R.C. Grand Prix

Cette image provient du site http://www.mobygames.com

Développeur : Absolute Entertainment
Éditeur : SEGA
Testé sur : Master System, Game Gear

***** Version Master System *****

Année de sortie : 1989
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Disponible en Français : non

Vidéo: L’écran-titre du jeu:

Il était une fois un jeu de course vous plaçant aux commandes de véhicules téléguidés. Doté d’une jouabilité exemplaire et d’une réalisation de haute volée pour sa date de parution, celui-ci devint immédiatement un classique salué par la presse et un grand succès commercial. Son nom?

R.C. Pro-Am. Sur NES.

Bien évidemment, en pleine guerre des consoles opposant SEGA et Nintendo, difficile d’imaginer l’un des deux camps laisser l’autre publier un succès sans chercher à lui opposer un concurrent. Voilà comment, un peu plus d’un an après le titre de Rare, apparut un titre exclusif aux machines de SEGA et surfant sur un concept ô combien similaire, jusqu’à son titre: R.C. Grand Prix. Comme vous l’aurez déjà compris, c’est le jeu qui va nous intéresser aujourd’hui.

Autant vous prévenir: les captures d’écran vont être monotones

Tout ou presque est déjà annoncé dans le titre: des véhicules téléguidés, une course et… eh bien, pas grand chose d’autre, mais il y a déjà matière à en faire un jeu amusant à jouer. D’entrée de jeu, le titre vous propose de choisir le nombre de joueurs et… rien d’autre, car il n’y a qu’un seul et unique mode de jeu. Ne comptez pas sur un entrainement, un mode Time Trial ni aucune gâterie de ce genre: le cœur du jeu, c’est ce fameux grand prix, un point c’est tout. Le principe est simple: on enchaine des courses de plus en plus longues et complexes, contre trois adversaires – et on s’efforce de les gagner.

Vous remarquerez que tous les circuits du jeu ont lieu sur le même terrain. Pratique, pour faire un jeu avec un seul décor!

En finissant à l’une des trois premières places, on remporte de l’argent qui pourra, lorsque vous en aurez les moyens, vous permettre d’améliorer votre véhicule en investissant dans des pièces détachées de meilleure qualité. C’est d’ailleurs le seul moment où le fait que votre voiture soit un jouet présentera une quelconque forme de pertinence: il vous sera en effet possible, par exemple, d’investir dans de meilleures piles, qui augmenteront la limite de temps de chaque course. Car oui, il y en a une, et relativement serrée, qui plus est. Échouez à terminer une course dans les temps, ou dans les trois premières places, et c’est le retour direct au menu principal, sans continue ni préavis. Ouch. Et histoire d’appuyer encore un peu plus là où ça fait mal, R.C. Grand Prix ne propose aucune forme de sauvegarde : vous enchainez toutes les courses sans faire d’erreur ou bien vous recommencez depuis le début. Un choix de game design un tantinet extrême.

Le sort de la course risque le plus souvent de se décider sans que vous y soyez pour grand chose

Ce qui ne serait sans doute pas trop pénalisant si la jouabilité du titre était irréprochable; malheureusement, on sent une nouvelle fois que des choix assez radicaux ont été fait dans ce domaine également. Chaque course se déroule en vue isométrique, avec la caméra continuellement centrée sur votre véhicule. Même si un effort notable a été fait pour reculer la vue, il faut bien admettre qua la rapidité est telle qu’anticiper un simple virage tient déjà de l’impossibilité absolue, même avec les multiples flèches placées un peu partout pour vous indiquer la direction à suivre.

Les pièces détachées n’apportent finalement pas grand chose au jeu – vous vous en sortirez aussi bien sans rien acheter

Si la tâche est déjà ardue avec le moteur de base, je vous laisse imaginer les réflexes nécessaires une fois que vous aurez investi dans une vitesse de pointe boostée, qui ressemble davantage à un malus qu’autre chose – d’autant plus que vos adversaires mettent rarement plus d’une course à se remettre à votre niveau en terme de matériel, mais sans être handicapés par des réflexes humains, eux. Pour ne rien arranger, le jeu n’a absolument pas fait l’effort de développer le concept de « sortie de route ». En fait, c’est bien simple: il n’y en a pas. Tout le gazon que vous pourrez apercevoir autour du chemin de terre qui vous servira de piste est tout simplement considéré comme un mur infranchissable: vous buterez systématiquement dedans sans autre forme de procès. Autant dire que réussir un virage parfait sans toucher un mur sur une piste de six pixels de large et en étant lancé à plein tube représente une performance digne d’éloges – à tel point, d’ailleurs, que je n’y suis strictement jamais parvenu.

Scoop: ne pas y voir à plus de vingt centimètres devant soi est quand même très pénalisant

Cerise au sommet du gâteau: la gestion des collisions est largement aussi extrême que le reste du jeu. S’il arrive fréquemment que vos adversaires se bloquent dans un virage, n’espérez pas les déloger en leur rentrant dedans: cela ne les fera pas bouger d’un pixel. En fait, le seul moyen de passer, dans cette situation, est de prendre le temps de contourner le véhicule adverse – vu la maniabilité de votre engin, soyez certain que votre adversaire sera déjà reparti et vous aura mis cent mètres dans la vue avant que vous parveniez à accomplir la manœuvre.

Un adversaire bloqué sera aussi impossible à bouger qu’un tronc d’arbre

Seule possibilité pour maitriser le jeu: connaitre le tracé de chaque course par cœur. Et encore vous faudra-t-il faire preuve d’un peu de chance, tant le moindre virage ressemble à une loterie truquée – finir précisément dans l’axe de la route demandera une dextérité d’artiste de cirque, et la moindre manœuvre de dépassement est pratiquement impossible à exécuter. Bref, en s’accrochant un peu, on parvient à enchaîner les courses, mais on ne peut pas dire que nos qualités de conducteur soient autant mises à contribution que notre mémoire. « Mais il reste le mode multijoueurs? », demanderez-vous, la gorge serrée, en espérant visualiser enfin un peu de fun dans tout ce marasme ludique. Eh bien… Non. En fait de « multijoueurs », chacun jouera à tour de rôle contre l’ordinateur. Oui, le joyeux foutoir qu’on aurait pu espérer à quatre, ou même à deux, et qui aurait au moins eu le mérite de niveler un peu la difficulté du jeu, n’existe pas. Voilà ce qu’on appelle une sacrée douche froide.

Qu’est-ce qu’on s’amuse! (tuez-moi)

En terme de réalisation, le titre développé par Absolute Entertainment semble à première vue parvenir à tirer son épingle du jeu. Certes, tous les modèles de voitures du jeu sont identiques, mais ils ont été modélisés sous toutes leurs coutures, et l’animation est fluide – et très rapide, comme on l’a vu. En revanche, la monotonie risque de s’installer très vite: TOUTES les courses du jeu sont placées dans le même environnement. J’espère que vous aimez les routes de terre et le gazon qui les borde, parce que c’est à peu près tout ce que vous verrez de la partie – si l’on fait exception du public qui représente la limite supérieure de la carte. Ça fait vraiment peu. Ajoutez-y à présent l’absence de musique au-delà de l’écran-titre, et vous tiendrez l’impression désagréable de vous essayer à une démo vendue au prix fort. Soyons honnêtes: R.C. Pro-Am n’aura jamais tremblé.

Vidéo: Cinq minutes de jeu:

NOTE FINALE : 08/20

À défaut de faire preuve d’une once d’originalité, on pouvait au moins espérer que ce R.C. Grand Prix s’inspire des qualités de son illustre modèle. Raté! Un contenu rachitique additionné à une difficulté aussi aléatoire que frustrante limite au final le titre d’Absolute Entertainment à une partie de mémorisation géante où la dextérité et les qualités de pilotage ne joueront jamais le moindre rôle. Le mode quatre joueurs annoncé sur la jaquette est à la limite de l’escroquerie, et la réalisation aurait pu être considérée comme honnête si quelqu’un avait fait l’effort de créer au moins un deuxième décor, mais en l’état, on a le sentiment d’avoir fait le tour du jeu en vingt-cinq secondes – et c’est déjà vingt-cinq secondes de trop au regard du « plaisir » de jeu. Pour la petite histoire, R.C. Pro-Am, lui, aura fini par voir le jour sur une console SEGA… sur Megadrive, en 1992, sous un autre nom. Preuve que la bataille était peut-être perdue d’avance.

CE QUI A MAL VIEILLI :

– Un seul décor

– Un seul mode de jeu

– Une course perdue, et c’est le game over

– Un mode multijoueurs qui est une mauvaise blague

– Impossible d’anticiper quoi que ce soit

– IA stupide

 

***** Version Game Gear *****

Année de sortie : 1992
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Disponible en Français : non

Saurez-vous trouver les zéro différences avec la version Master System?

Trois ans après sa sortie sur la Master System, R.C. Grand Prix débarquait sur la console portable de SEGA. Signe de l’ambition revue à la baise d’Absolute Entertainment (désormais distributeur du jeu), le titre ne sera paru qu’en Amérique du Nord. Mais en trois ans, on a le temps de modifier beaucoup de choses sur un jeu vidéo, particulièrement sur un titre qui en avait autant besoin. Qu’apporte donc cette version Game Gear de R.C. Grand Prix?

Eh bien, strictement rien. Le néant absolu. C’est bien simple, sans l’apparition de l’année 1992 sur le copyright, on pourrait penser avoir relancé la version Master System par erreur. Le mode « multijoueurs » est toujours là, aussi grotesque que jamais (imaginez les joueurs se repasser la console portable une fois leur partie finie sans que personne n’ait rien vu de ce qui se passait), et le titre ne tire absolument aucun avantage de la palette de couleurs étendue de la Game Gear. Le jeu est même plus terne que sur Master System!

NOTE FINALE : 08/20

Quitte à produire un sous-clone de R.C. Pro-Am par pur opportunisme, autant aller au bout de la logique en le ressortant à l’identique trois ans plus tard sans y apporter la moindre modification. Voilà au moins un portage qui n’a pas dû coûter cher: rajoutez juste une année sur l’écran du copyright, et voilà votre version Game Gear flambant neuve de R.C. Grand prix! C’est toujours aussi mauvais, mais c’est encore moins excusable. À fuir.

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