Tiny Toon Adventures : Buster Busts Loose!

Développeur : Konami Co., Ltd.
Éditeur : Konami of Europe GmbH.
Titre original : タイニー・トゥーン アドベンチャーズ (Japon)
Testé sur : Super Nintendo

La licence Tiny Toon Adventures (jusqu’à 2000) :

  1. Tiny Toon Adventures (1991)
  2. Tiny Toon Adventures : Buster Busts Loose! (1992)
  3. Tiny Toon Adventures 2 : Trouble in Wackyland (1992)
  4. Tiny Toon Adventures : Bab’s Big Break (1992)
  5. Tiny Toon Adventures : Cartoon Workshop (1992)
  6. Tiny Toon Adventures : Buster’s Hidden Treasure (1993)
  7. Tiny Toon Adventures : Montana’s Movie Madness (1993)
  8. Tiny Toon Adventures : Acme All-Stars (1994)
  9. Tiny Toon Adventures : Wacky Sports (1994)
  10. Tiny Toon Adventures : Wacky Sports Challenge (1994)
  11. Tiny Toon Adventures : Buster et le Haricot Magique (1996)
  12. Tiny Toon Adventures : Toonenstein – Dare to Scare ! (1999)

Version Super Nintendo

Date de sortie : 18 décembre 1992 (Japon) – 24 juin 1993 (Europe) – 16 août 1993 (États-Unis)
Nombre de joueurs : 1
Langues : Anglais, japonais
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques : Cartouche de 8Mb
Système de sauvegarde par mot de passe

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

N’en déplaise aux romantiques, même à l’époque de ce qu’on pourrait considérer comme son âge d’or, Konami était déjà une société d’un pragmatisme commercial à toute épreuve. Quand la société japonaise investissait dans une licence à succès, elle avait ainsi à cœur de l’essorer jusqu’à la dernière goutte avant de s’en débarrasser, et ce ne sont certainement pas les Tortues Ninja qui viendront affirmer le contraire.

Un autre exemple parlant serait celui des Tiny Toons : en à peine trois ans, les jeunes successeurs aux Looney Tunes imaginés par Tom Ruegger auront ainsi été les héros de pas moins de dix titres (!) développés et publiés par Konami, avant que le flot ne se tarisse et que la firme ne décide qu’il était temps d’abandonner la licence à des studios plus exotiques comme TerraGlyph Interactive ou Warthog. Après des débuts sur NES en 1991, il était logique que la fine équipe menée par Babs et Buster Bunny vienne montrer de quoi elle était capable sur la toute nouvelle console de Nintendo, ce qui aura donné un jeu très ambitieux sur le papier : Buster Busts Loose!.

Pour l’occasion, la nouvelle génération de toons n’aura même pas eu envie de s’embarrasser d’un scénario. Buster Busts Loose! est introduit comme une émission télévisée, avec les deux lapins de la série en guise de présentateurs, et leurs nombreuses interventions (d’ailleurs impossibles à passer, mais nous y reviendrons) viseront à offrir un timide liant entre des situations n’ayant rien à voir entre elles.

Vous contrôlerez donc exclusivement Buster Bunny (et tant pis pour Babs) lâché dans des environnements allant de la Looniversité au château hanté en passant par la parodie de Star Wars ou même par une séance de football américain. Et entre les niveaux, nos deux héros reprendront l’antenne pour introduire une roulette dont le rôle sera de choisir les mini-jeux, lesquels serviront à vous faire gagner des vies supplémentaires avec des activités aussi diverses qu’un bingo (!), qu’un concours de poids (!!) ou même qu’un taquin dont l’objectif sera de guider Hamton le cochon vers des pommes. Bref, un programme qui semble très copieux et qui laisse présager d’une grande variété – ce sur quoi on serait un peu pingre de cracher.

L’essentiel du jeu va en tous cas prendre la forme d’un jeu de plateforme où notre lapin s’inspirera d’un célèbre hérisson de la concurrence (chose qu’il continuera d’ailleurs de faire chez ladite concurrence l’année suivante).

Traduit en clair, Buster peut courir grâce à un bouton de « dash » situé par défaut sur les boutons de tranche, et qui lui permettra d’acquérir assez de vitesse pour pouvoir carrément escalader les murs. Ajoutez-y une glissade, un coup de pied sauté un peu lent à l’usage et le nécessaire saut, et vous aurez toute la panoplie qui vous permettra de faire face aux défis du jeu. Des défis qui prendront d’ailleurs des formes très classiques : ennemis à vaincre, boutons à pousser, plateformes à atteindre, niveaux à défilement forcé, sans oublier les sempiternels boss – du classique, rien que du classique, très bien mis en scène, certes, mais du classique quand même.

On commence par jeter un coup d’œil aux captures d’écran, et on arrive rapidement à une conclusion évidente : c’est beau. Konami connaissait son affaire, et la compagnie n’aura jamais eu besoin d’un tour de chauffe pour tirer le meilleur de ce que la Super Nintendo pouvait produire, comme des titres à la Super Castlevania IV s’étaient déjà chargés de le démontrer.

Les couleurs sont superbes, les sprites sont magnifiquement dessinés, les décors en envoient plein les yeux : la Mega Drive avait de quoi trembler, et elle aura certainement été rassurée que les graphistes de la firme n’aient pas perdu la main en venant se frotter à son hardware quelques mois plus tard. En revanche, il est un détail sur laquelle la Super Nintendo pouvait encore nourrir des complexes sur sa rivale, en plus de son processeur : sa résolution. Avoir des sprites gigantesques, c’est bien, mais dans une fenêtre de jeu étroite, c’est une autre histoire – surtout dans un jeu qui entend se baser sur la vitesse, et où la moindre erreur sera immédiatement sanctionnée par la perte d’un point de vie.

Sans être atrocement difficile – et pour cause, le programme nous arrose constamment de vies et autre bonus – le titre se révèle très punitif, puisqu’on a très peu de temps pour anticiper ce qui se passe à l’écran. Conséquence : les premières parties se révèlent assez frustrantes, et les suivantes pénalisées par toute cette mise en scène qui fait très joli, mais qui vous oblige à avaler de longues minutes de texte et d’écrans de transition là où vous n’aspiriez qu’à jouer. Et d’ailleurs, on ne peut pas s’empêcher de constater que le rythme de la cartouche est dans l’ensemble très mal pensé, et qu’une machine qui avait toutes les raisons de tourner comme un charme tend à se gripper un peu plus souvent qu’on aurait pu s’y attendre.

La note attribuée au jeu pourra surprendre les connaisseurs du genre, qui savent qu’on peut en règle générale avoir une confiance absolue en Konami dans le domaine du jeu de plateforme. Mais je dois confesser, à titre personnel, n’avoir pris que très peu plaisir en parcourant ce Buster Busts Loose!.

Entre ces attaques imprécises qui sortent trop lentement, cette vue trop resserrée qui interdit toute forme d’anticipation, la pléthore de « sauts de la foi » et de situations où l’on meurt pour de mauvaises raisons, ce « dash » inemployable sans connaître les niveaux par cœur, ces passages imposés qui n’ont aucun sens (de la corde à sauter ? Sérieusement ?) à part de casser le rythme, ces combats de boss qui s’étirent jusqu’à l’ennui, ces séquences frustrantes à foison, et surtout ce sentiment tenace d’être spectateur pendant la moitié de la partie à devoir subir les interventions creuses de nos héros et des mini-jeux reposant pour moitié uniquement sur la chance… Cela commence à faire beaucoup, non ?

Alors oui, le jeu est magnifique, l’univers de la licence est parfaitement respecté, la variété introduite est appréciable, et on s’amuse indéniablement plus à la dixième partie qu’à la première – le temps de se casser les dents sur à peu près tous les obstacles que le jeu aura placés sur notre route. Reste que quand le programme daigne enfin nous laisser les commandes, c’est généralement pour une séance de masochisme assez pénible consistant à sauter ou à courir en aveugle jusqu’à l’inévitable trépas. Pas ma conception du fun… Et j’aurais même envie de dire que quitte à vouloir jouer à Sonic the Hedgehog avec Buster Bunny dans le rôle principal, mieux vaut sans doute se diriger vers Buster’s Hidden Treasure sur Mega Drive, pas exempt de défauts, lui non plus, mais beaucoup plus cohérent dans son approche et dans ses mécanismes.

Faut-il tout jeter pour autant ? Non, il existe indéniablement un public pour ce type de titre ; les joueurs qui ne voient aucun problème à recommencer un niveau jusqu’à le connaître par cœur, les amateurs de la licence, ceux qui savent se laisser embarquer par une réalisation aux petits oignons sans s’arracher les cheveux pour une jouabilité perfectible… bref, des joueurs plus conciliants que la moyenne et qui pourront indéniablement tomber sous le charme d’un programme qui en laissera d’autres parfaitement de marbre.

Si vous cherchez le jeu de plateforme ultime, ce n’est clairement pas celui-là, mais si vous cherchez quelque chose qui parvienne à se montrer surprenant dans son classicisme, ce Buster Busts Loose! devrait au moins vous changer les idées une heure ou deux, le temps d’en venir à bout. Les joueurs en quête d’un level design impeccable, d’une jouabilité inattaquable et d’un déroulement qui vous rive au siège feraient mieux, pour leur part, d’aller regarder ailleurs.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 13,5/20 On ne peut pas reprocher à Tiny Toon Adventures : Busters Busts Loose! de ne pas chercher à faire quelque chose de différent en introduisant un peu de variété, voire même un louable souci de mise en scène, dans la formule vue et revue des jeux de plateforme. Un objectif intéressant sur le papier mais assez maladroit dans l'exécution, où la philosophie du titre, basée sur la vitesse, s'entend assez mal avec des saynètes qui morcèlent l'action, des mini-jeux fades, des séquences totalement sans intérêt, et des sprites énormes qui interdisent d'y voir à plus de vingt centimètres de distance. En résulte un logiciel bancal où la seule difficulté réside dans l'incapacité totale à anticiper un millième de ce que le programme projette dans votre minuscule fenêtre de jeu, avec des niveaux trop longs et des phases pas inspirées qui font d'autant plus pester de ne pas mettre pleinement en valeur une réalisation absolument superbe. Reste un titre qui ne plaira clairement pas à tout le monde, même et surtout parmi les fans les plus irréductibles de jeux de plateforme, mais qui conserve néanmoins un capital sympathie qui rend difficile de se montrer trop sévère avec lui.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Pléthore d'interventions des héros et de mini-jeux sans intérêt qui viennent constamment casser le rythme – Un jeu extrêmement généreux en vies et en bonus de soins... – ...pour compenser une difficulté frustrante qui mettra votre mémoire, bien plus que vos réflexes, à contribution – Des niveaux souvent trop longs pour ce qu'ils ont à offrir... – ...avec en particulier des combats de boss interminables

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Buster Busts Loose! sur un écran cathodique :

Jurassic Park (Ocean of America)

Développeur : Ocean of America, Inc.
Éditeur : Ocean of America, Inc.
Titre alternatif : ジュラシック・パーク (graphie japonaise)
Testé sur : Super NintendoGame BoyNES

La licence Jurassic Park (jusqu’à 2000) :

  1. Jurassic Park (BlueSky Software) (1993)
  2. Jurassic Park (SEGA Enterprises) (1993)
  3. Jurassic Park (Ocean of America) (1993)
  4. Jurassic Park (Ocean Software) (1993)
  5. Jurassic Park (SEGA Multimedia Studio) (1993)
  6. Jurassic Park Part 2 : The Chaos Continues (1994)
  7. Jurassic Park (SEGA AM3 R&D Division) (1994)
  8. Jurassic Park Interactive (1994)
  9. Jurassic Park : Rampage Edition (1994)
  10. The Lost World : Jurassic Park (SEGA AM3 R&D Division) (1997)
  11. The Lost World : Jurassic Park (Appaloosa Interactive Production) (1997)
  12. The Lost World : Jurassic Park (Aspect Co.) (1997)
  13. Chaos Island : The Lost World – Jurassic Park (1997)
  14. The Lost World : Jurassic Park (Torus Games Pty.) (1997)
  15. The Lost World : Jurassic Park (DreamWorks Interactive) (1997)
  16. Trespasser : The Lost World – Jurassic Park (1998)
  17. Warpath : Jurassic Park (1999)

Version Super Nintendo

Date de sortie : Novembre 1993 (États-Unis, Europe) – 24 juin 1994 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Langues : Allemand, anglais, espagnol, français, italien, japonais
Support : Cartouche
Contrôleurs : Joypad, souris
Versions testées : Versions américaine et française
Spécificités techniques : Cartouche de 16Mb

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

La déferlante Jurassic Park aura fait chavirer tous les cœurs des enfants et des adolescents de ma génération. Tous ? Non. Un jeune garçon âgé de douze ans au moment de la sortie du film en salles, à savoir moi, résista encore et toujours à l’engouement ambiant pour ce qu’il juge toujours être un sympathique film de divertissement mal rythmé, mais je m’égare.

En 1993, le film de Spielberg était l’équivalent pour le blockbuster international des Visiteurs pour la comédie franchouillarde et beuglante devant laquelle on ne pouvait me placer que de force : la mode incontournable du moment. Sans surprise, l’univers vidéoludique – qui commençait juste à comprendre l’intérêt d’adapter une licence à succès – n’aura bien évidemment pas laissé passer l’occasion, et ce seront deux firmes qui se seront partagé les droits : SEGA d’un côté, pour toutes ses machines, et les habitués d’Ocean, pour toutes les autres. Comme cela avait déjà été le cas pour RoboCop, la firme britannique n’aura toutefois pas imposé un jeu unique porté à toutes les sauces, mais bien toute une variété de versions adaptées chacune à son support. Intéressons-nous donc aujourd’hui à la variante destinée aux machines de Nintendo.

Le jeu vous place naturellement dans la chemise du principal protagoniste du film (et du livre) : Alan Grant, dont l’objectif principal – bien qu’il ne soit détaillé nulle part – correspondra à parvenir à quitter l’île, en mettant au préalable la main sur tous les œufs de raptors qui s’y trouvent, histoire de ne pas avoir à revenir faire la même chose dans Jurassic Park II.

Si l’action prend d’abord la forme d’un run-and-gun en vue de dessus (un peu comme dans la version parue sur PC et Amiga), vous allez rapidement comprendre que tuer tout ce qui bouge n’est pas nécessairement ce qui vous permettra de progresser. Les autres membres de l’équipe vous communiqueront en effet des objectifs, souvent au pire moment (nous y reviendrons), pour vous expliquer quoi faire, en commençant par redémarrer le générateur du site pour accéder aux systèmes informatiques. Vous allez donc avoir accès à la totalité du parc, dans lequel vous serez libre de vous frayer un chemin grâce à votre pistolet électrique, à la Fester’s Quest, avant de trouver des armes un peu plus adaptées (lance-roquette, fléchettes tranquillisantes, fusil à pompe) pour vous aider à faire le ménage et mener une expédition qui vous prendra au moins 75 minutes même en sachant parfaitement où aller. Voilà pour le programme.

Le premier axe du jeu correspondra donc à cette phase d’exploration de l’île en vue de dessus, à tâcher d’accomplir les objectifs distribués par vos pairs, souvent de la pire façon et au plus mauvais moment – c’est à dire via un texte en plein écran qui viendra vous boucher la vue au moment précis où vous vous apprêtiez à faire feu sur un dinosaure – tout en récoltant les fameux œufs.

J’insiste sur cet aspect « exploration », qui représente à mon sens le véritable intérêt de la manœuvre, l’action étant pour sa part assez molle, souvent frustrante à cause d’une vue rapprochée qui vous laisse très peu de temps pour réagir, et finalement assez secondaire puisque tuer les dinosaures n’est au fond même pas indispensable. Aucune carte n’étant disponible, vous devrez soit en dresser une vous-même – bon courage, dans un jeu en temps réel où vous ne voyez jamais à plus de dix mètres de distance – soit apprendre à domestiquer les lieux pour vous façonner, au gré des parties, un trajet « idéal » qui vous permettra de boucler l’aventure sans y passer la journée.

Notez d’ailleurs que si les morts risquent d’être nombreuses, vous disposez de toute façon de continues illimités qui devraient vous permettre de remplacer l’absence de système de sauvegarde par une patience à toute épreuve. La balade n’est pas déplaisante – même si on est très loin d’un Chaos Engine – mais il faut reconnaître qu’elle peut vite devenir assez monotone faute de réel renouvellement dans les décors et les ennemis rencontrés (qui se limiteront à des raptors et à des dilophosaures 95% du temps). Probablement conscient de cette limitation, l’équipe d’Ocean of America aura opté pour un choix assez gonflé en ajoutant des séquences d’intérieur… en vue subjective.

Vous aimez Wolfenstein 3D ? Ce sera un peu le principe ici, avec une fenêtre de jeu assez réduite et une fluidité assez discutable (la Super Nintendo ne peut compter ici que sur son processeur, cadencé à la même vitesse que celui d’une Master System, et sur ses jeux d’instructions) mais cela reste jouable. Par contre, ce n’est toujours pas là que l’adrénaline va grimper : la moitié des adversaires (les dilophosaures, pour ne pas les nommer) sera immobile, l’autre moitié fera soit des allers et retours au sein d’une pièce, soit optera pour vous foncer dessus.

On est donc davantage dans des phases de labyrinthes s’étirant sur des dizaines de pièces, parfois étalées sur plusieurs étages, et il faudra souvent commencer par trouver un objet A pour accéder à un point B : par exemple, certaines salles ne seront accessibles qu’en ayant au préalable trouvé des batteries pour vos lunettes de vision nocturne ; d’autres demanderont la carte d’accès de tel ou tel scientifique. La cartographie étant une nouvelle fois assez délicate, on se résoudra donc à suivre un mur en progressant lentement, quitte à passer beaucoup, beaucoup trop de temps dans ces fameux couloirs – parfois plus de 20 minutes, n’en jetez plus. Mais vous avez ici l’essence du jeu : l’exploration en alternant les phases en vue de dessus et les phases à la première personne.

C’est rarement grisant, souvent un peu fastidieux, mais cela peut aussi se montrer prenant quand on commence à s’adapter aux mécanismes et à chercher à faire avancer l’histoire une bonne fois pour toutes. En fait, Jurassic Park est typiquement le genre de jeu auquel on a envie de s’essayer une fois de temps en temps pour tenter d’aller un peu plus loin, mais sans jamais avoir envie d’y engloutir des heures faute d’être happé par une action finalement très limitée.

C’est un titre un peu étrange, le genre de logiciel qu’on aurait certainement été heureux de trouver à la location à l’époque pour découvrir à moindres frais une balade dans le parc qu’on aurait été moins emballés à l’idée de payer au prix fort. Si vous espérez vous défouler en déversant des munitions sur des dinosaures déchainés, passez votre chemin : vous risquez d’avoir fait le tour de ce que le titre a à offrir dans ce domaine au bout de cinq minutes. Si en revanche vous avez envie de découvrir le parc à hauteur d’homme, quitte à vous lancer dans une expédition de longue haleine vous demandant de prévoir des vivres pour trois heures et une feuille et un crayon pour cartographier les environs, vous devriez trouver ici nettement plus matière à vous amuser – d’autant que les graphismes sont agréables et la jouabilité assez simple à prendre en main.

L’univers du film est également bien respecté, avec même un Nedry qui vous dispensera volontairement des conseils foireux, fidèle à son rôle de traitre ! Un jeu finalement assez cohérent face au film dont il est tiré : bien réalisé et mal rythmé. Sans doute pas le meilleur de la licence, mais une bonne occasion de sortir un peu des éternels titres d’action/plateforme qui pullulaient alors pour verser dans une sorte de Metroidvania un peu bancal. Ce n’est déjà pas si mal.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE : 13/20 Inutile de revenir ici sur la réputation détestable dont souffrent – le plus souvent à raison – les adaptations vidéoludiques des grands succès du cinéma. Le fait est qu'elle ne correspond pas à ce Jurassic Park sur Super Nintendo qui, malgré de nombreux petits défauts, peut se vanter d'être un run-and-gun cohérent largement capable de vous garder devant votre écran pendant quelques heures. Certes, ceux qui espèrent retrouver ici un jeu façon The Chaos Engine ou même The Firemen risquent de déchanter face aux limites et aux nombreuses maladresses des phases d'action – inutilement appesanties par d'audacieuses séquences à la première personne qui virent davantage au labyrinthe en 3D qu'à une partie de Doom. Mais c'est précisément dans sa composante exploration et dans son aspect « visite du parc » que le titre est le plus intéressant, ressemblant davantage à une fouille méthodique qu'à un jeu d'action à grande échelle. Un logiciel souvent frustrant et inutilement répétitif, mais qui saura sans doute trouver son public auprès des fans du film ou du livre.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Pas d'instructions claires au début du jeu – 95% du jeu qui consiste à comprendre quoi faire, où et dans quel ordre – Ces messages qui viennent vous couvrir l'écran au pire moment – Une vue trop rapprochée qui pénalise l'anticipation – Des séquences en intérieur poussives, labyrinthiques et beaucoup trop longues – Des parties à rallonge où un système de sauvegarde n'aurait vraiment pas fait de mal – Une carte consultable en jeu n'aurait pas été de trop non plus

Bonus – Ce à quoi peut ressembler Jurassic Park sur un écran cathodique :

Version Game Boy

Développeur : Ocean of America, Inc.
Éditeur : Ocean Software Ltd.
Date de sortie : 8 juillet 1993 (États-Unis) – 26 août 1993 (Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langues : Allemand, anglais, espagnol, français, italien
Support : Cartouche
Contrôleur : Console
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques : Cartouche de 2Mb

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Comme beaucoup de licences à succès, Jurassic Park ne se sera pas arrêté aux consoles 16 bits ; la Game boy et la NES auront également eu le droit à leur propre portage. Dans les deux cas, le titre reprend d’ailleurs les grandes lignes de la version Super Nintendo en les adaptant. Sur la console portable, par exemple, plus question d’une seule grande île à parcourir d’un bloc : le jeu est à présent divisés en niveaux, eux-même clôturés par un boss, et introduits par un briefing vous délivrant vos objectifs… lesquels vont en réalité toujours prendre sensiblement la même forme : explorer la zone, collecter une nouvelle fois tous les œufs de raptor, ce qui, une fois fait, vous délivrera des cartes d’accès qui vous permettront à leur tour d’activer des terminaux ou d’entrer dans des bâtiments avant de refaire la même chose pour aller plus loin.

Le principe, une fois assimilé, est sympathique, et fonctionne d’ailleurs plutôt mieux que sur Super Nintendo, mais on regrettera que le jeu ne vous donne absolument aucune indication pour progresser : vous avez trouvé une carte d’accès ? Alors à vous le plaisir d’aller l’essayer sur tous les pylônes et toutes les portes fermées du niveau jusqu’à ce que vous trouviez ce qu’elle ouvre ! Évidemment, cela est surtout vrai la première fois que vous visiterez un nouveau stage, mais cela reste un procédé un peu cheap pour allonger inutilement la durée de vie d’un jeu qui vous demandera à nouveau plus d’une heure en sachant où aller pour avoir une chance d’en venir à bout. Autre défaut : toujours des mauvaises idées à la pelle, comme ces bonus qui peuvent aussi être des malus, ou encore ce premier boss qui ne serait que pénible s’il vous demandait d’éviter des tricératops, mais encore faut-il aussi faire louvoyer ce petit crétin de Tim qui aura un temps de retard sur tout ce que vous ferez, pour un timing déjà serré !

C’est d’autant plus dommage que le jeu est autrement relativement bien pensé, avec une partie action plutôt moins frustrante que sur Super Nintendo, et des musiques très efficaces qui vous accompagnent avec entrain. Une nouvelle fois, on se retrouve avec un titre sympathique mais inutilement rébarbatif à force de vouloir allonger inutilement des niveaux qui n’en avaient pas besoin. En étant un peu mieux pensé – et un peu plus varié – ce Jurassic Park aurait pu prétendre à coup sûr faire partie des très bons logiciels de la ludothèque de la machine, il se contentera des places d’honneur. Tant pis.

NOTE FINALE : 13,5/20

Encore une fois, c’est avant tout une suite de maladresses de game design qui pénalisent inutilement un Jurassic Park qui aurait pu être un jeu extrêmement efficace sur Game Boy. Alourdi par des allers-et-retours inutiles et par des séquences frustrantes, le jeu s’étire jusqu’à l’essoufflement à force de vouloir trop en faire sans avoir assez de matière pour accrocher le joueur jusqu’au bout. Un jeu qui ne trouvera une nouvelle fois pas toujours son public, mais où tout n’est clairement pas à jeter.

Version NES

Développeur : Ocean of America, Inc.
Éditeur : Ocean Software Ltd.
Date de sortie : Juin 1993 (États-Unis, Europe)
Nombre de joueurs : 1
Langues : Allemand, anglais, espagnol, français
Support : Cartouche
Contrôleur : Joypad
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques : Cartouche de 2Mb

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Pour la version NES de Jurassic Park, au moins, les choses vont aller vite : prenez la version Game Boy du jeu, mettez-la en couleurs, reculez la vue, rendez l’action plus nerveuse et la difficulté plus importante, et vous obtiendrez votre portage flambant neuf. Objectivement, le pire est que cela fonctionne plutôt bien : l’aspect action est plus exigeant et plus prenant, la jouabilité est meilleure, et la réalisation est efficace, surtout du côté de la musique où les oreilles exercées reconnaitront peut-être… un thème musical directement tiré de Comic Bakery sur Commodore 64 (thème musical qui aura d’ailleurs beaucoup voyagé puisqu’on l’aura également entendu sur Platypus et peut-être même sur HKM, mais ce n’est pas le sujet ici). Toutes les lourdeurs de la version Game Boy ont beau être toujours présentes, il faut reconnaître que l’alchimie générale reste sensiblement meilleure – à condition d’aimer les défis assez relevés, car le titre ne fait aucun cadeau. De loin en loin, on tient peut-être là, malgré tout, la meilleure version du jeu pour les consoles Nintendo.

NOTE FINALE : 14/20

C’est peut-être sur NES que le concept de ce Jurassic Park en vue de dessus fonctionne le mieux : l’action est plus nerveuse, le concept plus exigeant, le défi plus relevé et l’ensemble sensiblement plus ludique. Tout est encore loin d’être parfait, mais les amateurs de run-and-gun à la recherche d’un représentant du genre sur NES devraient clairement laisser sa chance à cette version.