Batman (1986)

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Développeurs : Jon Ritman, Bernie Drummond et Mark Selin
Éditeur : Ocean Software Ltd.
Testé sur : ZX Spectrum, Amstrad CPC, MSX
Version non testée : Amstrad PCW
Version disponible en téléchargement gratuit : Remake Windows réalisé par Retrospec

La licence Batman (jusqu’à 2000) :

  1. Batman (1986)
  2. Batman : The Caped Crusader (1988)
  3. Batman (1989)
  4. Batman : The Video Game (1990)
  5. Batman (Arcade) (1990)
  6. Batman (PC Engine) (1990)
  7. Batman : Return of the Joker (1991)
  8. Batman Returns (Atari Corporation) (1992)
  9. Batman Returns (Subway Software) (1992)
  10. Batman Returns (Aspect Co.) (1992)
  11. Batman Returns (Malibu Interactive) (1992)
  12. Batman Returns (Konami) (1993)
  13. Batman returns (Dentons) (1993)
  14. Batman : The Animated Series (1993)
  15. The Adventures of Batman & Robin (Konami) (1994)
  16. The Adventures of Batman & Robin (Novotrade International) (1995)
  17. Batman Forever (Probe Entertainment) (1995)
  18. The Adventures of Batman & Robin (Clockwork Tortoise) (1995)
  19. Batman Forever (Iguana Entertainment) (1996)
  20. Batman : Partners in Peril (1996)
  21. Batman & Robin (1998)
  22. Batman Beyond : Return of the Joker (2000)

Version ZX Spectrum

Année de sortie : 1986
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version disquette testée sur ZX Spectrum 128k
Spécificités techniques :

Avez-vous déjà entendu parler de Jon Ritman et Bernie Drummond? Rassurez-vous, personne ne vous en voudra si vous répondez par la négative. Impossible de prétendre connaître le nom de tous les programmeurs ou graphistes que compte la planète, et ceux-ci appartiennent en plus à une légende bien particulière, qui n’a toujours tenu qu’une place très marginale en-dehors du Royaume-Uni: celle du ZX Spectrum.

Collecter les sept morceau de votre véhicule ne sera pas une mince affaire

Ils comptent en effet à leur actif deux des meilleurs titres de la machine de Sinclair: l’inusable Head over Heels, et un titre encore plus surprenant mettant en scène un personnage qui n’avait alors pas encore connu les honneurs du jeu vidéo, Batman, un an plus tôt. les deux acolytes auront même persévéré jusque sur Game Boy, où ils développeront le très sympathique Monster Max. Le point commun entre ces trois titres, en-dehors de leurs créateurs? Une vue isométrique très caractéristique initiée par le très bon Knight Lore et popularisée depuis par des titres comme Solstice ou Landstalker, et son gameplay très particulier, mais ô combien addictif.

Avouez que vous ne vous attendiez pas à ça

Le prétexte? Robin a été enlevé! Vous me direz: ça tombe bien, c’est à peu près son seul usage, et vous n’aurez pas vraiment tort, mais ce n’est pas la question. Le fait est que le Joker et l’Homme-Mystère (que vous ne verrez d’ailleurs pas de toute la partie) lui ont mis la main dessus, il appartient donc à Batman d’aller récupérer son coéquipier. Seulement voilà, pour se faire, il aura besoin de son Batcraft, un bat-machin qui n’est visiblement ni sa Batmobile ni son Batwing, mais pour être honnête ça n’a aucune importance. Ce qui est important, en revanche, c’est que ce fameux véhicule a vu ses morceaux dispersés dans les catacombes apparemment situées sous la Batcave. Batman va donc devoir aller les récolter (car c’est en fait ça, le vrai but du jeu!) mais avant, il devra commencer par récupérer son équipement!

Ce n’était pas très malin, d’aller ranger votre jetpack au milieu de pointes mortelles!

D’accord, ça n’est peut-être pas extraordinairement cohérent (on sent bien que le scénario a été créé après coup, la possibilité de jouer Robin a d’ailleurs longtemps été considérée, son sprite est même présent dans fichiers du jeu), mais ce sera une raison aussi valable qu’une autre pour parcourir les quelques 150 écrans du programme en évitant les pièges et les laquais placés par vos adversaires, dans un concept où l’exploration et la réflexion seront au moins aussi importants que la dextérité.

Assembler votre Batcraft ne suffira pas, il faudra encore aller le récupérer après!

Au début de la partie, vos possibilités sont encore très limitées: vous ne pourrez alors que vous déplacer dans les quatre directions cardinales, en vous efforçant d’éviter les adversaires placés sur votre chemin. Avant d’avoir accès à toutes vos capacités, il faudra en effet commencer, comme on l’a vu, par collecter les pièces de votre équipement: vos bottes vous permettront de sauter, votre sac de ramasser des éléments pour les déposer ailleurs dans la même pièce, votre jetpack vous offrira un contrôle sur votre déplacement horizontal pendant une chute que votre ceinture se chargera de ralentir. Plusieurs types de bonus, parmi lesquels des vies supplémentaires mais également des power-ups augmentant temporairement votre vitesse ou vos capacités pourront être trouvés au fil des niveaux, mais attention: certains d’entre eux sont piégés et agiront en fait en tant que malus! Comment les reconnaître? C’est très simple: vous ne pouvez pas, votre seul recours sera donc votre mémoire. Car autant vous y faire tout de suite: vous allez beaucoup mourir.

Pour progresser, il faudra parfois faire preuve d’imagination!

Le titre d’Ocean fait, à ce titre, parfaitement son âge, en assumant totalement un aspect Die & Retry qui vous obligera souvent à mourir à la suite d’un piège que vous ne pouviez tout simplement pas anticiper à l’avance. Le moindre contact avec quoi que ce soit est mortel – y compris avec certains murs! – et votre valeureux aventurier ne dispose bien évidemment que d’un seul et unique point de vie, ce qui signifie que vos premières parties risquent d’arriver très vite à leur conclusion.

Récupérer vos bottes vous demandera déjà de surmonter plusieurs pièges vicieux

Surtout, plus encore que d’une habileté certaine – certains passages de plateforme sont atroces, encore handicapés par une perspective qui ne permet jamais de juger efficacement de la hauteur d’un élément – il faudra très souvent faire preuve de jugeote pour comprendre comment progresser, la marche à suivre pour récupérer un élément indispensable ou simplement pour accéder à l’écran suivant n’étant pas toujours évidente et vous obligeant régulièrement à des expérimentations risquées. Le bon côté, c’est cette indéniable satisfaction lorsqu’on réalise enfin comment surmonter une embuche qui nous résistait depuis plusieurs jours, nous autorisant ainsi à continuer notre exploration jusqu’à la prochaine colle.

Le titre a une patte certaine

Le principe est simple et vieux comme le monde, mais il est d’une efficacité redoutable, et tous ceux ayant eux l’occasion de s’essayer à un jeu du même type, de Solstice à Equinox, sauront immédiatement de quoi je parle. La jouabilité, au clavier ou au joystick, a le bon goût d’être d’une précision exemplaire, et le level design est suffisamment bien pensé pour qu’on ne puisse pas accéder au cœur du jeu sans avoir récupéré au préalable tous nos précieux gadgets.

Il y a beaucoup de choses à faire et beaucoup de choses à voir

On a beau mourir souvent, on s’énerve finalement assez peu, les écrans s’enchaînant rapidement et avec une belle variété. On pourra d’ailleurs saluer, au passage, la lisibilité et le soin d’une réalisation pourtant essentiellement monochrome, mais regorgeant de détails au point de ne jamais rendre l’aventure trop redondante en dépit de la simplicité des mécanismes. Pour du ZX Spectrum, cela reste du bel ouvrage, et on appréciera que le thème iconique de la série Batman des années 60 se fasse entendre à chaque fois que vous récoltez un des composants de votre Bat-bidule. On finit rapidement par faire abstraction des graphismes pour se plonger corps et âme dans l’exploration, ce qui est toujours très bon signe.

Certaines salles sont plus grandes que d’autres

En dépit de son âge, on est d’ailleurs encore surpris de voir à quel point le concept fonctionne encore à la perfection dès qu’on accepte de lui consacrer cinq minutes: quatre directions, un saut, quelques énigmes et la sauce prend immédiatement. Même les plus âgés et les plus patients des rétrogamers savent très bien à quel point une large partie des titres des années 80, et particulièrement ceux développés à destination des ordinateurs 8 bits, ont tendance à avoir pris un sacré coup de vieux – ce n’est absolument pas le cas ici, et l’engouement vivace encore suscité par les différents titres imaginés par Jon Ritman et Bernie Drummond, comme en témoignent leurs remakes, en est sans doute la meilleure preuve. Ce n’est peut-être pas tout à fait le Batman auquel on s’attendait, mais c’est à n’en pas douter le meilleur qu’on ait pu rêver d’offrir au ZX Spectrum. Une nouvelle preuve que le talent est encore la chose qui survit le mieux à l’épreuve du temps.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE : 15,5/20 Batman aura donc débuté ses aventures vidéoludiques en 1986 et, surprise, loin de privilégier d'emblée le genre de l'action/plateforme, il aura préféré se présenter sous la forme d'un ancêtre d'Head over Heels! C'était, rétrospectivement, sans doute le meilleur choix à faire, car le titre de Jon Ritman et Bernie Drummond figure sans contestation dans les meilleurs jeux jamais programmés sur ZX Spectrum. Le défi est redoutable, la logique pas toujours évidente, et il n'y aurait rien d'exceptionnel à laisser tomber la quête des morceaux de votre bat-machin au bout de quelques écrans; pourtant, on y revient malgré tout avec davantage de plaisir que de frustration, curieux de trouver enfin la réponse à cette maudite salle qui nous bloque depuis si longtemps. Il faudra bien évidemment composer avec toutes les limitations inhérentes à la machine de Sinclair - sauf à se lancer sur l'excellent remake Windows réalisé par Retrospec - mais la réalisation conserve un charme certain, et la jouabilité est aussi précise qu'on est en droit de l'exiger. Une très bonne surprise, et un jeu qui mérite qu'on se souvienne de lui.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Un aspect Die & Retry assez prononcé – Des séquences de plate-forme très exigeantes qui tolèrent rarement l'erreur et nécessite des placements au pixel près – Une perspective pas toujours aisée à lire – Très difficile

Du côté des fans :

Reconnaissez que ça a de la gueule!

Signe de son importance dans la ludothèque du ZX Spectrum, Batman aura bénéficié de rien de moins qu’un remake pour Windows, développé au début du siècle par Retrospec, qui a d’ailleurs également réalisé des remakes des excellents Knight Lore et Head over Heels, entres autres. Vous pourrez trouver des détails, ainsi que les liens pour télécharger gratuitement le jeu, sur la page de Retrospec à cette adresse. Évidemment, inutile de dire que la réalisation en haute résolution fait énormément de bien au jeu – notamment grâce à l’ajout d’ombres qui aident enfin à savoir à quelle altitude se situent les différentes plateformes – et que ce remake constitue une excellente façon de découvrir le titre pour tous les joueurs qui n’auraient pas un ZX Spectrum sous la main ou l’envie de le faire tourner. Essayez-le, et vous pourriez bien tomber amoureux de ce premier Batman!

Version Amstrad CPC

Année de sortie : 1986
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version disquette testée sur Amstrad CPC 6128 Plus
Spécificités techniques :

Ne cherchez pas une cohérence dans les couleurs, y’en a pas!

Le ZX Spectrum avait beau être le roi du marché informatique britannique à la fin des années 80, il aurait été dommage qu’un succès comme Batman n’aille pas tenter sa chance sur les autres machines. Pas du côté du Commodore 64, étrangement, mais bien de celui de l’Amstrad CPC. Au menu? Exactement la même chose, mais en plus coloré. Le choix opéré a en fait été de changer de palette à chaque écran, exactement comme sur ZX Spectrum, ce qui fait que notre héros, toujours bicolore quoi qu’il arrive, porte selon les circonstances une cape rouge magenta ou vert pomme. Autre détail rigolo: la partie normalement grise de son costume étant systématiquement colorié de la même teinte que sa peau, on a souvent l’impression que notre homme chauve-souris se balade en slip! En-dehors de ces quelques appréciations esthétiques, le jeu est identique dans son déroulement, il est toujours jouable au joystick ou au clavier, et il n’y a toujours pas de musique en-dehors de l’écran nous présentant les pièces du Batcraft. Bref, rien de neuf, mais le travail a été fait.

NOTE FINALE : 16/20

Après son développement sur ZX Spectrum, Batman débarque sur CPC en en profitant pour mettre sa plus belle cape chargée en couleurs psychédéliques. Le jeu est sinon toujours aussi efficace, toujours aussi difficile et toujours aussi exigeant.

Version MSX

Année de sortie : 1986
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version disquette
Spécificités techniques :

Jouer sur MSX en Europe, ou comment être systématiquement pris pour un con

Choix logique pour n’importe quel jeu développé sur ZX Spectrum: le portage sur MSX. Logique, car les deux machines partageaient la même architecture de processeur, ce qui favorisait les petits portages feignants ne tirant aucunement parti des capacités de la machine reine du marché japonais. Sans surprise, c’est exactement ce qu’on retrouve ici – ce qui est d’autant plus injustifiable que le MSX avait très largement les capacités pour afficher les graphismes de la version CPC. Dommage pour les possesseurs de la machine, mais le jeu a au moins le bon goût de tourner aussi bien que sur ZX Spectrum.

NOTE FINALE : 15,5/50

Comme c’était systématiquement le cas à l’époque sur le marché européen, la version MSX de Batman n’est absolument rien de plus qu’un portage fidèle au pixel près de la version ZX Spectrum – quand bien même le MSX aurait largement pu proposer une réalisation équivalente à la version CPC. C’est dommage, mais cela ne transforme pas le titre de Jon Ritman et Bernie Drummond en mauvais jeu, c’est déjà ça.

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