moult effets 2D et 3D, une résolution augmentée, et surtout des ralentissements enfin aux abonnés absents. Autant dire qu’on commence à s’éloigner un peu du retrogaming, et que les amateurs de gros pixels risquent de faire un peu la moue en découvrant cette version plus froide et plus « clinique ». Ceci dit, en terme de plaisir de jeu, l’action est toujours aussi débridée, et le côté « explosions partout » ajoute encore un peu à l’adrénaline – dommage, en revanche, que la difficulté ait été revue très sérieusement à la baisse, car le titre en est devenu trop simple, ce qui poussera les joueurs en recherche de difficulté à opter pour le mode difficile d’entrée de jeu. La musique a également été réorchestrée, ma préférence continue d’aller aux sonorités de la version Megadrive mais on a cette fois affaire à un jeu modernisé qui ne donne pas l’impression de jouer à un portage fainéant – et traduit dans la langue de Molière, tant qu’à faire. C’est également un très bon moyen de découvrir le jeu si jamais vous ne parvenez pas à mettre la main sur une cartouche originale.

Plus d’excuse pou ne pas s’y essayer!

NOTE FINALE : 16,5/20

En ressortant sur 3DS vingt-deux ans après sa parution initiale, Empire of Steel (désormais Steel Empire) en aura profité pour faire un pas dans la modernité, en offrant une réalisation tirant parti des capacités de la machine. Si le charme spécifique du retrogaming y perd indéniablement, le fait est qu’on s’amuse toujours autant – à condition de pousser la difficulté, sans quoi le titre est devenu trop simple.

Version PC
Steel Empire

Année de sortie : 2018
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version dématérialisée en vente sur Steam.com
Spécificités techniques : Système d’exploitation: Windows 7/8/10 – Configuration minimale:
Processeur : Core2Duo 2.6Ghz
Mémoire vive : 2 GB de mémoire
Graphiques : GPU supportant DirectX11
DirectX : Version 11
Espace disque : 250 MB d’espace disque disponible

C’est indéniablement plus beau, mais on aurait aimé avoir le choix de la résolution

Vous pensiez en avoir fini avec Steel Empire? Raté! En 2018, le jeu qui n’en finit pas de faire son comeback faisait sa réapparition sur PC, toujours sous la houlette de Mebius. Au programme: sensiblement la même version que sur 3DS, mais sur le grand écran de votre machine de salon, avec n prime une série de succès à débloquer pour ceux qui aiment bien avoir quelques objectifs supplémentaires une fois le jeu terminé une première fois (ce qui se limitera à vaincre le jeu en difficulté maximale, tous les autres succès consistant à boucler les différents niveaux). Si tout le monde ne sera pas nécessairement ravi d’avoir à débourser 15 euros pour un titre qui s’approche de ses trente ans, difficile d’imaginer mieux en terme de réalisation et de confort de jeu – même si, encore une fois, il faudra débloquer le mode de difficulté le plus élevé pour prétendre s’approche de l’expérience originale. On remarquera également quelques ratés – le mode plein-écran ne fonctionne pas sur toutes les configuration – ainsi que la disparition de la version française, des options qui ne semblent avoir qu’un impact très marginal sur le nombre de vies ou de continues, mais l’essentiel est toujours là. On ne peut s’empêcher, malgré tout, de penser que le curseur a été plutôt mal situé, entre une version originale trop difficile et une version moderne trop facile.

J’ai dû parcourir la quasi-intégralité du mode « normal » sans perdre une seule vie…

NOTE FINALE : 16,5/20

En devenant plus beau et plus jouable, Steel Empire sur PC offre une expérience assez semblable à celle observée sur 3DS – en peut-être encore un peu plus facile, hélas. Si les hardcore gamers ne devraient avoir pour seule hâte que de débloquer le dernier mode de difficulté, les autres joueurs pourront profiter d’une expérience plus abordable et assez ludique – mais qui ne vaut certainement pas 15 euros.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

vingt + 3 =