Eric and the Floaters

Cette image provient du site https://www.mobygames.com

Développeur : Hudson Soft Company, Ltd.
Éditeur : Al Alamiah
Titre original : Bomber Man (Japon)
Titre alternatif : Bakudan Otoko (titre japonais alternatif)
Testé sur : MSX, ZX Spectrum
Versions non testées : FM-7, PC-6001, PC-88, Sharp MZ-80K/700/800/1500, Sharp MZ-80B/2000/2500, Sharp X1

La série Bomberman (jusqu’à 2000) :

  1. Eric and the Floaters (1983)
  2. Bomberman (1985)
  3. RoboWarrior (1987)
  4. Dynablaster (Game Boy) (1990)
  5. Dyna Blaster (1990)
  6. Dynablaster (Arcade) (1991)
  7. Dynablaster (NES) (1991)
  8. New Dynablaster : Global Quest (1992)
  9. Bomberman ’93 (1992)
  10. Super Bomberman (1993)
  11. Mega Bomberman (1993)
  12. Super Bomberman 2 (1994)
  13. Wario Blast featuring Bomberman! (1994)
  14. Bomber Man GB (1994)
  15. Bomberman : Panic Bomber (1994)
  16. Bomberman GB (1995)
  17. Super Bomberman : Panic Bomber W (1995)
  18. Panic Bomber (1995)
  19. Super Bomberman 3 (1995)
  20. Bomber Man GB 3 (1996)
  21. Super Bomberman 4 (1996)
  22. Saturn Bomberman (1996)
  23. Saturn Bomberman Fight!! (1997)
  24. Pocket Bomberman (1997)
  25. Neo Bomberman (1997)
  26. Super Bomberman 5 (1997)
  27. Bomberman 64 (1997)
  28. Bomberman Hero (1998)
  29. Bomberman Wars (1998)
  30. Bomberman Fantasy Race (1998)
  31. Bomberman Quest (1998)
  32. Bomberman (1998)
  33. Bomberman World (1998)
  34. Bomberman 64 : The Second Attack (1999)
  35. Bomberman Max : Blue Champion (2000)
  36. Bomberman Max : Red Challenger (2000)
  37. Bomberman Land (2000)

Version MSX

Année de sortie : 1984
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version disquette japonaise
Spécificités techniques :

J’aurais pu vous faire un laïus sur les jeux vidéo des années 80 et sur les titres exotiques – pour ne pas dire complètement aléatoires – dont bénéficiaient souvent les titres étranger débarquant en occident.

L’essentiel est déjà là

À l’époque, vu la simplicité des graphismes, changer un titre était déjà presque un acte de réappropriation culturelle: vous pouviez prendre exactement le même logiciel, le baptiser Taz aux États-Unis et Astérix en Europe, et vous n’aviez guère que quelques pixels à changer pour obtenir un produit destiné au marché local. Seulement voilà, vous avez lu l’impressionnante liste de titres en préambule, vous avez vu l’écran-titre, vous avez même probablement déjà parcouru le pavé introduisant la note finale; la mèche est donc déjà vendue et il est inutile de faire durer le suspense: derrière le titre aussi étrange que maladroit qu’est Eric and the Floaters se cache en réalité un nom qui parlera infiniment plus à n’importe quel joueur, quel que soit l’endroit où il vit: Bomberman.

Dès 1983, un petit personnage dans un labyrinthe pouvait avoir une diarrhée de bombes

La célébrissime saga d’Hudson Soft aura donc vu le jour dès 1983, sur une flopée d’ordinateurs japonais à peine moins difficiles à trouver pour un joueur occidental que les milliers de jeux programmés dessus. Mais contrairement à des centaines d’autres séries japonaises, celle-ci aura donc débarqué en Europe dès son premier épisode, même si elle aura dû attendre près de dix ans pour se mettre enfin d’accord quant à son nom sur le vieux continent. Le MSX et surtout le ZX Spectrum auront donc permis à quelques milliers de joueurs européens de découvrir un principe devenu depuis mondialement célèbre: des monstres, des murs, des bombes, et un personnage pour les poser.

Les choses se compliquent vite

L’objectif? Le score, bien sûr: nous sommes au début des années 80. Pour le faire grimper, il faudra finir des niveaux selon un procédé simple: occire tous les adversaires qui s’y promènent, à l’aide de vos fameuses bombes, justement. e premier niveau ne comprendra qu’un seul adversaire, le deuxième deux et ainsi de suite pour gonfler la difficulté en vous apprenant à maîtriser le rayon d’action de vos bombes, le temps qu’elles mettent à exploser, et naturellement l’art de les poser sans vous faire sauter dans la manœuvre. On se déplace avec les flèches ou avec le stick, le seul bouton sert à poser les bombes, toutes les commandes et les bonus sont exposés dès l’écran-titre: autant dire qu’on comprend le concept en une poignée de secondes. En revanche, le domestiquer risque de prendre un tout petit peu plus de temps, la jouabilité ne correspondant pas encore à celle qui fera la renommée de la saga.

Apprivoiser la jouabilité demandera un peu de temps

On trouve pourtant déjà les bases: un tableau constitué de blocs dont certains sont destructibles, des croisements, des bombes pour faire le ménage. Seulement, les seuls bonus ici (révélés en détruisant les murs) servent soit à gonfler le score, soit à passer directement au prochain niveau – rien d’autre.

Règle n°1: évitez de sauter avec votre propre bombe

Vous commencez le jeu avec la capacité de poser plusieurs bombes en même temps, leur portée est fixe – il n’est pas encore question de dénicher des dizaines de power-ups permettant d’augmenter leur nombre, leur puissance, de les pousser ou de les lancer, tout cela arrivera plus tard dans la saga. La clé, le centre du jeu, c’est avant tout de survivre, et surtout de choisir le meilleur moment pour occire les « flotteurs » afin de gagner le maximum de points. Ceux-ci changent en effet de teinte au cours de la partie, ce qui modifie à la fois leur valeur et leur comportement. Lorsqu’ils sont rouges, par exemple, ils cherchent à vous attaquer directement au lieu de se déplacer aléatoirement, ce qui est sans doute le meilleur moyen d’anticiper leurs mouvements et de les faire sauter dans la manœuvre. À vous de voir quels risques vous êtes prêts à prendre pour faire grimper votre high score.

Les coffres viendront gonfler votre score…

Évidemment, une très large partie des faiblesses du jeu sont dues à son âge. À commencer par la réalisation: un seul type de décor, un seul type d’adversaire, quatre couleurs à l’écran, pas de musique – rien à attendre de ce côté-là. Chaque niveau est aléatoire, et le principe ne s’étoffe jamais, la seule facétie étant ces niveaux où le personnage lâche ses bombes automatiquement plutôt que de vous laisser les poser, ce qui vous demandera à la fois de bons réflexes et une dose de chance.

…Tandis que ces portes de sortie vous permettront de passer directement au prochain niveau

Surtout, la jouabilité peut se montrer assez frustrante: le jeu a beau être pensé en terme de « cases », il vous est tout à fait possible de placer une bombe à mi-chemin entre deux blocs, détruisant ainsi une moitié de mur, et il n’est pas rare qu’on se coince dans un angle en cherchant à tourner. Le plus grand manque, cependant, le plus évident, est le mode multijoueur: dans sa dimension purement solo, Bomberman n’a jamais été un foudre de guerre, et ce qui manque le plus à cet épisode inaugural est à n’en pas douter la possibilité d’affronter un ou plusieurs amis à grands coups d’explosifs. En l’état, vu le contenu famélique, seuls les acharnés de scoring et les curieux pourront encore trouver un vague intérêt au jeu. Pour tous les autres, le mieux sera de commencer par n’importe quel autre épisode de la saga.

Vidéo – Cinq minutes de jeu :

NOTE FINALE : 08/20 Derrière son improbable titre britannique évoquant une aventure de cuvette W.C., Eric and the Floaters cache en fait une curiosité incongrue: le tout premier épisode de la saga Bomberman. On y trouve, dès 1983, les fondations du gameplay de la saga: des bombes, des murs et des monstres à détruire. Malheureusement, l'âge canonique du titre impose également de composer avec un logiciel qui aura dévoilé tous ses secrets au bout de dix minutes, avec une jouabilité très perfectible et une réalisation extrêmement basique, et surtout dramatiquement dépourvu du principal élément qui fera plus tard la force de la série: le multijoueur. En l'état, le jeu imaginé par Hudson Soft ne peut prétendre qu'à un intérêt purement historique, n'importe quel autre épisode de la saga étant plus avancé, plus complexe, plus beau, plus riche et plus agréable à jouer. Une pièce de musée à réserver aux curieux.

CE QUI A MAL VIEILLI : – Jouabilité imprécise – Difficulté frustrante – Réalisation antédiluvienne – Expérience uniquement solo – Un seul type de décor, un seul type d'adversaire, pas de musique

Version ZX Spectrum

Année de sortie : 1984
Nombre de joueurs : 1
Disponible en Français : Non
Version testée : Version disquette japonaise
Spécificités techniques :

Si on regarde bien, le personnage est moins coloré, mais les différences s’arrêtent là

Si vous étiez un joueur britannique au cours des années 80, il y avait de fortes chances que votre ordinateur soit une machine de chez Sinclair avec une ludothèque se chiffrant déjà en milliers de titres. Le jeu vidéo américain était peut-être en train de connaître un crash dont il mettrait plus de deux ans à se remettre, mais en Europe, tout allait très bien, merci pour nous. Eric and the Floaters aura donc lui aussi fait un saut sur le ZX Spectrum, tout simplement parce que c’était une étape obligé du marché européen de l’époque. Au menu? Strictement rien de neuf, comme on pouvait s’en douter. Le titre est à 99% identique à celui paru sur MSX, les rares différences étant de l’ordre de la nuance: il tourne légèrement plus vite, et le personnage que vous contrôlez ne compte plus que deux couleurs au lieu de quatre. Autant dire que c’est extraordinairement anecdotique et que les joueurs n’auront aucune raison de privilégier une version plutôt qu’une autre.

NOTE FINALE : 08/20

À version quasiment identique, constatation similaire: Eric and the Floaters alias Bomberman était un jeu sympathique en 1983, aujourd’hui laminé par la concurrence de ses très, très nombreuses suites. Pour les curieux uniquement.

Addenda :
Pourquoi autant de versions non testées?

Comme les habitués du site le savent déjà, je n’ai pas la chance d’être équipé en ordinateurs japonais, la plupart sinon la totalité des machines « exotiques » sur lesquelles le jeu est paru n’ayant jamais été commercialisées en Europe – et s’échangeant aujourd’hui à des tarifs prohibitifs pour un modeste rédacteur vivant principalement de sa plume. Même l’émulation est problématique: 95% des émulateurs permettant de simuler ces machines sont en japonais, langue dont je ne parle pas un mot, quant à espérer trouver des exemplaires des jeux testés, là, on rente carrément dans la catégorie du miracle. Bref, comme souvent, j’ai dû me contenter de tester les version auxquelles j’avais accès, mais qui sait? Peut-être cet article viendra-t-il se compléter avec le temps.

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