
Développeur : ITL Co., Ltd.
Éditeur : Taito Corporation (Japon) – Taito America Corporation (Amérique du Nord)
Titre original : Bubble Bobble 2 (Japon)
Testé sur : NES
La saga Bubble Bobble (jusquà 2000) :
- Bubble Bobble (1986)
- Rainbow Islands : The Story of Bubble Bobble 2 (1987)
- Rainbow Islands Extra (1988)
- Parasol Stars : The Story of Bubble Bobble III (1991)
- Bubble Bobble Part 2 (NES) (1993)
- Bubble Bobble Part 2 (Game Boy) (1993)
- Bubble Symphony (1994)
- Bubble Memories : The Story of Bubble Bobble III (1996)
- Classic Bubble Bobble (1999)
- Rainbow Islands : Putty’s Party (2000)
Version NES
| Date de sortie : 5 mars 1993 (Japon) – Août 1993 (Amérique du Nord) |
| Nombre de joueurs : 1 à 2 |
| Langue : Anglais |
| Support : Cartouche |
| Contrôleur : Joypad |
| Version testée : Révision américaine (NTSC) |
| Spécificités techniques : Cartouche de 2Mb |
Vidéo – L’introduction et l’écran-titre du jeu :
Parfois, un simple titre de jeu vidéo a de quoi laisser franchement perplexe.
Prenez Bubble Bobble Part 2, par exemple. En soi, l’idée d’offrir une suite à Bubble Bobble, grand succès de l’arcade de Taito en 1986, n’avait rien de franchement surprenant – ce serait même plutôt l’inverse, tant c’était le cheminement logique pour à peu près n’importe quel logiciel ayant suscité un quelconque engouement. Le timing était déjà plus déroutant : 1993, soit sept ans d’attente, c’est quand même inhabituellement long.

Même la plateforme de destination avait de quoi interroger : une exclusivité NES, trois ans après la sortie de la Super Famicom, à un moment où l’écrasante majorité des joueurs avaient déjà migré vers les consoles 16 bits ? Sans même faire un détour par l’Europe ? Mais le fait est que toutes ces interrogations légitimes étaient fatalement éclipsées par l’éléphant dans la pièce : pourquoi offrir une suite à un jeu qui en avait déjà une – et même deux ? Parce qu’il était tout de même difficile de faire abstraction de la mention « The Story of Bubble Bobble 2 » accolée au titre de Rainbow Islands, et à celle qui précisait « The Story of Bubble Bobble III » à la suite de Parasol Stars ! La réponse tient précisément dans ce « Part 2″ opportunément ajouté par la version américaine (la version japonaise s’intitulant simplement « Bubble Bobble 2 » pour achever d’entériner la confusion) : techniquement, Rainbow Islands et Parasols Stars étaient davantage des suites que des continuations de Bubble Bobble : on n’y contrôlait plus de dragons, on n’y tirait plus de bulles, et les deux titres avaient fait le choix assez audacieux de bénéficier de leur propre gameplay plutôt que de simplement reprendre celui des origines de la saga. Seulement voilà : visiblement, les joueurs voulaient retourner aux sources (c’est en tous cas la conclusion que l’on pourrait tirer du fait que Taito allait lourdement insister sur les déclinaisons de Bubble Bobble plutôt que sur celles de ses deux successeurs à compter de ce stade), alors qu’importe que Bubby et Bobby aient retrouvé leur copine et leur forme humaine depuis longtemps : avec Bubble Bobble Part 2, ils retournent au charbon pour exactement les mêmes raisons, parce que parfois les joueurs aussi peuvent être atrocement conservateurs.

La menace a beau prendre cette fois les trais d’un trio de fantômes dont la mission de grand méchants est tellement établie qu’ils ne bénéficieront même pas d’une ligne pour expliquer leurs motivations, le résultat est le même : nos deux frères vont recommencer à cracher des bulles pendant 70 niveaux pour aller quérir leurs dulcinées, puis pendant dix de plus pour aller vaincre définitivement les fâcheux et récupérer leur apparence humaine. Tous les dix niveaux, un combat de boss viendra annoncer un changement de décor – avec une sorte de boss mis en scène de façon un peu plus dramatique tous les vingt niveaux.

Des nouveautés ? En-dehors d’une poignée d’adversaires inédits (et de mini-jeux intervenant soit à la suite des boss, soit en trouvant une porte secrète), je n’en ai compté pour ainsi dire qu’une seule : la capacité de vos deux dragons à se remplir d’air pour pouvoir s’envoler au lieu de devoir rebondir sur leurs propres bulles afin d’espérer grimper – un mécanisme qui fait également office de « tir chargé » puisqu’il peut autoriser à lâcher un groupe de bulles d’un seul coup, ce qui sera parfois déterminant pour venir à bout de certains ennemis particulièrement pénibles. Pour le reste, on est en terrain plus que connu : tous les niveaux du jeu tiennent toujours sur un unique écran, et si le jeu a l’air relativement simple à ses débuts – notamment grâce à la possibilité de collecter des points de vie additionnels (d’accord, c’est une deuxième nouveauté) et un impressionnant nombre de vies au fil du jeu – il peut devenir particulièrement redoutable dans sa deuxième moitié, surtout si vous ne trouvez pas rapidement la meilleure méthode pour venir à bout de situations très tendues. Bref, du rab de la même chose, avec quelques timides friandises de plus.









Quitte à paraître très tardivement sur NES, le jeu en profite pour tirer le meilleur de la console de Nintendo – sans atteindre la variété ni la maestria de la deuxième aventure de Kirby sur la même machine, le titre figure facilement dans le haut du panier de ce qu’a pu offrir la console, et parvient même à garder les clignotements et les ralentissements très marginaux. Le jeu est plus beau et plus coloré que Bubble Bobble premier du nom – qui favorisait encore les grands fonds noirs, au contraire de cette version – et il est toujours aussi jouable, ce qui est sans doute la meilleure nouvelle.

Surtout, il a une nouvelle fois le mérite d’offrir une dimension additionnelle au jeu en coopératif : c’est clairement le type de jeu qui gagne à être pratiqué régulièrement avec un ami pour mettre en place les meilleures stratégies afin d’espérer vaincre l’aventure. On a d’ailleurs envie de dire que c’était précisément le cahier des charges : renouer pleinement avec l’expérience du premier opus en mettant de côté les suites comme si elles s’étaient avérées être de simple spin-off. À ce niveau-là, c’est parfaitement réussi… à condition, bien sûr, que vous soyez précisément venu chercher ce qu’annonce le titre, à savoir un Bubble Bobble, deuxième partie. Car au moins, le programme a le mérite d’être clair : si vous espérez trouver ici quoi que ce soit d’autre que la formule à peine perfectionnée du premier épisode, vous perdez votre temps. La cartouche ne s’adresse réellement à vous qu’à une condition précise : celle de vouloir profiter d’une généreuse louche supplémentaire de tout ce qui avait fonctionné auparavant… ou, à la rigueur, pour découvrir la saga – même si les joueurs à l’avoir fait sur NES en 1993 n’ont pas dû être nombreux en-dehors du Japon, la version américaine de la cartouche étant d’ailleurs particulièrement rare et s’échangeant à l’heure actuelle à prix d’or.

Dès l’instant où vous faites effectivement partie du public visé, en revanche, difficile de dire non à cette très sympathique « nouvelle deuxième » aventure qui s’avère une nouvelle fois merveilleusement efficace. Même s’il y a fort à parier que les vrais vétérans de la licence triompheront rapidement de la cartouche, n’y trouvant pas grand chose qu’ils n’aient déjà surmonté des dizaines de fois, les joueurs plus occasionnels comme les simples amateurs de plateforme ne trouveront pas de réelle raison de bouder le voyage – sauf peut-être à regretter d’avoir à reprendre l’épopée depuis le début à chaque fois là où quelques mots de passe auraient aidé à replonger directement dans les zones qui nous avaient posé problème.

Non, cela n’invente ni ne renouvèle rien – mais la simple existence du retrogaming tend à rappeler que la nouveauté et l’innovation ne sont pas les seuls mécanismes vidéoludiques viables. Comme il est très probable que vous soyez passé à côté du titre au moment de sa sortie, si jamais vous sentez monter une envie de « petite partie de cinq minutes qui dure au final une heure », vous n’aurez aucune raison d’être déçu. Si jamais vous avez eu votre compte, en revanche, il est fort probable que la licence de Taito cesse définitivement de vous intéresser à partir de ce stade à un Rainbow Islands Revolution (2005) et un Rainbow Islands : Towering Adventure! (2009) près. C’est la vie.



















Vidéo – Cinq minutes de jeu :
NOTE FINALE : 16,5/20
Il n'y a pas tromperie sur la marchandise : dès son titre, Bubble Bobble Part 2 a révélé l'intégralité de la nature de son expérience. C'est littéralement davantage de Bubble Bobble, avec quelques idées en plus, une réalisation digne d'une NES en fin de vie et un mode coopératif toujours aussi addictif – et rien d'autre. Les puristes qui n'auraient pas goûté aux « écarts » que constituaient Rainbow Islands et Parasol Stars auront de quoi être aux anges, tant la formule est toujours aussi prenante – et aussi ridiculement exigeante dans sa deuxième moitié. Tout ceux qui attendraient autre chose qu'une simple louche additionnelle de la mascotte de Taito risquent en revanche de rester un peu sur leur faim.
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Peu d'idées neuves par rapport à Bubble Bobble premier du nom
– Une difficulté vraiment épuisante dans la deuxième moitié du jeu
– Ni sauvegarde, ni mot de passe
Bonus – Ce à quoi peut ressembler Bubble Bobble Part 2 sur un écran cathodique :

