The Adventures of Batman & Robin (Mega CD)

Cette image provient du site https://www.mobygames.com

Développeur : Clockwork Tortoise Inc.
Éditeur : SEGA Enterprises Ltd.
Testé sur : Mega CD

Version Mega CD

Année de sortie : 1995
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version européenne
Spécificités techniques :

La vie de testeur n’est pas tous les jours facile. En-dehors du temps consommé par les tests, par la rédaction des articles, par le fait de parvenir à avancer dans les jeux, la simple façon de classer les logiciels est parfois un casse-tête.

Et je les reconnais comment, les civils, Einstein?

The Adventures of Batman & Robin est à ce titre un cas d’école: figurez-vous que non seulement pas moins de quatre jeux vidéo portant ce nom sont sortis en moins d’un an, entre 1994 et 1995, sur quatre systèmes différents, mais qu’en plus ces quatre titres n’ont strictement rien à voir entre eux, pas même les deux seuls à avoir été développés par la même équipe, à savoir l’éphémère studio de Clockwork Tortoise (qui n’aura à ma connaissance publié que deux logiciels portant donc tous les deux le même nom, pour ceux qui suivent). Du coup, quelle approche adopter? Un test massif constitué de quatre pavés, ou bien quatre tests séparés? Sachant que l’on n’a pas affaire ici à des adaptations ou à des variations, mais bel et bien à quatre titres développés indépendamment et ne recouvrant même pas nécessairement le même genre, autant dédier à chacun d’entre eux le temps et l’attention qu’il mérite. Penchons-nous donc aujourd’hui sur un des plus étranges des quatre, The Adventures of Batman & Robin, donc, dans son itération Mega CD.

La prochaine fois que vous voudrez sauver Gotham, prenez plutôt le métro

Pourquoi « étrange »? Je ne sais pas à quoi vous vous attendez lorsqu’on vous parle d’une adaptation de Batman (et Robin, même si pour le coup vous ne le verrez pas beaucoup mais nous y reviendrons), mais le justicier à la cape étant une sorte de vigilante nocturne, on est en droit de s’attendre à un beat-them-all ou à un jeu d’action/plateforme à l’image de l’excellent titre de Sunsoft sur NES, ou de 99% des adaptations mettant en scène l’homme chauve-souris.

Toi aussi, cherche le message caché dans une image

Perdu! Pour l’occasion, c’est bien au volant de la Batmobile que vous passerez la quasi-totalité du jeu – « quasi » car le dernier niveau, lui, vous placera aux manettes du Batwing. L’objectif sera en effet de vous faufiler au sein de la très dense circulation de Gotham pour intercepter divers méchants de la série animée afin de secourir le commissaire Gordon et votre coéquipier Robin, dont le seul et unique rôle se limitera, comme souvent, à vous donner une raison d’enfiler le masque pour aller leur sauver la mise. On se retrouve donc, sur le papier, avec une sorte de clone de Chase H.Q. – à la différence près que vous pourrez cette fois bénéficier de l’armement de votre véhicule pour faire le ménage, exactement comme lors des séquences de conduite de l’itération CD de Batman Returns d’où le titre tire de toute évidence son inspiration.

Les excellentes cinématiques du jeu constitueront votre seule raison de vous accrocher

Le papier, c’est une chose, mais une fois la manette en mains, les choses deviennent immédiatement moins emballantes. Par l’absurde, The Adventures of Batman & Robin nous démontre la stupidité fondamentale de concept de Batmobile : vous avez déjà essayé de combattre le crime en étant pris dans les embouteillages sur le périphérique nord, vous?

La réalité virtuelle, c’est aussi nul qu’en vrai

Le titre de Clockwork Tortoise met en effet un point d’honneur à vous bombarder – littéralement – d’obstacles en tout genre pour vous empêcher à tout prix de réaliser ce qui pourrait ressembler au principe de base d’un jeu de course, à savoir aller vite. La densité de véhicules est telle qu’il est pratiquement impossible d’atteindre un 50 à l’heure de croisière – et les choses deviennent carrément cauchemardesques quand vos ennemis décident de vous jeter au visage, par brassées entières, des cochonneries pratiquement inévitables pour vous freiner encore un peu plus – sachant que la résistance de votre voiture n’est pas illimitée et que sa destruction vous vaudra naturellement la perte d’une vie. Autant dire que venir à bout des six malheureux niveaux du jeu risque de se révéler beaucoup plus difficile que prévu.

Ce n’est pas spécialement beau, mais si encore ça allait vite…

Autant vendre la mèche sans tarder: The Adventures of Batman & Robin accomplit tout simplement l’exploit de n’être strictement jamais amusant, dans aucune circonstance. Les rares moments où on a l’impression d’être maître de notre véhicule plutôt que d’être aux commandes d’une boule de flipper ne dégagent qu’un sentiment de frustration mâtiné d’ennui, d’autant que la réalisation graphique à peine honnête du jeu ne délivre jamais la moindre sensation de vitesse, même lors des rares fois où le jeu nous laisse accomplir une ligne droite sans obstacles pendant plus de deux secondes.

Il a l’air chouette, ce combat de boss, dommage qu’on se contente de le regarder

En fait, la seule satisfaction viendrait plutôt de la très bonne musique CD, extrêmement efficace, qui nous fait amèrement regretter qu’elle n’accompagne pas un titre rapide, nerveux, ou tout simplement ludique. D’ailleurs le seul prétexte pour s’accrocher vaille que vaille et tenter de voir la suite en dépit de la difficulté du jeu, ce sont bien les scènes cinématiques abritées par le CD-ROM. Et pour cause: celles-ci constituent rien de moins qu’un épisode inédit de la célèbre série animée – sans doute pas le mieux écrit, certes, puisqu’il se limite à une suite de mauvais prétextes pour faire la tournée des grands méchants du jeu, mais rempli d’explosions, de scènes d’action, de combats et de tout ce qu’on aurait bien aimé voir dans le jeu si un crétin n’avait pas eu l’idée saugrenue de nous coincer au milieu de la circulation.

Le Batwing est encore plus pénible à piloter que la Batmobile

On en vient d’ailleurs à se demander si l’équipe de Clockwork Tortoise – également responsable d’un autre épisode beaucoup plus réussi sur Megadrive – n’a pas tout simplement été chargée de programmer n’importe quoi pour occuper les joueurs entre les extraits du dessin animé.

« Hé, Batman! Qu’est-ce qui porte ton nom et qui a le même effet qu’un laxatif? »

Sans rien révolutionner, le titre aurait au moins pu être vaguement divertissant, mais il donne plutôt l’impression de rejouer à une sorte de worst of des passages les plus ratés du Batman publié par Ocean six ans plus tôt. Autant dire que même les fans les plus irréductibles du justicier nocturne risquent de faire la grimace, sauf à apprécier le concept du jeu de course où on n’a pas le droit d’aller vite, dans des environnements moches et tous semblables, avec une vitesse absente et une difficulté imbuvable. Dans tous les cas, le constat est assez clair: si vous voulez vraiment vous essayer aux aventures de Batman et Robin, mieux vaut commencer par n’importe lequel des autres jeux portant le même nom.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE : 09/20 Surprise! Alors qu'on s'attendait à voir l'homme chauve-souris et son comparse endosser leur costume pour un énième titre d'action/plateforme ou pour un beat-them-all, c'est derrière le volant de la Batmobile (et un peu celui du Batwing) que nous place The Adventures of Batman & Robin sur Mega CD et nulle part ailleurs! Un choix audacieux qui vient s'inscrire dans le gameplay qui avait déjà sauvé l'adaptation de Batman Returns sur cette console... sans parvenir à faire aussi bien, cette fois. Coincé sur une portion de route qui doit représenter 10% de l'écran, à louvoyer entre le flot délirant de cochonneries envoyées par des adversaires increvables au milieu de décors qui peinent atrocement à se renouveler, on se demande si on a acheté une aventure de Batman ou un simulateur d'embouteillages dans le Lincoln Tunnel. La difficulté exaspérante achevant de rendre l'expérience plus fastidieuse qu'autre chose, on se surprend à penser qu'on passerait finalement un meilleur moment à profiter des cinématiques issues d'un épisode inédit de la série qu'à s'ennuyer face à un concept vidéoludique qui devait déjà approcher ses quinze ans à l'époque. Un ratage sans intérêt.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Difficulté pénible – Concept ultra-limité – Plaisir de jeu inexistant – Absence totale de variété – Sensation de vitesse ratée

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