Metal Warriors

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Développeur : LucasArts Entertainment Company LLC
Éditeur : Konami (America), Inc.
Testé sur : Super NES

– Version Super NES –

Année de sortie : 1995
Nombre de joueurs : 1 à 2
Disponible en français : Non
Version testée : Américaine
Spécificités techniques :

Vidéo – L’introduction du jeu :

LucasArts a beau être mondialement célèbre pour ses fantastiques jeux d’aventure des années 90 et pour quelques excellentes adaptations de l’univers Star Wars, le cas de Zombies nous avait déjà démontré que la firme américaine était loin de se restreindre à ces deux domaines. Même si sa production sur consoles est clairement restée, aujourd’hui encore, au second plan de ce qu’on pourrait considérer comme son âge d’or, cela ne signifie pas pour autant que celle-ci était négligeable, fut-ce en quantité ou en qualité.

La mise en scène en jette, et c’est tant mieux

Pourtant, le Point & Click et l’héritage de George Lucas sont si viscéralement attachés au nom du studio que lorsqu’on lit des termes comme « méchas », « Run-and-Gun » et « Super Nintendo », on peine à déceler immédiatement un lien avec les créateurs de Day of the Tentacle ou The Dig. Et pourtant, nous voici devant une curiosité largement méconnue intitulée Metal Warriors et qui peut cocher tous les mots égrainés plus haut.

Amis de l’action et des robots géants, bonjour!

Imaginez-vous en 2102. Pour être honnête, les choses ne vont pas très bien: le Gouvernement de la Terre Unie subit les assauts d’un mystérieux Axe Noir (la terre n’est donc pas si unie que ça?) menée par un dictateur nommé Venkar Amon. Pour faire pencher la balance dans un conflit qui ne tourne pas en leur faveur, les Alliés vont compter sur des pilotes chevronnés manipulant de grands robots mécaniques: les Metal Warriors. Et comme vous pouvez vous en douter, vous serez l’un d’entre eux, que vous serez d’ailleurs libre de nommer dans l’écran des options avant de débuter une partie.

Les boss sont rares, mais ils sont coriaces!

Surprenant? Un peu. À vrai dire, on a tellement l’impression de lire une resucée de Gundam ou Robotech qu’on avait de quoi s’attendre à trouver un jeu programmé par un studio japonais. Pourtant, l’exemple de Battletech est là pour nous rappeler que les méchas n’ont jamais été une spécificité nippone, et après tout LucasArts a certainement assez d’expérience dans le domaine de la science-fiction pour proposer son propre univers qu’on devine largement calqué, comme c’était le cas pour Wing Commander, sur la seconde guerre mondiale. Une comparaison avec le titre d’Origin d’ailleurs loin d’être innocente, tant les premiers instants du jeu vous feront immédiatement comprendre un désir de mise en scène à grands coups de cinématiques, comme dans le logiciel de Chris Roberts.

Chaque véhicule se pilote différemment

Loin de vous larguer au hasard avec pour mission implicite de tout détruire, Metal Warriors vous offre des briefings débouchant sur des objectifs précis, et même si ceux-ci sont souvent relativement basiques (retrouver quelqu’un, défendre une position, prendre le contrôle d’un vaisseau en atteignant ses commandes, etc.), ils sont susceptibles d’évoluer au fil des missions. Un très bon point pour l’immersion, donc: vous n’êtes pas là pour faire n’importe quoi, et foncer bille en tête est un comportement qui pourra vous coûter cher, particulièrement dans les derniers niveaux.

Les ambiances changent, mais l’idée reste à peu près la même d’un niveau à l’autre

Car piloter un mécha, c’est une science – et on pensera ici immédiatement à Cybernator. Non seulement votre robot est capable de tirer ou d’employer une arme au corps à corps, mais il peut également utiliser un jetpack, un bouclier activable avec R et un bonus temporaire qui prendra la forme d’un armement d’épaule avec L – certains modèles sont même capables de foncer.

Votre mécha est solide, mais il n’est pas invulnérable

Cet ensemble de possibilités vous permettra d’être très réactif en dépit d’une opposition qui ne tarde pas à devenir pléthorique, et qui vous demandera régulièrement d’ajuster la mire avec les flèches haut et bas afin de faire mouche puisque tous vos adversaires ne seront pas forcément des machines de dix mètres de haut: il faudra également compter sur l’infanterie adverse, sans compter les tourelles, les canons, les champs de mines… Il sera également possible d’ouvrir des passages avec vos armes les plus puissantes, et de découvrir ainsi des chemins de traverses qui justifieront d’autant mieux le recours à la carte consultable en appuyant sur Start.

Libre à vous de quitter votre mécha pour aller en piloter un autre

L’excellente idée qui vient s’additionner à ces capacités déjà assez variées, c’est le fait que vous n’êtes pas rivé à vie à votre mécha. Une simple pression sur Select, et votre pilote quittera son robot: l’occasion non seulement d’atteindre des couloirs ou des interrupteurs inaccessibles à votre machine, mais aussi parfois d’aller prendre le contrôle d’un autre modèle! On peut donc très bien commencer un niveau au sein d’un mécha polyvalent avant de l’échanger pour un modèle équipé d’une mitrailleuse lourde, puis pour une batterie mobile incapable de sauter ou de voler mais dotée d’une puissance de feu redoutable. Il sera même possible de piloter des astronefs adverses!

Les interrupteurs seront à activer par votre pilote

En revanche, mieux vaut prendre le temps de réfléchir, car une fois votre robot abandonné, un adversaire pourrait tout à fait venir en prendre possession pendant que vous êtes à pied, et vous ne pèseriez alors pas bien lourd avec votre petit fusil. On notera d’ailleurs que l’interface du jeu ne présente aucune jauge de santé: c’est visuellement que vous pourrez constater l’état de votre mécha. Quand il commence à cracher des étincelles, conseil: cherchez un bonus de soin ou un autre modèle en vitesse. En revanche, vous n’aurez tout simplement aucun moyen de connaître votre état lorsque vous êtes à pied; un choix plutôt étrange qui ne se justifie pas vraiment, mais qui vous amènera à serrer les dents lorsque vous serez en train de déambuler hors de votre véhicule.

Attendez-vous à vite avoir beaucoup de travail

Si les premiers niveaux vous laissent largement le temps d’apprivoiser la prise en main du jeu, les choses sérieuses commencent à partir de la quatrième mission, sachant que le jeu en contient huit plus une secrète. Connaître la disposition des stages et en particulier l’emplacement des bonus de soin pourra alors faire une énorme différence entre une mort rapide et un succès probant. Votre mécha, qui semblait si résistant lors de ses premières affectations, aura de plus en plus de mal à faire face à la puissance de feu qu’on lui opposera, et la mémoire sera un outil précieux pour définir le trajet idéal afin d’espérer mener votre affectation à bien.

Mission accomplie!

La patience sera d’ailleurs le maître-mot ici, car il faudra facilement compter sur une heure et demi de jeu pour espérer voir le bout de la partie, le tout sans mot de passe ni sauvegarde. Et même si le titre vous dispense pas moins de cinq Continues, ceux-ci font en fait office de vies, et croyez-moi, ils peuvent partir très vite – autant dire que le joueur occasionnel risque de rapidement grincer des dents. Si vous êtes un peu plus chevronné, en revanche, et que vous appréciez le défi, Metal Warriors pourrait rapidement devenir un de vos logiciels préférés dans le domaine: long, varié, prenant, bien réalisé, avec un louable effort de mise en scène, le titre va même jusqu’à proposer un mode deux joueurs – pas en coopératif, hélas, mais bien en combat mano a mano.

Les objectifs se mettent à jour pendant les missions

Seuls un aspect un peu répétitif et une difficulté exigeante dans la deuxième moitié du jeu pénalisent un programme dont la notoriété aura vraisemblablement souffert de n’être sorti qu’en Amérique du Nord, et surtout aussi tardivement, à une époque où la migration vers les systèmes 32 bits était déjà bien entamée. C’est bien dommage, car ce Metal Warriors est à coup sûr un jeu qui mérite de figurer dans la ludothèque de n’importe quel possesseur de Super NES – ou dans celle de tous les amateurs du Run-and-Gun.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 17,5/20

Après nous avoir déjà pris par surprise avec Zombies, Mike Ebert et LucasArts doublent la mise avec un Metal Warriors qu'on n'avait pas vu venir. Centré sur une thématique futuriste à base de méchas que l'on avait tendance à considérer comme la chasse gardée des studios japonais sur les consoles de salon, le titre joue crânement sa chance face à des logiciels comme Cybernator et parvient à remplir sa mission dans pratiquement tous les domaines avec un soin du détail qui fait plaisir à voir. On ne peut que regretter a posteriori que le jeu ait quelque peu disparu dans l'ombre des parutions sur 32 bits tant il méritait à coup sûr de figurer au panthéon des logiciels marquants sur Super Nintendo, et qu'il aurait même pu initier une saga qu'on aurait suivie avec grand plaisir. Reste un excellent Run-and-Gun à découvrir avec jubilation et avec l'espoir de le ramener un jour dans la lumière.

CE QUI A MAL VIEILLI :

- Aucune jauge de vie à l'écran, que ce soit pour votre pilote ou son mécha
- Mode deux joueurs assez anecdotique
- Vu la longueur d'une partie, on n'aurait pas craché sur un système de sauvegarde
- Difficulté réellement corsée dans la deuxième moitié du jeu

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