
Développeur : Taito Corporation
Éditeur : Taito Corporation
Testé sur : Arcade
Présent au sein de la compilation : Taito Memories II : Joukan (2007 – PlayStation 2)
La saga Bubble Bobble (jusquà 2000) :
- Bubble Bobble (1986)
- Rainbow Islands : The Story of Bubble Bobble 2 (1987)
- Rainbow Islands Extra (1988)
- Parasol Stars : The Story of Bubble Bobble III (1991)
- Bubble Bobble Part 2 (NES) (1993)
- Bubble Bobble Part 2 (Game Boy) (1993)
- Bubble Bobble II (1994)
- Bubble Memories : The Story of Bubble Bobble III (1996)
- Classic Bubble Bobble (1999)
- Rainbow Islands : Putty’s Party (2000)
Version Arcade
| Date de sortie : Février 1996 (International) |
| Nombre de joueurs : 1 à 2 |
| Langue : Anglais |
| Support : Borne |
| Contrôleurs : Un joystick (huit directions) et deux boutons |
| Version testée : Version 2.40 |
| Hardware : Taito F3 System Processeurs : Motorola MC68EC020 16MHz ; Motorola MC68000 15,23809MHz ; ES5510 10MHz Son : Haut-parleur (x2) ; Taito Ensoniq Sound System ; Ensoniq 5505/5506 to 5510 interface 29,761kHz ; Ensoniq ES5505 15,23809MHz ; 2 canaux Vidéo : 320 x 224 (H) 58,97Hz |
Vidéo – L’introduction et l’écran-titre du jeu :
S’il fallait donner un exemple pour aider à visualiser la définition de ce qu’est un paradoxe, la trajectoire de la licence des Bubble Bobble en fournirait sans doute un bon. D’un côté, Taito aura semblé croire d’un bout à l’autre à sa série et ne jamais la lâcher, quitte à adopter une chronologie quelque peu confuse paraissant ne jamais se mettre d’accord pour savoir quel épisode était censé être le deuxième.

De l’autre, une sorte de reniement plus ou moins assumé des suites pourtant tout-à-fait officielles qu’étaient Rainbow Islands et Parasol Stars pour s’attacher à délivrer des épisodes désormais fermement attachés au concept et au gameplay du premier opus – souvent au prix de la prise de risques ou de l’originalité. Une approche dont la pertinence était d’autant plus discutable que la série, malgré ses épisodes à répétition, paraissait incontestablement avoir beaucoup perdu en rayonnement, avec des titres connaissant de moins en moins de portages et échouant de plus en plus régulièrement à quitter le Japon. Ce fut donc avec une certaine distance que l’occident recueillit l’annonce de la sortie de Bubble Memories : The Story of Bubble Bobble III, tant ce n’était pas forcément le type de logiciel que les joueurs de 1996, qui pouvaient aller s’éclater sur Time Crisis ou sur Soul Blade dans les salles d’arcade entre deux parties de Tomb Raider ou de Resident Evil, semblaient attendre. Et pourtant, la borne débarqua… dans une vaste et totale indifférence.

Il faut dire que ceux qui auraient espéré que ce « troisième » opus (qui est également le sixième, voire le septième ou le huitième selon la façon dont on compte) soit celui du grand bouleversement, voire du passage à la 3D, en seront immédiatement pour leurs frais : comme son nom le sous-entend, Bubble Memories s’avance comme une aventure nostalgique tournée vers les souvenirs, soit comme une sorte de remake plus ou moins assumé – pour ne pas dire de redite – du premier épisode.

L’histoire est d’ailleurs à nouveau celle de Bubby et Bobby transformés en dragons par un mystérieux antagoniste, mais dans une vague tentative de lier les deux « branches » de la saga, ils vivent désormais sur une île baptisée… Rainbow Island. Pour le reste, la philosophie est claire dès le début : dix ans après, Bubble Memories, c’est Bubble Bobble qui fait du Bubble Bobble… jusqu’à la caricature. Quatre-vingt niveaux, le jeu à deux en coopératif, des secrets à la pelle et des modes de jeu cachés dont l’indispensable mode « Super » : le menu est pratiquement le même que dix ans plus tôt. Les nouveautés ? Un mode « Practice » de dix niveaux qui fait également office de didacticiel, une « super bulle » qui permet de capturer plusieurs monstres à la fois (ou les monstres les plus gros), et l’ajout de séquences aquatiques où nos dragons vont devoir se mouvoir en nageant. Et… c’est tout. C’est un peu court, jeune homme !








Certains argueront d’ailleurs – et ils n’auront pas tort – que même le concept de la « super bulle » en lui-même est moins une idée nouvelle que le recyclage d’un concept similaire déjà étrenné par… Parasol Stars, cinq ans plus tôt ! Mais pour tout dire, ce qu’on peut reprocher à ce Bubble Memories, c’est moins d’avoir peu de choses inédites à proposer que… d’avoir tiré un trait sur pratiquement tout ce qu’avait introduit les épisodes précédents.

Le personnage à sélectionner, les routes alternatives, le contenu étendu de Bubble Bobble II ? Vous pouvez tirer un trait sur tout cela, ce n’est plus à l’ordre du jour ! La possibilité de se s’envoler en se gonflant ou à l’aide d’une bulle, comme dans Bubble Bobble Part 2 ? Vous pouvez l’oublier aussi ! Non, rien à faire, en fait de « Bubble Bobble III », on est davantage face à un « Bubble Bobble Reboot », le problème étant que celui-ci n’a tout simplement rien à proposer pour renouveler un tant soit peu l’expérience. Non seulement ce n’était clairement pas ce qu’on pouvait attendre d’une borne d’arcade de la deuxième moitié des années 90, mais le pire est que le titre trouve même le moyen de régresser techniquement comparé à son prédécesseur, paru deux ans plus tôt ! Qui est le génie qui a eu l’idée de remplacer les superbes décors de fond dessinés à la main par des photographies digitalisées dégueulasses et impersonnelles figurant des animaux ? On se croirait devant un jeu libre de droits programmé à destination du CD-i !

Alors à ceux qui s’inquièteraient de cette déferlante de reproches, autant préciser qu’un Bubble Bobble sans idée ni éclat reste un Bubble Bobble, et qu’à défaut d’être surpris une seule nanoseconde, on peut toujours passer un bon moment en compagnie de nos deux dragons – surtout que la difficulté a au moins le mérite de s’avérer plus progressive que dans Bubble Bobble II et de ne pas vous sauter au visage avant même d’avoir eu le temps d’arriver au premier boss (c’est à dire au niveau dix), même si les boss en question avec leurs pluies de projectiles sont toujours un peu trop gratinés.

Il n’en reste pas moins qu’on est clairement face à un jeu de niche à destination de joueurs venus chercher précisément du réchauffé, et absolument rien d’autre. On est davantage face à un pack de niveaux additionnels pour le premier opus fourni avec dix ans de retard que face au Bubble Bobble III fièrement annoncé dans le sous-titre. Est-ce mauvais ? Non, très loin de là, mais cela n’en reste pas moins l’un des épisodes les plus décevants et les plus dépourvus d’ambition de toute la saga. Ceux qui n’attendaient de toute façon pas grand chose de plus pour rempiler pourront le faire avec un enthousiasme contenu, et les néophytes pourront au moins aborder le concept en douceur – mais quitte à découvrir la saga, autant commencer par le premier épisode, le vrai, qui a le mérite d’avoir une âme et un héritage que ce petit opus sans inspiration ne pourra jamais revendiquer. À réserver aux mordus, aux vrais avec des morceaux de bulle coincés entre les dents.

















Vidéo – Cinq minutes de jeu :
NOTE FINALE : 16/20
On aurait facilement pu pardonner à Bubble Memories : The Story of Bubble Bobble III de débarquer avec en tout et pour tout une seule idée neuve, à savoir l'ajout d'une « super bulle » permettant de capturer plusieurs monstres à la fois... si le titre de Taito n'avait pas dans le même temps décidé de tirer un trait sur tous les apports de Bubble Bobble II. Certes, Bubble Bobble étant Bubble Bobble, le gameplay est toujours aussi efficace – et on pourra apprécier que ce troisième opus se montre un peu moins punitif que son prédécesseur, du moins au début – mais entre les décors sans âme, les boss infects et le manque absolu d'innovation, on réservera néanmoins cet opus aux vrais mordus de la série, ou à la rigueur aux nouveaux venus. Tous les autres peuvent enlever deux ou trois points à la note finale tant les aventures de Bubby et Bobby commencent vraiment à sentir le réchauffé.
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Une idée originale ? Youhou, quelqu'un ?
– Des images digitalisées en guise de décor ? Sérieusement ?
– Des boss pensés d'un bout à l'autre pour être des aspirateurs à crédits
– Un contenu et une rejouabilité en baisse depuis Bubble Bobble II
Bonus – Ce à quoi pouvait ressembler Bubble Memories sur une borne d’arcade :

