Lords of Thunder

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Développeur : Hudson Soft Company, Ltd., Red Company Corporation
Éditeur : Hudson Soft Company, Ltd.
Titre original : ウィンズ オブ サンダー (Winds of Thunder, Japon)
Testé sur : PC-Engine Duo, Mega-CD
Disponible sur : Wii, Wii U
En vente sur : Nintendo eShop (version PC-Engine Duo)

La série Thunder :

  1. Gate of Thunder (1992)
  2. Lords of Thunder (1993)

Version PC-Engine Duo

Année de sortie : 1993
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Américaine
Spécificités techniques :

Vidéo – L’introduction du jeu :

Le début des années 90 aura correspondu à l’âge d’or de bien des genres vidéoludiques. S’il est difficile d’arrêter une année précise pour la déferlante de jeux de combat initiée par Street Fighter II, dans d’autres domaines, il est plus aisé de pointer des périodes plus ciblées: 1993, par exemple, pour le point & click, ou encore 1992 pour le shoot-them-up.

Choisissez votre destination

Jugez plutôt: en 1992, le monde aura vu déferler Thunder Force IV sur Megadrive, Last Resort sur Neo Geo, Super Aleste sur Super Nintendo ou encore Rayxanber III et Gate of Thunder sur PC-Engine – une liste atrocement loin d’être exhaustive et qui ne donne qu’un tout petit aperçu d’une année décidément exceptionnelle. Mais du côté de la console de NEC, justement, en dépit d’un âge qui commençait à être vénérable, surtout face à l’ascension des consoles 16 bits, on n’était pas encore décidé à prendre sa retraite. Alors histoire de démontrer qu’une barre pouvait toujours être placée un peu plus haut, quelle que soit son altitude initiale, pourquoi ne pas chercher à donner une suite à l’un des meilleurs shoot-them-up de la machine?

Ras-le-bol de la science fiction? Lords of Thunder est pour vous!

Lords of Thunder n’est pourtant pas, à proprement parler, une suite de l’excellent Gate of Thunder, comme on va rapidement le voir. Disons simplement que le fait qu’il partage à la fois son genre, sa plateforme, son support, son équipe de développement et les deux tiers de son titre avec son prédécesseur invite naturellement à le placer dans la continuité de ce dernier.

Les boss changeront de couleur pour indiquer qu’ils se rapprochent de la mort

Mais pas d’univers futuriste au menu cette fois-ci: découvrez le monde tendance médiéval-fantastique de Mistral, où le diabolique empire (pléonasme) de Garuda vient de placer ses six terribles généraux à la tête des six continents du pays pour ressusciter le maléfique dieu du mal Deoric, ce qui ne leur donnera rien d’autre que de voir tout ce qu’ils viennent de capturer se faire dévaster par une divinité incontrôlable, mais bon, il faut bien s’occuper. Face à eux se dresse notre héros: Duran, fils de Drak (ils aiment bien les prénoms en « d » dans ce pays), prêt à aller renverser les six généraux, l’empire de Garuda et Deoric à lui tout seul. Devinez quoi? C’est lui que vous allez incarner. Et il va y avoir du boulot.

Récoltez les gemmes pour pouvoir investir dans votre équipement: Mistral est visiblement un monde où on connait le capitalisme

Le jeu commence en vous laissant le choix de votre niveau de départ, parmi les six continents à libérer – avant d’enchainer par le stage et le boss finaux. La jouabilité est, a priori, enfantine: un bouton pour tirer, un autre pour la smart bomb (si vous en avez), pas de charge, pas de subtilité, difficile de faire plus simple.

Vos chances de survie dépendront grandement de vos acquisitions, alors réfléchissez bien

La véritable originalité du titre se présentera en fait en prélude de chaque niveau: outre le choix de votre armure parmi les quatre éléments, qui impactera évidemment votre tir et sa façon de se comporter, vous débarquerez dans une boutique où vous pourrez faire l’acquisition de vos upgrades. Puissance du tir, nombre de point de vie, degré de protection, nombre de smart bombs, de vies ou de continues – tout se monnaye, à condition d’avoir les moyens. Et ces moyens, justement, vous les obtiendrez en récoltant des gemmes sur les ennemis occis, au fil des niveaux, afin de vous faire un capital suffisant pour pouvoir entreprendre le prochain stage avec du matériel apte à gonfler confortablement vos chances de survie.

Les smart bombs vous aideront à faire le ménage ou à vous débarrasser plus vite des boss et mini-boss

Car s’il sera bel et bien possible de récolter des power-ups sur les monstres du jeu, l’essentiel de votre montée – ou de votre maintien – en puissance se fera donc en faisant intelligemment vos emplettes avant de partir en mission.

Bien sûr, les choses se compliquent drastiquement sur la fin

Et gardez bien en tête que tout, absolument tout est utile, car si vous disposez d’une jauge de vie assez généreuse qui pourra vous permettre d’encaisser jusqu’à une dizaine de coups, chaque dégât subi se traduira également par une perte de puissance (à moins d’avoir quelques points d’armure pour vous sauver temporairement la mise), et l’action est suffisamment effrénée pour qu’un bref moment d’inattention puisse se payer très cher. De ce côté là, autant le dire d’emblée: Lords of Thunder est loin d’être facile, et même si la possibilité d’encaisser de nombreux coups rend le jeu plus permissif que la moyenne, disposer de sa puissance de feu maximale sera rarement un luxe, tant le danger arrive de partout, tout le temps, sans jamais prévenir.

Les boss sont de beaux morceaux

Niveau action, le jeu sait se montrer aussi varié qu’il est techniquement accompli. Je vous laisse observer les captures d’écran: bien programmée, la PC-Engine était plus que capable de rivaliser avec les machines 16 bits.

C’est quand même joli, hein?

Non seulement c’est coloré, détaillé et – disons-le – tout à fait magnifique, mais en plus c’est d’une fluidité à toute épreuve, et l’esthétique quelque part entre les Chevaliers du Zodiaque, l’antiquité grecque et les délires médiévaux-fantastiques représente un changement d’univers très agréable comparée aux éternels poncifs de science-fiction. Le titre fait encore mieux que Gate of Thunder, et parvient même à chatouiller une référence comme Thunder Force IV, certainement l’un des titres les plus accomplis de toute l’ère 16 bits dans le domaine. Et, bien évidemment, la musique CD permet d’injecter une surdose d’adrénaline en jouant des morceaux rock très rythmés histoire de vous faire grimper un peu le rythme cardiaque. Bref, c’est beau, c’est long, c’est dur; et non, ce n’est pas ce à quoi vous pensez, dégoutant.

Les environnements sont variés, et c’est chouette

En dépit de cette pléthore de compliments, je ne peux m’empêcher de penser qu’il manque encore à ce Lords of Thunder un tout petit quelque chose sur lequel j’ai du mal à mettre le doigt.

Celui-là va bien vous en faire baver

Peut-être est-ce cette structure très ouverte, qui nous laisse choisir l’ordre des niveaux, qui empêche de ressentir une certaine montée en tension tandis que l’on s’enfonce de plus en plus profondément en territoire ennemi – après tout, même un joueur pas franchement doué pourra découvrir assez rapidement 90% du jeu simplement en changeant de niveau de départ, ce qui n’est pas forcément aussi enthousiasmant qu’on pourrait le penser. Mais on touche là à des aspects extrêmement subjectifs sur lesquels tout le monde aura du mal à tomber d’accord; le fait est que Lords of Thunder mérite de figurer sans discussion sur le podium des meilleurs shoot-them-up de la PC-Engine ce qui, vu la concurrence, permet déjà de bien mesurer l’exploit. Lancez-vous, et vous passerez un très, très bon moment.

Galerie d’images :

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE : 18,5/20 Parvenir à se faire un nom au milieu de l'offre pléthorique de shoot-them-up sur PC-Engine n'est pas chose aisée, mais Lords of Thunder aura assurément mérité de se faire le sien: c'est tout simplement l'un des meilleurs - si ce n'est le meilleur - titres du genre sur la console. Entre une réalisation impressionnante, une jouabilité irréprochable, un cadre dépaysant et une variété appréciable, difficile de trouver de vrais reproches à faire à un titre qui délivre une expérience grisante de la première à la dernière minute. On aurait peut-être pu rêver d'un mode deux joueurs, voire de quelques niveaux supplémentaires, mais en l'état on en viendrait presque à oublier qu'on n'est pas en train de jouer sur une borne d'arcade - ni même sur une machine 16 bits! Si vous voulez un titre pour vous faire découvrir ce que la PC-Engine a dans le ventre, inutile de chercher plus loin.

CE QUI A MAL VIEILLI : – La structure "ouverte" du jeu n'est peut-être pas une si bonne idée que ça – Expérience strictement solo

Version Mega-CD

Année de sortie : 1993
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Européenne
Spécificités techniques :

Vidéo – L’introduction du jeu :

Chose suffisamment rare pour être signalée, Lords of Thunder ne sera pas resté cantonné sur la PC-Engine Duo. Non seulement le jeu aura été porté sur Mega-CD la même année que sa sortie sur la machine de NEC, mais il aura même fait le trajet jusque sur le vieux continent, ce qu’on pourrait pratiquement qualifier de traitement VIP pour un jeu développé sur une console concurrente. On retrouve Red Company Corporation et Hudson Soft aux commandes, et le moins qu’on puisse dire, c’est que si davantage de jeux avaient fait le trajet entre les deux plateformes, on aurait sans doute pu espérer assister à la naissance d’une rivalité aussi fameuse que celle qui opposait la Megadrive à la Super Nintendo.

Si cette version Mega-CD est légèrement moins colorée, les différences ne sautent pas toujours aux yeux…

Si les deux versions sont, dans l’absolu, identiques, la spécificité des deux support introduit quantité de petites nuances. Abordons la plus évidente: l’apparition de doublages en anglais pendant l’introduction du jeu, ainsi que lors du passage à la boutique. Pas de quoi se relever la nuit, mais on pourra néanmoins apprécier de pouvoir connaître le scénario sans passer par le manuel, cette fois. Sur le plan technique, cette version est indéniablement moins colorée que son équivalent sur PC-Engine: si ce n’est pas toujours flagrant, certains décors, comme ceux du continent aquatique, ne sont pas franchement à la hauteur de ce dont la Megadrive et le Mega-CD étaient capable.

Sauf à quelques rares passages, comme ici, où les dégradés sont vraiment dégueulasses

Si les compositions musicales sont toujours aussi efficaces, quoique très légèrement retravaillées, on les entendra désormais d’autant moins que les bruitages, eux, ont vu leur volume augmenter… sauf sur la version européenne, où ils sont pratiquement inaudibles! Peut-être était-ce dû à un défaut sur ma version (pourquoi s’amuser à bidouiller le mixage en distribuant le jeu en Europe?), mais toujours est-il que la frénésie du jeu en souffre énormément, et le fait que le titre tourne également plus lentement en PAL n’est pas non plus un point à mettre au crédit de cette itération. Surtout que, pour une raison mystérieuse, l’équipe de développement a apparemment jugé nécessaire de rendre le jeu beaucoup plus facile – ce n’était pas franchement nécessaire, et une bonne partie du jeu se transforme en promenade de santé dès l’instant où on commence à avoir un peu de matériel, mieux vaut donc passer par les options pour gonfler la difficulté sous peine de venir à bout du titre à grande vitesse.

Dommage que le jeu soit devenu aussi simple

Ironiquement, les deux versions de Lord of Thunder font aujourd’hui encore l’objet d’un débat acharné entre les fans pour savoir laquelle est la meilleure. De mon point de vue, la version PC-Engine m’a parue globalement supérieure: plus belle, mieux mixée, mieux équilibrée. Cependant, on ne peut pas dire que l’itération Mega-CD soit à des kilomètres; elle aurait simplement pu placer la barre un peu plus haut en terme de réalisation, et surtout conserver le défi original.

NOTE FINALE : 17/20 (version européenne) – 18/20 (version américaine)

Lords of Thunder sur Mega-CD montre que la Megadrive était loin d’écraser la PC-Engine en terme de performances: le jeu est légèrement moins beau, tragiquement plus lent dans sa version européenne, et le mixage n’est idéal ni dans la version PAL ni dans la version NTSC. Surtout, la relative simplicité vous encouragera à passer par le menu pour relever un peu le niveau de l’opposition. Dans l’ensemble, toujours un très bon titre, mais on ne peut s’empêcher de penser que le Mega-CD était capable d’encore un peu mieux.

Android Assault : The Revenge of Bari-Arm

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Développeur : Human Entertainment, Inc.
Éditeur : SEGA Enterprise, Ltd.
Titre original : バリ・アーム (Bari-Arm, Japon)
Testé sur : SEGA CD

Version SEGA CD

Année de sortie : 1993 (Japon), 1994 (États-Unis)
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Américaine
Spécificités techniques :

Vidéo – L’introduction du jeu :

Être le propriétaire d’un Mega-CD, au début des années 90, était souvent la source d’une grande fierté. Certes, cela demandait un investissement conséquent, le coûteux périphérique venant s’ajouter au prix de la Megadrive, mais cela ouvrait les portes au support CD et à ses titres qui rendaient les amis verts de jalousie en en mettant plein les yeux et les oreilles. Ou du moins, c’était la théorie. Car dans les faits, à l’exception de quelques valeurs sûres à la Sonic CD ou de titres… disons, « expérimentaux », à la Night Trap, la machine de SEGA échouait quelque peu à tenir ses promesses faute de titres réellement marquants.

L’action n’est pas toujours débridée, mais dans l’ensemble il y a de quoi faire

La vidéo, c’était impressionnant cinq minutes, mais ça ne représentait pas nécessairement la quintessence du gameplay – comme le genre du jeu d’aventure allait le découvrir pendant le reste de la décennie. Et, de fait, l’acquéreur du Mega-CD se révélait souvent frustré, quelques mois après l’achat, de regarder sa machine prendre la poussière en attendant un jeu valable à insérer dedans. Sauf, peut-être, du côté des amateurs de shoot-them-up, un peu plus gâtés que la moyenne grâce à quelques programmes de qualité comme Sol Feace, Lords of Thunder ou Bari-Arm.

Si vous aimez les gros boss et la guitare électrique, vous êtes au bon endroit

Bari-Arm, justement, n’aura jamais été distribué officiellement en Europe – il aura stoppé sa course aux États-Unis, où il aura hérité d’un titre à rallonge: Android Assault: The Revenge of Bari-Arm, que pratiquement personne n’aura retenu (pas même l’écran-titre du jeu!) tant il ne fait que broder autour d’un nom qui ne veut de toute façon pas dire grand chose aux oreilles d’un occidental moyen.

Les paysages mécaniques sont rarement dépaysants

Le scénario, visible dans l’introduction montrée en ouverture du test, enverra l’humanité (en l’occurrence vous) affronter une race d’extraterrestres belliqueux nommés les Xias – objectivement, tout le monde s’en fout, le plus alléchant du programme étant ce défilement horizontal qui évoquera immédiatement certains des meilleurs titres du catalogue de la Megadrive, à commencer par l’excellentissime Thunder Force IV. Reste juste à savoir si ce Bari-Arm évolue dans la même cour.

Le premier niveau est très coloré – dommage que ce soit moins vrai pour les autres

Le système de jeu est a priori très classique, avec sa petite particularité. Les seuls power-ups du jeu sont en fait quatre types de tir, reconnaissable à leur couleur: bleu, rouge, orange et vert, et reprenant les classiques du genre: tir en cône, tir groupé, tir à tête chercheuse, etc., plus un bonus pour augmenter leur puissance. La subtilité est que cette montée en puissance s’accompagnera, au bout d’un certain moment, d’une transformation: votre astronef lambda se transformera alors en androïde, ce qui non seulement ne vous apportera pas grand chose mais vous fera surtout pester contre le fait de voir la taille de votre masque de collision doubler dans la manœuvre, faisant de vous une cible bien plus facile.

Les combats de boss sont prenants, mais tirent parfois un peu en longueur

Bon côté: si vous vous faites toucher, vous reprendrez votre forme d’astronef sans perte de puissance – faisant ainsi de votre forme de robot une sorte de point de vie supplémentaire bienvenu. En revanche, un autre coup au but signifiera votre mort, ce qui vous vaudra de réapparaître très exactement là où vous vous êtes fait atomiser, mais en perdant un rang de puissance en guise de malus. Autant dire qu’enchainer les morts rapides peut s’avérer très pénalisant, particulièrement lors des combats de boss où le minuscule tir de base risque de vous obliger à faire tirer en longueur des combats déjà assez exigeants, particulièrement sur la fin du jeu. Mieux vaudra donc faire usage de votre mémoire pour bien retenir les différents patterns pour espérer arriver au terme du jeu.

Hmm, ce niveau me rappelle quelque chose, mais quoi?…

Le seul ennui de ce Bari-Arm, c’est que dans à peu près tous ses aspects, il souffle le chaud et le froid. Ainsi, si la réalisation, par exemple, est très correcte, elle peine à rivaliser avec celle des ténors de la machine – à commencer par Thunder Force IV, justement, qui jouait déjà dans une autre catégorie un an auparavant sans même bénéficier de l’apport du support CD.

Celui-là va vous en faire baver, surtout si les réflexes ne sont pas votre fort

Non que le titre d’Human Entertainment soit laid – il est même agréable à l’œil – mais après l’extérieur très coloré du premier niveau, on est un peu déçu d’enchainer ensuite dans les éternels environnements mécaniques usés jusqu’à la corde et laissant penser que la couleur la plus employée de la palette du jeu est le gris. Un manque d’inspiration flagrant, qui devient même légèrement gênant lorsqu’on réalise que l’esthétique et le déroulement du dernier stage du jeu font plus qu’évoquer celui du premier niveau d’un autre jeu paru là encore l’année précédente: Last Resort. Niveau difficulté, on ne sait pas trop sur quel pied danser: si le début du jeu est une promenade de santé, les choses se compliquent dramatiquement dans les derniers niveaux, pour culminer avec un boss final aussi infect qu’increvable.

Un peu plus d’idées n’auraient pas fait de mal

Souvent, la mémoire vous sauvera la mise – tout comme le fait de savoir quelle arme est la plus efficace contre tel boss – mais ce n’est pas nécessairement l’aspect le plus amusant, surtout en maniant un sprite aussi gros. Ce qui nous amène d’ailleurs à ce système d’upgrades assez mal pensé, où chaque montée en puissance nous oblige à nous coltiner ce robot gigantesque dont la seule fonction semble être de constituer une cible idéale. Le seul aspect « tactique » du gameplay reposera donc sur les trois niveaux de charge de vos différents tirs, chacun s’accompagnant d’effets différents, et qui pourront vous aider à vous sortir des situations les plus complexes – à condition, une nouvelle fois, de savoir quand vous en servir.

Le décor vous obligera souvent à louvoyer dans des espaces étroits

La seule vraie satisfaction reste donc la musique du jeu, qui verse sans originalité dans les sonorités rock déjà en vogue à l’époque, mais qui le fait de manière suffisamment efficace pour qu’on puisse être tenté de monter le son – et au moins ne souffre-t-elle pas d’être réglée trop bas, comme c’était le cas pour Gate of Thunder. Dans l’ensemble le jeu se laisse parcourir, avec quelques (rares) morceaux de bravoure, mais le tout manque malgré tout cruellement d’imagination et peine sérieusement à laisser un souvenir durable. Rien de catastrophique, mais on pourra néanmoins regretter que l’aspect le plus mémorable de ce Bari-Arm soit finalement de rester une des rares exclusivités du Mega-CD dans le domaine du shoot-them-up.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 14,5/20 Quelque part entre Thunder Force IV, Last Resort et Gate of Thunder, Android Assault: The Revenge of Bari-Arm est un shoot-them-up sympathique mais souffrant d'un sérieux déficit d'identité, remplissant fidèlement son cahier des charges sans transcender aucun des mécanismes empruntés un peu partout - souvent pour les resservir en moins bien. Entre une esthétique favorisant beaucoup trop les thèmes mécaniques vus et revus jusqu'à l'overdose, une jouabilité pas toujours très bien pensée et une difficulté assez maladroite, le joueur passe certes un bon moment mais en échouant souvent à être réellement agrippé à sa manette. Bref, un titre certes sans grave défaut, mais qu'on ne peut s'empêcher de parcourir en pensant "peut mieux faire". Le genre d'épopée qu'on est heureux d'entreprendre une fois, mais qu'on oublie souvent très vite dans la foulée.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Trop facile au début, trop difficile sur la fin – Pas assez de variété dans les environnements – Un sprite beaucoup trop grand une fois transformé en mecha – Boss final franchement pénible

Air Zonk

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Développeur : Naxat Soft
Éditeur : Hudson Soft USA, Inc.
Titre original : PC電人 (PC Denjin, Japon)
Testé sur : PC-Engine
Disponible sur : Wii, Wii U
En vente sur : Nintendo eShop

La série B.C. Kid (jusqu’à 2000) :

  1. Bonk’s Adventure (alias PC Kid) (1989)
  2. PC Kid 2 (1991)
  3. Air Zonk (1992)
  4. Super Air Zonk : Rockabilly-Paradise (1993)
  5. Super B.C. Kid (1994)
  6. B.C. Kid : Arcade Version (1994)
  7. B.C. Kid 2 (1994)

Version PC-Engine

Année de sortie : 1992
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Américaine
Spécificités techniques :

Connaissez-vous Zonk? À cette question, personne ne vous en voudra de répondre par la négative: la PC-Engine aura constitué, au sein du marché européen, une rareté réservée à un public de connaisseurs. Le rattacher à son prédécesseur Bonk ne devrait pas beaucoup vous aider non plus: En effet, celui-ci ne portait ce nom que sur le marché américain, s’appelant originellement PC Genjin au Japon, FC Genjin également au japon, mais sur Famicom, et B.C. Kid ou PC Kid selon les versions en Europe…

Voici vos amis; tout un programme!

Une spécificité d’autant plus malvenue que ce fameux personnage était censé être la mascotte de la PC-Engine: difficile d’imposer une mascotte dont personne ne semble jamais s’entendre sur le nom… Quoi qu’il en soit, Zonk, lui, aura manifestement décidé de délaisser à la fois la préhistoire et le jeu de plateforme, les deux terrains de prédilection de son ancêtre, pour s’attaquer au shoot-them-up – ou plutôt, comme aiment à dire les anglophones, au cute-them-up. Ce jeu de mot délicieux (« cute » signifiant « mignon » en anglais…) aura au moins le mérite de vous annoncer tout de suite le programme: de l’action, du cartoon et des couleurs acidulées.

Vous aimez les jeux déjantés? Voici Air Zonk!

L’objectif de Zonk sera donc d’aller vaincre une espèce d’humanoïde à tête de lézard qui menace probablement la terre parce que c’est dans son contrat, il faudra donc parcourir cinq niveaux à défilement horizontal avant d’avoir le droit de vous farcir un boss gauntlet à l’ancienne et d’enchainer sur le combat final. Le fonctionnement est a priori simple: un bouton sert à tirer, l’autre à charger votre tir.

Le character design est excellent

Ce tir chargé introduit d’ailleurs une légère composante tactique, car pendant la charge, votre personnage peut arrêter certains projectiles, avant de lâcher la purée (si vous attendez suffisamment longtemps, Zonk larguera carrément l’équivalent d’une smart bomb). Mais ce n’est pas tout! Avant chaque niveau, le jeu vous laissera également sélectionner un allié, parmi une dizaine de personnages tous plus déjantés les uns que les autres allant de la vache volante (!) à la benne à ordure (!!) qui viendront, pour peu que vous dénichiez une sorte de smiley géant, vous prêter un coup de main en vous suivant et en tirant des missiles. Mais l’apothéose surviendra si vous trouvez un deuxième smiley géant: vous fusionnerez alors avec votre partenaire pour gagner une invincibilité temporaire et une attaque surpuissante qui devraient vous aider à faire le ménage en profondeur et en vitesse. Mieux vaudra ne discriminer personne, cependant, car chaque allié n’est sélectionnable qu’une seule fois par partie.

Admirez la taille des boss! Pas mal, pour une soi-disant 8 bits…

Le système d’upgrade du jeu est à la fois varié, original et singulièrement frustrant. Varié et original parce que chaque pouvoir est à peu près aussi cintré que l’esthétique globale du jeu: poings volants à la Goldorak, foudre, cartes à jouer, missiles à tête chercheuse, tout y passe, y compris une transformation plus originale qui a l’avantage de vous rendre plus petit (et donc plus difficile à toucher) mais l’inconvénient de vous priver de votre charge.

Le boss final a tous vos pouvoirs en même temps, et il est increvable. Bon courage…

L’aspect frustrant, lui, provient du fait qu’il n’y a pas de montée en puissance: chaque tir n’a qu’un seul et unique niveau. Faites-vous toucher une fois et vous revenez au tir de base; deux fois et vous êtes mort (vous réapparaissez alors directement là où vous venez de passer l’arme à gauche). Le bon côté, c’est qu’on n’est jamais réellement pénalisé de repartir de rien, tant aucun tir n’est pensé pour être surpuissant. Le mauvais, c’est qu’on aurait bien aimé pouvoir devenir un peu mieux armé, car la difficulté du jeu ne tarde pas à monter en flèche.

Vos alliés viendront parfois vous prêter main forte…

À ce titre, ne vous laissez pas berner par la (superbe) réalisation du jeu. Ce n’est pas parce qu’Air Zonk est un cute-them-up qu’il est facile, loin de là! On ne tarde pas à crouler sous les tirs adverses, et les boss comme les mini-boss demandent souvent d’avoir d’excellent réflexes, ainsi qu’une bonne concentration car il n’est pas toujours facile de distinguer tout ce qui se passe devant les décors animés et psychédéliques des gros affrontements.

…Et vous pourrez même fusionner avec eux!

C’est d’autant plus dommage que vous aurez probablement tendance à profiter inconsciemment de la vue, tant les graphismes et les sprites gigantesques, tous plus imaginatifs les uns que les autres, tendent à faire passer pour une absurdité l’idée que la PC-Engine puisse être une console 8 bits. Franchement, observez les captures d’écran et dites-moi si on est à des kilomètres de ce que pouvaient afficher une Megadrive ou une Super Nintendo! Les ralentissements sont relativement rares, mais souvent bienvenus vu la frénésie de l’action, et si on finit un peu par fatiguer tant on n’a pour ainsi dire jamais le droit de souffler plus de dix secondes, l’essentiel est qu’on se prend très rapidement au jeu.

Ne cherchez pas, tout est normal

Au final, ce Air Zonk vient rappeler pourquoi la ludothèque de shoot-them-up de la PC-Engine est à ce point entrée dans les mémoires: voilà typiquement le genre de logiciel dont on trouve très peu d’équivalents chez la concurrence et qui tire magnifiquement parti d’une console originellement pensée, rappelons-le, pour rivaliser avec la NES! Si le système de jeu, particulièrement exigeant, ne fera pas nécessairement mouche chez tout le monde, la simple originalité du titre fera qu’on sera de toute façon heureux de le relancer régulièrement pour se rafraîchir la mémoire et tenter d’aller un peu plus loin que la dernière fois. Si vous commencez à saturer des éternels univers science-fiction/biomécaniques, voilà un peu d’air frais à acquérir d’urgence.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 16/20 Sous ses dehors de titre acidulé destiné aux plus jeunes, Air Zonk cache en fait un shoot-them-up assez relevé, original et prometteur lors des premiers niveaux avant que le système de power-up ne finisse par se montrer assez frustrant par ses limites. Une chose est sûre: grâce à un univers graphique qu'on ne croise pas souvent dans les titres du genre et à un gameplay privilégiant l'adresse au surarmement, les joueurs souhaitant mettre à contribution leurs réflexes dans un logiciel tirant merveilleusement parti des capacités de la PC-Engine ne seront vraiment pas déçus. Les autres tireront peut-être la langue sur la fin du jeu, mais ne devraient malgré tout pas regretter d'avoir tenté l'expérience. À tester.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Boss final vraiment corsé – Système d'upgrade original, mais limité – Alliés sous-employés

Empire of Steel

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Développeur : Hot-B Co., Ltd.
Éditeur : Flying Edge, Inc.
Titre original : 鋼鉄帝国 (Kōtetsu Teikoku, Japon)
Titre alternatif : Steel Empire (Amérique du Nord)
Testé sur : Megadrive, Game Boy Advance, 3DS, PC
Disponible sur : 3DS, Windows
En vente sur : Nintendo eShop (version 3DS), Steam.com (version PC)

Version Megadrive

Année de sortie : 1992
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Européenne
Spécificités techniques :

Vidéo – L’introduction du jeu :

L’un des avantages du retrogaming, c’est qu’il permet, entre deux poussées de nostalgie, de donner une seconde chance à bien des titres passés sous les radars. Loin de l’époque où les magazines spécialisés étaient les principaux guides d’achat, bien des joueurs passionnés se mettent souvent en tête d’aller retourner chaque pierre d’un catalogue afin de mettre la main sur ce jeu dont ils n’avaient jamais entendu parler mais qui mériterait de profiter du bouche-à-oreille pour connaître une nouvelle carrière.

Choisissez bien!

C’est ainsi que bien des logiciels n’ayant connu qu’un succès commercial relativement confidentiel au moment de leur sortie deviennent tout à coup des titres que tous les amateurs s’arrachent, exactement comme ces films s’étant plantés au cinéma pour rencontrer le succès plus tard par le biais du marché vidéo. Parmi les nombreux exemples de ces trésors autrefois cachés mais aujourd’hui beaucoup mieux connus, on pourrait notamment citer des titres comme Skyblazer, Terranigma, Pulseman ou encore… Empire of Steel.

Empire of Steel: un vent de fraicheur sur Megadrive?

Le jeu qui nous intéresse aujourd’hui est donc un shoot-them-up développé par Hot-B et paru sur Megadrive en 1992. Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de ce studio, celui-ci est principalement connu pour des jeux de rôles rarement sortis du Japon, pour des jeux de pêche (!) ou des jeux de catch (!!) mais aussi pour le très original Spy vs Spy et pour une poignée de shoot-them-up, parmi lesquels Cloud Master, Insector X, ou encore Empire of Steel, donc.

Il y a même un scénario mal traduit en anglais, pour ceux que ça intéresse

Celui-ci vous place sans surprise dans un conflit désespéré que vous allez être chargé de faire basculer à vous seul, mais pas d’empire extraterrestre ni de prototype de vaisseau spatial cette fois: choix ô combien original, surtout pour une époque où le terme comme le genre étaient encore relativement méconnus, le titre nous place dans un univers très connoté steampunk.

Au sol ou dans les airs, le danger est partout

Face à un empire maléfique au look victorien dont les conquêtes reposent principalement sur des machines mues par la vapeur, vous allez donc devoir parcourir sept stages en faisant, en prélude de chacun d’entre eux, le choix entre deux appareils volants. Le premier sera un biplan agile, rapide et particulièrement adapté aux frappes au sol; le second sera un dirigeable plus lent mais aussi plus résistant, un peu mieux armé contre les unités aériennes. À vous d’adapter votre véhicule à la situation ou de préférer vous spécialiser dans un modèle en particulier: dans tous les cas, chaque aéronef a ses avantages et ses inconvénients, même si la hitbox imposante du dirigeable joue en sa défaveur à mes yeux. Une fois votre choix arrêté, il est temps de prendre part à l’action.

L’action ne faiblit jamais

Votre appareil, quel qu’il soit, est en fait équipé à la fois d’une mitrailleuse (pour les unités aériennes) et de bombes (pour les cibles au sol). Les deux armes seront activées simultanément chaque fois que vous ferez feu: B vous permettra de tirer vers la gauche de l’écran et C vers la droite – et non, vous ne pouvez pas tirer dans les deux directions en même temps. Au cas où vous commenceriez à vous sentir un peu débordé (spoiler: cela risque d’arriver souvent), vous pourrez puiser dans votre stock très réduit de smart bombs à l’aide de la touche A.

Course-poursuite dans les mines!

Le système de power-ups du jeu, assez original, fait un peu penser à celui d’un titre comme Cotton: Votre montée en puissance se fera en montant de niveau, au détail près que l’expérience ne se collecte pas en détruisant les adversaires mais bien sous forme de bonus lâchés périodiquement par un certain type d’ennemi. Il faudra collecter trois éléments marqués Exp pour augmenter les dégâts et l’étendue de vos tirs comme de vos bombes. Les autres bonus incluent vies supplémentaires, smart bombs pour refaire votre stock, des satellites qui vous accompagneront jusqu’à votre mort ou encore des cœurs pour remonter votre jauge de vie. Car oui, vous en avez une. Joie.

Le boss final n’est peut-être pas très impressionnant, mais il va vous en faire baver

À première vue, on pourrait d’ailleurs penser qu’Empire of Steel est un jeu plutôt simple, tant il semble faciliter la vie du joueur: entre le fait qu’on puisse parfois encaisser jusqu’à une dizaine de tirs sans mourir, le fait qu’on réapparaisse à l’endroit de notre mort avec une invincibilité temporaire, que la perte d’une vie n’entraine aucune baisse de niveau (et donc de puissance) et qu’il soit possible de choisir son nombre de vies et de continues dans les options du jeu, on part a priori pour une sympathique balade de santé.

Le jeu raffole des gros sprites

Conseil: changez immédiatement d’idée, vous risqueriez d’être déçu. L’action, frénétique, lorgne très souvent du côté du manic shooter: il se passe tellement de choses à l’écran que le processeur de la Megadrive tire fréquemment la langue, au point que les ralentissements soient légion. Ceux-ci risquent d’ailleurs de faire partie de vos meilleurs alliés, tant le titre de Hot-B ne laisse que rarement place à l’erreur; j’ose même affirmer que le jeu serait rigoureusement impossible si votre aéronef avait la mauvaise idée de trépasser au premier coup encaissé. Face à des menaces qui viennent de tous les côtés de l’écran, souvent en même temps, les réflexes seront indispensables, mais ils ne seront pas suffisants: connaître le déroulement des niveaux est une nécessité absolue.

Le décor ne vous aime pas non plus!

C’est d’autant plus vrai que facilement 80% de votre temps de jeu sera constitué d’affrontements (tirant d’ailleurs un peu en longueur) contre des boss ou des mini-boss: on tient clairement là la philosophie du titre, qui fait parfois penser à un boss gauntlet, même si les morceaux de bravoure englobent aussi des passages plus originaux – et tout aussi difficiles – comme des courses-poursuites sous terre ou des vols en rase-motte à pleine vitesse. Quoi qu’il en soit, attendez-vous à transpirer, car l’action ne retombe jamais et la concentration sera essentielle.

Évidemment qu’il y a un vaisseau géant à détruire! il y en a même plusieurs!

Au rang des bonnes nouvelles, Empire of Steel ne se contente pas d’avoir une personnalité folle, évoquant par passages les obsessions « miyazakiennes » pour les châteaux volants et les univers industriels (un partenariat entre Hot-B et les studios Ghibli aurait d’ailleurs été considéré, selon certaines rumeurs), la réalisation figure aussi clairement dans le haut du panier de la Megadrive. On ne touche peut-être pas à la perfection représentée dans ce domaine par Thunder Force IV, mais au petit jeu des décors détaillés, des défilements parallaxes à foison, de l’action échevelée et d’une palette de couleurs qui tire le meilleur des capacités graphiques de la console, le titre de Hot-B fait mieux que se défendre! Alors certes, on reste dans les mêmes teintes pendant l’essentiel de la partie, et le processeur a, comme on l’a vu, un peu de mal à suivre, mais on est malgré tout rarement déçu par ce qu’on peut voir lors des rares moments où on peut consacrer une demi-seconde à admirer le paysage.

À l’assaut!

La musique est, elle aussi, très efficace, et accompagne bien l’action. Autant dire qu’on a de quoi être surpris que le titre n’ait pas fait davantage de bruit au moment de sa sortie, peut-être un peu perdu au milieu d’un catalogue de shoot-them-up qui avait déjà de quoi faire bien des envieux. Le fait est qu’il fait aujourd’hui partie, aux yeux des connaisseurs, des valeurs sures de la console et des titres auxquels il faut avoir joué sur Megadrive. Mieux vaudra être un joueur patient, habile et relativement maître de ses nerfs, mais pour tous ceux qui cherchent un bon représentant du genre sur Megadrive, inutile de chercher plus loin.

Vidéo – Le premier niveau du jeu :

NOTE FINALE : 16,5/20 Empire of Steel est un shoot-them-up passé un peu inaperçu à sa sortie et qui mérite clairement une place dans la collection de tous les amateurs du genre. Si l'aspect le plus marquant du jeu reste, à première vue, son esthétique steampunk franchement originale, particulièrement pour un titre de 1992, le déroulement évoquant un boss gauntlet, la difficulté du jeu et la réalisation participent à n'en pas douter à faire du titre de Hot-B une expérience marquante. Si le côté "épreuve d'endurance" ne plaira pas nécessairement à tout le monde, les amateurs de shoot-them-up exigeants prêts à passer des heures à maîtriser le franchissement de chaque morceau de bravoure en auront à coup sûr pour leur argent. Les autres risquent de s'avouer vaincus avant d'en voir le terme.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Difficulté redoutable – Nombreux ralentissements – Boss interminables – Boss final increvable – Beaucoup de boss recyclés un peu trop souvent – Autant dire que si vous n'aimez pas les combats de boss...

Version Game Boy Advance
Steel Empire

Année de sortie : 2004
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Européenne
Spécificités techniques :

Les boss ont été refaits, et ont un peu moins de personnalité…

Empire of Steel aura visiblement conservé (ou regagné) suffisamment de renommée pour se voir porter sur Game Boy Advance – la console du pire concurrent de SEGA, blasphème! – douze ans après sa sortie… et sous son titre américain, même en Europe. Les aléas de la localisation… On était d’ailleurs en droit d’attendre un portage relativement fidèle à la version originale (la console portable de Nintendo est après tout connue pour ses nombreux jeux transposés directement depuis la Super Nintendo), mais surprise: c’est bel et bien à une véritable adaptation qu’on a à faire. Les cinématiques ont été redessinées (finis, l’effet cépya et le clignotement pour faire « vieux film »), la traduction refaites, la résolution est plus basse mais les graphismes sont plus colorés.

On perd un peu de l’ambiance victorienne, mais c’est plus joli

Surtout, l’équilibrage a été revu: le zeppelin est désormais plus puissant pour compenser sa hitbox plus massive, les adversaires lâchent moins de bonus mais votre aéronef est plus résistant, la plupart des boss ont été repensés et redessinés… Les joueurs ayant retourné l’opus Megadrive dans tous les sens risquent d’être surpris! En revanche, si la musique suit les compositions de la version originale, elle est globalement moins efficace. Bref, on se retrouve avec un jeu efficacement repensé pour la portable, avec peut-être un tout petit peu moins de personnalité, mais habilement retouché pour plaire aussi bien aux nouveaux joueurs qu’à ceux qui pensaient avoir fait le tour du titre depuis un certain nombre d’années. Une excellente version.

On perd un peu la « patte » Megadrive, mais c’est plus coloré

NOTE FINALE : 16,5/20

Surprise! En débarquant sur Game Boy Advance, Empire of Steel (désormais Steel Empire) aura fait le choix de l’adaptation plutôt que du bête portage. Retouché, repensé, rééquilibré, le jeu se réinvente légèrement sans se trahir pour autant, et délivre une expérience un peu mieux pensée tout en restant fidèle à 90% au matériau d’origine. À découvrir.

Version 3DS
Steel Empire

Année de sortie : 2014
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Oui
Version testée : Européenne
Spécificités techniques :

Tant pis pour le Pixel Art, mais c’est plus lisible

Signe de sa popularité toujours vivace, Empire of Steel ne se sera pas arrêté à la Game Boy Advance. Dix ans après sa sortie sur la portable de Nintendo, Vingt-deux ans après sa sortie sur Megadrive, le tite désormais développé par Mebius faisait son retour sur 3DS. S’il reprend, dans cette version, la quasi-totalité des adaptations observées sur la version Game Boy Advance – y compris le nouveau look et les nouveaux mécanismes des boss – la réalisation franchit cette fois un cap, avec moult effets 2D et 3D, une résolution augmentée, et surtout des ralentissements enfin aux abonnés absents. Autant dire qu’on commence à s’éloigner un peu du retrogaming, et que les amateurs de gros pixels risquent de faire un peu la moue en découvrant cette version plus froide et plus « clinique ». Ceci dit, en terme de plaisir de jeu, l’action est toujours aussi débridée, et le côté « explosions partout » ajoute encore un peu à l’adrénaline – dommage, en revanche, que la difficulté ait été revue très sérieusement à la baisse, car le titre en est devenu trop simple, ce qui poussera les joueurs en recherche de difficulté à opter pour le mode difficile d’entrée de jeu. La musique a également été réorchestrée, ma préférence continue d’aller aux sonorités de la version Megadrive mais on a cette fois affaire à un jeu modernisé qui ne donne pas l’impression de jouer à un portage fainéant – et traduit dans la langue de Molière, tant qu’à faire. C’est également un très bon moyen de découvrir le jeu si jamais vous ne parvenez pas à mettre la main sur une cartouche originale.

Plus d’excuse pou ne pas s’y essayer!

NOTE FINALE : 16,5/20

En ressortant sur 3DS vingt-deux ans après sa parution initiale, Empire of Steel (désormais Steel Empire) en aura profité pour faire un pas dans la modernité, en offrant une réalisation tirant parti des capacités de la machine. Si le charme spécifique du retrogaming y perd indéniablement, le fait est qu’on s’amuse toujours autant – à condition de pousser la difficulté, sans quoi le titre est devenu trop simple.

Version PC
Steel Empire

Année de sortie : 2018
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version dématérialisée en vente sur Steam.com
Spécificités techniques : Système d’exploitation: Windows 7/8/10 – Configuration minimale:
Processeur : Core2Duo 2.6Ghz
Mémoire vive : 2 GB de mémoire
Graphiques : GPU supportant DirectX11
DirectX : Version 11
Espace disque : 250 MB d’espace disque disponible

C’est indéniablement plus beau, mais on aurait aimé avoir le choix de la résolution

Vous pensiez en avoir fini avec Steel Empire? Raté! En 2018, le jeu qui n’en finit pas de faire son comeback faisait sa réapparition sur PC, toujours sous la houlette de Mebius. Au programme: sensiblement la même version que sur 3DS, mais sur le grand écran de votre machine de salon, avec n prime une série de succès à débloquer pour ceux qui aiment bien avoir quelques objectifs supplémentaires une fois le jeu terminé une première fois (ce qui se limitera à vaincre le jeu en difficulté maximale, tous les autres succès consistant à boucler les différents niveaux). Si tout le monde ne sera pas nécessairement ravi d’avoir à débourser 15 euros pour un titre qui s’approche de ses trente ans, difficile d’imaginer mieux en terme de réalisation et de confort de jeu – même si, encore une fois, il faudra débloquer le mode de difficulté le plus élevé pour prétendre s’approche de l’expérience originale. On remarquera également quelques ratés – le mode plein-écran ne fonctionne pas sur toutes les configuration – ainsi que la disparition de la version française, des options qui ne semblent avoir qu’un impact très marginal sur le nombre de vies ou de continues, mais l’essentiel est toujours là. On ne peut s’empêcher, malgré tout, de penser que le curseur a été plutôt mal situé, entre une version originale trop difficile et une version moderne trop facile.

J’ai dû parcourir la quasi-intégralité du mode « normal » sans perdre une seule vie…

NOTE FINALE : 16,5/20

En devenant plus beau et plus jouable, Steel Empire sur PC offre une expérience assez semblable à celle observée sur 3DS – en peut-être encore un peu plus facile, hélas. Si les hardcore gamers ne devraient avoir pour seule hâte que de débloquer le dernier mode de difficulté, les autres joueurs pourront profiter d’une expérience plus abordable et assez ludique – mais qui ne vaut certainement pas 15 euros.

Project-X

Cette image provient du site https://www.mobygames.com

Développeur : Team17 Software Limited
Éditeur : Team17 Software Limited
Testé sur : Amiga, PC
La deuxième édition : Project-X Special Edition ’93

La série Project-X :

  1. Project-X (1992)
  2. X2 : No Relief (1996)

Version Amiga

Année de sortie : 1992
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Disponible en Français : Non
Version testée : Version 1.4.1 testée sur Amiga 600 doté d’un disque dur
Spécificités techniques : Nécessite 1Mo de mémoire

Même si les joueurs n’en avaient probablement pas conscience, pour la grande majorité, 1992 fut une année de transition assez délicate pour Commodore et sa machine-phare: l’Amiga 500. Si, du côté de la ludothèque, le glorieux héritier du Commodore 64 semblait au sommet de sa forme, écrasant sans forcer l’Atari ST et résistant encore assez bien à l’ascension de PCs certes bien plus puissants, mais aussi beaucoup plus chers, les choses n’étaient certainement pas aussi roses que les étals des boutiques de jeu vidéo pouvaient le laisser croire.

C’est joli, mais c’est souvent un peu… vide?

Personne en 1992 n’achetait un Amiga pour faire de la bureautique: de ce côté-là, le PC, bien soutenu dès l’origine par la puissance d’IBM, avait gagné depuis longtemps. L’ennui étant que de moins en moins de monde en achetait un pour jouer, les consoles 16 bits, moins chères et plus puissantes, représentant une alternative plus cohérente. Restait donc pour Commodore à espérer se lancer sur le marché des consoles tout en essayant de freiner la suprématie du PC et, pour les développeurs, à montrer que l’Amiga pouvait largement rivaliser avec les consoles de salon. Project-X est un jeu qui aura laissé croire, à l’époque, que la machine de Commodore avait de sérieuses chances dans une bataille qui était en réalité perdue depuis longtemps à tous les niveaux.

Project-X: démonstration des capacités de l’Amiga ou barroud d’honneur?

À l’origine de ce shoot-them-up développé et publié par l’équipe britannique de Team17, un prétexte qui en vaut un autre: prendre les commandes de votre vaisseau spatial pour partir à l’assaut de la planète Ryxx où pullulent des robots évoquant des insectes. Pour se faire, vous allez devoir traverser cinq longs niveaux (dont trois sont accessibles par le menu dès le début du jeu), depuis l’espace jusqu’au cœur de la planète, pour résoudre le problème en détruisant tout parce que bon, c’est comme ça qu’on s’amuse. Vous pourrez, en préambule, faire le choix entre trois modèles d’astronef (en substance: un rapide, un puissant et un équilibré), et activer un autofire par le biais des options (conseil: faites-le) avant d’aller semer le chaos et vous faire joyeusement démonter par l’opposition adverse.

Les niveaux bonus ne sont pas franchement plus reposants que le reste

Le système de jeu fait, à ce titre, plus que s’inspirer de celui de la saga Gradius: parler de pur décalque serait plus proche de la vérité. Pour ceux qui ne connaîtraient pas le principe et qui auraient la flemme d’aller lire le test, chaque power-up vient en fait débloquer des paliers de progression figurés par une liste placée au bas de l’écran. Plus vous attendrez pour les activer, plus vous aurez accès à des pouvoirs puissants, mais plus vous resterez vulnérable en attendant… Le cœur de la progression consistera donc en votre façon d’organiser votre montée en puissance de la manière la plus efficace possible – chaque mort vous ramenant au dernier point de passage avec une très sérieuse perte de puissance dans la manœuvre, autant dire que votre longévité risque d’être très sérieusement liée au temps écoulé avant de perdre votre première vie.

Le jeu recycle un peu trop souvent les mêmes passages et les mêmes mécanismes

Car autant le dire tout de suite, Project-X est difficile. Très difficile. Face à des adversaires en surnombre suivant des patterns très souvent largement imprévisibles, face à des boss increvables qui vous demandent parfois d’aller vous placer au pixel près, face à un décor mortel au moindre contact, on comprend immédiatement comment l’idée de permettre au joueur de choisir son niveau de départ parmi les trois premiers a pu voir le jour, parce que sans elle, il y a fort à parier que 95% des joueurs n’auraient jamais découvert ne fut-ce qu’un tiers du contenu du programme. Même les niveaux bonus, qui vous demandent de survivre lancé à pleine vitesse dans des couloirs sans ennemis, reposent plus sur la mémoire que sur l’habileté. Project-X est bien un shoot-them-up à l’ancienne: frustrant, exigeant, insurmontable… et surtout extraordinairement plan-plan.

Certains boss sont extrêmement délicats à toucher

Car si la réalisation du titre figure à n’en pas douter dans le haut du panier de ce qu’a pu produire l’Amiga, au point de rivaliser par moments avec ce que la concurrence – même sur console – avait à offrir de mieux à l’époque, le level-design, lui, n’a aucune chance de rivaliser avec un Thunder Force III, un Axelay ou un R-Type.

Les artworks illustrant les écrans de chargement sont très réussis

Traduit en clair: non seulement chaque niveau du jeu n’est pas grand chose de plus qu’un grand couloir vers la droite – ce qui en soit, n’est pas exactement inhabituel pour le genre – mais ce couloir correspond surtout aux mêmes éléments graphiques recopiés à l’envi (aucune variation au sein d’un même niveau), et surtout souvent aux mêmes vagues de monstres se répétant en alternance, au sein d’un même niveau et parfois même d’un niveau à l’autre. Autant dire que les passages marquants sont très rares et que, si le jeu mettait une bonne claque graphique au moment de sa sortie, les choses étaient déjà moins vraies un an ou deux plus tard, et qu’elles ne se sont pas améliorées depuis.

L’opposition est nombreuse, mais pas toujours assez variée

On regrettera également qu’en dépit du méga de mémoire exigé pour faire tourner le jeu, la très bonne musique du titre ne se fasse pas entendre au-delà du menu principal et des écrans de chargement.

« Let’s blow up this thing and go home! »

L’un dans l’autre, on n’est jamais surpris, rarement amusé, et si surmonter la difficulté du jeu est un défi apte à vous tenir en haleine des mois, autant dire que les joueurs ne prenant pas spécialement de plaisir à recommencer les mêmes séquences en boucle pendant des heures pour espérer découvrir un écran ressemblant comme deux gouttes d’eau aux dix précédents risquent de décrocher bien avant d’en avoir vu le bout. Un assez bon résumé des jeux d’action développés sur ordinateurs à l’époque, en somme, et des raisons pour lesquelles ils ont souvent dramatiquement plus mal vieillis que leurs équivalents contemporains sur consoles.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE : 12,5/20 À sa sortie, Project-X était le shoot-them-up qui laissait espérer que non seulement l'Amiga était en pleine forme, mais qu'il pouvait même espérer rivaliser avec les consoles de salon. Avec près de trente ans de recul, force est de reconnaître qu'une réalisation bluffante pour un titre Amiga de 1992 ne suffit pas forcément à faire entrer un jeu dans la légende. Le titre de Team17 semble chercher à compenser son déroulement plat et sans imagination par une difficulté infecte jusqu'à côtoyer l'impossible, et les moments marquants sont désespérément rares au milieu du défilé ininterrompu des mêmes éléments de décors et des mêmes adversaires. On peut malgré tout passer quelques bons moments, surtout du côté des amateurs fanatiques de défis ultra-relevés, mais le fait est que le commun des mortels non-animés par la nostalgie, lui, risque de perdre patience assez vite. Encore un souvenir d'enfance qui prend un bon coup de vieux.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Beaucoup trop difficile – Des niveaux qui s'étirent jusqu'à l'ennui – Déroulement répétitif et sans surprise – Pas de musique hors du menu et des écrans de chargement

Project-X Special Edition ’93

Date de sortie : 1993
Paru sur : Amiga

Ce n’est pas la grande révolution, mais ça marche mieux

Project-X aura connu, sur Amiga, un succès suffisant pour connaître une ressortie moins d’un an après sa publication. L’occasion pour Team17 d’en profiter pour offrir une version un peu plus fignolée de ce qui était alors leur titre-phare, en la présentant comme une édition spéciale à grands renforts de termes marquants parce que bon, c’est toujours plus sexy de vendre un gros patch comme une version à part entière capable de faire briller les yeux des fans. Ceci dit, le cahier des charges présentait visiblement les objectifs les plus demandés par les joueurs, à savoir: baisser la difficulté du titre, et en profiter pour corriger quelques bugs. Dans les faits, les différences ne sautent pas immédiatement aux yeux: le jeu est certes moins difficile, mais il est encore loin de la balade de santé. Les différents astronefs partent avec un meilleur arsenal, les adversaires sont moins résistants, on perd moins de bonus en mourant, et certains des passages les plus atroces ont été purement et simplement retirés, rendant les niveaux légèrement plus courts. Le jeu est à n’en pas douter mieux équilibré, mais vendre cette version comme un titre à part entière ne se justifie que par la difficulté de diffuser des patchs en 1993. Disons que si vous avez cette version sous la main, mieux vaut la lancer en priorité, mais les possesseurs de la première version de Project-X n’auront aucune raison d’hypothéquer leur maison pour acquérir celle-ci à la place.

NOTE FINALE : 13,5/20

En dépit de son nom pompeux, Project-X Special Edition ’93 n’est finalement pas grand chose de plus qu’un gros patch qui a le mérite de rendre l’expérience de jeu moins frustrante sans pour autant transcender les sensations originales. Un rééquilibrage tarifé qui devra néanmoins avoir votre préférence si vous avez accès aux deux versions.

Version PC

Année de sortie : 1994
Nombre de joueurs : 1 à 2 (à tour de rôle)
Disponible en Français : Non
Version testée : Version disquette émulée sous DOSBox
Spécificités techniques : Graphismes: VGA – Musique et sons: Adlib, Gravis Ultrasound, Haut-parleur interne, Sound Blaster

Alors ça, en 1994, ça n’impressionnait plus personne

Il aura fallu deux ans pour que Project-X se décide à faire le trajet jusque sur la machine d’IBM. Trouver un PC capable de faire tourner un shoot-them-up n’avait plus rien d’exceptionnel, le problème étant que la plupart d’entre eux étaient surtout occupés à faire tourner Doom, ce qui explique que ce portage soit passé largement inaperçu. En effet, difficile pour un joueur PC en train de découvrir la révolution 3D de se passionner pour un portage assez fainéant de la version Amiga. Le jeu semble être tiré de la Special Edition, mais c’est objectivement assez difficile à dire. Le principal regret est surtout de ne rien y trouver de neuf: si le thème musical est toujours aussi bon pour peu qu’on possède une Gravis Ultrasound ou une Sound Blaster, il n’y a toujours pas de musique une fois en jeu! Sur des machines qui commençaient à faire tourner des jeux en 3D sur CD-ROM, autant dire que c’était déjà un tantinet anachronique… Graphiquement, le jeu trouve même le moyen d’être légèrement inférieur à la version Amiga en dépit des 256 couleurs du VGA: on ne saura probablement jamais pourquoi les tirs de votre vaisseau avaient soudainement besoin d’être blancs plutôt que bleus… Autant dire qu’à une époque où il était à peu près établi qu’un PC haut-de-gamme pouvait faire bien mieux qu’un Amiga dans pratiquement tous les domaines, la pilule avait un peu de mal à passer. Vu la rareté des shoot-them-up sur PC, on pouvait essayer de ne pas trop faire la fine bouche au moment de la sortie du jeu, mais à une ère où même un téléphone peut facilement émuler un Amiga…

NOTE FINALE : 12/20

Comme un symbole, Project-X n’aura déclenché à sa sortie sur PC qu’une indifférence inversement proportionnelle à l’engouement qu’il avait provoqué sur Amiga – signe assez parlant du gouffre qui s’était créé en deux ans entre les joueurs et ce qu’on considérait comme la crème de la crème des jeux d’action de 1992. Dans une version même pas à la hauteur de celle qui tournait sur un Amiga 500, on oubliera certainement assez vite un titre qui n’a plus beaucoup d’arguments pour lui.