Taz Mania (Recreational Brainware)

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Développeur : Recreational Brainware, Nu Romantic Production, SEGA of America
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Testé sur : Megadrive

Les jeux mettant en scène Taz (jusqu’à 2000) :

  1. Taz Mania (Recreational Brainware) (1992)
  2. Taz-Mania (NuFX) (1992)
  3. Taz Mania (Visual Concepts) (1992)
  4. Taz-Mania (SEGA Enterprises) (1992)
  5. Tasmanian Devil in Island Chase (1994)
  6. Taz in Escape from Mars (1994)
  7. Taz-Mania (Beam Software Pty) (1997)
  8. Le Diable de Tasmanie : Le Tourbillon Vorace (1999)
  9. Taz Express (2000)
  10. Bugs Bunny & Taz : La Spirale du Temps (2000)

Version Megadrive

Date de sortie : Juillet 1992 (Europe & États-Unis) – 25 décembre 1992 (Japon)
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques :

Parfois, il y a des succès qui ont de quoi attirer bien des convoitises. Prenez les studios Disney, par exemple. Par une sorte d’étrange magie, à quelques très rares exceptions près, les jeux vidéo mettant en scène l’un des (nombreux) héros de la firme se seront très tôt inscrits comme des titres solides, généralement merveilleusement réalisés, au point de devenir au début des années 90 une sorte de gage de qualité.

Grand-père Taz et sa grande bouche…

Non seulement Capcom avait déjà fait des miracles sur NES avec des logiciels comme Duck Tales ou Rescue Rangers, mais SEGA avait frappé si fort avec son sublime Castle of Illusion que Mickey Mouse était pratiquement devenu la mascotte de la Megadrive jusqu’à l’émergence de Sonic ! Une alchimie surprenante qui se sera d’ailleurs largement prolongée par la suite (Aladdin, par exemple, étant l’un des plus grands succès de la console), mais qui avait de quoi faire au moins un jaloux : les studios Warner qui, en dépit de près d’une dizaine d’adaptations des aventures de leurs héros, attendaient toujours LE titre qui allait décrocher toutes les mâchoires et les faire entrer enfin au panthéon vidéoludique. Bon, pour être honnête, ils l’attendent certainement toujours, mais s’il fallait citer un des tout premiers logiciels à avoir fait miroiter des jeux Warner présentant enfin la même ligne d’exigence que les jeux Disney, la réponse prendrait le nom d’un jeu Megadrive de 1992 : Taz Mania.

Voici Taz, c’est un diable de Tasmanie, et il a FAIM !

Pour ceux qui ne connaîtraient pas Taz, sachez donc que ce diable de Tasmanie est une vraie tornade – littéralement. Il peut tout balayer sur son passage en avançant à grande vitesse ce qui, avec son appétit insatiable et son incapacité à s’exprimer autrement que par quelques grognements, constitue sa principale caractéristique.

Que serait un jeu Looney Tunes sans une usine ACME ?

Ici, l’aventure nous apprend que non seulement Taz a une famille, mais qu’il s’agit d’ailleurs visiblement d’une famille relativement moderne, où tout le monde sauf lui semble s’exprimer normalement, ce qui pose un peu question sur sa différence mais enfin passons. Voilà donc que grand-père Taz (la famille Donkey Kong n’a décidément rien inventé) se prend à évoquer la légende d’un œuf si énorme que toute une famille pourrait s’en repaître pendant un an ; de quoi titiller l’estomac sur pattes qu’est Taz, qui se met bien évidemment aussitôt en route pour se remplir la panse. Oui, c’est un peu… succinct… mais bon, pour une fois qu’un héros n’a pas à aller sauver sa copine, on se contentera d’un prétexte qui en vaut bien un autre pour aller parcourir un jeu de plateforme qu’on espère enfin à la hauteur.

La réalisation est très soignée : admirez les mimiques de notre héros !

Taz va bien évidemment rencontrer pléthore d’ennemis sur sa route, dont il pourra disposer soit en leur sautant sur la tête comme le premier Mario venu, soit en les balayant grâce à sa très efficace tornade – qui a le mérite de le rendre à la fois très rapide et virtuellement invincible tant qu’il ne va pas se jeter dans le vide ou s’empaler sur un piège, un peu comme la spin attack de Sonic.

Ces séquences seraient très simples si la gestion de la profondeur n’était pas aussi opaque

Dans certaines circonstances, notre héros peut même purement et simplement boulotter l’opposition (!) car, et c’est une des grandes spécificités du personnage, il bouffe absolument tout ce qu’il trouve sur son chemin. Que ce soit de la nourriture, ce qui le soignera, des piments, ce qui lui permettra de cracher du feu, ou même une bombe (!!!), Taz ne se posera jamais de question et gobera indistinctement tout ce qui se présentera à lui, ce qui vous obligera donc à éviter ou à balayer d’un coup de tornade tout ce qui pourrait être mauvais pour sa santé… À condition d’avoir le temps de le voir, car comme vous allez vite le réaliser, notre diable peut aller très vite mais il est également très gros, ce qui veut dire que vous aurez souvent très peu de temps pour anticiper ce qui peut vous tomber dessus.

Le passage des mines, premier pic de difficulté du jeu

En effet, la réalisation ambitionne d’aller rivaliser avec les meilleurs titres Disney de la période (au hasard, l’excellent QuackShot), et à ce niveau-là il se débrouille plutôt bien. Si les décors sont souvent un peu vides, on retrouve immédiatement la patte des Looney Tunes, avec des sprites excellemment dessinés et parfaitement animés situés dans des cadres immédiatement reconnaissables.

Attendez-vous à retourner tout l’île

Les choses sont un peu moins emballantes du côté de la musique, assez médiocre, et surtout du côté des bruitages, qui évoquent les pires sonorités de ce que pouvait produire une AdLib sur PC : autant vous prévenir tout de suite, vos oreilles risquent de ne pas être aussi emballées que vos yeux. La jouabilité, pour sa part, souffle un peu le chaud et le froid : si Taz se montre réactif, ses sauts ont tendance à manquer de précision ce qui, dans un jeu de plateforme où vous serez amené à en accomplir des centaines, est déjà quelque peu pénalisant. Surtout et comme on l’a vu, la taille imposante du sprite de notre héros implique qu’on voit difficilement à plus de cinq mètres de distance autour de lui, ce qui signifie également que lui faire employer sa tornade pour aller vite sera le plus sûr moyen de rencontrer rapidement un destin tragique si vous n’avez pas la bonne idée de connaître les niveaux par cœur.

Les boss sont atrocement simples

La difficulté est d’ailleurs sans doute le curseur le plus mal placé d’un titre qu’on sent développé un peu vite pour son propre bien, comme le montre un certain déséquilibre dans les niveaux (un seul niveau de glace, cinq ou six niveaux de jungle, des sections entières parfois répétées d’un stage à l’autre…). Non que Taz Mania soit atrocement difficile – les tests de l’époque le jugeaient même trop simple et court – mais plutôt parce qu’il tend à ne l’être que pour de mauvaises raisons.

Taz gobe tout, même les vies!

On citera notamment les nombreuses occasions où vous devrez réaliser un saut sans avoir la moindre chance de voir où vous aller atterrir (très énervant, surtout quand cela se traduit par une mort instantanée), cette séquence en chariot de mine qui va trop vite pour être réalisable sans connaître l’emplacement de tous les obstacles à l’avance, ou encore ces phases de sauts sur des troncs flottants situés sur plusieurs plans et où on ne sait jamais exactement sur quel plan on va atterrir. Des passages frustrants, injustes et passablement énervants qui tranchent avec des niveaux généralement assez vite traversés une fois qu’on connait leur plan, et avec des boss qu’on peut littéralement vaincre, pour la plupart, en restant sous forme de tornade d’un bout à l’autre de l’affrontement ! Bref, pas mal de petits accrocs qui, mis bout-à-bout, finissent par dégrader sensiblement l’expérience de jeu et par empêcher Taz Mania de remplir pleinement ses ambitions.

Tout ça pour un œuf à la coque !

Le joueur actuel doit-il pour autant faire l’impasse sur un titre devenu aujourd’hui nettement moins impressionnant et sensiblement plus générique ? Pour les fans de plateforme, ce serait sans doute une erreur : le jeu garde une personnalité certaine, et peut se montrer vraiment sympathique par séquences – surtout lorsqu’on s’est laissé le temps de le dompter un peu.

Le combat final est aussi simple que les autres

Une fois les quelques passages délicats maîtrisés, on apprécie la relative variété des environnements et des situations, et on passe au final plutôt un bon moment sur un titre qui se laisse parcourir avec un certain plaisir. En revanche, si vous estimez que vous commencez à avoir fait le tour du genre et que vous préfèreriez passer à autre chose, ce n’est clairement pas ce Taz Mania qui vous fera changer d’avis. À réserver aux curieux, aux mordus et aux nostalgiques, donc, mais il y aura certainement de très nombreux joueurs parmi eux pour ne pas regretter un instant d’avoir entrepris l’expérience.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 14,5/20 Taz Mania sur Megadrive, c'est un peu la réponse que la Warner Bros. avait souhaité donner aux excellentes adaptations vidéoludiques de chez Disney : un jeu de plateforme solide et bien réalisé enfin capable de rendre hommage à l'un des (nombreux) personnages de la firme. Si on dirige Taz avec un plaisir certain dans des niveaux globalement bien pensés, une accumulation de petites maladresses dans le game design additionné à quelques ratés dans la réalisation technique (du côté sonore, principalement) accouchent d'une expérience assez frustrante, souvent trop facile, parfois injustement difficile, mais jamais tout à fait au niveau où on l'espère. Ce n'est pas tant que l'on meure beaucoup, mais c'est surtout que c'est quasi-systématiquement pour de mauvaises raisons... Du coup, en dépit de quelques passages sympathiques, on passe beaucoup plus de temps à mettre en jeu sa mémoire que ses réflexes, et on se dit qu'il aurait fallu placer la barre encore un ou deux crans plus haut pour espérer inquiéter Aladdin ou Castle of Illusion. À essayer, malgré tout.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Une imprécision dommageable, notamment dans les sauts – Une réalisation sonore objectivement ratée – Une surabondance de "sauts de la foi" – Le passage des mines, frustrant, injuste et ultra-punitif – Des boss qu'on peut généralement vaincre en restant en tornade tout du long

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