Extreme Pinball

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Développeur : Digital Extremes, Inc. – Epic MegaGames, Inc. – High Score Entertainment
Éditeur : Electronic Arts, Inc.
Testé sur : PC, Playstation
Disponible sur : Playstation 3, PSP (version Playstation)
En vente sur : Playstation Store (version Playstation)

La série Epic Pinball (jusqu’à 2000) :

  1. Epic Pinball (1993)
  2. Silverball (1993)
  3. Silverball 2 Plus (1994)
  4. Extreme Pinball (1995)

– Version PC –

Année de sortie : 1995
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Disponible en français : non
Version testée : V1.0 émulée sous DOSBox
Spécificités techniques : Graphismes: VGA (320×400) – Musique et sons: Gravis Ultrasound, Pro Audio Spectrum, SoundBlaster (Pro,16,Clone & compatibles)

Dans le domaine du flipper vidéoludique comme dans tous les autres, il y a les têtes d’affiche. Le genre aura notamment connu un bel engouement au début des années 90, avec des titres comme Pinball Dreams, qui aura participé aux belles heures de l’Amiga. Pour les amateurs de tables un peu plus fantasques, difficile de ne pas citer la saga des Crush Pinball et son épisode le plus marquant: Devil’s Crush. Mais les flippers auront également connu une seconde jeunesse par le biais d’un domaine qui aura, lui aussi, connu son essor au début des années 90: le shareware. Celui-ci aura entre autres permis l’éclosion de la série des Epic Pinball qui aura connu un joli succès sur PC. Bref, bien avant l’émergence des Pro Pinball ou des Pinball FX, il y avait déjà largement de quoi retrouver les sensations des bars-tabacs de l’époque sur les machines domestiques.

Remarquez la télé allumée, ou la balle qui a pris ici l’apparence d’un disque d’or

Mais il existe aussi des titres un peu plus clivants, ayant laissé de très bons souvenirs à certains joueurs, et de moins bons à une quantité d’autres. À une période où le jeu vidéo devenait de plus en plus une affaire de professionnels et de grosses compagnies, le réalisme commençait à devenir une exigence latente, surtout en pleine période de démocratisation d’une 3D amenée à bouleverser durablement le paysage vidéoludique. Une période où sortir des sentiers battus, particulièrement en terme de jouabilité, n’était plus aussi vendeur que lors de la décennie précédente. Une période, en résumé, qui n’était peut-être pas la plus adaptée pour la sortie de titres comme ce Extreme Pinball.

Medieval Knights est une des tables les plus difficiles, mais aussi une des plus prenantes

Que propose donc l’héritier des Epic Pinball? Ce qu’on était en droit d’attendre, à première vue: quatre tables aux thématiques variées, depuis la carrière d’un groupe de rock jusqu’à l’évasion d’un groupe de singes au zoo, en passant par une table médiévale avec chevaliers, châteaux et dragons et une table tendance « émeutes futuristes ». Et, quitte à tirer parti du support informatique, ces tables prendront quelques libertés vis-à-vis des contraintes mécaniques des flippers « normaux », exactement comme l’avait proposé quelques années auparavant la saga des Crush Pinball évoquée plus haut.

Admirez les rampes!

Ici, pas de pentagrammes, de mini-jeux ou de créatures vivantes se promenant entre les bumpers, cependant; on pourra en revanche profiter de balles modifiées ou d’animations impossibles à réaliser sur une table classique. Ainsi, sur la table Rock Fantasy par exemple, vous pourrez voir votre bille se transformer en disque d’or ou de platine, et il arrivera à l’écran de télé situé dans la partie basse de s’allumer, ce qui vous permettra de dévoiler une partie de l’image à chaque passage de la balle. Vous pourrez de la même façon voire un tentacule s’emparer de votre bille sur Medieval Knights, ou un hélicoptère survoler périodiquement la partie supérieure du tableau sur Urban Chaos. Curieusement, ce genre de facéties ne semblait plus trop être au goût de la presse spécialisée en 1995 – la même presse qui pensait pourtant que ce type de table représentait l’avenir moins de deux ans auparavant, mais je m’égare. Le fait est qu’Extreme Pinball prend quelques libertés avec ce qu’on pouvait attendre d’un flipper conventionnel.

Les tables sont très bien agencées, et épuiser leur contenu vous prendra beaucoup de temps

Les différentes tables sont pourtant difficilement attaquables sur leur contenu ou sur les possibilités qu’elles offrent. Contrairement à Devil’s Crush qui proposait une expérience finalement relativement basique en terme de gameplay, les quatre tables présentes ici sont extrêmement riches, et ne font l’impasse sur strictement aucune des possibilités des tables traditionnelles. Multi-billes, spinners, loops, jackpots, missions en temps limitées, skillshots: rien ne manque à l’appel, et on peut très facilement trouver matière à passer des dizaines d’heures sur chacun des flippers proposés – à tel point que j’en viens à rester sceptique quant au manque d’enthousiasme de la presse de l’époque par rapport à un titre qui arrivait certes dans la traîne d’une dizaine d’autres en quelques années, mais qui représentait alors à n’en pas douter le haut du panier en la matière. Mais quels sont d’ailleurs les véritables reproches à faire à ce Extreme Pinball?

Monkey Mayhem est la table la plus abordable, et peut même devenir l’une des plus amusantes

En fait, la plus grande entorse au réalisme qui aura été reprochée au jeu ne tient pas aux petites facéties évoquées plus haut. Le problème viendrait plutôt de la physique de balle qui contribue énormément à la grande difficulté du jeu: non que la bille fasse n’importe quoi, mais elle est simplement très, très rapide. Le rythme du jeu est réellement ébouriffant, et il faudra parfois avoir des réflexes de Jedi pour éviter des pertes de balles expresses. Les dégoulinantes sont très fréquentes, et je mets au défi quiconque d’avoir le temps d’utiliser la touche pour secouer le flipper dans un jeu qui donne souvent le sentiment de se dérouler à 200 à l’heure.

Il y a beaucoup à faire, mais ça va très vite

Même si le programme se montre assez généreux pour vous autoriser à démarrer une partie avec jusqu’à sept billes, atteindre le Game over en plus de dix minutes risque de vous demander un entraînement intensif. L’avantage, c’est qu’on peut enchaîner les parties très rapidement sans jamais laisser l’adrénaline retomber; l’inconvénient, c’est qu’on risque d’avoir assez vie les nerfs à fleur de peau. Quitte à continuer sur les défauts du jeu, mentionnons également une erreur de débutant qui fait que le tableau des High Scores est le même pour tous les joueurs, qu’ils commencent avec trois, cinq ou sept billes – pas très malin… Le logiciel connait également quelques bugs, comme celui qui m’aura obligé à recommencer une partie parque ma balle avait traversé une paroi pour se retrouver coincée dans le lanceur de bille; un manque de finition assez regrettable.

Il y a vraiment du contenu partout, et c’est une très bonne chose

C’est d’autant plus dommage qu’en plus de la qualité du design des tables évoquée plus haut, la réalisation est incontestablement en net progrès par rapport à ce qu’on avait pu voir sur Epic Pinball. Graphiquement, le jeu est très détaillé, même si la résolution bâtarde de 320×400 a tendance à écraser l’image – on aurait bien aimé, pour le coup, que le jeu opte directement pour le 640×480.

Ce n’est pas magnifique, mais on s’amuse bien

En revanche, du côté sonore, c’est le sans-faute: la musique digitalisée est de très bonne qualité, pêchue et réellement entrainante dans certaines tables, et les bruitages sont eux aussi à la hauteur. On peut vraiment prendre beaucoup de plaisir à jouer aujourd’hui encore, et je ne suis pas surpris d’avoir vu, sur plusieurs forums, des joueurs confesser y avoir passé des dizaines, voire des centaines d’heures. Certes, mieux vaudra aimer un certain niveau de challenge et une physique de balle assez radicale, mais cela n’empêche pas Extreme Pinball de mériter un peu plus de reconnaissance que le relatif oubli dans lequel il a sombré aujourd’hui.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE: 16,5/20

Extreme Pinball est un jeu qui tend à diviser les amateurs de flipper vidéoludique. D'un côté, il met en scène avec une réalisation très honnête, à commencer par une ambiance sonore de haute volée, des tables originales, bien pensées, débarrassées des contraintes mécaniques et beaucoup plus techniques qu'elles n'en ont l'air. De l'autre, il faudra composer avec une vitesse hallucinante, une physique de balle aussi extrême que le titre du jeu le laisse supposer, ainsi qu'avec une poignée de bugs. Autant dire que les parties s'enchainent très vite et que parvenir à garder une bille en jeu plus d'une minute tient parfois de l'exploit - ce qui risque de pousser pas mal de joueurs à s'arracher les cheveux. Les plus patients, en revanche, apprécieront un gameplay prenant, ludique et très nerveux, ainsi que des tables sur lesquelles on peut passer énormément de temps. Mieux vaut sans doute l'essayer avant d'envisager de l'acquérir, mais si vous mordez au concept, vous pourriez bien y passer de très longues heures.

CE QUI A MAL VIEILLI :

- Physique de balle assez radicale
- Quelques bugs
- Sans doute un peu trop rapide

– Version Playstation –

Année de sortie : 1995
Nombre de joueurs : 1 à 4 (à tour de rôle)
Disponible en français : non
Version testée : Américaine
Spécificités techniques :

C’est un peu moins fin, mais c’est surtout beaucoup moins réactif

Curiosité: Extreme Pinball aura également tenté sa chance sur Playstation – uniquement sur le marché américain, d’ailleurs – à une époque où les passerelles entre le PC et la machine de Sony étaient plutôt rares, y compris pour les jeux de flipper. Au menu: un contenu strictement identique à celui de la version PC, adapté aux caractéristiques techniques de la console 32 bits. D’entrée de jeu, on remarque immédiatement que l’on est sur CD, et pour cause: dix secondes de chargement au lacement du jeu, vingt secondes de chargement avant le menu principal, trente-cinq secondes de chargement avant de lancer une table, le compte est bon. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la nervosité et le côté instantané de la version PC sont ici passés quelque peu à la trappe: le jeu est nettement moins fluide sur console, ce qui créé des latences qui sont très dommageables dans un titre où l’on doit souvent réagir au centième de seconde près. Tout parait comme embourbé, et l’adrénaline de la version originale laisse plutôt la place à une frustration latente. Bref, on s’amuse nettement moins, et ce n’est certainement pas avec ce portage que ceux qui détestaient la version PC d’Extreme Pinball vont se réconcilier avec le jeu.

le genre d’écran que vous allez hélas voir souvent

En terme de réalisation, la Playstation doit composer avec une résolution légèrement plus basse que sur PC: on voit davantage les gros pixels. L’animation a, comme on l’a vu, beaucoup perdu de sa superbe, les temps de chargement sont insupportables, et la musique n’a strictement rien gagné dans son transfert sur CD. Seuls les bruitages sont légèrement meilleurs, mais certainement pas de quoi investir dans une version qui ne devrait objectivement emballer personne.

NOTE FINALE : 12,5/20

La bonne nouvelle, c’est qu’Extreme Pinball sur Playstation ne divisera plus personne: le jeu a clairement perdu beaucoup de choses, à commencer par sa vitesse, sa nervosité et une part importante d’une jouabilité déjà pas toujours irréprochable sur PC, lors de son transfert vers la machine de Sony. Additionné à une réalisation inférieure et à des temps de chargement à rallonge, on ne conseillera clairement pas cette version à tous ceux qui ont un PC sous la main.

Jaki Crush

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Développeur : Compile
Éditeur : Naxat Soft
Titre original : ナグザット スーパーピンボール 邪鬼破壊 (Naxat Super Pinball Jaki Crush)
Testé sur : Super Famicom

La saga Crush Pinball (jusqu’à 2000) :

  1. Alien Crush (1988)
  2. Devil’s Crush (1990)
  3. Jaki crush (1992)

– Version Super Famicom –

Année de sortie : 1992
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Disponible en français : non
Version testée : Japonaise
Spécificités techniques :

Vidéo – L’écran-titre du jeu :

Oui, oui, je sais ce que vous êtes en train de vous dire. « Super Famicom? On teste les jeux jamais sortis du Japon sur RetroArchives.fr, maintenant? » Ce n’est normalement pas la politique de la maison, pour au moins deux raisons: premièrement, je ne parle pas le Japonais, ni aucune forme de langue asiatique, et deuxièmement je n’ai pas sous la main la plupart des ordinateurs « exotiques » vendus exclusivement sur l’Archipel, du PC-88 au Sharp X68000 en passant par le FM-Towns, qui sont également très délicats à émuler – sans même parler de trouver les jeux à faire tourner dessus.

On a de plus en plus de mal à être surpris

Si je me suis décidé à faire une exception – qui se reproduira sans doute à l’avenir pour des titres ne nécessitant pas de lire le japonais ou bénéficiant de patchs de traduction – c’est parce qu’il aurait été dommage de ne pas traiter du dernier épisode de la trilogie des Crush Pinball pour toutes les raisons évoquées plus haut alors que tout le monde est capable de jouer à un flipper quelle que soit la langue dans laquelle il est publié – à plus forte raison quand les rares menus du jeu sont rédigés dans un anglais impeccable. Trouver une Super Famicom étant également assez facile, célébrons ensemble le premier test en ces pages d’un jeu exclusivement sorti au Japon. Voilà pour la mise au point.

Ah oui, niveau atmosphère, ça change! Mais ça ne serait pas un poil vide, quand même?

Pour en revenir à nos flippers, Jaki Crush est donc la suite de Devil’s Crush, et reprend sans faillir la tradition de la table débarrassée des contraintes mécaniques initiée par le premier épisode en 1988. Après un titre très inspiré par l’esthétique d’Alien et un autre versant plutôt dans le médiéval-fantastique occidental, le troisième opus de la saga fait cette fois le choix d’un folklore purement nippon à base de Yokai et autres démons japonais – ce qui explique certainement en grande partie le fait que cet épisode soit le seul de la série à n’avoir jamais quitté le Japon, les éditeurs de l’époque ayant tendance à penser que le marché occidental n’était pas très réceptif à ce type de références. Toujours est-il que l’objectif du jeu, lui, n’a pas changé: proposer une table « fantastique » avec des éléments organiques et des mécanismes qui seraient impossibles à réaliser sur une table traditionnelle. Autant en profiter pour se pencher sur cette fameuse table, donc, et sur les nouveautés qu’elle entend proposer.

La partie intermédiaire de la table est originale, mais mal pensée

Une nouvelle fois, on a affaire à une seule table divisée en trois partie, chacune avec ses deux flippers. Comme dans les deux premiers épisodes, les cibles et autre bumpers ont laissé place à des créatures vivantes, et des tables parallèles faisant office de mini-jeux (au nombre de six) sont accessibles en les débloquant par le biais des rampes et des cibles. Jusqu’ici, en-dehors du thème abordé, rien de bien nouveau depuis le précédent épisode – ce qui n’est pas nécessairement dramatique, un flipper n’ayant pas besoin de révolutionner le concept original pour se montrer divertissant.

Il peut se passer beaucoup de choses sur la table, mais cela prend du temps

Cependant, on constate rapidement un certain nombres de petites évolutions venues perturber un peu une routine bien établie: par exemple, les flippers de la section intermédiaire sont désormais asymétriques, ce qui compliquera sérieusement les choses si on a l’ambition d’atteindre la rampe de gauche. Dans le même ordre d’idées, on pourra voir certains éléments de la table, comme le visage démoniaque de la partie inférieure, se déplacer pour rejoindre une autre section; on peut se retrouver avec du brouillard couvrant une partie du tableau, avec des cibles changeant de position et de nature, etc. Bref, on est face à une table plus organique et plus évolutive que jamais, ce qui aide à rendre les parties intéressantes sur la durée. On remarquera que le multi-billes fait enfin son apparition, mais se retrouve géré d’une manière assez bizarre: la vue ne pouvant pas reculer, la caméra ne suivra que la bille la plus basse, rendant de fait impossible de se préoccuper de la deuxième si elle n’est pas sur le même écran que la première. De plus, au lieu de vous laisser continuer à la perte d’une bille, le jeu calcule le bonus et interrompt la partie – exactement comme si vous veniez de perdre toutes vos billes – avant de vous laisser reprendre là où vous en étiez, ce qui n’a pas grand sens.

Il n’y a pas autant de possibilités qu’on aurait pu le souhaiter

Dans l’ensemble, et malgré l’expérience indéniable de Naxat Soft en la matière, on ne peut d’ailleurs s’empêcher de pester devant une certaine maladresse dans le design général de la table. Les rampes de la partie inférieure, par exemple, sont très mal placées, et il est souvent aussi difficile qu’aléatoire de réussir à accéder au reste de la table.

Le design général est travaillé, mais manque encore un peu de folie

La partie intermédiaire, quant à elle, ne sert pratiquement à rien d’autre qu’à passer du haut au bas de la table et vice versa: en-dehors d’une rampe accessible à droite, d’une gouttière à gauche et de l’accès à la partie supérieure au centre, il n’y a pour ainsi dire rien à y faire. Pour ne rien arranger, la physique de balle laisse souvent à désirer, la faute à des bugs de collision assez désagréables, voire à des erreurs de placement stupides. Ainsi, l’un des lanceurs automatiques de bille de la table inférieure, pour peu que les bumpers soient positionnés d’une certaine façon, se terminera inéluctablement par une dégoulinante à droite sans que vous ne puissiez rien y faire. Frustrant… La difficulté est de toute façon sensiblement plus élevée que dans les deux premiers opus, au détail près qu’on a souvent l’impression que c’est pour de mauvaises raisons.

Ces bumpers sont une véritable plaie lorsque l’on cherche à atteindre la table intermédiaire

La table demandera de nombreuses heures de pratiques pour commencer à se montrer réellement praticable, et il y a fort à parier que de nombreux joueurs débutants serrent les dents plus que de raison pour avoir le droit d’accéder au dixième du contenu du jeu. Pour ne rien arranger, la plupart des mini-jeux sont assez fastidieux, se résumant le plus souvent à tirer sur des cibles mobiles dans des périodes de temps très limitées avant de tirer sur des cibles fixes, cette fois, pour avoir le droit de recommencer à tirer sur les cibles mobiles… Pas très passionnant, surtout quand on se souvient de la variété dont faisait preuve la version Megadrive de Devil’s Crush à ce niveau, par exemple.

Les mini-jeux sont assez beaux, mais pas toujours passionnants

Le jeu n’est heureusement pas devenu mauvais pour autant, loin de là, mais la magie opère tout simplement moins bien, et le plaisir de jeu met plus de temps à se présenter au rendez-vous – quand il ne pose pas tout simplement un lapin. La réalisation générale, très correcte, a étrangement un côté plus générique, en dépit d’un thème graphique pourtant dépaysant – la musique, par exemple, est nettement plus oubliable que celle des deux autres épisodes.

Rien à faire: on s’amuse tout simplement moins

Les teintes pas très variées finissent de donner un aspect assez monocorde à un jeu qui aurait sans doute largement pu prétendre à mieux – c’est d’ailleurs le sentiment qui prédomine au terme de quelques parties: celui d’un studio qui, faute d’idées, a décidé de tenter un peu tout et n’importe quoi sans vraiment savoir dans quelle direction avancer. Citons par exemple l’existence d’un mode « 2 players versus » dont j’attends encore de voir la différence avec une partie normale. Si les fans de la saga devraient trouver leur bonheur sans trop de difficulté, les amateurs de flipper seront certainement moins unanimes, et les simples curieux ne devraient sans doute pas commencer par cet épisode. Peut-être pas la conclusion qu’on était en droit d’attendre.

NOTE FINALE: 14/20

Après un coup d'essai avec Alien Crush et un épisode de la maturité avec Devil's Crush, Jaki Crush clôt la trilogie de Naxat Soft avec l'épisode de la prise de risques. Malheureusement, celle-ci n'est pas toujours récompensée, et la plupart des bonnes idées introduites par cet opus (flips asymétriques, multi-billes, thème japonisant) sont contrebalancés par des défauts plus ou moins gênants, à commencer par une table mal équilibrée au gameplay navigant entre le frustrant et le redondant. On passe au final beaucoup trop de temps dans la partie inférieure de la table à essayer de grimper un peu au hasard faute de rampes claires, et l'ennui s'installe fatalement lorsque l'on constate qu'un tiers du plateau ne sert strictement à rien d'autre qu'à faire la jonction entre les deux autres. Cela n'empêche pas Jaki Crush d'être un titre dépaysant et original qui saura contenter les joueurs les plus tenaces, mais les nouveaux venus feraient clairement mieux de s'essayer à l'épisode précédent.

CE QUI A MAL VIEILLI :

- Table intermédiaire parfaitement sans intérêt
- Plus exigeant techniquement que les deux épisodes précédents
- Thème musical très oubliable
- Disposition générale mal pensée
- Toujours quelques errements dans la physique de balle
- Multi-billes mal pensé

Devil’s Crush

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Développeur : Compile, Naxat Soft
Éditeur : NEC Technologies, Inc.
Titre original : デビルクラッシュ (Devil Crash)
Titres alternatifs : Dragon’s Fury (titre occidental sur Megadrive), Devil Crash MD (titre japonais sur Megadrive)
Testé sur : PC-Engine, Megadrive

La saga Crush Pinball (jusqu’à 2000) :

  1. Alien Crush (1988)
  2. Devil’s Crush (1990)
  3. Jaki crush (1992)

– Version PC-Engine –

Année de sortie : 1990
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Disponible en français : non
Version testée : Américaine
Spécificités techniques :

Vidéo – L’écran-titre du jeu (avec des séquences de gameplay) :

Deux ans après Alien Crush, la prédiction hasardée par une partie de la presse vidéoludique selon laquelle les flippers vidéoludiques étaient appelés à dépasser leurs modèles présents dans les salles de café peinait à se réaliser. Il faut dire qu’étrangement, personne ne semblait réellement s’être lancé à la suite du modèle initié par le titre de Naxat Soft, qui restait le principal – pour ne pas dire le seul – représentant du flipper débarrassé des contraintes mécaniques. Dès lors, qui mieux que la firme japonaise pouvait prétendre à capitaliser sur un genre qu’elle avait elle-même créé? Ainsi naquit Devil’s Crush, qui comptait bien marcher sur les traces de son prédécesseur – et en profiter pour perfectionner une formule que l’on avait sentie encore un peu mal dégrossie, pour ne pas dire rudimentaire, dans le premier épisode.

Bienvenue dans Devil’s Crush, sans doute l’épisode le plus connu de la série

Changement d’univers, pour commencer: comme son nom vous l’aura sans doute déjà fait comprendre, Devil’s Crush abandonne l’atmosphère à la Giger pour se consacrer, cette fois, à une ambiance médiévalo-fantastico-horrifique où les squelettes et les zélotes en robes côtoieront les pentagrammes et les dragons. Difficile d’y voir une apologie du satanisme, mais cela n’aurait pas empêché le jeu d’être censuré, lors de sa sortie en occident, d’une partie de ses références religieuses. Qu’importe: on est là avant tout pour jouer au flipper, et la question du sexe des anges passe par conséquent bien après celle de la présence ou non d’un mode multi-billes, de combos ou de loops. Autant en profiter, donc, pour se pencher sur les réelles nouveautés de cet épisode.

La partie supérieure de la table est la plus difficile d’accès

Commençons d’abord par les plus évidente: s’il n’y a toujours qu’une seule table, celle-ci est désormais divisée en trois parties au lieu de deux, ce qui représente mine de rien une augmentation de 50% de la surface de jeu. Comme dans le précédent épisode, chaque partie possède ses deux flips, ses propres rampes et ses mécanismes propres, et laisser tomber la boule l’amènera à glisser dans la partie inférieure, jusqu’à la perte définitive de la balle en bas de la table.

Les mini-jeux sont bien plus intéressants que dans Alien Crush

On constatera d’ailleurs que la partie la plus élevée est également la plus difficile d’accès, et que le jeu dans son ensemble est plus complexe qu’Alien Crush, ce qui n’est pas un mal. Autre amélioration évidente: au lieu d’un changement d’écran brutal lors des transitions d’une partie à l’autre, le jeu emploie dorénavant un défilement vertical, à la fluidité irréprochable, pour suivre la balle sans jamais avoir à la quitter des yeux. Mine de rien, cela fait énormément de bien en termes de jouabilité, et on est heureux de ne plus avoir les yeux qui pleurent à chaque fois que la bille vadrouille entre deux parties de la table.

Il se passe beaucoup de choses à l’écran, on n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer

En terme de contenu, on sent également que Naxat a décidé de mettre les bouchées doubles. Non seulement la table est plus grande, comme on l’a déjà vu, mais il y a désormais pas moins de six tables de mini-jeux accessibles par les rampes et les cibles, avec un réel effort de variété puisque l’on trouve aussi bien du combat de boss (détruire des têtes de dragon ou des lézards en armure) que du casse-brique (détruire des pots d’or gardés par des squelettes) ou de l’adresse pure (détruire des adversaires au moment précis où ils passent sur des cibles).

Une petite partie de casse-brique?

On retrouve d’ailleurs cette variété en jeu, puisque chaque partie de la table a désormais ses enjeux et ses mécanismes propres, depuis le visage féminin se transformant en lézard sur la partie centrale aux rampes d’accès vers les parties bonus dans la partie supérieure, en passant par les destructions de cibles ou les tirs placés pour installer les ball savers en bas de la table. Certes, il n’y a toujours pas de multi-billes, ni de loops, ni de combos, mais on n’espèrera pas, cette fois, faire le tour de ce que le jeu a à proposer en une heure à peine.

Il y a bien plus de contenu que dans le premier épisode

La difficulté a monté en flèche, particulièrement si l’on joue en vitesse rapide, et on sent désormais que l’habileté joue un véritable rôle dans les chances de survie à long-terme et dans l’établissement d’un high-score – d’autant plus que, Alléluia, le jeu est enfin doté d’une fonction de sauvegarde accessible pendant la pause, et qui vous autorisera à conserver votre score comme votre progression, par batterie si votre machine ou vos accessoires le permettent, ou par mot de passe dans le cas contraire. Cela corrige à n’en pas douter un des plus gros défauts de Alien Crush, et comme le jeu est en plus à la fois plus riche, plus technique et plus complet, on ne pourra que s’en réjouir.

Le visage féminin se transformant en faciès reptilien est presque aussi connu que le jeu en lui-même

Au niveau de la réalisation, et comme les captures d’écran vous permettront de le réaliser, Naxat Soft n’a pas perdu la main en deux ans. Difficile, une nouvelle fois, de se dire qu’on est sur une console 8 bits: Devil’s Crush peut très largement rivaliser avec ce qu’on pouvait voir, à la même période, sur Megadrive – et l’ensemble a d’ailleurs très bien vieilli. Il n’y a certes plus qu’un seul thème musical pour la table, mais en plus d’être dynamique et entrainant, il est surtout accompagné de thèmes spécifiques pour chacun des mini-jeux.

Difficile de prendre la réalisation du jeu en défaut

L’animation est une nouvelle fois irréprochable: aucune saccade dans le défilement, pas le moindre ralentissement en jeu, et ce malgré des dizaines de sprites à l’écran. La table est particulièrement vivante, et la physique de balle est convaincante à deux ou trois bizarreries près (on assiste souvent à quelques latence dans les temps de réponse qui peuvent coûter très cher lorsque la balle est en bout de flip). Comme dans le premier épisode, le jeu connait sa « conclusion » en atteignant le score d’un milliard de points – bon courage pour en arrive jusque là. Dans tous les cas, vous devriez cette fois avoir une bonne raison d’enchainer les parties et de chercher à empiler les high scores: Naxat n’aura visiblement pas passé deux ans à se tourner les pouces, et ça se sent.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE: 15/20

En troquant son univers de science-fiction contre un thème médiéval-fantastique, Devil's Crush ne s'est pas contenté de repasser un coup de peinture neuve sur le concept initié par Alien Crush; il en a également profité pour corriger une grande partie des erreurs de son prédécesseur. Grâce à une table désormais bien plus riche en possibilités et à un programme qui permet - enfin! - de sauvegarder son score, par batterie ou par mot de passe, le titre de Naxat Soft offre cette fois un jeu de flipper réellement à même de contenter les amateurs du genre. On n'aurait certes pas craché sur une ou deux tables supplémentaires, mais il faudra néanmoins de nombreuses heures pour espérer faire le tour du contenu du jeu. Une suite bien pensée.

CE QUI A MAL VIEILLI :

- Physique de balle parfois imparfaite
- Un seul thème musical

– Version Megadrive (Dragon’s Fury) –

Année de sortie : 1991
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Disponible en français : non
Version testée : Européenne
Spécificités techniques :

On ne peut pas s’empêcher de penser immédiatement qu’on a perdu en couleurs

Contrairement au premier épisode, qui sera resté cantonné sur PC-Engine, Devil’s Crush aura également tenté une virée sur Megadrive – en prenant, au passage, le nom de Dragon’s Fury en occident pour des raisons tenant aux mystères du marketing. Vu à quel point l’univers graphique semblait correspondre à la perfection à la machine de SEGA, on ne pouvait que se réjouir de voir débarquer ce portage qu’on espérait secrètement voir faire encore mieux que son itération 8 bits.

Dommage que la table principale n’ait pas bénéficié du même soin que les mini-jeux

Au programme, et comme on pouvait s’y attendre, sensiblement la même chose que sur PC-Engine… à quelques petites nuances près. On passera rapidement sur l’ajout d’un menu des options qui n’apporte pas grand chose – en-dehors de la possibilité de reconfigurer les touches de la manettes, pour ceux qui seraient allergiques au fait de manipuler le flip gauche à l’aide de la croix directionnelle. La cartouche n’intégrant pas de batterie de sauvegarde, il faudra désormais obligatoirement passer par le système de mots de passe – rien de bien dramatique, néanmoins. La vraie surprise se produit en lançant le jeu pour la première fois: en dépit d’une résolution plus élevée et d’une palette de couleurs qui n’avait normalement pas à rougir de la comparaison avec la console de NEC, Dragon’s Fury est moins beau sur Megadrive que sur PC-Engine, la faute à un motif de fond violacé qui gène la lisibilité globale en plus d’être moins esthétique que le dessin de pierres taillées de la version originale.

La jouabilité est également mieux pensée lors des mini-jeux

La qualité sonore est également légèrement inférieure – de peu, question de goût – et les sprites sont parfois plus détaillés, mais parfois également plus quelconque. La table a visiblement été rééquilibrée, et pas forcément en mieux: en une dizaine de parties, 100% de mes pertes de balle ont été dues à une « dégoulinante » dans la gouttière gauche de la partie inférieure, alors que ce ne m’était pas arrivé une seule fois sur PC-Engine! L’animation, quant à elle, est toujours irréprochable, quoique sensiblement moins fluide au niveau du défilement.

On sent parfois qu’il s’agit d’un jeu sur une console en début de vie…

Le réel ajout provient des six mini-jeux: ils ont tous été reconçus et redessinés, et ils sont cette fois bien plus beau que sur la console de NEC: on a réellement l’impression de profiter de la « patte » de la Megadrive. Le jeu comprend également de nouveaux thèmes musicaux – empruntés à d’autres titres de Technosoft – qui ne sont, hélas, disponibles que via des bidouilles dans l’écran des mots de passe. Bref, une version avec ses arguments, qui n’enterre en rien la version PC-Engine mais qui devrait parvenir à trouver son public aujourd’hui encore.

… Mais c’est aussi sur ce genre d’écran qu’on sent réellement ce que la Megadrive a dans le ventre

NOTE FINALE : 15/20

Contrairement à ce qu’on aurait pu attendre, la version Megadrive de Devil’s Crush est très loin de donner une leçon à la version PC-Engine. Si la table est clairement décevante sur le plan graphique, et si la jouabilité générale n’a pas connu que des adaptations positives, les mini-jeux sont en revanche magnifiques et on peut profiter de nouveaux thèmes musicaux – à condition de connaître les codes correspondants. Le titre m’est néanmoins apparu comme très légèrement inférieur à ce qu’on était en droit d’espérer d’une version 16 bits, mais il s’agit avant tout d’une question de goût plus que d’une constatation objective: on s’amuse toujours autant, et c’est bien là l’essentiel.