
Développeurs : Arowana Co. Ltd. – Digitalware, Inc.
Éditeur : MegaHouse Corporation
Graphie alternative : レインボーアイランド ~パーティズ☆パーティ~
Titre alternatif : Rainbow Islands : Patty’s Party (traduction par USC)
Testé sur : WonderSwan
La saga Bubble Bobble (jusquà 2000) :
- Bubble Bobble (1986)
- Rainbow Islands : The Story of Bubble Bobble 2 (1987)
- Rainbow Islands Extra (1988)
- Parasol Stars : The Story of Bubble Bobble III (1991)
- Bubble Bobble Part 2 (NES) (1993)
- Bubble Bobble Part 2 (Game Boy) (1993)
- Bubble Bobble II (1994)
- Bubble Memories : The Story of Bubble Bobble III (1996)
- Classic Bubble Bobble (1999)
- Rainbow Islands : Putty’s Party (2000)
Version WonderSwan
| Date de sortie : 29 juin 2000 (Japon) |
| Nombre de joueurs : 1 |
| Langues : Japonais, patch anglais par USC |
| Support : Cartouche |
| Contrôleur : Console |
| Version testée : Version japonaise |
| Spécificités techniques : Cartouche de 8Mb Système de sauvegarde par pile |
Vidéo – L’introduction et l’écran-titre du jeu (patché en anglais) :
Décidément, la longue odyssée de Bubby et Bobby et leur éventuelle famille élargie semblait vouée, à la fin du siècle dernier, à s’achever sur des consoles portables qui correspondaient visiblement mieux à leurs nouvelles ambitions. Et par « nouvelles ambitions », comprendre : « nouveau départ », car à force de stagner, d’hésiter et de faire deux pas en arrière pour chaque pas en avant, la saga de moins en moins phare de Taito cherchait dorénavant à repartir de zéro, de cette époque bénie où la borne de Bubble Bobble cartonnait et où ses suites étaient célébrées par les joueurs.

Or, justement, après un remake/reboot du premier opus sur Game Boy Color qui s’était avéré objectivement raté, quel devait à présent être la direction empruntée par un nouvel épisode ? Dans une forme de continuité plutôt logique, la firme japonaise aura opté pour… le remake/reboot de Rainbow Islands, mais cette fois sur l’AUTRE console portable de Gunpei Yokoi : la toute nouvelle WonderSwan. Après avoir passé près d’une décennie à essorer la moindre goutte de Bubble Bobble jusqu’à parvenir au stade où les joueurs n’étaient définitivement plus très emballés à l’idée d’aller s’approcher de cette vieille carcasse desséchée, il était donc temps d’aller vérifier si, par hasard, il ne restait pas quelques gouttes à traire au fin fond d’un deuxième opus auquel Taito n’avait plus touché depuis sa sortie en 1987. Ainsi les joueurs japonais virent-ils débarquer Rainbow Islands : Putty’s Party, une sorte de remake… mais en même temps, pas trop. Ah, c’est compliqué.

La plus grande nouveauté de la cartouche figure d’ailleurs sur la couverture : Bubby et Bobby commençant à avoir beaucoup vécu pour de simples petits garçons, c’est donc désormais autour de leur apprentie autoproclamée Putty (ou Patty, selon la retranscription) que va tourner l’histoire.

Histoire qui tourne autour de la disparition de la moitié des îles arc-en-ciel, d’où une expédition de sauvetage expresse pour nos deux ex-héros… qui laissent donc en plan leur protégée, un peu déçue de ne pas accompagner ses idoles. Fort heureusement, l’arrivée d’une fée masculine (c’est important) venue chercher de l’aide à son tour fournit un excellent prétexte à la jeune fille pour montrer sa valeur et au jeu pour déballer sa (deuxième) grande nouveauté : un recours insistant à une narration omniprésente qui va quasi-exclusivement reposer sur les interactions entre Patty et Notti, la fameuse fée bougonne qui va également servi d’initiateur ludique et de distributeur d’objectifs autrefois secrets (nous y reviendrons). Une fois l’expédition (enfin) lancée, le menu est clair : c’est Rainbow Islands avec une poignée de choses en plus… et avec un paquet de contenu en moins.















Commençons donc par le sacrifice le plus dommageable : la moitié des îles ayant (littéralement disparu), on se retrouve donc avec quatre îles à libérer au total, plus une cinquième qui ne sera accessible qu’en trouvant les « gros diamants » sur chacune d’entre elles.

C’est un peu maigre pour une cartouche de 8Mb qui aurait peut-être pu consacrer un peu moins d’espace à ses interminables séances de parlotte entre les niveaux, et le fait de composer avec une ambiance monochrome (la WonderSwan Color ne débarquerait qu’à la fin de l’année) est également un peu dommage pour un titre qui reposait initialement beaucoup sur ses couleurs acidulées. Il est certes possible de régler la difficulté pour faire durer l’expérience, mais la présence d’une sauvegarde entre les niveaux tend à sévèrement tirer la durée de vie du jeu vers le bas… d’autant qu’il n’est plus vraiment question de « secrets », cette fois. Notti, votre très disert compagnon, va en effet bien prendre le soin de vous expliquer la nécessité de collecter les grands diamants et la façon de les obtenir, car qui dit « sauvegarde » dit également qu’il ne sera pas question de repartir du début en cas de « mauvaise fin » : il suffira tout simplement de choisir la ou les île(s) appropriée(s) (on peut les visiter indépendamment et dans n’importe quel ordre) jusqu’à obtenir enfin les fameux sésames, ce qui demandera un peu d’entraînement tant la jouabilité flottante et peu précise du titre peut s’avérer énervante le temps de parvenir à la dompter.







Au rang des (maigres) nouveautés : la possibilité de collecter des bonus permanents à condition d’avoir le réflexe d’emprunter une porte secrète après avoir colleté le gros diamant, lesquels peuvent ensuite être activés (à raison d’un seul à la fois) pour profiter d’une vitesse accrue, d’un double arc-en-ciel d’entrée ou même d’une possibilité de s’envoler.

Ajoutez-y des niveaux où l’on est pourchassé d’entrée par la montée des eaux et d’autres où la sortie dissimulée demandera d’être révélée en tirant des arcs-en-ciel partout au hasard, et vous tiendrez l’essentiel des raffinements de l’expérience. Les îles en elles-mêmes sont reprises directement du titre original, tout comme les boss : inutile d’espérer un environnement ou un adversaire inédits, y’en a pas ! Alors même si l’histoire du jeu aura une minime chance de faire timidement vibrer une corde sensible auprès des joueurs ayant conservé leur âme d’enfant (mais en existe-t-il ?), elle ne compense hélas pas vraiment les très nombreuses coupes d’une édition certes plus accessible que la borne originale, mais également moins colorée, moins surprenante et moins jouable. Les fans n’auront donc vraiment aucune raison de s’y essayer – il n’y trouveront rien qui ne soit déjà disponible dans le titre de 1987 – et les autres devront a minima parler anglais et mettre la main sur la traduction non-officielle d’USC simplement pour profiter d’une histoire qui casse le rythme plutôt que trois pattes à un canard. Non qu’on passe un mauvais moment (une fois cette #@$%!! de jouabilité maîtrisée), mais à tout prendre, on en revient toujours au même constat : ce n’est quand même vraiment pas grand chose de plus qu’une version expurgée d’une borne qui allait déjà sur ses quatorze ans. Difficile donc, de trouver un public à qui réellement la conseiller – sauf à la rigueur à ceux qui chercheraient une version plus permissive de Rainbow Islands. Une fin de siècle décidément très symbolique pour une saga qui semblait dorénavant condamnée à tourner en rond en quête de ses premiers succès.
















Vidéo – Insect Island :
NOTE FINALE : 15/20
On peut prendre le problème dans n'importe quel sens, Rainbow Islands : Putty's Party est au final moins un remake qu'une version largement expurgée de l'excellent titre publié en 1987. Avec seulement cinq îles (dont une secrète !) au compteur, le titre d'Arowana et Digitalware cherche à compenser son manque de contenu par une narration sympathique et une accessibilité bienvenue, mais pèche au final à la fois par sa jouabilité loin d'être optimale et son manque absolu de nouveautés. De quoi reléguer cette cartouche au rang de « version démo monochrome de la borne à destination des néophytes », ce qui a certes ses mérites, mais tous ceux qui auront déjà eu l'occasion de composer avec l'expérience originale n'auront tout simplement aucune raison d'y revenir par ce biais.
CE QUI A MAL VIEILLI :
– Une narration qui plombe un peu le rythme
– Une jouabilité et un contenu pas à la hauteur de l'opus original
– Quelques mécanismes boiteux (la sortie cachée...)
