
Développeur : ASK Kodansha Co., Ltd.
Éditeur : ASK Kodansha Co., Ltd. (Japon) – Activision, Inc. (Amérique du Nord)
Titre original : Alien vs Predator (Japon)
Testé sur : Game Boy
La licence Alien vs. Predator (jusqu’à 2000) :
- Alien vs Predator (Jorudan) (1993)
- Alien vs Predator : The Last of His Clan (1993)
- Alien Vs Predator (Rebellion Developments) (1994)
- Alien vs. Predator (Capcom) (1994)
- Alien Versus Predator (1999)
Version Game Boy
| Date de sortie : 24 septembre 1993 (Japon) – Octobre 1993 (Amérique du Nord) |
| Nombre de joueurs : 1 |
| Langues : Anglais, traduction française par Génération IX |
| Support : Cartouche |
| Contrôleur : Console |
| Version testée : Version américaine patché en Français |
| Spécificités techniques : Cartouche d’1Mb |
Vidéo – L’introduction et l’écran-titre du jeu :
Que font deux des créatures extraterrestres les plus puissantes de la galaxie (et surtout, les plus iconiques de la pop culture) lorsqu’elles se rencontrent ? Que ce soit en termes narratifs ou ludiques, la réponse est simple : elles se tapent dessus. Une approche qui, à défaut d’être originale, pouvait à la fois délivrer le meilleur comme le pire, et pour tout dire la seule véritable alternative explorée aura été d’ajouter des humains au milieu et, tant qu’à faire, de leur offrir un fusil pour se défendre. Mais en dépit des meilleurs efforts de Dark Horse Comics pour essayer d’apporter un semblant d’épaisseur à cette rencontre au sommet, autant le dire : on n’en a jamais vraiment attendu autre chose qu’une confrontation, de préférence la plus violente et la plus graphique possible, et il ne faut donc pas s’étonner que toutes les adaptations vidéoludiques de la licence aient pris la forme d’un beat-them-all ou d’un FPS.

Toutes, sauf une.
Car le problème avec les deux genres susnommés, c’est qu’ils ne se mariaient pas nécessairement très bien avec le hardware de la Game Boy (surtout le second). Dès lors, confrontés à l’éternelle question du game design, l’équipe d’ASK Kodansha aura choisi d’emprunter une voie différente et surtout un petit peu plus originale. Cela aura donné Alien vs Predator : The Last of his Clan, et cela aurait surtout pu offrir une très bon jeu si seulement le studio japonais avait eu plus d’ambition, de temps, de moyens ou d’idées (rayez les mentions inutiles). À la place, cela aura offert… eh bien, c’est ce que nous allons voir, justement.

Le scénario s’inscrit dans ce qui composait déjà les grandes lignes de la licence : à la fin du XXVIe siècle, les Predator ont eu l’idée ô combien originale de transformer une colonie terrienne du système Alpha du Centaure en la seule chose qui les intéresse, à savoir un terrain de chasse.

Pour pimenter un peu les choses (les colons n’étant pas exactement des adversaires de valeur), ils auront répandu des œufs de facehuggers un peu partout dans les villes de la colonie histoire d’avoir une bonne moisson de xénomorphes à affronter. Petit problème : les créatures se révélant plus nombreuses que prévu, les chasseurs deviennent chassés et se font rapidement exterminer… à l’exception d’un unique membre, le « dernier de son clan » (d’où le titre), qui déduit que ce surnombre était dû à la présence d’une reine pondeuse – et, étant rancunier autant que dopé à l’honneur, il décide donc d’aller régler son compte à la créature histoire de venger ses semblables et d’en profiter pour réparer leurs conneries.

Le concept du jeu est donc de progresser dans un complexe souterrain de sept niveaux histoire d’aller rejoindre la reine et de voir si elle fait toujours la maligne en mano a mano (ou plutôt en garra a garra, mais je m’égare). L’objectif est simple : rejoindre la sortie (toujours située à l’extrémité droite) dans des labyrinthes présentés en vue de profil et dont la carte située en haut de l’écran se dévoile au fur-et-à-mesure de l’exploration.

Histoire de compliquer les choses, l’accès à cette sortie est systématiquement bloqué par une porte qui ne peut être ouverte qu’à l’aide d’une clef elle-même située quelque part dans le labyrinthe. Histoire de les compliquer encore un peu, une limite de temps (présentée sous la forme d’une réserve d’énergie) est également présente, et puis tant qu’à faire il y a également des monstres pour se placer sur votre route, ainsi que des murs qui ne pourront être détruits qu’à l’aide de bombes, elles aussi à collecter dans les couloirs du complexe. Histoire de mieux faire face à l’adversité, votre Predator bénéficie de tout son arsenal habituel (tirs à tête chercheuse, griffes, lames coupantes, camouflage), mais il devra hélas commencer par trouver les munitions, étant manifestement parti les poches vides. Voilà pour le concept.

Dans les faits, ce qui aurait pu être un excellent point de départ pour offrir une aventure divertissante pendant une bonne demi-heure, voire plus si affinités, semble hélas être arrivé à court d’idées au bout de cinq minutes. Car une fois bouclé le premier niveau, ses couloirs tous pareils et ses trois malheureux types d’adversaires des xénomorphes, des facehuggers et des espèces de vers qui se promènent au sol), la révélation se fait jour : le programme a d’ores et déjà dévoilé l’intégralité de ses possibilités, et strictement rien de neuf ne viendra faire son apparition dans la suite du jeu afin de proposer un minimum de surprises ou de variété.

Pour tout le restant de la partie, il n’y aura toujours que ces trois types d’ennemis, les couloirs seront toujours aussi peu variés, et il s’agira toujours de trouver une clef puis une porte (toujours située à droite) en temps limité. Fin de l’histoire. Ce serait déjà très limité si les combats n’étaient pas aussi basiques : les ennemis n’ayant pour ainsi dire aucun pattern, on peut très facilement les vaincre en se contentant de marteler l’attaque de base, à tel point que vos fameuses armes secondaires sont plutôt moins efficaces et, pour ainsi dire, totalement inutiles. Ce qui tombe plutôt bien, puisque les munitions étant de toute façon très rare (et le jeu ne vous laissant pas les conserver d’un niveau à l’autre), on n’a pratiquement jamais l’occasion de s’en servir même lorsqu’on en a envie. Même le combat final se limite à se coller au corps-à-corps avec la reine alien et à la tabasser en s’éloignant toutes les cinq secondes pour éviter se projection d’acide. C’est un peu court, jeune homme…

En résulte donc un jeu dont la seule difficulté est de mémoriser le plan de chaque niveau, en prenant au passage le réflexe de rentrer dans tous les murs puisque, dès le troisième niveau, il est très fréquent que la clef soit dissimulée derrière un passage secret. Il n’y a aucune énigme, aucune subtilité, aucune profondeur, la seule bribe de technique du jeu demandant d’utiliser le souffle de l’explosion des bombes – avec le bon timing – pour pouvoir sauter plus haut et plus loin et ainsi accéder à des plateformes autrement inaccessibles.

Mieux vaut ne pas trop se rater, d’ailleurs, car une fois vos bombes épuisées, vous en serez quitte pour perdre une vie afin de recommencer le niveau et retourner en chercher. Vu à quel point la limite de temps est serrée, vous n’auriez de toute façon pas eu le temps de retourner en collecter même si elles avaient eu la bonne idée de réapparaître. Bref, on a une promesse de jeu qui tient littéralement moins de cinq minutes avant de s’épuiser, et si ce qui reste n’est pas fondamentalement désagréable à jouer, il n’y a simplement rien à voir ni à découvrir qui puisse encourager un joueur à s’accrocher plus de quelques parties avant de se décider à aller faire quelque chose de plus intéressant. Dommage, les bases étaient intéressantes.
Vidéo – Le premier niveau du jeu :
NOTE FINALE : 11,5/20
Explorer des labyrinthes en vue de profil à la recherche d'une clef puis de la sortie n'est sans doute pas la première chose à laquelle on pense en imaginant un jeu tiré d'Alien vs Predator, mais le concept aurait au moins pu se montrer vaguement intéressant si The Last of his Clan avait eu la bonne idée d'y intégrer un minimum de variété. Au bout d'un quart d'heure passé à parcourir les sempiternels mêmes couloirs en affrontant toujours les trois mêmes types de monstres en s'aidant d'objets aux munitions si rares qu'on ne s'en sert de toute façon jamais, le constat s'impose : on fait très, très vite le tour de ce que le jeu a à proposer. Si les plus patients trouveront sans doute la force de mener l'aventure à son terme, tant la maigre difficulté ne repose que sur la mémoire, la grande majorité des joueurs n'en verra tout simplement pas l'intérêt et on la comprend tant il n'y a rien à voir, à faire ou à vivre dans une cartouche dénuée d'ambition. Les deux créatures comme la Game Boy méritaient mieux que ça.
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Des couloirs extraordinairement répétitifs...
– ...tout comme la poignée d'adversaires qui s'y promènent
– Une difficulté qui n'existe que par la pression du temps et par le placement des ennemis
– Des armes globalement inutiles
– Des objets indispensables à aller chercher derrière des passages secrets dès le troisième niveau
Bonus – Ce à quoi ressemble Alien vs Predator sur l’écran d’une Game Boy :

