
Développeur : Bethesda Softworks LLC
Éditeur : Bethesda Softworks LLC
Titre alternatif : The Terminator : SkyNET (Royaume-Uni)
Testé sur : PC (DOS)
La licence Terminator (jusqu’à 2000) :
- The Terminator (Bethesda Softworks) (1991)
- Terminator 2 : Judgment Day (Midway Manufacturing Company) (1991)
- Terminator 2 : Judgment Day (Dementia) (1991)
- T2 – Terminator 2 : Judgment Day (Game Boy) (1991)
- T2 – Terminator 2 : Judgment Day (Software Creations) (1992)
- The Terminator (Radical Entertainment) (1992)
- The Terminator (Probe Software) (1992)
- The Terminator 2029 (1992)
- The Terminator (Virgin Games) (1993)
- The Terminator (Gray Matter) (1993)
- T2 – Terminator 2 : Judgment Day (B.I.T.S.) (1993)
- RoboCop versus The Terminator (Virgin Games) (1993)
- The Terminator : Rampage (1993)
- Terminator 2 : Judgment Day – Chess Wars (1993)
- RoboCop versus The Terminator (Interplay Productions) (1993)
- RoboCop versus The Terminator (Unexpected Development) (1994)
- The Terminator : Future Shock (1995)
- SkyNET (1996)
Version PC (DOS)
| Date de sortie : 16 novembre 1996 |
| Nombre de joueurs : 1 à 8 (via internet, IPX ou modem) |
| Langue : Anglais |
| Support : CD-ROM |
| Contrôleurs : Clavier, joystick, souris |
| Version testée : Version CD-ROM émulée sous DOSBOX |
| Configuration minimale : Système : Intel i486 DX2 – OS : PC/MS-DOS 5.0 – RAM : 8Mo – Vitesse lecteur CD-ROM : 2X (300ko/s) Modes graphiques supportés : SVGA, VESA, VGA Cartes sons supportées : Ensoniq Soundscape, Gravis UltraSound/ACE, MPU-401, Pro Audio Spectrum, Roland MT-32/LAPC-I, Roland RAP-10, Sound Blaster/Pro/16 Casques de réalité virtuelle supportés |
Vidéo – L’introduction et l’écran-titre du jeu :
Il est certainement possible, avec le recul, de faire énormément de reproches au studio Bethesda Softworks – et non, ne comptez pas sur moi pour en tenir la liste ici, on y passerait la journée. Mais s’il faut verser dans le jeu inverse et citer ses mérites, on ne pourra jamais lui retirer une certaine ténacité, tant vis-à-vis de ses licences que de la philosophie de celles-ci.

L’exemple des adaptations de Terminator est rarement cité – clairement phagocyté depuis lors par le succès de la série des Elder Scrolls – mais à l’échelle de l’existence du studio américain c’est un oubli majeur tant la première décennie d’existence de celui-ci aura au final largement été mobilisé à adapter la licence culte de James Cameron : pas moins de cinq titres en six ans, excusez du peu ! Mais le plus intéressant reste que là où les autres développeurs étaient logiquement intéressés à surfer sur le succès des deux premiers films (Terminator 3 ne verrait le jour qu’en 2003, signant le début du long déclin de la série depuis lors) en en fournissant des adaptations directes, Bethesda semblait nettement plus obnubilé par l’univers post-apocalyptique de la saga et par ce qui s’était produit AVANT les films (même si techniquement, c’est après, mais c’est là toute la délicatesse avec les histoires de voyages temporels). Songez-y : sur les cinq titres susmentionnés, pas moins de quatre se déroulent intégralement dans le monde du futur, et l’apogée comme la conclusion de cette logique allaient être représentées par SkyNET : un jeu qui prend la suite directe de The Terminator : Future Shock. Et son univers. Et son moteur. Et 95% de ses assets, pour être honnête. Pour proposer… ben, sensiblement la même chose. Attendez, c’est d’une suite ou d’une extension qu’on est en train de parler, là ?

Techniquement parlant, la question est plus pertinente qu’il n’y parait, puisque le jeu propose carrément de venir se surimposer sur l’installation de Future Shock, ce qui permet alors au précédent opus de profiter de deux des réelles nouveautés de cet épisode : un moteur qui gère désormais le SVGA en 640×480 (et qui était particulièrement gourmand pour l’époque dans cette résolution, faute de reconnaissance des premières cartes accélératrices 3D) et surtout un mode multijoueur qui a le mérite de présenter une forme de gameplay asymétrique, puisque les joueurs peuvent y incarner soit des Terminator lourds mais résistants et lourdement armés, soit des humains plus agiles, plus discrets et privés des armements les plus puissants.

En dépit de la présence de véhicules libres d’être utilisés et quittés n’importe quand, contrairement à ceux de la campagne, il est difficile de dire que ces simples deathmatchs sont restés dans les mémoires face à ceux autrement plus funs de Duke Nukem 3D, au hasard, mais ils ont au moins le mérite d’enrichir un peu l’expérience là où le mode solo… eh bien, ne le fait pas vraiment. En fait, parler d’une deuxième louche de Future Shock ne serait pas un abus de langage tant tout ce qu’on trouve dans SkyNET en est le droit prolongement sans amélioration notable.












Pour tout dire, la plus grande nouveauté tient en la présence d’acteurs qui jouent désormais les briefings, remplaçant de fait le pixel art des précédents jeux. On ne va pas accabler les malheureux qui font ce qu’ils peuvent avec leurs beaux uniformes immaculés récupérés directement chez Wish et des dialogues qui n’ont vraiment rien à offrir en-dehors de la pure exposition, mais quelqu’un de plus cynique que moi pourrait être tenté de faire remarquer que John Connor, censément leader charismatique de la résistance humaine, est ici incarné par un Dennis Bateman qui évoque davantage un boyscout sur le point de se faire passer la bite au cirage, et que Kyle Reese se limite ici à un adolescent potelé dont l’unique fonction est de faire acte de présence.

Une pensée également pour Sonya Gaubinger, qui incarne ici l’unique rôle de sa carrière, et qui peine à donner à son personnage – comme tous les autres acteurs, pour être honnête – une raison d’exister. Car autant le dire : le scénario, qui se limite à pourchasser au fil de huit mission un missile nucléaire que SkyNET tente de faire ENCORE tomber sur l’humanité (c’est un peu redondant dans un monde post-apocalyptique, non ?) n’apporte strictement rien au lore de la saga, et ses enjeux sonnent d’autant plus faux que vous devrez vous coltiner tout le boulot tout seul pendant toute la partie pendant que votre glorieux Q.G. est visiblement trop occupé à regarder la peinture sécher en jouant de la guimbarde pour daigner venir vous filer un coup de main. Difficile de croire, dans ces conditions, que c’est réellement l’avenir de l’humanité qui est en jeu…

L’aventure en elle-même reprend très exactement les mêmes éléments que Future Shock : phases à pied, phases en jeep, phase en machine volante, avec exactement les mêmes adversaires, les mêmes armes et les mêmes décors que dans celui-ci. En fait, la plus grande innovation doit être de pouvoir exceptionnellement profiter d’un ciel d’aurore lors des derniers niveaux, mais pour tout le reste, ce n’est même pas du réchauffé, c’est du recyclage pur et dur !

Certes, le programme s’efforce cette fois de délivrer des objectifs plus clairs et plus encadrés au fil des missions, mais ce n’est pas toujours une réussite : la troisième mission doit compter les énigmes parmi les plus opaques du genre pour découvrir comment progresser, ce qui risque de vous valoir un paquet de temps à tourner en rond. Un bon moyen d’augmenter une durée de vie autrement très limitée : le jeu peut se boucler en à peine trois à quatre heures ! À condition, bien sûr, de parvenir à composer avec une opposition en surnombre qui risque de vous demander de nombreux écarts pour partir à la recherche de soins et de munitions, mais dans l’ensemble, la campagne est très vite bouclée et on risque d’avoir bien du mal à trouver des raisons d’y revenir – surtout que certains passages, comme l’inévitable niveau dans les égouts, sont vraiment fastidieux. La survivance de nombreux bugs de collision n’aide pas non plus au confort de jeu.

Cela commence à faire beaucoup de défauts, mais pour tout dire, le principal reproche reste comme vous l’aurez compris de faire face à un Future Shock « bis » qui ne dit pas son nom.

Le titre en lui-même n’est pas désagréable à parcourir, mais il a vraiment trop peu de nouveautés à offrir pour s’affirmer comme autre chose qu’une extension vendue au prix fort avec un contenu qui ne justifie vraiment pas de présenter la chose comme un logiciel à part entière. À moins d’être vraiment en manque de décors post-apocalyptiques et de robots du futur, difficile de trouver une raison objective de préférer SkyNET aux très nombreux concurrents de la période, de Quake à Jedi Knight en passant par Duke Nukem 3D… ou Future Shock, d’ailleurs, qui avait au moins à son crédit une certaine originalité et une durée de vie un peu plus consistante. Reste donc une petite épopée pas très marquante, avec quelques bons moments et quelques mauvais, qui délivre ce qui restera peut-être comme la leçon finale de la licence : au fond, un avenir dominé par les machines, ça ne se renouvèle pas beaucoup. Pensez-y la prochaine fois que vous demanderez à une I.A. d’assécher un lac pour produire un mauvais ersatz de Miyazaki.


















Vidéo – La première mission du jeu :
NOTE FINALE : 14/20
Skynet peut bien chercher à se présenter comme un nouvel épisode à part entière, difficile d'y voir davantage qu'une extension stand alone à The Terminator : Future Shock. Un mode haute résolution et un multijoueur anecdotique ne suffisent hélas pas à faire oublier une réalisation reposant à 90% sur le recyclage des assets du précédent opus ni une durée de vie rachitique médiocrement compensée par une difficulté gonflée à bloc. Le scénario n'étant pas exactement passionnant, lui non plus, avec des personnages auxquels aucun acteur au monde n'aurait pu parvenir à offrir une bribe de profondeur, reste au final une poignée de passages bien pensés à sauver au milieu d'un univers qui sent le réchauffé jusque dans ses bugs et ses collisions problématiques. Sans passer un mauvais moment, on sent rapidement que Bethesda était définitivement arrivé à court d'idées avec la licence de James Cameron et qu'il était sans doute temps de passer à autre chose – au hasard, au troisième épisode de la série des Elder Scrolls.CE QUI A MAL VIEILLI :
– Pratiquement rien de neuf depuis Future Shock
– Toujours des bugs à foison
– Certains niveaux vraiment fastidieux
– Très court
Bonus – Ce à quoi peut ressembler SkyNET sur un écran cathodique :

